Le Cerveau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cerveau (homonymie).
Le Cerveau
Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
Acteurs principaux
Sociétés de production S.N.E. GAUMONT
Dino De Laurentiis Cinematografica
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie
Durée 110 minutes
Sortie 1969

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Cerveau est un film franco-italien réalisé par Gérard Oury, sorti en 1969.

Inspiré par l'attaque du train postal Glasgow-Londres, ce film de casse comique met en scène plusieurs groupes de malfrats, dont un génie du crime nommé le « Cerveau », tentant de dérober les fonds secrets des nations de l'OTAN lors de leur transport de Paris à Bruxelles. En tête de la distribution figurent le Britannique David Niven, les Français Jean-Paul Belmondo et Bourvil et l'Américain Eli Wallach.

Ce « blockbuster » avant l'heure — rendu possible par l'immense succès de La Grande Vadrouille — réunit le plus gros budget du cinéma français de l'époque, une pléiade d'acteurs connus, et des moyens spectaculaires comme le paquebot France mobilisé dans le port du Havre et une réplique de 13,5 m de la statue de la Liberté.

Retardé par Mai 68, le tournage a lieu en France, en Angleterre, aux États-Unis et en Italie. Le film est co-produit par la Gaumont, la société de Dino de Laurentiis et la Paramount Pictures. Georges Delerue compose la musique du film, agrémentée par la chanson The Brain du groupe américain The American Breed dans le générique, et la chanson italienne Cento giorni, lors de la célèbre scène d'entrée de Silvia Monti.

À sa sortie, Le Cerveau attire plus de 5 millions de spectateurs dans les salles, un résultat très honorable mais bien en deçà de ceux du Corniaud et de La Grande Vadrouille, à la déception des producteurs.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Deux compères, Anatole et Arthur, prévoient un « coup fabuleux » : l'attaque d'un train spécial transportant de Paris à Bruxelles les fonds secrets des nations de l'OTAN lors du déménagement du Grand Quartier général des puissances alliées en Europe en 1967. Une autre bande est sur le coup, celle qui réalisa la fameuse attaque du train postal Glasgow-Londres, sous les ordres du Cerveau, un homme dont la tête est si lourde que, sous le coup d'une émotion, il est incapable de la maintenir droite. Cette dernière bande est associée à la mafia sicilienne...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réalisation[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Le scénario du Cerveau, co-écrit par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, s'appuie sur deux événements réels, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, d'une part, et le déménagement de l'OTAN suite à la sortie de la France de l'organisation, d'autre part. Selon Oury, « L'idée de base était d'intégrer deux nigauds dans un remake du vol du train postal fait par des spécialistes. »[1].

Développement[modifier | modifier le code]

Pour être totalement financé, Le Cerveau doit pouvoir être distribué sur le marché américain : la société Paramount Pictures propose de coproduire le film, à la condition d'avoir son propre négatif[2]. Cette exigence obligera donc l'équipe à tourner deux versions du même film, en anglais et en français[2]. Les deux vedettes françaises acceptent de tourner en anglais, Bourvil attendant l'occasion depuis longtemps tandis que Jean-Paul Belmondo s'était jusque-là refusé à tourner dans cette langue[2]. Le , à New York, Charles Bluhdorn, président de Gulf and Western Industries, et Alain Poiré signent les accords de partenariat entre la Gaumont et la Paramount Pictures (appartenant au conglomérat Gulf and Western) pour la production du Cerveau[3].

La fin du film nécessite le paquebot France dans le port du Havre, son port d'attache, puis dans la baie de New York[4]. Après avoir obtenu l'accord de la Compagnie générale transatlantique, Gérard Oury rencontre Camille Mahé, commandant de bord du France, qui est à ce moment en cale sèche. Le capitaine accepte à la condition que la réplique de la Statue de la Liberté en polyester de 13,5 m, prévue pour être dressée à l'avant du bateau entre les deux mâts de charge, ne gêne pas sa visibilité pour diriger le navire. La silhouette de la statue de 13,5 m est découpée dans du contreplaqué et montée à l'avant du France pour vérifier la vue. Il est prévu que, durant la traversée de l'océan Atlantique, la statue soit couchée sur le pont.

Acteurs[modifier | modifier le code]

Le Cerveau demeure le dernier film de Bourvil réalisé par Gérard Oury ; l'acteur aurait du tourner dans le film suivant du réalisateur, La Folie des grandeurs, mais meurt d'un cancer des os en 1970. Le film marque également la seconde collaboration entre Jean-Paul Belmondo et Bourvil qui, dix ans auparavant, s'étaient côtoyé dans Un drôle de dimanche.

En 1982, Jean-Paul Belmondo tourne à nouveau sous la direction de Gérard Oury dans L'As des as.

Tournage[modifier | modifier le code]

Prévu pour le printemps 1968, le tournage se voit retardé en raison des grèves et révoltes de mai 1968, qui rendent impossible les tournages et freinent tous les projets de films en cours[5]. L'ensemble des producteurs français redoute ces événements car « une clause résolutoire à leurs contrats d'assurances prévoit le non-règlement des sinistres en cas de grève, guerres ou révolutions »[6]. Avec deux mois de retard, le tournage débute le [5]. Les sévères conditions météo en Normandie, où a lieu une partie des prises de vues, causent également de nouveaux dépassements[5].

