La Folie des grandeurs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l'album des musiques du film, voir Bande originale de La Folie des grandeurs.
La Folie des grandeurs
Description de cette image, également commentée ci-après
Le chapeau à pompons verts de Don Salluste.
Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
d'après Ruy Blas de Victor Hugo
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Mars Films
Coral Films
Paramount-Orion Filmproduktion
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Comédie historique
Durée 132 minutes
Sortie 1971

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Folie des grandeurs est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé par Gérard Oury, sorti en 1971.

Très librement adapté de Ruy Blas de Victor Hugo, le film met en scène, dans l'Espagne du XVIIe siècle, l'ignoble don Salluste, cupide et hypocrite ministre des Finances du roi d'Espagne, qui, après avoir été déchu, tente à tout prix de retrouver ses fonctions et sa richesse, en manipulant son ancien valet Blaze.

L'idée d'adapter ce drame romantique en film comique vient à Gérard Oury en 1960, lorsqu'il joue la pièce de théâtre à la Comédie-Française. L'immense succès de ses films Le Corniaud en 1965 et La Grande Vadrouille en 1966 permet à son idée de voir le jour. Bourvil et Louis de Funès, têtes d'affiche des deux films, sont prévus dans les rôles de Blaze et de don Salluste. Après la mort de Bourvil d'un cancer en , et sur suggestion de Simone Signoret, Oury distribue le rôle de Blaze à Yves Montand.

Cette « superproduction » européenne bénéficie d'un budget de 1,8 milliards de francs et de moyens spectaculaires. Le tournage se déroule en Espagne et en France, notamment dans le somptueux palais de l'Alhambra de Grenade. La musique du film est composée par le chanteur pop Michel Polnareff, qui parodie les bandes originales des « westerns spaghettis » de l'époque. Conçus par Georges Wakhévitch et Jacques Fonteray, les décors et costumes s'inspirent de l'œuvre du peintre Diego Vélasquez.

Sorti en , La Folie des grandeurs attire plus de 5 millions de spectateurs, un résultat très honorable mais bien inférieur à ceux du Corniaud et de La Grande Vadrouille, décevant pour les producteurs. Il se classe ainsi à la 4e place du box-office français de l'année, loin derrière Les Aristochats.

Devenu un « film culte » avec les années, La Folie des grandeurs demeure célèbre pour ses répliques et des scènes comme le réveil de don Salluste par Blaze avec les rimes en « or » ou le strip-tease d'Alice Sapritch.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Accroche[modifier | modifier le code]

Espagne, XVIIe siècle, Siglo de Oro.

Don Salluste (Louis de Funès) profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour s'enrichir. Mais la reine Marie-Anne de Neubourg, qui le déteste, réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre. Son neveu Don César ayant refusé de se mêler au complot, il choisit son valet Blaze (Yves Montand), transi d'amour pour la souveraine, pour tenir le rôle du prince charmant. À force de quiproquos, il ne parvient qu'à attirer sur Blaze les faveurs de la peu avenante Doña Juana (Alice Sapritch).

Résumé[modifier | modifier le code]

Le carrosse du film, exposé aux abords du circuit de Charade, lors de l'édition 1972 du Grand Prix automobile de France de Formule 1.

Don Salluste de Bazan est ministre du roi d'Espagne Charles II. C'est un être fourbe, hypocrite et cupide qui collecte lui-même les impôts, qu'il détourne en partie à son profit. Il est détesté par la population qu'il opprime.

Accusé par la reine Marie-Anne de Neubourg, une belle princesse bavaroise, d'avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d'honneur, il est déchu de ses fonctions et condamné à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger, il entre en contact avec son séduisant neveu, César, devenu brigand, mais ce dernier refusant d'entrer dans sa machination, il le fait capturer par ses sbires et l'envoie comme esclave aux Barbaresques. Il décide alors d'utiliser pour sa vengeance Blaze, son valet récemment congédié et dont il a découvert les sentiments pour la reine : il le fera passer pour César et l'aidera à séduire la reine.

Le jour même de sa présentation à la cour, Blaze déjoue un attentat ourdi contre le roi par les Grands d'Espagne. Il s'attire ainsi les faveurs du couple royal et devient rapidement ministre. Suivant de loin l'évolution de la situation, Salluste découvre que les Grands ont décidé de se venger de Blaze après qu'il eût décidé avec le roi de taxer les nobles et non plus les pauvres. Ce qui risque de faire capoter la machination de Salluste.

De son côté, Blaze s'apprête à déclarer sa flamme à la reine, mais cette dernière fuit pour éviter la duègne qui prend sa place et croit recevoir les compliments de Blaze pour elle, alors que lui ne s'est pas rendu compte de ce transfert. L'appétence sexuelle de Doña Juana est ainsi attisée. Blaze, forcé de partir après l'arrivée d'un baron qui le cherchait, la laisse seule exprimer ses sentiments réciproques, non pas à lui, mais simplement au chien du roi qui a remplacé Blaze un court instant après son départ.

