Gaumont

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Gaumont
logo de Gaumont
Création 10 et (121 ans)
Fondateurs Léon Gaumont
Personnages clés Alice Guy, Léonce Perret, Louis Feuillade, Jean-Louix Renoux
Forme juridique Société anonyme
Slogan Depuis que le cinéma existe.
Siège social Drapeau de France Neuilly-sur-Seine (France)
Direction Nicolas Seydoux
Activité Cinéma
Filiales Les cinémas Gaumont Pathé (34 %)
Gaumont Animation
Xilam
Effectif 202 (2014)
Site web http://www.gaumont.fr
Fonds propres en diminution 272 millions € (2015)[1]
Dette Increase Negative.svg 207,3 millions € (2015)[1]
Chiffre d’affaires en augmentation 217 millions € (2015)[1]
+14,2 % vs 2014
Résultat net en diminution 17,8 millions € (2015)[1]
-2,7 % vs 2014
 Gaumont est une société française de production, de distribution et d'exploitation cinématographique fondée en 1895. C'est la plus ancienne société cinématographique au monde[2].Comptoir général de photographie 

Historique[modifier | modifier le code]

Gaumont est fondée sous le nom de L. Gaumont et compagnie. Le 6 juillet 1895, Léon Gaumont rachète le des frères Richard dont il était le fondé de pouvoir. Les 10 et , sont signées à Paris et Chamonix[3], les statuts de « L. Gaumont et Cie », société en nom collectif et en commandite simple qui reprend l’exploitation du fonds de commerce du Comptoir général de photographie. Léon Gaumont devint immédiatement gérant de la société qui a comme commanditaires Gustave Eiffel, Joseph Vallot et le banquier Alfred Besnier[4]. La société fabrique à ses débuts des jumelles, des appareils de projection et de prise de vues. À partir d'avril 1896, le chronophotographe de Georges Demenÿ est commercialisé auprès de forains, accompagné de bandes de démonstration[5]. Alice Guy, alors secrétaire, est chargée la même année de réaliser les premiers films de fiction de Gaumont : « Mademoiselle Alice » devient la première femme cinéaste.

Appareil Gaumont de 1900 au Musée E. Driant.

La société se diversifie dans la production de films en 1897, en raison du nombre important de produits concurrents bien que le marché soit très récent (les premiers films du cinéma, produits par Thomas Edison et réalisés par William Kennedy Laurie Dickson, datent de 1893, et les Frères Lumière présentent leur cinématographe pour la première fois en public le 28 décembre 1895). Ces films sont des atouts supplémentaires pour vendre les appareils. Au départ, il s'agit simplement de vues documentaires. Le premier de ces films est consacré à la ville de Boulogne-sur-Mer et rencontre un énorme succès.

En 1900, Léon Gaumont présente à l'Exposition universelle un appareil couplant un projecteur et un phonographe. En 1903, il prend la marguerite commune comme logo, en hommage à sa mère qui se prénommait Marguerite[6]. Aujourd'hui, malgré de régulières modifications du dessin[7], la marguerite est toujours présente même si sa signification est quelque peu oubliée (voir logo actuel ci-dessus). Ce logo a conduit l'entreprise à se voir surnommée « la firme à la marguerite ». C'est aussi en référence à cela, qu'en 2006, le musée virtuel Gaumont a été ouvert le 16 novembre, soit le jour de la Sainte Marguerite[8].

La compagnie devient une société anonyme en 1906 sous le nom de Société des établissements Gaumont. La production se concentre dans les studios Elgé (d'après les initiales du fondateur) aux Buttes Chaumont où Léon Gaumont a fait installer un premier atelier cinématographique en 1897, avant d'en faire en 1905 un studio destiné à la prise de vues et muni d'un appareillage sophistiqué[9]. Le catalogue de production ne se limite pas à la fiction mais comporte aussi plusieurs centaines de films documentaires, dont beaucoup seront regroupés dans les années 20 au sein de l'Encyclopédie Gaumont[10].

La vente de films se transformant en location, Gaumont ouvre ses premières salles de cinéma, et notamment le Gaumont Palace en juillet 1911.

De 1914 à 1917, Léonce Perret prend la place de directeur artistique de Gaumont après le départ de Louis Feuillade au front.

