Betterave sucrière

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Betterave

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Beta vulgaris

Classification
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Caryophyllales
Famille Chenopodiaceae
Genre Beta

Nom binominal

Beta vulgaris
L., 1753

Classification phylogénétique

Ordre Caryophyllales
Famille Amaranthaceae
Description de l'image  Image:SugarBeet.jpg .

Racines de betterave sucrière
(celle de gauche est une
variété à peau plus lisse se
lavant plus facilement)

La betterave sucrière est un type de betterave cultivé pour sa racine charnue utilisée pour la production du sucre (saccharose).

Botanique[modifier | modifier le code]

Principales variétés cultivées[modifier | modifier le code]

Les betteraves sucrières sont de couleur blanche et très enterrées. Il existe de nombreuses variétés. Les principaux critères de choix sont le rendement des racines, le rendement en sucre, la pureté des jus, la résistance à des maladies telles que la rhizomanie, le rhizoctone brun et la tolérance aux nématodes. D'autres critères sont importants tels que la résistance à la montée à graine.

Description[modifier | modifier le code]

La betterave cultivée est une plante bisannuelle :

  • première année, phase végétative : développement des feuilles et constitution de la racine charnue, accumulation de réserves en sucre, c'est aussi la phase de culture ;
  • deuxième année : montaison et floraison, production de graines.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La betterave sucrière est utilisée pour la production de sucre (dont la vergeoise), et secondairement d'alcool et d'éthanol-carburant. Ses sous-produits sont la mélasse qui contient encore 50 % de sucre utilisée comme aliment appétent pour les animaux ; la pulpe de betterave, résidu de l'extraction du sucre est généralement déshydratée pour le même usage ; la mélasse sert aussi à la production de levure de boulangerie ; les collets et les feuilles servent pour l'alimentation du bétail ou sont restitués au sol.

Depuis quelques années, le jus de la betterave à sucre est utilisé comme fondant routier en Amérique du Nord. Utilisé seul ou mélangé avec du chlorure de sodium, le jus de betterave est efficace jusqu'à -32°C et permet de réduire l'impact des agents de déglaçage sur l'environnement et les infrastructures[1],[2].

Le butane-2,3-diol est dérivé de l'amidon et de la betterave sucrière.

Économie[modifier | modifier le code]

La culture occupe environ 4,9 millions d'hectares dans le monde (FAOSTAT 2012), surtout en Europe du Nord et aux États-Unis ;

La production mondiale (FAO 2012) de betteraves sucrières est de 269 millions de tonnes, dont 115 pour l'Union européenne.

La France est le second producteur mondial de sucre de betteraves. Cette culture est concentrée dans le nord du pays et le bassin parisien.

Dans l'Union européenne, la culture de la betterave sucrière est réglementée dans le cadre de la politique agricole commune. Chaque pays dispose d'un quota de production autorisé en dessous duquel le prix est garanti, à un niveau supérieur au cours mondial.

Production de betterave à sucre
Production en millions de tonnes. Chiffres 2012
Drapeau de la Russie Russie 45,1
Drapeau de la France France 33,7
Drapeau des États-Unis États-Unis 32
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 27,9
Ukraine Ukraine 18,4
Drapeau de la Turquie Turquie 15
Drapeau de la Pologne Pologne 12,3
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 11,5
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 7,3
Drapeau de l'Égypte Égypte 7,6
Total Mondial 269,1
Données de FAOSTAT (FAO)
Récolte mécanisée : une automotrice dite « intégrale » à grande capacité de stockage lui permettant de travailler sans interventions de bennes de transport.

Culture de la betterave sucrière[modifier | modifier le code]

La betterave sucrière est la première culture industrielle en France. Ses producteurs sont rassemblés sous la bannière de la confédération générale des planteurs de betterave, ou CGB.

En France, on sème la betterave à la mi-mars après les gelées d'hiver ; elle a besoin de six mois chauds et ensoleillés pour achever la formation de la racine ; elle aime les terres riches, profondes, bien fumées. Jusque dans les années 1970, après le semis, il était nécessaire de procéder au « démariage », c'est-à-dire à l'élimination des plants excédentaires. Les graines sont naturellement groupées par trois (dans des fruits appelés triakènes). Ce sont des semences multigermes, sauf si elles ont été préparées. Depuis cette époque, grâce à la sélection génétique, les semences sont désormais monogermes (une seule graine par glomérule). Elles sont semées en place, graine par graine, grâce à des semoirs spécifiques.

La graine de betterave étant très petite et contenant très peu de réserve, cette culture est très sensible à la battance. En effet, lors du semis, la graine est enfouie à 2-3 cm de profondeur, lorsque les cotylédons pointent à la surface, la plantule a complètement hydrolysé ses réserves, elle a donc un besoin urgent de soleil pour commencer la photosynthèse (et la production d'énergie). Si elle rencontre un obstacle comme une croûte de battance, elle ne peut y faire face et le plant meurt.

La fertilisation azotée doit être sans excès sous peine de nuire au rendement en sucre. La betterave a une consommation dite « de luxe » car elle puise énormément de potassium (du fait de son origine halophyte), ses besoins en potasse sont donc élevés (environ 4 kg par tonne de racines). Elle exige des sols à pH basique.