Blaze est sauvé de justesse du complot qui le visait par Salluste, qui découvrira que son gâteau d'anniversaire est empoisonné. Mais, prenant son sauvetage pour une simple faveur de son ancien maître, Blaze est fait prisonnier par Salluste, sans comprendre qu'il vise à travers lui un complot d'une envergure encore plus grande.

Salluste va commettre lui aussi une énorme bourde quand, au lieu de prévenir la reine par l’intermédiaire d'un perroquet que Blaze l'aime et souhaite la voir, il envoie l'animal accidentellement dans la chambre de Doña Juana. Une fois encore elle aura droit à diverses confidences qui ne lui étaient pas destinées. Heureusement Salluste réussira tout de même à prévenir la reine de l'invitation de Blaze dans une petite auberge.

La situation se complique encore avec le retour du vrai César, échappé des Barbaresques, qui délivre Blaze. Ainsi que l'arrivée de Doña Juana dans l'auberge qui se livrera à un mémorable strip-tease à l'attention de Blaze, qu'elle croit toujours fou amoureux d'elle. Bien qu'elle ne demande rien de mieux que de lui faire l'amour, ce dernier repoussera ses avances grâce à la boisson dans laquelle Salluste a versé un puissant somnifère. Et, avec César, il déjouera tous les plans de Salluste sous les yeux du roi, qui croira que Blaze a définitivement conquis les faveurs de la duègne. Au dernier moment, c'est le vrai César qui part avec la Reine, cachés sur le toit d'un carrosse, sous les yeux émus de Blaze qui voit ainsi un autre profiter de son amour.

Finalement le roi enverra Salluste et Blaze aux Barbaresques, le premier à cause de son complot, le second pour ne pas avoir voulu épouser Doña Juana. Mais cette dernière poursuivra Blaze jusque dans le désert...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Liste des membres de la distribution du film, sur le planning de tournage.
Non crédités

Genèse[modifier | modifier le code]

Gérard Oury dans Ruy Blas à la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Pour plus d'informations sur la pièce originelle de Victor Hugo qu'a adapté Oury, voir Ruy Blas.
Gérard Oury, acteur dans La Fille du fleuve (1955).

En 1960, Gérard Oury débute son activité de réalisateur (en tournant La Main chaude et La Menace) et termine sa carrière de comédien de théâtre sur un rôle prestigieux puisque le metteur en scène Raymond Rouleau fait appel à lui pour interpréter Don Salluste dans Ruy Blas à la Comédie-Française[3],[4],[note 3]. Il devient ainsi pensionnaire du « Français » pour la seconde et dernière fois, après l'avoir été en 1939, pour une représentation de Britannicus[4], en remplacement d'un comédien mobilisé.

En coulisses, l'ambiance est tendue[3],[4]. Raymond Rouleau a imposé que le rôle de Don Salluste soit interprété par Gérard Oury car selon lui « personne [dans la troupe de la Comédie-Française] n'est à l'heure actuelle apte à jouer le rôle »[4],[note 4]. Or, les sociétaires sont contre le fait de faire venir un acteur de l'extérieur, « de surcroît metteur en scène de cinéma », pour tenir ce rôle que pourraient jouer avec brio des acteurs du « Français »[4],[note 5]. La troupe n'apprécie pas non plus qu'une dérogation dans son contrat d'engagement autorise Oury à quitter la pièce au bout de seulement six mois, pour partir réaliser son troisième film, car cela leur est interdit par le décret dit « de Moscou », sauf autorisation expresse de l'administrateur[5]. Enfin, des tensions éclatent entre Raymond Rouleau et l'interprète de don César de Bazan, Robert Hirsch, tous deux de grands noms du théâtre, amenant Hirsch à quitter avec fracas les répétitions le , près d'une semaine avant la présentation au public de la pièce[3],[5],[6]. Le lendemain, par voie de presse, l'acteur rend Gérard Oury responsable de son départ[3] : « Je quitte Ruy Blas parce que je ne suis pas d'accord avec la mise en scène. Elle est trop rigide et ne tient pas compte de ma personnalité. Surtout, je ne peux pas jouer avec Gérard Oury, acteur imposé par Raymond Rouleau et dont je déplore l'engagement[7] ». Les deux acteurs ne se côtoient pourtant que lors de deux scènes, très courtes, la scène 2 de l'acte I et la 7 de l'acte IV[7]. Se sentant « à la fois bouc émissaire et dindon de la farce », Oury pense à partir également et se rend dans le bureau de l'administrateur Maurice Escande, qui le convainc de rester[7]. À la sortie du bureau, Oury rencontre Hirsch et tous deux en viennent aux mains[3],[7],[6],[note 6].

