Le Grand Restaurant (film, 1966)

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Le Grand Restaurant
Description de cette image, également commentée ci-après

Le restaurant Ledoyen, où ont été tournées les scènes en extérieurs de « Chez Septime »

Réalisation Jacques Besnard
Scénario Jean Halain
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont International
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 83 min.
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Grand Restaurant est un film comique français réalisé par Jacques Besnard et sorti en salle en 1966.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Monsieur Septime dirige d'une main de fer le célèbre Grand Restaurant « Chez Septime », temple parisien de la gastronomie française. Bien décidé à traiter le client comme un roi capricieux, il n'hésite pas à infliger un traitement infantilisant à ses employés, et ce à la moindre erreur.

Mais sa vie est bientôt bouleversée par l'enlèvement d'un chef d'État d'Amérique du Sud, le président Novalès, pendant que celui-ci dînait dans son établissement. Tout semble alors l'accuser de complicité…

Une scène d'anthologie : la recette du soufflé à la pomme de terre[modifier | modifier le code]

Au restaurant, le commissaire divisionnaire (Bernard Blier), attablé avec ses confrères italien, le commandatore Riganti, et allemand, le Dr. Müller, prie M. Septime d'expliquer au Dr. Müller sa recette du soufflé aux pommes de terre. Se prêtant à la demande, Louis de Funès, avec la complicité de quelques ombres chinoises qui se découpent sur son visage, prend la mimique et la voix d'Adolf Hitler sous les yeux troublés du policier d'outre-Rhin.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production et réalisation[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Une vieille idée et envie de Louis de Funès[modifier | modifier le code]

Dès , époque où il joue dans Taxi, Roulotte et Corrida (second film où il tient le rôle principal), Louis de Funès désire tourner un film nommé Le Grand Restaurant[b 1]. Il doit en être — outre l'interprète principal — le réalisateur et le scénariste[b 1]. Il en parle à André Hunebelle (réalisateur de Taxi, Roulotte et Corrida) et Jean Halain (fils d'Hunebelle et scénariste de la plupart de ses films) et esquisse un premier scénario[b 2]. Au mois de , un écho du journal France-Soir annonce et décrit le projet dans ses grandes lignes :

« Dans Taxi, Roulotte et Corrida, Louis de Funès vit ses derniers moments de tranquillité. Il n'y est que comédien. À la fin de l'année, il sera à la fois metteur en scène, scénariste et interprète du Grand Restaurant. Ce film où il exercera trois métiers lui a été inspiré par un quatrième, qu'il exerça naguère. Louis de Funès était, à ses débuts, pianiste dans des cabarets et restaurants divers. Assis douze heures par jour sur un tabouret, il eut l'occasion d'observer l'envers du décor élégant d'un établissement gastronomique (ou pas). Dans Le Grand Restaurant, de Funès s'est donné le rôle du patron d'un restaurant de luxe et nous fera pénétrer des cuisines à la plonge, du vestiaire à la table d'honneur. »

— France-Soir, [b 1].

Louis de Funès n'étant alors pas suffisamment connu pour qu'un projet de film soit monté autour de lui, son idée n'est finalement pas tournée[b 2]. Tout au long des années 1960, il repense à son projet. En 1962, son rôle du restaurateur Gaspard Ripeux dans Le Gentleman d'Epsom préfigure le personnage principal du Grand Restaurant puisqu'il y est obséquieux avec ses clients et incroyablement méchant avec son personnel[b 1]. Il règle d'ailleurs lui-même une scène du film dans laquelle il dirige son personnel dans une sorte de ballet[b 1].

Ce n'est qu'en 1965, après avoir acquis un solide statut de vedette, qu'il relance définitivement son projet de film[b 3]. En effet, entre-temps, l'acteur a connu un succès considérable avec les films Le Gendarme de Saint-Tropez, Fantômas et Le Corniaud tournés à la suite durant l'été 1964 ; c'est d'ailleurs après le tournage des deuxièmes opus respectifs de ses premiers grands succès Le Gendarme de Saint-Tropez et de Fantômas (Le Gendarme à New York et Fantômas se déchaîne)[NB 1] qu'il entreprend de tourner son vieux projet[b 3]. Il recommence à peaufiner l'intrigue lors du tournage du Gendarme à New York[b 2].

