La Folie des grandeurs

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'album des musiques du film, voir Bande originale de La Folie des grandeurs.
La Folie des grandeurs
Description de cette image, également commentée ci-après

Le chapeau à pompons verts de Don Salluste.

Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
d'après Ruy Blas de Victor Hugo
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Mars Films
Coral Films
Orion Filmproduktion
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Comédie historique
Durée 132 minutes
Sortie 1971

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Folie des grandeurs est un film franco-italo-germano-espagnol réalisé par Gérard Oury, sorti en 1971.

7e réalisation de Gérard Oury au cinéma, il s'agit d'une adaptation très libre, parodique, de la pièce de théâtre Ruy Blas de Victor Hugo (1838). Le film reprend l'intrigue de la pièce : l'histoire se situe dans l'Espagne du XVIIe siècle et met en scène Don Salluste, un ministre fourbe, hypocrite et cupide du roi d'Espagne, qui, déchu de ses fonctions, tente à tout prix de les retrouver et ce en se servant de son ancien valet, Blaze (nommé Ruy Blas dans la pièce d'Hugo).

L'idée d'adapter ce drame romantique en film comique vient à Gérard Oury en 1960, lorsqu'il joue la pièce à la Comédie-Française. Dix ans plus tard, après l'énorme succès des films Le Corniaud (1965) et La Grande Vadrouille (1966), il se lance dans l'adaptation de la pièce, prévoyant dans les rôles du valet Blaze et de son maître Don Salluste le duo Bourvil / Louis de Funès (têtes d'affiche des deux films précédents). Gérard Oury co-écrit le scénario avec sa fille Danièle Thompson et Marcel Jullian. Après la mort de Bourvil le , et sur suggestion de Simone Signoret, Oury propose le rôle à Yves Montand, qui accepte.

Le film est produit par Alain Poiré pour Gaumont et par des sociétés de productions italienne, espagnole et ouest-allemande. Le tournage se déroule en Espagne et en France en 1971, dans de somptueux décors extérieurs tels que l'Alhambra de Grenade, l'Escurial, Vaux-le-Vicomte... et en studios. La musique du film est composée par une vedette de l'époque, Michel Polnareff. Le titre fait référence à la « folie des grandeurs » de Don Salluste mais aussi à celle de Blaze, qui, pourtant simple valet, désire la reine.

La Folie des grandeurs est distribué par Gaumont International et sort en France le puis au début de l'année 1972 dans les pays co-producteurs. Le duo Montand / de Funès attire le public et le film se classe ainsi à la 4e place du box-office français de l'année 1971 avec 5 565 824 entrées.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Accroche[modifier | modifier le code]

Espagne, XVIIe siècle, Siglo de Oro.

Don Salluste (Louis de Funès) profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour s'enrichir. Mais la reine Marie-Anne de Neubourg, qui le déteste, réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre. Son neveu Don César ayant refusé de se mêler au complot, il choisit son valet Blaze (Yves Montand), transi d'amour pour la souveraine, pour tenir le rôle du prince charmant. À force de quiproquos, il ne parvient qu'à attirer sur Blaze les faveurs de la peu avenante Doña Juana (Alice Sapritch).

Résumé[modifier | modifier le code]

Don Salluste de Bazan est ministre du roi d'Espagne Charles II. C'est un être fourbe, hypocrite et cupide qui collecte lui-même les impôts, qu'il détourne en partie à son profit. Il est détesté par la population qu'il opprime.

Accusé par la reine Marie-Anne de Neubourg, une belle princesse bavaroise, d'avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d'honneur, il est déchu de ses fonctions et condamné à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger, il entre en contact avec son séduisant neveu, César, devenu brigand, mais ce dernier refusant d'entrer dans sa machination, il le fait capturer par ses sbires et l'envoie comme esclave aux Barbaresques. Il décide alors d'utiliser pour sa vengeance Blaze, son valet récemment congédié et dont il a découvert les sentiments pour la reine : il le fera passer pour César et l'aidera à séduire la reine.