La première de Ruy Blas a lieu le vendredi , en présence du président de Gaulle et du ministre de la Culture Malraux[8]. Jacques Destoop joue le rôle-titre et Claude Winter la reine[8], tandis que Rouleau a remplacé Robert Hirsch par Jean Piat[3],[9],[10],[6], qui se révèle très bon dans le rôle de Don César[5],[11]. Oury interprète un don Salluste « un peu triste, hiératique, très digne » mais l'idée de détourner en comédie ce drame de Victor Hugo lui vient[6],[3]. La trame de la pièce — un ministre déchu à la demande de la reine qui fait passer son valet Ruy Blas pour son neveu revenu d'Amérique afin qu'il la séduise, pour qu'elle soit ainsi répudiée par le roi, qui rendra en récompense ses pouvoirs et sa richesse au ministre — apparaît à l'acteur-réalisateur comme un parfait argument de comédie[6].

« À chaque représentation, pendant l'acte II dont je ne suis pas, ou tandis que mort j'attends de me relever, je pense qu'on pourrait faire de ce drame une irrésistible comédie : quiproquos valet-maître, maître déguisé en laquais, duègne folingue, Barbaresques chez lesquels Salluste expédie son cousin César, maison truquée, reine d'Espagne somme toute complètement idiote. Et ce Salluste, pourquoi toujours le faire jouer en troisième couteau ? Moi, je le distribuerais à un acteur comique, Louis de Funès par exemple. Je sais, il est inconnu mais il a du génie, on s'en apercevra bientôt. Je m'amuse au jeu des titres. (…) Ruy Blaze avec un Z ? Les Sombres Héros ? (Sombréros !) Ou tiens, pourquoi pas : La Folie des grandeurs ? »

— Gérard Oury, 1988[3],[12].

Succès comiques avec Bourvil et Louis de Funès[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Les auteurs du film paient avec humour leur tribut à Victor Hugo en précisant dans le générique que même si « Toute ressemblance avec les personnages d'un célèbre drame ne serait que l'effet d'une fâcheuse coïncidence », ils le remercient pour sa « précieuse collaboration ».

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Bourvil est initialement prévu pour le personnage de Blaze, mais sa mort contraint la production à lui trouver un remplaçant. Gérard Oury et Danièle Thompson rapportent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, que l'idée de donner le rôle de Blaze à Yves Montand leur fut suggérée, lors d'une soirée mondaine, par Simone Signoret, épouse de l'acteur. Les scénaristes (Oury, Thompson et Jullian), d'abord circonspects, ré-écrivent complètement l'adaptation en fonction de la différence de personnalité des deux acteurs successivement prévus pour incarner le personnage de Blaze.

Un acteur jouant l'un des grands d'Espagne est lui-même noble : don Jaime de Mora y Aragón, qui incarne Priego, est l'authentique marquis de Casa Riera et, par ailleurs, frère de Fabiola, l'ancienne reine des Belges.

Tournage[modifier | modifier le code]

La Folie des grandeurs a été tournée en Espagne (Barcelone, Grenade, Madrid, Pedraza, Séville, Tolède) et aux studios Franstudio, à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne (France).

Désert de Tabernas[modifier | modifier le code]

Les scènes dans le désert ont été tournées dans le désert de Tabernas, dans la province d'Almérie.

Les scènes du bagne des barbaresques sont également tournées à Almería, dans une partie du désert de quelques hectares dépourvue de végétation, aride et ensablée, semblable au Sahara[13]. David Lean y avait tourné Lawrence d'Arabie dix ans plus tôt, notamment la scène de l'attaque du train[14]. De grandes dunes cachent l'horizon[14] mais les points de vue sans mer et sans habitations sont peu nombreux[13]. Le décorateur Georges Wakhévitch doit construire une énorme noria, en plein désert : la « grande roue de bois tourne sur son axe, puise l'eau avec ses multiples cruches de terre et irrigue » une pousse de palmier[14]. Une citerne est construite pour stocker l'eau que la noria doit puiser : des pelles excavatrices sont acheminées sur les lieux puis des maçons cimentent les bords de la citerne[14]. Environ 35 m3 d'eau doivent être contenus dans la citerne mais le problème est que le transport d'eau dans la zone, par camion-citernes, est très coûteux[14]. Les décorateurs constatent le lendemain du travail des maçons que, par chance, la citerne s'est remplit toute seule, grâce à l'infiltration de l'eau de mer, évitant ainsi d'importantes dépenses. Sans aucune intervention, le niveau de la citerne reste constant tout le long du tournage, à la grande joie de Georges Wakhévitch[14].

Le tournage est fortement impacté par le climat de la région puisque une pluie torrentielle s'abat durant plusieurs jours, immobilisant longuement l'équipe, les acteurs, les trois cents figurants ainsi que la ménagerie de chevaux et de chameaux, en attente d'une éclaircie[3],[15],[16]. Un nouveau problème survient quand la pluie s'arrête : de l'herbe se met à pousser dans le sable du désert, à la grande stupéfaction des locaux eux-mêmes[17]. L'endroit perd alors son côté aride et désertique, ce qui très dérangeant pour le film, surtout pour les scènes du camp des barbaresques[17]. La production engage donc des équipes spéciales composées d'habitants du coin pour désherber le désert, lui redonnant ses airs de Sahara[3],[17],[16].

