Deus ex machina

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Deus ex machina dans le théâtre grec (Medea par Euripide, mise en scène de 2009 à Syracuse, Italie)

Deus ex machina [deus ɛks makina] est une locution latine qu'on peut traduire par « dieu sorti de la machine ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

Traduction d'une expression grecque préalable (Ἀπὸ μηχανῆς θεός / Apò mêkhanễs theós), cette locution désigne, dans le vocabulaire théâtral, le procédé faisant entrer en scène, en le descendant des cintres, un dieu. En grec ancien, « mèchanè » désigne le mécanisme qui sert à faire entrer une divinité en scène.

Aspect linguistique[modifier | modifier le code]

L'intervention d'une divinité étant à même de dénouer de manière impromptue une situation désespérée, l'expression peut être étendue à toute résolution d'histoire qui ne suit pas la logique interne du récit mais permet au dramaturge de conclure sa pièce de la manière qu'il désire. Elle peut, cependant, désigner la simple représentation sur scène d'une divinité.

Cette expression est employée dans le domaine de la dramaturgie au sens large (théâtre, scénario de cinéma et de série télé, bande dessinée…) pour désigner « l’événement inattendu et improbable qui vient régler les problèmes du protagoniste à la dernière minute[1] ».

Dans le langage courant, l'expression s'applique aussi à un élément qui arrive par surprise et qui résout un problème bloqué jusque-là. On peut donc dire d'une personne qu'elle est le deus ex machina si elle vient arranger un problème au dernier moment.

Il est souvent utilisé de manière péjorative pour désigner un miracle excessivement invraisemblable, mal intégré au récit, utilisé par paresse scénaristique ou destiné à provoquer opportunément une « happy end » sans aucune cohérence avec le récit.

Littérature[modifier | modifier le code]

Chez Molière, l’intervention de l’autorité royale constitue une variante du Deus ex machina : dans Tartuffe, la dernière réplique est un éloge du prince, auquel le recours a été rendu nécessaire par les violentes attaques des coteries contre la pièce : « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, / Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, / Et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs. ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Lavandier, La dramaturgie, Le Clown et L'Enfant, 1994, 1997, 2004 (ISBN 2-910606-03-1)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) D. Herbert Abel, « Euripides' Deus ex Machina : Fault or Excellence », The Classical Journal, vol. 50, no 3,‎ , p. 127-130 (lire en ligne).
  • (en) R. B. Appleton, « The Deus ex Machina in Euripides », The Classical Review, vol. 34, no 1/2,‎ , p. 10-14 (lire en ligne).
  • Jules Brody, « Deus ex machina, ou le mythe de l'intrusion divine dans le théâtre de Jean Giraudoux », Revue d'histoire littéraire de la France, Paris, Presses universitaires de France (PUF), no 1, 102e année,‎ , p. 57-69 (lire en ligne).
  • (en) Thomas Shearer Duncan, « The Deus ex Machina in Greek Tragedy », Philological Quarterly, no 14,‎ , p. 126-141.
  • Brigitte Le Guen (dir.) et Silvia Milanezi (dir.), L'appareil scénique dans les spectacles de l'Antiquité, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, coll. « Théâtres du monde », , 249 p. (ISBN 978-2-84292-392-1, présentation en ligne)
    Actes de la journée d'étude internationale tenue le 26 mars 2010 à l'Université de Nantes.
  • Antonio G. Rodriguez, « Le Deus ex Machina dans Adolphe ou l'originalité de Benjamin Constant », The French Review, vol. 44, no 2 « Studies in Nineteenth-Century French Literature »,‎ , p. 54-58 (lire en ligne).
  • (en) P. Muñoz Simonds, « Molière's Satiric Use of the Deus Ex Machina in Tartuffe », Educational Theatre Journal, vol. 29, no 1,‎ , p. 85-93 (lire en ligne).
  • Lucie Thévenet, « L'Héraklès de Philoctète : une synthèse théâtrale du deus ex machina », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, no 2,‎ , p. 37-65 (lire en ligne).

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