Territoires palestiniens occupés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palestine (homonymie).
Ne doit pas être confondu avec État de Palestine.
Suite aux accords intérimaires sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, les Territoires palestiniens occupés ont été scindés en 3 zones. Les zones A et B (en rouge), dites « autonomes » sont gérées civilement par l'Autorité palestinienne et la zone C (hachuré), incluant les colonies israéliennes et Jérusalem-Est est administrée par Israël.

Les Territoires palestiniens occupés, aussi appelés Territoires palestiniens, font référence aux territoires de la Cisjordanie (incluant Jérusalem-Est) et de la bande de Gaza, conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967.

L’Organisation des Nations unies (ONU) emploie la dénomination « territoires occupés » dans les résolutions 242 puis « territoires palestiniens occupés » depuis les années 1970. La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l'Assemblée générale des Nations unies avalise la notion de « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est »[1]. Les Israéliens y font référence par l'acronyme Yesha pour « Judée, Samarie, Gaza » ou les dénomment brièvement « les territoires ». Le gouvernement israélien y voit un « territoire disputé » au statut non défini.

Le terme est utilisé par les Nations unies pour décrire les territoires sous le contrôle de l'Autorité palestinienne depuis 1993. Ceux-ci sont revendiqués pour devenir l'État de Palestine[2]. Depuis 2017, les États-Unis ne décrivent plus les territoires comme étant « occupés »[3],[4].

Genèse des territoires palestiniens[modifier | modifier le code]

À la suite du plan de partage de 1947, voté par la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU, la Palestine mandataire devait être partagée entre Juifs et Arabes pour y fonder deux États. Jérusalem et ses environs devenaient un territoire sous autorité internationale. Néanmoins, suite au refus du partage par la partie arabe et à la guerre israélo-arabe de 1948 qui suivit, seul l’État d'Israël a vu le jour. Le royaume de Transjordanie conquit la Judée et la Samarie (rebaptisées Cisjordanie) ainsi que Jérusalem-Est, tandis que l’Égypte prit le contrôle de la bande de Gaza. À la suite des accords d’armistice négociés en 1949, une ligne de cessez-le-feu fut établie autour de ces territoires. Si la communauté internationale reconnut Israël dans les territoires délimités par cette ligne de cessez-le-feu, ce ne fut le cas d’aucun pays arabe ou à majorité musulmane.

Occupation jordanienne et égyptienne[modifier | modifier le code]

La Cisjordanie et Jérusalem-Est furent annexés par la Transjordanie en 1950, mais seul le Royaume-Uni reconnut de jure cette annexion (à l’exception de Jérusalem-Est). Du côté palestinien, l’annexion jordanienne fut bien accueillie par une partie de la population palestinienne, favorable au roi Abdallah. Les habitants de Cisjordanie reçurent alors la nationalité jordanienne[5], tandis que l’Égypte exerça l’administration civile de la bande de Gaza.

Conquête par Israël[modifier | modifier le code]

En 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël prend (notamment) le contrôle de ces territoires à la suite de sa victoire militaire sur les troupes jordaniennes et irakiennes de Cisjordanie, ainsi qu'égyptiennes et palestiniennes[6] de la bande de Gaza.

Le 5 juin 1967, les attaques jordaniennes débutent vers 10 h par des tirs d'artillerie et par des mouvements de troupes au delà de la ligne d'armistice. Le traité d'armistice est révoqué par la Jordanie, qui commence son offensive terrestre. Israël lance des avertissements au travers de l'ONU à la Jordanie à 11 h[7]. À 12 h 45, les actions militaires israéliennes débutent. Des forces irakiennes stationnée en Jordanie entrent ensuite en Cisjordanie. Israël prend le contrôle du territoire au cours d'une guerre défensive, mettant fin à l'occupation jordanienne.

Statut politique et légal[modifier | modifier le code]

Israël fait l'objet de résolutions demandant son retrait de territoire(s) occupé(s) (« from territories occupied in the recent conflict ») depuis la résolution 242 de 1967 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci est considérée par l'ONU comme un règlement juste, viable et complet du conflit israélo-arabe demande d’une part, le « retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés lors du récent conflit ». L'article a été signé en anglais et parle d'« evacuation from occupied territories », ce qui se traduit en français par « retrait de territoire occupés ». Stricto sensu, les Israéliens ont donc respecté la résolution 242 à la suite de l'évacuation du Sinaï en 1982. Et d’autre part, le « respect et (la) reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force ». L'Égypte, la Syrie et la Jordanie attaquent malgré tout Israël en 1973 au cours de la guerre du Kippour, mais des accords de paix sont signés avec l'Égypte en 1979 puis avec la Jordanie en 1994.

