Sud-Aviation SA340/341/342 Gazelle

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Gazelle
Image illustrative de l'article Sud-Aviation SA340/341/342 Gazelle
Gazelle SA 342M

Rôle Liaison/reconnaissance
Appui-protection
Lutte anti-chars
Lutte anti-aérienne
Constructeur Drapeau : France Sud-Aviation puis Aérospatiale
Premier vol
Date de retrait Toujours en service, fin de production en 1996
Nombre construit >1775
Équipage
5
Motorisation
Moteur SA 341 : Turboméca Astazou III C2[1]
SA 342 : Turboméca Astazou XIV M ou H[1]
Nombre 1
Type Turbine à gaz
Puissance unitaire SA 341 : 652[1] ch
SA 342 : 864[1] ch
Nombre de pales 3
Dimensions
Image illustrative de l'article Sud-Aviation SA340/341/342 Gazelle
Diamètre du rotor 10,50[1] m
Longueur 9,533[1] m
Hauteur 3,192[1] m
Masses
À vide SA 341 : 1 160 kg
SA 342 : 1 200 kg
Maximale 1 900[1] kg
Performances
Vitesse de croisière SA 341 : 220 km/h
SA 342 : 230 km/h
Vitesse maximale 310[1] km/h
Plafond 6 000[1] m
Vitesse ascensionnelle 540[1] m/min
Distance de convoyage 670 km
Armement
Externe Soit :
1 canon Giat M621 de 20 mm en sabord droit[1]
2 x 2 missiles antichars filoguidés HOT[1]
2 x 2 missiles antichars AT-3 Sagger (russes)
2 x 2 missiles anti-aériens AATCP thermiques Mistral
1 panier à roquettes
2 x 2 missiles anti-aériens SA-7 Grail (russes)

La Gazelle est un hélicoptère léger polyvalent de construction métallique conçu dans la deuxième moitié des années 1960 par Sud-Aviation et produit en série à partir du début des années 1970 par la Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS ou Aérospatiale) en collaboration avec Westland Helicopters (Royaume-Uni). Déclinée en deux versions commerciales principales (nomenclatures SA 341 et SA 342), la majeure partie de sa production fut destinée aux armées (France, Tunisie, Maroc, Royaume-Uni, Yougoslavie, Égypte, Koweït, Irak (38 entre 1980 et 1988[2]) mais elle connut aussi un succès certain dans les milieux civils.

Malgré son ancienneté, cet hélicoptère forme encore en 2015 la force principale des hélicoptères de combat de plusieurs pays.

Développement[modifier | modifier le code]

Tableau de bord central de l'hélicoptère Gazelle

Utilité[modifier | modifier le code]

Cet appareil, conçu pour remplacer les Alouette II, intègre plusieurs avancées technologiques puisqu'il est le premier à utiliser un fenestron au lieu du rotor anti-couple traditionnel ainsi que le premier hélicoptère à être habilité au vol mono-pilote en Cat I (conditions météorologiques) en 1975 dans sa version SA 341G. D'autre part, la cellule est construite avec une structure en « sandwich » composée de fibre de verre alvéolé en forme de nid d'abeille entre deux plaques d'alliage léger et le rotor principal est équipé de trois pales principales « souples » procurant aux passagers un très bon confort vibratoire en vol[1]. De plus, le train d'atterrissage n'est plus équipé d'amortisseurs, ce qui supprime le risque d'entrée en résonance qui rendait parfois certains hélicoptères incontrôlables au sol. Enfin, la Gazelle apporte aussi une grande amélioration au niveau de la maintenance avancée (opérations simples d'entretien effectuées par les mécaniciens avant ou après le vol) qui permet de fortes réductions de temps d'immobilisation (la durée de l'entretien d'une Alouette II ou III en retour de mission est de l'ordre d'une heure, contre 30 minutes pour une Gazelle), de coûts de maintenance et une augmentation de la fiabilité[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Le un accord franco-britannique portant sur la Gazelle, le Puma et le Lynx eut lieu et précisant qu'ils seront construits en collaboration avec Westland Helicopters[3]. Le eut le 1er vol du SA 340 piloté par Jean Boulet. Ce prototype a déjà les formes générales définitives de la version de série. Les premières versions semblent avoir été équipées d'un moteur Turboméca Astazou III et d'un rotor d'Alouette II, ceci avant les incessantes modifications qui aboutiront au remplacement de celui-ci par une tête rotor semi-rigide développée par la firme allemande Bölkow. Le no 002, dans l'une de ses versions, voit les plans fixes horizontaux placés au sommet de la dérive, lui conférant ainsi un empennage en T. Le bas des portes est encore en tôle ainsi que la majeure partie du plafond de la cabine et la batterie n'est pas encore placée dans le nez de l'appareil. Le 16 août 1971 eut lieu le 1er vol du SA 341 de série. Elle entre en service dans l'armée de terre française en 1973 (1979 pour la Gazelle Hot)[4].