Grenade et le palais de l'Alhambra[modifier | modifier le code]

Lors de la partie de colin-maillard, Blaze pousse la duègne dans ce bassin des jardins du Partal de l'Alhambra, pour s'en débarrasser.

Avec ces intempéries, le tournage prend un grand retard et le départ pour Grenade se fait plus tard que prévu[17]. À Grenade, le tournage se déroule principalement dans l'Alhambra, somptueux ensemble de plusieurs palais. Un très grand froid règne alors à Grenade, surprenant même les grenadins qui disent « n'avoir pas vu un temps pareil depuis cinquante ans »[17]. Le froid rend morne les célèbres jardins de l'Alhambra et l'équipe est contrainte de planter des fleurs artificielles pour leur redonner des couleurs, en plein mois de mai[17]. La plupart des figurants sont des étudiants de l'Université alors en vacances[17]. Le retard causé par le mauvais temps fait craindre à l'équipe de perdre ces nombreux figurants, la reprise des cours s'approchant[17]. Dans la cour circulaire intérieure du palais de Charles Quint est tournée la scène dans laquelle le roi et « don César » perçoivent l'impôt, auprès des Grands d'Espagne[18]. La partie de colin-maillard entre la reine et ses courtisanes, interrompue par l'arrivée de « don César », a lieu dans la cour des Lions, dans les palais nasrides de l'Alhambra[19]. Le régisseur Jean Pieuchot rapporte que le tournage de cette scène fut dur pour Karin Schubert : « Gérard Oury a rapidement eu des intentions à son égard mais elle est restée indifférente. Gérard lui a fait un peu payer cette histoire en étant parfois assez méchant avec elle. Par exemple, Oury avait fait venir un grand chapelier [Jean Barthet] qui avait déposé de petites fleurs dans les cheveux de la comédienne pour le tournage [de la scène]. Dès que Karin Schubert bougeait, les fleurs tombaient. Ce n'était pas de sa faute bien sûr mais Gérard l'engueulait. J'ai vu avec des accessoiristes qui ont réglé ce problème de fleurs et la scène a pu être tournée[20] ».

Pour se débarrasser de la duègne, Blaze la pousse dans un bassin réfléchissant la tour des Dames, dans les jardins du Partal. Le tournage de la scène est très éprouvant pour Alice Sapritch, qui supporte un poids de 20 à 30 kg selon les prises, avec sa robe et son apparat de jupons, sa coiffe pyramidale, ses bijoux et, quand elle s'assied pour écouter « don César », des réservoirs d'eau et 60 m de tuyaux percés de centaines de trous sous sa robe, pour que l'eau gicle en plein de petits jets[21],[22]. Pierre Durin, spécialiste des truquages[note 7], met en scène un système pour réchauffer l'eau dans lequel chute Alice Sapritch pour faciliter le tournage à l'actrice : sous une cloche sont versés des centaines de litres d'eau chaude et la cloche doit être retirée peu avant que ne soit lancé le « Action ! », rendant l'eau plus chaude durant quelques dizaines de secondes[21]. Le stratagème s'avère inefficace et Sapritch est condamnée à tomber dans de l'eau glacée[21]. En revanche, lorsqu'elle tourne la discussion avec Blaze derrière la haie, elle est arrosée durant toute une journée avec des arrosoirs d'eau tiède[21]. Après avoir été précipité la duègne dans le bassin, Blaze retrouve la reine dans le patio du Canal (patio de la Acequia), dans les jardins du Généralife, palais d'été des princes Nasrides[19].

Isla Mínima del Guadalquivir, près de Séville[modifier | modifier le code]

L'équipe se déplace dans la province de Séville pour tourner les scènes de l'anniversaire piégé de Blaze dans une propriété proche du village de La Puebla del Río[18]. Le lieu, aux décorations riches et typiques[23], sert de décors pour la propriété du marquis de Priego, où les conspirateurs ont organisés une fête d'anniversaire piégée pour « don César », qu'ils veulent tuer[18]. Appartenant à José Maria Escobar, la propriété, nommée « Isla Mínima del Guadalquivir », est encerclée par les marais du Guadalquivir et a pour vocation l'élevage de toros de « tienta »[23],[24]. Le tournage a notamment lieu dans la cour et dans la petite arène de la propriété[18]. Les scènes nécessitent notamment un taureau de 500 kg[25], que Priego lance aux trousses de Salluste et Blaze dans l'arène.

Studios Roma, Madrid et ses environs[modifier | modifier le code]

L'équipe rejoint ensuite Madrid, où se situe la base de production[26]. Le tournage a lieu dans les villes proches ainsi que dans les studios Roma[26],[note 9]. Le tournage dans de vieilles rues de Madrid, prévues comme décors extérieurs, s'avère finalement impossible à cause des antennes de télévision, fils électriques et autres équipements contemporains difficiles à cacher et sources d'anachronismes[26]. Les décorateurs se voient donc obligés d'« édifier tout un complexe de places, de ruelles et de patios » sur les plateaux des studios Roma[26].

Façade ouest de l'Escurial.

