Jérusalem-Est

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Municipalité de Jérusalem telle qu'aujourd'hui avec Jérusalem-Ouest en bleu et Jérusalem-Est en vert.

Jérusalem-Est fait référence à la partie de la ville de Jérusalem située à l'Est de la ligne verte.

Cette partie inclut la vieille ville et ses lieux saints : le Saint-Sépulcre, l'Esplanade des Mosquées, la Mosquée al-Aqsa, le Mont du Temple et le Mur des Lamentations.

Historique des statuts de Jérusalem et Jérusalem-Est[modifier | modifier le code]

Guerre israélo-arabe de 1948 et division de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre israélo-arabe de 1948.

En novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies vote le Plan de partage de la Palestine alors sous mandat britannique. Ce plan prévoit la création d'un État juif et d'un État arabe et place la ville de Jérusalem et ses alentours sous juridiction internationale, en tant que corpus separatum.

La Résolution n'est cependant pas respectée par les protagonistes. Au cours de la Guerre israélo-arabe de 1948, la partie Ouest de la ville de Jérusalem est conquise par les forces israéliennes et la partie Est par la Légion arabe jordanienne.

En 1949, Israël annexe les territoires conquis au cours de la guerre, fait de Jérusalem-Ouest sa capitale et entre à l'ONU. En 1950, Jérusalem-Est est annexée par la Jordanie, ainsi que le reste de la Cisjordanie.

Si les nouvelles frontières de l'État hébreu sont reconnues par l'essentiel de la communauté internationale, l'annexion de la Cisjordanie par la Jordanie n'est reconnue que par le Royaume-Uni, l'Iraq et le Pakistan[1].

Guerre des 6 jours et annexion de Jérusalem-Est[modifier | modifier le code]

Lors de la Guerre des Six jours en juin 1967, la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont conquises par l'armée israélienne. Le 27 juin, la Knesset vote la loi sur la protection des Lieux saints[2] et le lendemain le gouvernement israélien étend la zone administrative de la municipalité israélienne de Jérusalem à sa partie arabe (Jérusalem-Est)[3]. Cette initiative est immédiatement condamnée par la Résolution 2253 de l'Assemblée générale des Nations unies puis le 21 mai 1968 par la Résolution 252 du Conseil de Sécurité des Nations unies qui :

« réaffirm[e] que l'acquisition de territoire[s] par la conquête militaire est inadmissible » et que « toutes les mesures et dispositions législatives et administratives prises par Israël (...) qui tendent à modifier le statut juridique de Jérusalem sont non valables et ne peuvent modifier ce statut »[4].

Le 30 juillet 1980, la Knesset vote une « Loi fondamentale » faisant de Jérusalem réunifiée, la capitale d'Israël[5]. Cette annexion est condamnée par les Résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité :

« affirme que l'adoption de la "loi fondamentale" par Israël constitue une violation du droit international et n'affecte pas la maintien en application de la Convention de Genève (...) dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis juin 1967, y compris Jérusalem »[6]. La Résolution appelle également les « États qui ont établi des missions diplomatiques à Jérusalem de retirer ces missions de la Ville sainte »[6].

Création de l'État de Palestine[modifier | modifier le code]

Comparaison entre les zones de population juive et arabe de « Jérusalem réunifié » en 1967 et en 1997

Le , le Conseil national palestinien déclare l'indépendance de la Palestine, avec Jérusalem pour capitale. Le , l'Assemblée générale des Nations unies adopte à 136 voix pour, 2 contre (Israël et les États-unis) et 2 abstentions, la Résolution 43/176 déclarant qu'il s'agit de l'« État arabe » prévu par le Plan de partage de la Palestine. Le lendemain, elle adopte à 104 voix pour, 2 contre et 36 abstentions la Résolution 43/177 qui prend acte de la déclaration et « affirme le droit au peuple palestinien le droit d'exercer sa souveraineté dans les territoires occupés depuis 1967 »[7],[8]. En février de l'année suivante, 89 États reconnaissent la Palestine[7].

Jérusalem-Est est revendiquée par les palestiniens comme capitale de leur État. L'OLP y disposait d'une représentation semi-officielle, la Maison de l'Orient (en), fermée de force par Israël durant la seconde Intifada[9].

La Loi fondamentale est amendée le 27 novembre 2000 et interdit toute remise en cause de la souveraineté israélienne[10].

Droit international[modifier | modifier le code]

Dans un avis consultatif rendu le 9 juillet 2004 et traitant des « Conséquences juridiques de l'édification d'un mur dans le territoire palestinien occupé », la Cour pénale internationale fait référence à plusieurs reprises à Jérusalem-Est en tant que territoire palestinien occupé[11],[12].

La ligne verte[modifier | modifier le code]

Soldats de la légion Arabe dans les ruines de la Synagogue Tiferet Israel, lors de la prise de Jérusalem en 1948.