L'expansion de Gaumont s'arrêta avec la Première Guerre mondiale et dans les années qui suivirent, elle perdit des parts de marché face aux concurrents américains, Hollywood, avec Griffith, DeMille, Sennett et Chaplin[11]. À la mort du principal réalisateur, Louis Feuillade, en 1925, la production de film s'arrêta et la compagnie se concentra sur l'aspect technique. Gaumont signe un accord de distribution avec Metro-Goldwyn-Mayer et les salles passent sous le contrôle de la Gaumont Metro Goldwyn qui en résulte.

À l'arrivée du parlant en Europe au début des années 1930, diverses fusions amènent à la création de la société Gaumont Franco-Film Aubert (GFFA) et à la vente ou la fermeture des usines, des filiales et agences étrangères. La nouvelle société produit essentiellement des films comiques. Elle sera rachetée en 1938 par un groupe conduit par Havas pour devenir la Société nouvelle des établissements Gaumont, jusqu'en 1975 où elle prend simplement le nom de Gaumont.

En 1969, Société nouvelle des établissements Gaumont reprend la "Société française des films et cinématographes Éclair" (propriétaire de l'Éclair-Journal) et prend une participation importante dans la société Éclair-Journal.

En 1972, le groupe Schlumberger[pas clair] veut vendre Gaumont, l'entreprise se remet mal de l'échec de la superproduction Boulevard du rhum. Le groupe vend ses parts, estimés à 40 %, à Nicolas Seydoux et Daniel Toscan du Plantier. Alors que l'ambitieux Jean-Pierre Rassam avait promis différents projets pour renflouer l'entreprise et voulait à tout prix acquérir les parts. Mais le bilan comptable de sa société Ciné qua non ne jouait pas en sa faveur entre les dépassements de budgets ou échecs commerciaux des films Les Chinois à Paris, Touche pas à la femme blanche ! et Lancelot du Lac. Rassam n'acquiert pas Gaumont à sa grande surprise[12].

Gaumont est dirigée depuis 1975 par Nicolas Seydoux, développant les pôles exploitation et production. L'entreprise demeure un des plus importants producteurs et distributeurs de cinéma en France. Grâce à Jean-Louis Renoux, directeur général, Gaumont devient une référence française en matière d'exploitation. Gaumont fait figure d'entreprise innovante avec la création du projet cinéma numérique (2000-2008) dont la responsabilité technique est confiée à Philippe Binant[13].

Marc du Pontavice propose à Gaumont en 1995 de créer un nouveau département centré sur les métiers du dessin animé, des jeux vidéo et internet. Il fonde ainsi Gaumont Multimédia dans les anciens studios de Luc Besson à Paris. En 1999, Xilam rachète à Gaumont les actifs de Gaumont Multimédia au titre du catalogue.

En matière d'exploitation de salles, la marque Gaumont est gérée depuis 2001 par la filiale Les cinémas Gaumont Pathé, majoritairement détenue par Pathé[14].

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Le logo originel créé en 1903 est une fleur de marguerite représentée par un dessin complexe d'une rosace en noir et blanc, hommage personnel de Léon Gaumont à sa mère Marguerite Dupanloup, ce qui conduit l’entreprise à se voir surnommée « la firme à la marguerite »[15],[16]. Le dernier lifting du logo date de 2011 : la marguerite rouge a des pétales irréguliers qui prennent la forme d’un halo lumineux autour de la lettre G. Il est créé par l’agence Les 4 Lunes qui est partie sur l’idée du praxinoscope pour susciter le dynamisme[17].

Le logo animé reprend en 2011 le même principe du halo de pétales alors que précédemment, il représentait une colline en profil noir avec une fleur à son sommet. Un garçon gravissait la colline, cueillait la marguerite qui s'envolait, grossissait et se déployait en rosace rouge en écrivant Gaumont dans un ciel étoilé.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Autres : Marie Seydoux, Thierry Dassault, Marc Tessier, Pénélope Tavernier, Antoine Gallimard, Michel Seydoux, Bertrand Siguier.

Le montant des jetons de présence est fixé à 180 000 €[19].

Finances[modifier | modifier le code]

Gaumont a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de près de 217 millions d'euros, pour un résultat net de 17,8 millions d'euros.

La société est cotée sur Euronext Paris, les principaux actionnaires sont (au 31/12/2016)[20] :

La répartition du CA est la suivante : France (82,3 %), Europe (12,7 %), Amérique (2,7 %), Asie et Russie (1,1 %), Afrique et Moyen-Orient (0,4 %) et autres (0,8 %).