Arrivée à San Lorenzo de El Escorial, l'équipe se voit refuser l’autorisation de tourner à l’intérieur de l'Escurial, malgré les promesses qui leur avaient été faite auparavant[3],[26],[27]. Le décorateur Georges Wakhévitch est donc contraint de construire des répliques à échelle plus réduite des salles du palais, sur les plateaux des studios Roma et, plus tard, des studios Franstudio en France[3],[26]. Il reproduit notamment la salle du trône (à Franstudio) et la bibliothèque de l'Escurial.

« (…) les producteurs ont manqué de bonne foi. On nous a dit : « l'Escurial, vous allez l'avoir, on va y tourner. Pas de problèmes, je connais tout le monde ». Nous commençons donc à faire notre plan de travail, dans lequel il y avait un grand trou : « Tournage à l'Escurial ». Le studio n'est pas prévu. La main-d'œuvre non plus. Le jour où nous arrivons là-bas pour organiser le tournage, le directeur nous répond : « Moi, vous laisser tourner ici ? Pour que je perde 300 000 touristes par jour ? Il n'en est absolument pas question ! Tourner dans les jardins ? Impossible, et d'abord ils sont abîmés… ». Le producteur revient penaud : « Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Georges, tu peux nous sauver ? Tu sais, on tourne dans huit jours et je n'ai pas de décors… » Alors on construit. Comme des dingues. Jour et nuit. On se jette sur les planches à dessin. On étudie. On construit comme des fous. Il faut quand même que nous arrivions à un beau résultat, non ? On ne peut pas faire l'Escurial n'importe comment. Et on s'est débrouillé. »

— Georges Wakhévitch, 1982, pour Positif[27].

L'escalier de pierre du musée Santa Cruz de Tolède.

L’une des rares scènes tournée à l'Escurial est l'arrivée du roi de retour de la chasse en son château, filmée sur la place faisant face à l'édifice[28]. La scène d'ouverture — montrant la récolte des impôts par don Salluste — et quelques autres scènes sont tournées sur la Plaza Mayor de Pedraza, dans la province de Ségovie, un bourg médiéval très apprécié par les réalisateurs, dont Orson Welles, qui y a filmé Falstaff et Une histoire immortelle[28]. Des scènes sont tournées à Tolède, au musée Santa Cruz, dont notamment quelques plans d'Yves Montand descendant un escalier en courant pour empêcher l'attentat contre le roi[29],[note 10], et dans la cour intérieure de l'hôpital de Tavera (es)[30], pour les plans de l'arrivée du roi, rattachés à ceux tournés devant l'Escurial.

La cour intérieure de l'hôpital de Tavera (es), où don Salluste explique à Blaze : « Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s'excusent. Quand on est riche, on est désagréable ! ».

Le est tournée la scène de l'effeuillage de doña Juana devant Blaze dans le décor de l'auberge de la Cabeza Negra[31], sur le plateau A des studios Roma. Alice Sapritch réalise elle-même le strip-tease, grâce aux leçons dispensées par Sophia Palladium au Crazy Horse ; malgré ces cours, Sapritch n'arrive pas à exécuter un des mouvements, un « petit coup de cul donné vers l'arrière »[31]. Elle n'arrive à trouver « la bonne expression du fessier, à la fois bravache, aguichante et décidée »[21]. Après plusieurs essais infructueux, Sophia Palladium est finalement appelée à Paris : arrivée par le premier avion à Madrid, elle tourne en gros plan les moments du strip-tease que Sapritch n'arrivait pas à réaliser. Grâce au montage, les plans où Alice Sapritch est doublée par Sophia Palladium, sont très difficiles à discerner : pour Gérard Oury, « il y a certes une différence de gabarit entre le menu fessier de la jeune Sophia et l'arrière-train plus conséquent de notre chère Alice, mais une fois le plan monté, une chatte n'y reconnaîtrait pas ses petits ! »[31]. Il signale d'ailleurs, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, le moment précis où l'on peut remarquer l'amincissement subit de la taille de la duègne, dont on n'aperçoit plus le visage, mais seulement la « croupe » (selon ses propres termes).

Des années plus tard, Alice Sapritch dément avoir été doublée et même entraînée par Sophia Palladium. Elle dit avoir fait croire à la production qu'elle suivait bien les cours de la strip-teaseuse professionnelle mais qu'en réalité elle les séchait et que, le jour du tournage, elle était tout simplement « très inspirée pour tortiller son cul » [sic][32]. Elle traite notamment de cet épisode, de son point de vue, dans Mémoires inachevées, ses mémoires parues en 1990[33].

Bande-originale[modifier | modifier le code]

Gérard Oury a confié la bande originale du film à Michel Polnareff. Le style musical est donc en décalage total avec l'époque à laquelle se situe l'intrigue et se rapproche plutôt, par certaines sonorités, des westerns spaghetti de l'époque

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Le cinéma Gaumont Ambassade[34], où se déroula la première de La Folie des grandeurs en décembre 1971.