Selon Meir Shamgar, président de la Cour suprême d'Israël, les territoires n'ayant pas été reconnus comme faisant partie intégrante d'un État souverain ne peuvent être considérés comme le territoire d'une Haute Partie contractante (« the territory of a High Contracting Party »)[8]. D'après cet argument, la Ligue des Nations unies en tant que dernier souverain légal prescrivait les droits légaux du peuple juif à l'ensemble du territoire mandaté, et donc ceux-ci seraient toujours d'effet. Sir Elihu Lauterpacht et d'autres juristes argumentent que dans la situation de vide juridique de souveraineté (« sovereignty vacuum »), laissé par l'abandon du mandat par l'autorité britannique, la souveraineté peut être acquise par un État légitime[9]. Howard Grief insiste sur les droits légaux conférés par les autorités britanniques au peuple juif, dont principalement les accords de San Remo, conférant la souveraineté de jure à l'État d'Israël sur les territoires de la Palestine mandataire[10].

Israël annexa Jérusalem-Est et des territoires alentours pour en faire sa capitale « éternelle et indivisible ». Toutefois, cette annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale. La Cour suprême d’Israël a quant à elle jugé que le territoire constitue une « possession belligérante » (tfisah lohmatit) et parle de « zone » (ha-Ezor)[11].

Israël laisse des Israéliens s'implanter volontairement dans les territoires occupés, dont la Cisjordanie et la bande de Gaza (par la suite, la bande de Gaza a été évacuée intégralement et unilatéralement en 2005). Selon l'ONU, les constructions civiles israéliennes n'ont aucune validité en droit et la IVe convention de Genève doit être respectée[12]. Eugene V. Rostow soutient que les droits des Juifs à s'établir dans l'ensemble du territoire de la Palestine mandataire sont protégés par l'article 80 de la Charte des Nations unies[13]. La souveraineté sur les territoires sous contrôle israélien, le démantèlement des « colonies israéliennes » et le transfert de la population juive israélienne en dehors de la Cisjordanie, sont certains des points revendiqués par l'Autorité palestinienne lors de négociations avec l'État d'Israël.

Dès l’arrivée de Benyamin Netanyahou, celui-ci annule en la décision prise en 1992 de geler l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. À l’automne 1996, sa décision d’autoriser la réouverture, depuis Jérusalem-Est, d’un tunnel historique longeant l’esplanade des Mosquées, fut considérée comme une provocation par les Arabes qui se lancent dans une série d’émeutes dans les Territoires palestiniens occupés. En , il annonce la reprise des constructions dans une partie de la ville de Jérusalem. Depuis lors, il permet la construction de nouvelles habitations dans les colonies israéliennes des Territoires occupés et à Jérusalem-Est.

Selon les opposants à l'utilisation du terme « occupation », il ne serait pas approprié et constituerai de la rhétorique politique, dans la mesure où les territoires conquis n'appartenaient pas à un État souverain et que des accords furent signés avec la population palestinienne de ce territoire. Le diplomate israélien Dore Gold affirme que c'est un moyen de masquer la guerre qui avait été imposée à Israël, tandis que d'autres insistent sur le fait qu'il s'agissait d'une guerre défensive. Le juriste américain Stephen Schwebel soutient qu'Israël a meilleur titre légal que la Jordanie, cette dernière ayant occupé le territoire illégalement.

Sécurité nationale[modifier | modifier le code]

La distance depuis la plaine côtière jusqu'à la ligne verte (12 km) n'étant pas suffisante en cas d'invasion terrestre, l'armée israélienne conserve les territoires conquis, au cours de la guerre d'usure. Les quelques kilomètres ne permettent pas à Israël de défendre ses frontières et de mobiliser ses réserves, et à l'aviation d'intercepter et d'anticiper un danger[14].

L'importante densité de population de la plaine côtière fait croître le risque lié aux attaques non-conventionnelles. La vulnérabilité est d'autant plus importante, alors que 70 % de la population y réside, qu'elle représente 80 % de la capacité industrielle du pays et que les principales infrastructures y sont présentes : l'aéroport international, la route 6 traversant le pays du nord au sud, l'aqueduc national d'Israël et le réseau électrique de haut voltage. De plus, les monts de Samarie dominent les villes de la plaine côtière et leur contrôle réduit le risque de déploiement de roquettes et de missiles de courte portée[14].

Le risque d'une attaque conventionnelle a diminué après la guerre du Golfe et la signature du traité de paix israélo-jordanien en 1994, mais il reste présent du fait de l'instabilité de la région. De plus, la présence militaire empêche le trafic d'armes et l'infiltration de réseaux djihadistes[14].