La qualification de « Jérusalem-Est » doit s'entendre « à l'est de la ligne verte » et non « à l'est de Jérusalem » car la plupart de ses quartiers ne sont pas situés à l'est de la ville, mais au centre avec la Vieille Ville ou au nord (par exemple Sheikh Jarrah (en)) ou au sud (par exemple Jabel Mukaber (en)). À l'est de Jérusalem, se trouvent le Mont des Oliviers et son grand cimetière juif, ainsi que des institutions religieuses chrétiennes et de nombreuses mosquées.

La frontière qui sépare Jérusalem entre son Ouest et son Est, appelée Ligne verte, fut la conséquence de la première guerre israélo-arabe (1948-1949), une démarcation qui n'existait pas avant cette époque. Initialement prévu pour faire partie d'un district sous juridiction internationale (ou corpus separatum, incluant également la ville de Bethléem), Jérusalem fut un enjeu de la guerre et le lieu de nombreux combats. La partie Ouest fut annexée par Israël avec reconnaissance de facto d'une partie de la communauté internationale et la partie Est fut annexée par la Jordanie mais sans reconnaissance internationale, la communauté internationale considérant Jérusalem-Est comme partie du Territoire palestinien occupé. Les Jordaniens ont perdu le contrôle de Jérusalem-Est et de toute la Cisjordanie après sa conquête par Israël lors de la guerre de 1967. Les dirigeants israéliens annoncèrent alors officiellement la « réunification » de la ville de Jérusalem et la proclamèrent « Capitale éternelle et indivisible d'Israël et du peuple juif ». La Loi de Jérusalem est adoptée par la Knesset en 1980. L'appellation Jérusalem-Est est depuis lors utilisée par l'ONU qui ne reconnaît pas cette annexion.

Le gouvernement israélien ne reconnaît pas de distinction entre les deux parties de la ville. On trouve cependant dans certains documents officiels israéliens les termes anglais de east Jerusalem ou eastern Jerusalem.[réf. nécessaire] Cette portion de la ville est considérée comme territoire occupé par l'ONU et par la majorité de ses États membres, y compris par les États-Unis. La résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies présente l'annexion par Israël de cette partie de Jérusalem comme une violation du droit international.

Richesses de la vieille ville[modifier | modifier le code]

Jérusalem-Est est particulièrement riche :

Sur un plan religieux, symbolique et historique 

Galerie[modifier | modifier le code]

Villes jumelées[modifier | modifier le code]

Jérusalem-Est (représentée par son gouverneur nommé par l'Autorité palestinienne)[13] est jumelée avec :

En 2005, des accords ont été signés entre l'Autorité palestinienne et l'Algérie pour jumeler Jérusalem-Est avec Skikda.

Coopération décentralisée[modifier | modifier le code]

Belfort a développé des projets de coopération avec le centre culturel français de Jérusalem Est " Chateaubriand" pour poursuivre des coopérations éducatives et culturelles et aussi avec l'université palestinienne Al Quds de Jérusalem Est (2007 et 2008), le Conservatoire Edward Said de Jérusalem en 2011 et l'école de filles du camp de réfugiés de Shu'fat[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benveniśtî, Eyāl (2004). The international law of occupation. Princeton University Press. p. 108. (ISBN 0-691-12130-3)
  2. Catherine Dupeyron, Chrétiens en Terre sainte, Albin Michel, (lire en ligne), page 173
  3. Jean Halpérin et Georges Lévitte, Jérusalem, l'unique et l'universel: données et débats, Presses Universitaires de France, (lire en ligne), page 114
  4. Texte de la Résolution 252 du Conseil de Sécurité.
  5. (en) Bernard Reich et David H. Goldberg, Historical Dictionary of Israel, Scarecrow Press, (lire en ligne)
  6. a et b Texte des Résolutions 476 et 478 du Conseil de Sécurité.
  7. a et b Jean Salmon, Déclaration of the State of Palestine, pp.48-50 in Kassim et al., The Palestine Yearbook of International Law, 1989, Martinus Nijhoff Publishers, 1997.
  8. Textes des Résolutions 43/176 et 43/177 de l'Assembléé générale des Nations unies.
  9. Olivier Da Lage, « La riposte politique de Sharon », sur RFI, (consulté le 6 juin 2017)
  10. (en) Howard Grief, The Legal Foundation and Borders of Israel Under International Law: A Treatise on Jewish Sovereignty Over the Land of Israel, Mazo Publishers, (lire en ligne), page558
  11. Ruth Lapidot, Jerusalem: Some Legal Issues, The Jerusalem Institute for Israel Studies, 2011, p.24 alinéa 52.
  12. Cour internationale de Justice, Conséquences juridiques de l'édification d'un mur dans le territoire palestinien occupé, 9 juillet 2004.
  13. « Maroc: accord de jumelage entre Rabat et Jérusalem-Est », sur Atlas Info,
  14. « Coopérations décentralisées » (consulté le 25 avril 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]