Depuis sa mise en service[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990 eut lieu le chantier « coupe-câble ». En effet, en France il y a eu une modification de tous les appareils de l'ALAT impliquant un retrait du dispositif Homing (longues et fines antennes sur le nez de l'hélicoptère permettant le positionnement par rapport à une station émettrice au sol) et la mise en place du système coupe-câble (équerres métalliques au-dessus et en dessous de la cellule, à l'avant) qui permet la section des câbles électriques en cas de heurt.

Plus de 1 250 Gazelle ont été fabriquées en France, 262 au Royaume-Uni, 30 sous licence en Égypte et un nombre indéterminé (200+) en ex-Yougoslavie.

Fin de service[modifier | modifier le code]

En avril 2007, l'ALAT exploite près de 300 hélicoptères Gazelle (toutes versions confondues). En janvier 2008, le Ministère de la Défense français a désigné l'EC120 comme nouvel hélicoptère d'entraînement de l'Armée de terre baptisé NHE (Nouvel Hélicoptère École) en remplacement de la Gazelle SA 342M.

Depuis 2009, quelques exemples expérimentent la numérisation du champ de bataille de l'ALAT, le NumALAT, dont les premiers exemplaires de série arrivent en service en 2015[5].

Depuis la fin 2011, les Gazelle sont en cours de retrait, avec 98 exemplaires en service en première ligne à cette date. Il reste 137 exemplaires en parc fin 2013 d'un âge moyen de 27 ans[6].

En février 2015, on prévoit l'équipement d'un total de 81 Gazelle (58 Viviane et 23 SA-342M) de NumALAT, ces dernières devant être équipées de la minigun M134. De par le retard du programme hélicoptères interarmées légers (HIL), ces engins doivent rester en service jusqu'aux années 2030[7],[8].

Versions[modifier | modifier le code]

SA 341G
  • SA 341B : Destinée à l'armée de terre britannique.
Hélicoptère de combat de l'Army Air Corps (le WAH-64 Apache ne constituant qu'une partie des forces) sous la dénomination AH Mk1. 34 en service en 2015[9]
Sert à l'écolage sous la dénomination HT Mk2.
Sert à l'écolage sous la dénomination HT Mk3.
  • SA 341E : Destinée à l'armée britannique.
Utilisée dans des missions de liaisons et de transport de personnalités sous la dénomination HCC Mk4.
  • SA 341F F2 : Destinée à l'armée de terre française.
  • SA 341G : Version civile de la SA 341F.
Équipée d'un Astazou III A de 590 ch.
Fabriquée sous licence par la firme yougoslave Soko.
  • Version rallongée de la SA 341.
Destinée au marché civil. De l'ordre de 20 cm rajoutés au niveau des places arrière (portillons arrière plus long). Construite à quelques exemplaires.
Masse maximale : 1 900kg.
  • SA 342J : Version civile.
Équipée d'un Astazou XIV H de 870 ch.
SA 341 re-motorisée avec l'Astazou XIV H.
SA 342L capturée par les Israéliens, équipée du filtre anti-sable sur l'entrée d'air de la turbine.
  • SA 342L : Version militaire de la SA 342J.
Fabriquée sous licence par la firme yougoslave Soko ainsi que par le constructeur anglo-égyptien Arab British Helicopter Company (ABHCo).
SA 342M Viviane au Radom Air Show en 2005
  • SA 342M : Destinée à l'ALAT.
Équipée de l'Astazou XIV M et de missile antichar HOT. En service actif à partir de 1984[10]. Depuis 2000, avec le retrait progressif des SA 341F2 et la réduction du nombre total d'hélicoptères, certaines SA 342M sont désarmées pour remplacer les premières dans les missions de liaison et de transport de personnalités. En 2012, 3 exemplaires destinés au Niger sont dotés d'un canon de 20 mm à l'instar de la SA 341F[11].
Détail coupe câble supérieur
  • SA 342L1.
Livraison à l'ALAT de ces appareils qui sont des SA 342M à l'avionique légèrement modifiée (déjà au standard des jumelles de vision nocturne et avec un intérieur cabine noir), temporairement « lisses », sans armement.
  • Gazelle Celtic.
Utilisation par l'ALAT lors de la guerre du Golfe de quelques Gazelle équipées de missiles anti-aériens, ancêtres des Gazelle Mistral.
En France, légère modification de l'avionique de toutes les Gazelle, peinture noire de l'intérieur de la cabine, installation d'un éclairage ultra-violet et de feux de formations bas niveaux pour s'adapter aux besoins de l'utilisation des jumelles de vision nocturne à intensification de lumière.
  • Gazelle Mistral (SA 342 L1 ou Ma).
En France, modification des SA 342L1 qui deviennent une version anti-aérienne armée de quatre missiles Mistral à guidage thermique dans leur nouvelle version Air-Air Très Courte Portée (AATCP). Masse maximale : 1 900 kg à 2 100 kg (avec un suivi du TLV entre 2 000 et 2 100 kg). Le remplacement des pales d'origine par celles de l'Écureuil pour la SA 342 Ma.
  • Gazelle Viviane SA 342 M1.
SA 342M HOT modifiée pour recevoir une autre lunette/viseur qui rassemble en un seul équipement une caméra thermique, optique et un télémètre laser permettant l'observation et le tir de jour ou de nuit et par tous les temps. Ce système, plus lourd que le viseur standard et toujours placé au-dessus du chef de bord, a nécessité le renforcement de la cellule par un arceau ainsi que le remplacement des pales d'origine par celles de l'Écureuil. La masse maximale a aussi été revue à la hausse (2100 kg), Le pilote automatique a été optimisé.