La première de La Folie des grandeurs a lieu le au Gaumont Ambassade, cinq ans jour pour jour après celle de La Grande Vadrouille dans ce même cinéma, qu'Oury appelle dorénavant son « cinéma fétiche »[35].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Les critiques positives saluent principalement la richesse comique du scénario ainsi que l'aspect esthétique et l'étendue des moyens dont a disposé le film, Robert Chazal, dans France-Soir, résumant La Folie des grandeurs comme du « Feydeau chez Vélasquez »[36]. Pour Claude Garson, dans L'Aurore, « dans le genre farces et attrapes on a fait rarement mieux »[36]. Michel Duran, dans Le Canard enchaîné, qualifie le long-métrage de « cinéma de divertissement, de la bonne grosse blague, avec tous les trucs, les farces et attrapes imaginables et réalisable à coups de millions »[36]. Pour L'Humanité Dimanche, La Folie des grandeurs est un « film riche dans un cinéma pauvre qui doit, coûte que coûte, arracher le spectateur à son fauteuil-télé ». De plus, le journal se réjouit que le film soit distribué dans « 120 salles en même temps (expérience sans précédent), et bénéficie d'une publicité adéquate. C'est un façon comme une autre de « violer » le public en lui redonnant le goût de retourner dans les salles obscures »[36]. En effet, la télévision commence à cette époque à détourner sérieusement les spectateurs potentiels des salles de cinéma.

Dans L'Express, François Nourissier livre une lecture du personnage incarné par Louis de Funès : « À son habitude, il éructe, vibrionne, trépigne, gargouille, couine, raille, grince, rampe, courtise, terrorise et même, et surtout : il rêve… Ministre tout-puissant ou concussionnaire ruiné, Salluste ne fait que rêver. Selon les moments : d'or, de vengeance, de complots ou de nouvelles grandeurs »[36]. Il note à propos du réalisateur et de son acteur : « Permettre à un monstre bientôt sacré de gravir un nouveau degré dans son escalade de lui-même et de la bouffonnerie, c'est une ambition honorable »[36]. Mais la plupart des critiques ne s'attardent guère sur Louis de Funès pour plutôt développer sur la finesse et l'efficacité de jeu d'Yves Montand, acteur beaucoup mieux vu par la critique, grâce à ses films dits « sérieux »[36]. Ainsi, pour Georges Charensol dans Les Nouvelles littéraires, Yves Montand « n'est pas du tout écrasé par son partenaire Louis de Funès ; ce qui vous le devinez, constitue une sorte d'exploit »[36],[37].

La prestation comique et insolite d'Alice Sapritch est également remarquée[37], notamment par son ami Jean-Louis Bory, qui écrit dans Le Nouvel Observateur du  : « Elle se ravage elle-même, offrant de son amour fou une caricature tragiquement désopilante dont Alice Sapritch réussit à donner la double tonalité tragique et bouffonne. Son extravagant strip-tease (…) pousse au premier plan un burlesque dévastateur »[38].

Dans Combat, Henry Chapier salue la satire de nombreux aspects de la société contemporaine que l'on retrouve à travers le film :

« La surprise est de taille. On nous parlait d'une comédie inspirée de Victor Hugo, d'une Espagne sortie des tableaux de Vélasquez, d'un délire à la Cecil B. DeMille. De quoi imaginer à la fois le meilleur et le pire. Ce que l'on découvre dans cette Folie des grandeurs. est beaucoup plus personnel et inattendu : un conte voltairien issu de l'imagination d'un homme bien né, c'est-à-dire d'un être libre, au zénith de son pouvoir d'expression. Pour une fois Gérard Oury, veut bien se raconter lui-même et non seulement faire rire. (…) Le scénario (…) est habité par l'esprit de notre temps. Les contradictions, les injustices, les cocasseries de notre société, on les retrouve illustrées avec espièglerie dans ce film frondeur qui sait pratiquer la satire sans hargne ni méchanceté. (…) Il restait, entre les slogans contestataires ou une amertume à la Jean Anouilh une voie à trouver : non pas celle du rire farceur, mais celle du sourire malicieux et railleur. »

— Henry Chapier, Combat, [36].

Pour la plupart des critiques négatives, la richesse scénaristique et esthétique du film, très travaillé en amont, étouffe quelque peu le rire. Louis Chauvet, dans Le Figaro, trouve la prestation de Louis de Funès décevante, car manquant d'improvisations : « un peu gêné aux entournures, [il] ne présente pas ici des morceaux de bravoure délirants mais (…) fait à point nommé ce qu'on attend de lui »[39]. D'après lui, « les inconditionnels de Louis de Funès riront à tout coup, au delà des inconditionnels, mystère »[36]. Jean de Baroncelli, dans Le Monde, craint que la richesse esthétique du film soit un frein au comique : « Le cadre n'est-il pas trop lourd pour ce qu'il renferme ? (…) Le plus beau feu d'artifice du monde a besoin, pour exploser, d'une petite étincelle. Cette petite étincelle dont la lueur n'est pas toujours perceptible dans cette Folie des grandeurs qui, pour le reste, a tout pour plaire »[39],[note 11].