L'émission des feuilles suit un phylochrone de 40 °C jour. Le nombre maximal de feuilles ne semble pas être borné. À part les deux premières, les feuilles se placent suivant une hélice de rang 5 (la 3e et la 8e sont superposée).

Le saccharose (C12) est directement produit dans les feuilles. Celui-ci est réduit en glucose (C6) dans les organes-puits lors de la croissance, puis stocké (si excédent) dans la racine. La richesse en sucre est un facteur important de la qualité finale de la récolte, et le prix d'achat en dépend, elle s'exprime en % et varie aujourd'hui entre 16 et 20.

Le grossissement de la racine commence tôt. La « mue de la betterave » correspond à un grossissement du cœur (différenciation de xylème et de phloème secondaires puis tertiaire) qui a pour effet d'éclater l'écorce qui se fendille. Le rendement moyen varie de 60 tonnes à 90 tonnes de racines à l'hectare.

Le sillon saccharifère, un repliement de la racine, est dans le collimateur des semenciers car il accroche une masse importante de terre lors de l'arrachage. Il fait ainsi diminuer la propreté (la qualité et donc le prix) de la marchandise livrée à l'industriel.

La récolte de la betterave à sucre est mécanisée à l'aide de machines automotrice combinant les fonctions d'arracheuse-effeuilleuse-décolleteuse-chargeuse.

Ennemis de la betterave sucrière[modifier | modifier le code]

Ses principaux ennemis sont les pucerons vecteurs de la jaunisse, la mouche de la betterave (ou pégomyie), les taupins et des maladies comme la rhizomanie, la cercosporiose, l'oïdium, la ramulariose et le pied noir.

Enfin, danger récent pour la betterave sucrière en France : une autre espèce de betterave, extrêmement envahissante, la betterave maritime, est en train de se répandre sur le littoral depuis 2003 en faisant disparaître tous les autres végétaux, notamment sur la côte autour du village d'Audresselles (Pas-de-Calais). Les pollens de cette variété modifient génétiquement les graines de la betterave sucrière, et rendent les pivots issus de ce croisement non producteurs de sucre en quantité suffisante pour être exploités. La Faculté des Sciences de Lille a envoyé des chercheurs à Audresselles pour étudier le phénomène et les moyens de le combattre.

Champ de betteraves dans le département de la Marne.
Récolte de betteraves dans le département de l'Aube.

Désherbage de la betterave[modifier | modifier le code]

Le désherbage de la betterave est une pratique qu'il faut absolument réussir car la culture est très fragile du point de vue de la concurrence avec les adventices à tous les niveaux. Il faut pour cela lutter agronomiquement ou chimiquement (la méthode la plus utilisée et la plus efficace).

Le désherbage chimique des betteraves repose sur des programmes associant plusieurs matières actives, permettant d'élargir le spectre d'efficacité et de réduire la phytotoxicité pour la culture. Dans ce souci d'efficacité et de diminution du coût du désherbage, des techniques avec doses réduites de produits sont développées depuis de nombreuses années.

Un désherbage de prélevée est utile, notamment dans les situations à risque, contre certains types d'adventices, les dicotylédones comme l'amarante, l'ammi élevé, l'aethusa, la matricaire... On peut aussi utiliser ce désherbage pour renforcer et régulariser l'efficacité des interventions de post levée. Le désherbage de post levée vise les dicotylédones et les monocotylédones.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les principales races de betterave ont été décrites dès le Moyen Âge, notamment par Matthiole. L'origine de l'utilisation alimentaire des racines de betterave semble se situer dans la grande plaine qui s'étend de l'Allemagne à la Russie

En 1600, Olivier de Serres, dans Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs écrit :

« Une espèce de pastenades est la bette-rave, laquelle nous est venue d'Italie n'a pas longtemps. C'est une racine fort rouge, assés grosse, dont les feuilles sont des bettes, et tout cela bon à manger, appareillé en cuisine : voire la racine est rangée entre les viandes délicates, dont le jus qu'elle rend en cuisant, semblable à sirop de sucre, est très beau à voir pour sa vermeille couleur. »

Il chercha le premier à extraire le sucre des betteraves mais n'a pas réussi à trouver un processus rentable.

En 1747, un Allemand, Andreas Sigismund Marggraf, avait réussi à extraire le sucre de la betterave. Toutefois la première extraction industrielle de sucre fut l'œuvre, fin 1811, d'un Français, Benjamin Delessert, secondé par son chef de fabrication, le chimiste Jean-Baptiste Quéruel. C'est Napoléon 1er qui avait encouragé les recherches en ce domaine, le blocus de l’Empire Français exercé par la marine britannique, ayant coupé l'Europe des ressources en sucre de canne des Antilles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Steve Proulx, « Déglaçant à la betterave », La Vie en vert, Télé-Québec,‎ 27 mars 2012 (lire en ligne)
  2. Liam Casey, « In Toronto’s deep freeze, beet juice beats salt for melting ice », Toronto Star,‎ 6 janvier 2014 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]