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Opérateurs et anciens opérateurs (en foncé) de Gazelle dans le monde en 2007.
Une Gazelle AH1 britannique produite par Westland.
Une Gazelle SA 342L1 française au RIAT 2010.
Une Gazelle serbe produite par Soko.
Une Gazelle SA 341 produite par Aérospatiale .
Une Gazelle monténégrine en démonstration en 2006.

Actuels[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Angola Angola
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Drapeau du Burundi Burundi
Drapeau du Cameroun Cameroun
Drapeau de Chypre Chypre
Drapeau de l'Équateur Équateur
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau de la France France
Drapeau du Gabon Gabon
Drapeau de la Guinée Guinée
Drapeau de l'Irak Irak
Drapeau du Koweït Koweït
Drapeau du Liban Liban
Drapeau du Monténégro Monténégro
Drapeau du Niger Niger
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau du Qatar Qatar
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Rwanda Rwanda
Drapeau de la Serbie Serbie
Drapeau de la Syrie Syrie

Anciens[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de l'Irlande Irlande
Drapeau de Serbie-et-Monténégro Serbie-et-Monténégro
Drapeau de la République serbe de Bosnie République serbe de Bosnie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie

Engagements[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Syrie[modifier | modifier le code]

Remplacement[modifier | modifier le code]

À terme, une partie du parc Gazelle français sera remplacé par les Tigre (commandés à 60 exemplaires) et par le futur hélicoptère interarmées léger (HIL)[19],[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Manuel de l'équipage (MAT / 8711) fourni par l'Aérospatiale avec les appareils
  2. Jean-Marc Nesme, « Rapport fait au nom de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi, adopté par le Sénat, autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République d’Irak relatif à la coopération dans le domaine de la défense » [PDF], sur Assemblée nationale,‎ (consulté le 21 mars 2015).
  3. « L’Anglo-French Helicopter Agreement, ou quand Britanniques et Français révolutionnèrent le monde des voilures tournantes »,‎ (consulté le 19 janvier 2016).
  4. Serge Vinçon, « Les hélicoptères de l'armée de terre : situation et perspectives », sur Sénat (France),‎ (consulté le 11 mai 2016).
  5. Frédéric Lert, « Sitalat : les hélicoptères de l'ALAT connectés », sur Air & Cosmos,‎ (consulté le 17 janvier 2015).
  6. « Assemblée nationale », sur François Cornut-Gentille (consulté le 17 mai 2014)
  7. Yann Cochennec, « Comment le GAMSTAT prépare l'avenir de l'ALAT », Air et Cosmos, no 2439,‎ , p. 31 (lire en ligne).
  8. Laurent Lagneau, « Dans l’attente de l’hélicoptère interarmées léger, la Gazelle devra tenir encore 15 ou 20 ans »,‎
  9. Arnaud, « Les aéronefs de l'Army Air Corps eb 2015 et en images », sur Avions légendaires,‎ (consulté le 14 décembre 2015).
  10. Lt-Colonel René Bon, « Tireurs missiles antichars de l’armée de terre », sur http://www.symboles-et-traditions.fr/ (consulté le 10 avril 2016).
  11. « Gazelle Nigérienne Des idées pour l'ALAT », Air et Cosmos, no 2310,‎ , p. 8 (ISSN 1240-3113)
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t « Forces aériennes du monde 2013 », Flightglobal angle,‎ (consulté le 5 avril 2013).
  13. (en) « ON THE SOURCE AND WEAPONISATION OF THE NIGERIAN ARMY AVIATION UNIT’S GAZELLE HELICOPTERS ; MY FINDINGS », sur https://beegeagle.wordpress.com/,‎ (consulté le 27 mars 2016).
  14. Appareils de la police serbe.
  15. « Force aérienne chinoise », flightglobal.com (consulté le 5 avril 2013)
  16. « RAF SA341D Gazelle HT.3 » (consulté le 5 avril 2013).
  17. « Fleet Air Arm SA341C Gazelle HT.2 » (consulté le 5 avril 2013).
  18. (en) Syrian Attack Helicopters
  19. « Aérocombat : "Nos alliés sont bluffés !" »,‎ (consulté le 1er février 2013)
  20. « "Avec l'Alat, nous avons le meilleur système d'aérocombat" »,‎ (consulté le 1er février 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

La Gazelle est mise en scène dans les jeux vidéo suivants :

Liens externes[modifier | modifier le code]