La statue de Barentin.
La réplique de la Statue de la Liberté réalisée pour le film, trônant désormais sur un rond-point de Barentin, dans la Seine-Maritime.

Moyens techniques considérables : deux trains blindés, une dizaine de wagons et des kilomètres de voie ferrée fournis par la SNCF, des voitures radio, des hélicoptères et une escouade de motards fournis par la gendarmerie, la réplique de la Statue de la Liberté et divers véhicules fournis par la Régie Renault.

Lors du tournage, Bourvil est très affecté par la mort brutale d'un jeune chauffeur de production, Yves Ridard[7].

C'est la A1A-A1A 68514 de la SNCF qui a été mise à disposition du film. Les ambiances ferroviaires sont assez fantaisistes pour qui s'y connait un minimum. Ainsi la Gare du Nord est en réalité la Gare de l'Est, la signalisation de la voie unique est un mélange de signaux de double voie, voie d'évitement, travaux, cantons courts... qui font simplement office de décor. Enfin, la rupture d'attelage du train est un bel effet cinématographique, mais peu vraisemblable (les trains modernes sont équipés de freins automatiques).

La réplique de la Statue de la Liberté que l'on voit dans le film est une copie en polyester de 13,5 m[3] et d'un poids de 3,5 tonnes. Elle devait être détruite, faute de dédouanement, après avoir séjourné dans les locaux de la douane de Saint-Maurice, mais a été conservée grâce à l'action de Paul Belmondo (le père de Jean-Paul Belmondo), du maire André Marie et de Gérard Oury. Elle trône actuellement sur le rond-point de la zone d'aménagement concerté du Mesnil-Roux à Barentin, dans la Seine-Maritime[3].

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le pont sur lequel s'arrête le wagon contenant les fonds de l'OTAN est en réalité situé dans la vallée de la Conie en Eure-et-Loir sur le territoire de la commune de Péronville et la route départementale n° 110 reliant ce village à Villeneuve-sur-Conie (Loiret)[8].

La partie finale avec les ruines du château de nuit et les feux d'artifices a été tournée au château des Pontevès dominant Bargème, dans le Var.

La scène où l'on voit la statue manœuvrée maladroitement devant une église et défoncer la devanture d'un antiquaire, a été tournée sur la place Barthélémy à Rouen ; l'église en arrière-plan est Saint-Maclou. Arthur et Anatole, conduits par le commissaire et son adjoint, sont arrivés par la rue Martainville adjacente, passant devant ses maisons à colombage aujourd'hui restaurées.

On voit à la fin du film, lors du générique, les tours Sud et Nord du World Trade Center, en construction depuis 1966.

Les ruines du château de Bargème.

Musique[modifier | modifier le code]

Le groupe américain The American Breed en 1968.

Dans la scène mythique de la piscine, dans laquelle Sophia, sœur de Frankie, fait son apparition, la chanson est un hit italien de 1966 : Cento Giorni de Caterina Caselli.

Chansons du film[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Promotion[modifier | modifier le code]

Dans son livre de souvenirs, le producteur Alain Poiré relate les exigences de David Niven concernant l'ordre des acteurs principaux sur les affiches. Dans un premier temps, David Niven accepte de n'apparaître qu'en troisième position (après Belmondo et Bourvil) sur les affiches à destination de la Suisse, de la France et de la Belgique. Pour le reste du monde, un autre affichage mentionne son nom en premier. Puis lors du tournage du film, l'acteur change d'avis et réclame la tête d'affiche pour la Suisse, son pays de résidence. Il menace la production de ne plus venir travailler s'il ne l'obtient pas. Furieux mais mis au pied du mur, Alain Poiré obtient l'accord de Bourvil et de Belmondo pour modifier l'affichage[9].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le Cerveau est le deuxième plus gros succès au box-office français de 1969. Le Cerveau est le plus gros succès de Jean-Paul Belmondo au cinéma français, avec 5 547 305 entrées.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2014)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
  • On peut voir l'affiche du film Le Cerveau à New York intitulé The Brain dans le premier film d'Arnold Schwarzenegger, Hercule à New York de 1970 (la scène finale sur le char dans les rues de New York devant le Radio City Music Hall). Le nom de Bourvil est « Bouvil », à côté de Niven et Wallach.
  • Un des gardes belges, à bord du wagon blindé, est en train de lire l'album de Tintin L'Affaire Tournesol.
  • Lors de la scène, où les gardes belges sont incommodés par les boules puantes, il dit : « Nous arrivons dans nonante minutes », du fait du terme « nonante » pour le chiffre 90, usité en Belgique francophone.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Durant, Jean-Paul Belmondo, Robert Laffont, 1993

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Durant, p. 251.
  2. a, b et c Oury 1988, p. 238.
  3. a, b et c Oury 1988, p. 239.
  4. Sophie des Déserts, « Appelez-moi de nouveau France », Vanity Fair n°27, septembre 2015, pages 156-165.
  5. a, b et c Oury 1988, p. 236.
  6. Oury 1988, p. 237.
  7. Oury 2001, p. 16.
  8. (en) Le Cerveau sur l’Internet Movie Database
  9. Poiré 1988, p. 221.

Liens externes[modifier | modifier le code]