Gaumont a créé en 2004 un GIE, Gaumont Columbia TriStar Films, avec Columbia TriStar (filiale de Sony Pictures Entertainment), destiné à assurer la distribution des films des deux producteurs en France. Ce GIE a pris fin le 30 juin 2007. Une nouvelle structure de distribution dénommée Gaumont Distribution a été créée le 1er juillet 2007 pour assurer la distribution des films Gaumont en France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « GAUMONT : Résultats annuels consolidés au 31 décembre 2015 », Zone Bourse,‎ (lire en ligne)
  2. ^ Richard Abel, The Ciné Goes to Town: French Cinema, 1896-1914, University of California Press, 1994, p. 10, (ISBN 0-520-07936-1)
  3. Vallot étant à Chamonix, l'acte de fondation lui est expédié à Paris et il le signe le 12 août.
  4. Marie-Sophie Corcy, Laurent Mannoni, Jean-Jacques Meusy, Les premières années de la Société L. Gaumont et Cie, Association Française de Recherche sur l'Histoire du Cinéma, , p. 23
  5. Jean-Pierre Jeancolas, Histoire du cinéma français, Armand Colin, , p. 25
  6. Nicole de Mourgues, Le générique de film, éd. Méridiens Klincksieck, , 292 p. (ISBN 2-86563-318-7), p. 179.
  7. « Logos de la marguerite : logos officiels », sur le musée virtuel Gaumont. Consulté le 11 avril 2009.
  8. Nicole Vulser, « Un musée Gaumont du cinéma en ligne », Le Monde,‎ .
  9. Claude Beylie, 1895-1910 : les pionniers du cinéma français, L'Avant-Scène, , p. 48
  10. Frédéric Delmeulle, Contribution à l'histoire du cinéma documentaire en France. Le cas de l'Encyclopédie Gaumont (1909-1929), Presses du Septentrion - Atelier National de Reproduction des Thèses, , 404 p. (ISBN 978-2-7295-3394-6)
  11. Marc Cerisuelo, Hollywood Stories - saison 1, épisode 1, mk2.com, mis en ligne le 18 aout 2009.
  12. Etienne Dubois, Jean Yanne : L'esprit libre, City, coll. « Biographie », (présentation en ligne), chap. 23 (« Défaite, souffrance et peine (Affaire Gaumont, infarctus, séparation, 1974-1975) »)
  13. Claude Forest, « De la pellicule aux pixels : l'anomie des exploitants de salles de cinéma », in Laurent Creton, Kira Kitsopanidou (sous la direction de), Les salles de cinéma : enjeux, défis et perspectives, Armand Colin, Paris, 2013.
  14. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=474813.html
  15. Alexandre Tylski, Le générique de cinéma: histoire et fonctions d'un fragment hybride, Presses Universitaiires du Mirail, , p. 74
  16. Logos de la marguerite, sur le musée virtuel Gaumont ouvert le 16 novembre 2006, soit le jour de la Sainte Marguerite.
  17. Aurels, « Marguerite durera… », sur actulogo.fr,‎
  18. Présentation de la société
  19. Avis de convocation à l'assemblée générale du 7 mai 2008
  20. « GAUMONT - Indices & Actions - Le Figaro Bourse », sur bourse.lefigaro.fr (consulté le 1er janvier 2017)

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Binant, Au cœur de la projection numérique, Actions, 29, 12-13, Kodak, Paris, 2007.
  • Marie-Sophie Corcy, Jacques Malthête, Laurent Mannoni, Jean-Jacques Meusy, Les Premières Années de la société L. Gaumont et Cie, Afrhc, Bibliothèque du Film, Gaumont, Paris, 1999.
  • François Garçon, Gaumont. Un siècle de cinéma, Gallimard, Paris, 1992.
  • Philippe d'Hugues et Dominique Muller, Gaumont, 90 ans de cinéma, Editions Ramsay, Cinémathèque Française, Paris, 1986. (ISBN 2-85956-540-X et 978-2859-565404)
  • Jean-Louis Renoux, Grand écran, n° 70, Gaumont, Neuilly-sur-Seine, 2000.
  • Nicolas Seydoux, Cent ans de réflexions, Cent ans de cinéma, 6-15, Gaumont, Neuilly-sur-Seine, 1995.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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