Dans le Télérama du , la critique négative de La Folie de grandeurs reproche notamment à Gérard Oury de « faire dans le commercial et le populaire »[note 12]. Dans le même numéro, le réalisateur répond dans un interview qui lui est consacré : « Commercial ? Cet adjectif stupide me fait bondir ! Il ne signifie rien sinon que le public va voir ces spectacles. Quelle est l'ambition d'un auteur depuis Euripide jusqu'à Anouilh ou Pinter ? Qui rêve de jouer ses œuvres devant des chaises vides ? (…) Faire des films à messages est une mode. Moi, je n'ai qu'un message, celui du rire. Quand les hommes rient, ils ne sont pas méchants »[39],[37].

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office Nbre de semaines Classement TLT[40] Source
Box-office Drapeau de la France France 5 563 160 entrées - - [1]
Box-office Paris 917 949 entrées - 16 sem. [2]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Joaquín Solís est crédité « Joachim Solis » au générique.
  2. Doublure d'Alice Sapritch sur certains plans du strip-tease
  3. Toutefois, même si Ruy Blas demeure la dernière pièce de théâtre jouée par Gérard Oury, celui-ci a fait une dernière incursion dans le genre dramatique en 1977 en écrivant et mettant en scène une pièce intitulée Arrête ton cinéma, après l'abandon de son projet de film Le Crocodile.
  4. Raymond Rouleau a également imposé que la création des décors soit confiée à l'Italienne Lila De Nobili.
  5. Gérard Oury lui-même juge que des pensionnaires comme François Chaumette ou Bernard Dhéran aurait très bien pu interpréter Don Salluste « différemment mais aussi bien que [lui] ». (Oury 1988, p. 204).
  6. La presse parisienne rapporte leur violente dispute : L'Aurore, France-Soir, Paris-Presse titrent « Hirsch et Oury se battent sous les yeux de l'administrateur », « Ils se sont colletés pour Ruy Blas », « De Gaulle va arbitrer l'affaire Ruy Blas ». (Oury 1988, p. 206).
  7. Pierre Durin avait notamment réglé la séquence de l'accident de la 2CV de Bourvil dans Le Corniaud en 1964.
  8. Dans le film, Salluste et Blaze escaladent cette porte puis la grille pour s'enfuir de l'arène.
  9. Les studios Roma étaient situés dans le quartier de Fuencarral, route d'Irun ((es) « Estudios Roma SA », sur eInforma.com). En 1985, ils étaient considérés comme les plus grands studios de cinéma et de télévision d'Espagne. Rachetés par l'homme d'affaires italien Silvio Berlusconi dans les années 1980, les anciens studios Roma sont aujourd'hui le siège de sa chaîne de télévision Telecinco ((es) EFE, « El grupo de Berlusconi adquiere los Estudios Roma de televisión », El País, ).
  10. Gérard Oury désigne par erreur le musée Santa Cruz de Tolède comme la « bibliothèque royale de Tolède » dans son autobiographie Mémoires d'éléphant
  11. En 2011, dans son autobiographie, l'assistant-réalisateur Jean-Claude Sussfeld rejoint cet avis : « La splendeur, la richesse et la beauté ne risquaient-elles pas du tuer le rire ? (…) Malgré la merveille des décors, la somptuosité des costumes, la richesse du spectacle, le rire manquait parfois à l'appel »[13]
  12. Pour chaque sortie de film, Télérama propose dans la même édition deux critiques du même film diamétralement opposées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de) « La Folie des grandeurs », sur cinematographicblog.wordpress.com, (consulté le 4 février 2015) :

    « Gedreht wurde der Film, der mittlerweile in “La Folie des grandeurs” umbenannt wurde, an Originalschauplätzen in Spanien; unter anderem Barcelona, Madrid und Sevilla, aber auch der Wüste von Almería, in der bereits zahlreiche Italo-Western entstanden.Innenaufnahmen wurden in den Franstudios in Saint-Maurice gedret. Der Russe Georges Wakhévitch (“Oscar”) fungierte als Setdesigner, Jacques Fonteray (“Moonraker”) entwarf die Kostüme und Jean Barthet (“Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2″) wirkte als Prücken- und Hutmacher mit. »