Accords d'Oslo et autonomie[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 1993, le gouvernement israélien et les représentants de l'OLP signent des accords de principes prévoyant des arrangements intérimaires d'autonomie[15]. Les accords reconnaissent le droit du peuple palestinien à l'autonomie politique en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les accords intérimaires du , prévoient le transfert de l'autorité israélienne à l’Autorité palestinienne, qui sera composée du Conseil législatif élu, ce qui permettrait l'élection démocratique de représentants palestiniens[15]. Le Conseil national palestinien est quant à lui l’organe politique créé pour représenter le peuple palestinien. L'accord défini trois types de zones, une comprenant les villes palestiniennes, une composée de villages palestiniens et une autre composée de zones militaires et de communautés israéliennes[15]. Eyal Benvenisti pose l'argument selon lequel Israël ne serait plus considéré comme la puissance occupante à la complétion du transfert du contrôle du territoire. Mais ce processus est resté « partiel et limité » selon la CIJ[16]. Du fait du terrorisme palestinien et des violences palestiniennes, les forces israéliennes pénètrent fréquemment les zones palestiniennes. En septembre 2005, Israël se retire unilatéralement de la bande de Gaza, ce qui est reconnu par la cour suprême israélienne comme étant la fin de l'occupation[15]. Les territoires sont occupés selon les résolutions votés à l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne, les États-Unis ainsi que selon l'avis consultatif de la Cour internationale de justice. Bien que considérant ces territoires comme occupés, la diplomatie française les désigne parfois sous l’appellation « Territoires palestiniens »[17]. Le caractère légal de l'occupation est disputé par les juristes spécialisés[18].

Au terme des accords d’Oslo, le territoire est composé de trois types de zones :

  • une zone A comprenant, depuis 1994, Gaza ainsi que les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse, Bethléem (la ville d’Hébron fera l’objet d’un accord distinct en janvier 1997) sur laquelle l’Autorité palestinienne exerce une juridiction civile incluant les pouvoirs de police ;
  • une zone B comprenant les autres zones de Cisjordanie (autres bourgades et camps de réfugiés) dans laquelle l’Autorité nationale palestinienne exerce des compétences civiles, la sécurité intérieure étant exercée conjointement avec l’armée israélienne ;
  • une zone C incluant les colonies israéliennes implantées en Cisjordanie, à Gaza (démantelées depuis 2005) et à Jérusalem-Est, qui reste sous le contrôle de l’État hébreu.

Les zones A et B représentent, à ce jour[Quand ?], respectivement 18 % et 22 % des territoires, contre 60 % pour la zone C.

Les territoires revendiqués pour former un futur État palestinien et actuellement occupés par l’armée israélienne regroupent les territoires de l’ancienne Palestine mandataire au-delà des lignes d’armistices de la Première Guerre israélo-arabe[19]. Ils regroupent la Cisjordanie (Jérusalem-Est inclus) et la bande de Gaza.

Villes arabes des Territoires palestiniens occupés[modifier | modifier le code]


Codes[modifier | modifier le code]

Les Territoires palestiniens occupés ont pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Résolution 58/292 du 14 mai 2004 : Permanent Observer Mission of Palestine to the United Nations », sur le portail des États membres de l'ONU (consulté le 8 août 2010).
  2. « Territoires palestiniens occupés » sur medea.be.
  3. https://m.jpost.com/Opinion/End-occupation-552447.
  4. https://www.timesofisrael.com/liberman-hails-us-decision-to-drop-occupied-from-west-bank-terminology/.
  5. (en) Royaume de Jordanie, « Law No. 6 of 1954 on Nationality (last amended 1987) », sur Refworld, Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, (consulté le 26 décembre 2016).
  6. L’Égypte a formé plusieurs bataillons de soldats palestiniens dans la bande de Gaza.
  7. (en) Matthew Broyles, The Six-Day War, The Rosen Publishing Group, 2003.
  8. David Kretzmer, The Occupation of Justice: The Supreme Court of Israel and the Occupied Territories, SUNY Press, 2002.
  9. http://www.aijac.org.au/resources/reports/international_law.pdf « Copie archivée » (version du 21 février 2011 sur l'Internet Archive).
  10. Howard Grief, The Legal Foundation and Borders of Israel Under International Law: A Treatise on Jewish Sovereignty Over the Land of Israel, Mazo Publishers, 2008.
  11. Nimer Sultany, (en)The Legacy of Justice Aharon Barak: A Critical Review, no 48 ; Harvard International Law Journal no 83, 2007.
  12. « UN Security Council Resolution 465. »
  13. http://www.tzemachdovid.org/Facts/islegal1.shtml.
  14. a b et c http://jcpa.org/Defensible_Borders_to_Ensure_Israels_Future/#M3.
  15. a b c et d Oxford Public International Law, The Israeli Occupation of the West Bank and Gaza, The International Law of Occupation (Seconde édition), Eyal Benvenisti, 2012.
  16. Wall advisory Opinion, paragraph 77.
  17. [1].
  18. Berkley Journal of International Law, Illegal Occupation:Framing the Occupied Palestinian Territory, 2005.
  19. Ces lignes d’armistices plaçaient néanmoins la sud du Néguev sous contrôle égyptien, mais Israël en prit le contrôle au cours de l’opération Ouvda, après les accords d’armistice ainsi que des zones à la frontière syrienne qui ne sont pas revendiquées pour faire partie d’un futur État palestinien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Basdevant, Dictionnaire de la terminologie du droit international public, Paris, Sirey, 1960.
  • Géraud de la Padelle, « Les résolutions du Conseil de sécurité sur la question des annexions », Revue d’études palestiniennes, 1991, no 41, p. 17-32.

Liens externes[modifier | modifier le code]