Scénario et préparation[modifier | modifier le code]

Le Grand Restaurant est le premier film pour lequel Louis de Funès participe directement à l'écriture du scénario[b 1]. Au début des années 1960, il s'était déjà essayé à l'écriture en co-écrivant un scénario avec Jean Laviron mais le projet a été abandonné[b 1].

Buste de l'empereur romain Septime Sévère.

Le personnage principal (le patron du restaurant) est entièrement inventé par Louis de Funès, qui s'inspire de son vécu (la longue période où il fut pianiste de bar) et imagine de nombreuses scènes et gags. Au début du projet, il se nomme d'abord M. Sévère avant de devenir M. Septime[b 4]. À une époque où la Vie des douze Césars est étudiée au collège, le public est censé repérer aisément la référence à Septime Sévère, empereur romain de 193 à 211[b 4].

Le scénario est co-écrit avec le scénariste et dialoguiste Jean Halain, auteur des scénarios de la plupart des films de son père André Hunebelle[b 1]. Halain collaborera régulièrement avec Louis de Funès pour écrire les scénarios de ses films, jusqu'à La Soupe aux choux. À partir de , l'acteur — revenu du tournage de Fantômas se déchaîne — consacre pleinement son temps à l'écriture du film[b 5]. Jean Marion, compositeur de la bande-originale du film et de dix-huit films de Hunebelle, participe lui aussi à l'écriture du scénario, sans être crédité au générique[b 1]. Le biographe Bertrand Dicale remarque qu'il est facile de déterminer les contributions des deux principaux scénaristes : la première demi-heure, dont l'action se déroule principalement dans le restaurant, est due à Louis de Funès, avec de nombreux gags, des rapports de force entre Septime et les autres personnages, des déguisements, tandis que le reste du film sort de l'imagination de Jean Halain — scénariste des Fantômas, OSS 117 et autres films policiers de son père — qui fait se succéder filatures, course-poursuites et scènes d'action[b 6].

Lors de la préparation du film, la presse annonce toujours que Louis de Funès réalisera lui-même le film[b 7]. Un article de Combat titre « Louis de Funès considère Le Grand Restaurant comme son manifeste esthétique. Le comique le mieux payé du cinéma français aborde la mise en scène » ; interviewé, l'acteur y explique « Je vais gommer mes grimaces d'autrefois pour mieux intégrer au sujet. Depuis vingt ans, je cherche à devenir plus sobre, pour paraître plus sincère. »[b 7]. En réalité, Louis de Funès a confié la réalisation à Jacques Besnard, assistant-réalisateur habituel d'André Hunebelle, qui n'a jusqu'à présent réalisé aucun film[b 4]. En s'entourant de ces proches d'André Hunebelle, et notamment de Besnard, l'acteur s'assure ainsi d'approcher la même efficacité technique que celle du vieux maître du cinéma comique français, tout en jouissant d'une certaine liberté, s'étant déjà « assez heurté aux habitudes, aux tics et aux envies » de Hunebelle[b 4].

Alain Poiré, de Gaumont, est chargé de produire le film. Au cours de la préparation du film puis du tournage, le cuisinier Gilbert Lejeune, patron du restaurant Ledoyen, sert de consultant[b 7].

Composition de la distribution[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Public[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en salles, Le Grand Restaurant a totalisé 3 878 520 entrées, dont 667 659 entrées à Paris[1], parvenant à se classer à la huitième position des films ayant fait le plus d'entrées au cours de l'année 1966 et en troisième position des films français de ce même classement[1].

Critique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Corniaud n'aura par contre aucune suite. Le réalisateur Gérard Oury préféra se lancer dans un projet similaire (un road-movie comique avec les mêmes acteurs — Bourvil et Louis de Funès — et la même équipe de tournage) mais avec une histoire sans aucun rapport : La Grande Vadrouille.

Références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Dicale 2009, p. 283.
  2. a, b et c Loubier 2014, p. 245.
  3. a et b Dicale 2012, p. 172–173, entrée « Grand Restaurant, Le ».
  4. a, b, c et d Dicale 2009, p. 284.
  5. Loubier 2014, p. 251.
  6. Dicale 2009, p. 286.
  7. a, b et c Dicale 2009, p. 285.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Stéphane Guezennec et Gérard Gargouil, Le dico fou de Louis de Funès, Paris, Hugo BD, , 96 p. (ISBN 2755611219).

Liens externes[modifier | modifier le code]