  2. a, b et c « La Folie des grandeurs » sur le site du CNC
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Philippe Lombard, « La Folie des grandeurs (1971) », Histoires de tournages, sur devildead.com, .
  4. a, b, c, d et e Oury 1988, p. 204.
  5. a, b et c Oury 1988, p. 205
  6. a, b, c, d et e Dicale 2009, p. 410–411.
  7. a, b, c et d Oury 1988, p. 206
  8. a et b Oury 1988, p. 207
  9. Bibliothèque nationale de France, « Ruy Blas, drame en 5 actes, Paris : Théâtre-Français - 02-11-1960 », sur www.data.bnf.fr (consulté le 29 novembre 2015).
  10. Bibliothèque nationale de France, « Notice de spectacle », sur www.catalogue.bnf.fr (consulté le 29 novembre 2015).
  11. Ledda 2016, p. 187
  12. Oury 1988, p. 209 et 210
  13. a, b et c Sussfeld 2011, p. 139.
  14. a, b, c, d, e et f Wakhévitch 1977, p. 246.
  15. Poiré 1988, p. 348.
  16. a et b Durant 2012, p. 59.
  17. a, b, c, d, e, f, g et h Poiré 1988, p. 349.
  18. a, b, c et d « La Folie des grandeurs — Les lieux de tournage … Palais de Charles Quint et Isla Mínima del Guadalquivir », p. 4
  19. a et b « La Folie des grandeurs — Les lieux de tournage … Alhambra », p. 3.
  20. Franck et Jérôme Gavard-Perret, « Interview de Jean Pieuchot », sur Autour de Louis de Funès, (consulté le 28 novembre 2015)
  21. a, b, c, d et e Dicale 2009, p. 414.
  22. Dicale 2012, p. 129-132, entrée « La folie des grandeurs ».
  23. a et b « Isla Mínima », sur Afición a los Toros, (consulté le 5 août 2017).
  24. Jean-Michel Dussol, « Vic. Escobar, La Quinta, Cebada : des toros andalous », sur www.ladepeche.fr, La Dépêche du Midi, (consulté le 5 août 2017).
  25. « La Folie des grandeurs — Reportage », sur Allociné,
  26. a, b, c, d, e et f Wakhévitch 1977, p. 245.
  27. a et b Emmanuel Carrère, François Ramasse et Yann Tobin, « Entretien avec Georges Wakhévitch », Positif, no 254–255,‎ , p. 138–150 (présentation en ligne).
  28. a et b « La Folie des grandeurs — Les lieux de tournage … Pedraza et Escurial », p. 2
  29. Guillaume Kientz, « Interview de Danièle Thompson à propos de La Folie Des Grandeurs », SoundCloud Rmngrandpalais, 27 mai 2015.
  30. « Hôpital San Juan Bautista — au cinéma », sur fr.fundacionmedinaceli.org, Fundación Casa Ducal de Medinaceli, (consulté le 26 janvier 2018).
  31. a, b et c Oury 1988, p. 260.
  32. « Interview d'Alice Sapritch » [vidéo], sur ina.fr, TF1, émission Scoop à la une,
  33. Alice Sapritch, Mémoires inachevées : entretien avec Raoul Mille, Paris, Ramsay, , 271 p. (ISBN 978-2-85956-827-6)
  34. La photographie a été prise en décembre 2013, le cinéma ayant désormais pour nom « Gaumont Champs-Élysées ». Les films à l'affiche sont 100% cachemire, Albator, corsaire de l'espace, All Is Lost, Amazonia, Casse-tête chinois, Last Vegas, La Vénus à la fourrure, Les Garçons et Guillaume, à table !, Quai d'Orsay et Zulu.
  35. Vincent Chapeau, Sur la route de La Grande Vadrouille : Les coulisses du tournage, Paris, Hors collection, , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3), p. 117.
  36. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Dicale 2009, p. 416.
  37. a, b et c Loubier 2014, p. 383.
  38. Oury 1988, p. 259.
  39. a, b et c Dicale 2009, p. 417.
  40. Tous les temps - All Time
  41. Source partielle, outre le film documentaire : page de chronologie relative aux représentations et adaptations de Ruy Blas, sur le site chronologievictor-hugo.com.
  42. Loubier 1991, p. 19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

À propos de Ruy Blas[modifier | modifier le code]

  • Édition sur Wikisource Ruy Blas, Bruxelles, Société Belge de librairie,  Fac-similé disponible sur Wikisource : texte intégral de la pièce
  • Sylvie Dauvin, Jacques Dauvin et Georges Decote, Hernani (1830) et Ruy Blas (1838) de Victor Hugo : Analyse littéraire de l'œuvre, Hatier, coll. « Profil d'une œuvre », , 160 p. (ISBN 2218948257, lire en ligne)

Ouvrages de membres de l'équipe[modifier | modifier le code]

  • Jean Pieuchot (préf. Gérard Oury), Régisseur de cinéma, Dualpha editions, coll. « Patrimoine du spectacle », , 438 p. (ISBN 2912476763)

À propos de Louis de Funès[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Guezennec et Gérard Gargouil, Le dico fou de Louis de Funès, Paris, Hugo BD, , 96 p. (ISBN 2755611219).

À propos d'Yves Montand[modifier | modifier le code]

À propos de Bourvil[modifier | modifier le code]

À propos de Michel Polnareff[modifier | modifier le code]

  • Christian Eudeline, Derrière les lunettes: La biographie de Michel Polnareff, Fayard, , 368 p. (ISBN 2213667888).

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

Documentaire vidéo[modifier | modifier le code]

Intervenants : Jean-Claude Sussfeld, Marcel Jullian, Danièle Thompson et Gérard Oury

Liens externes[modifier | modifier le code]