Le jour même de sa présentation à la cour, Blaze déjoue un attentat ourdi contre le roi par les Grands d'Espagne. Il s'attire ainsi les faveurs du couple royal et devient rapidement ministre. Suivant de loin l'évolution de la situation, Salluste découvre que les Grands ont décidé de se venger de Blaze après qu'il eût décidé avec le roi de taxer les nobles et non plus les pauvres. Ce qui risque de faire capoter la machination de Salluste.

De son côté, Blaze s'apprête à déclarer sa flamme à la reine, mais cette dernière fuit pour éviter la duègne qui prend sa place et croit recevoir les compliments de Blaze pour elle, alors que lui ne s'est pas rendu compte de ce transfert. L'appétence sexuelle de Doña Juana est ainsi attisée. Blaze, forcé de partir après l'arrivée d'un baron qui le cherchait, la laisse seule exprimer ses sentiments réciproques, non pas à lui, mais simplement au chien du roi qui a remplacé Blaze un court instant après son départ.

Blaze est sauvé de justesse du complot qui le visait par Salluste, qui découvrira que son gâteau d'anniversaire est empoisonné. Mais, prenant son sauvetage pour une simple faveur de son ancien maître, Blaze est fait prisonnier par Salluste, sans comprendre qu'il vise à travers lui un complot d'une envergure encore plus grande.

Salluste va commettre lui aussi une énorme bourde quand, au lieu de prévenir la reine par l’intermédiaire d'un perroquet que Blaze l'aime et souhaite la voir, il envoie l'animal accidentellement dans la chambre de Doña Juana. Une fois encore elle aura droit à diverses confidences qui ne lui étaient pas destinées. Heureusement Salluste réussira tout de même à prévenir la reine de l'invitation de Blaze dans une petite auberge.

La situation se complique encore avec le retour du vrai César, échappé des Barbaresques, qui délivre Blaze. Ainsi que l'arrivée de Doña Juana dans l'auberge qui se livrera à un mémorable strip-tease à l'attention de Blaze, qu'elle croit toujours fou amoureux d'elle. Bien qu'elle ne demande rien de mieux que de lui faire l'amour, ce dernier repoussera ses avances grâce à la boisson dans laquelle Salluste a versé un puissant somnifère. Et, avec César, il déjouera tous les plans de Salluste sous les yeux du roi, qui croira que Blaze a définitivement conquis les faveurs de la duègne. Au dernier moment, c'est le vrai César qui part avec la Reine, cachés sur le toit d'un carrosse, sous les yeux émus de Blaze qui voit ainsi un autre profiter de son amour.

Finalement le roi enverra Salluste et Blaze aux Barbaresques, le premier à cause de son complot, le second pour ne pas avoir voulu épouser Doña Juana. Mais cette dernière poursuivra Blaze jusque dans le désert...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent de la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Non crédités

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Les auteurs du film paient avec humour leur tribut à Victor Hugo en précisant dans le générique que même si « Toute ressemblance avec les personnages d'un célèbre drame ne serait que l'effet d'une fâcheuse coïncidence », ils le remercient pour sa « précieuse collaboration ».

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Bourvil est initialement prévu pour le personnage de Blaze, mais sa mort contraint la production à lui trouver un remplaçant. Gérard Oury et Danièle Thompson rapportent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, que l'idée de donner le rôle de Blaze à Yves Montand leur fut suggérée, lors d'une soirée mondaine, par Simone Signoret, épouse de l'acteur. Les scénaristes (Oury, Thompson et Jullian), d'abord circonspects, ré-écrivent complètement l'adaptation en fonction de la différence de personnalité des deux acteurs successivement prévus pour incarner le personnage de Blaze.

Un acteur jouant l'un des grands d'Espagne en est véritablement un[réf. nécessaire] : don Jaime de Mora y Aragón, qui incarne Priego, est l'authentique marquis de Casa Riera et, par ailleurs, frère de Fabiola, l'ancienne reine des Belges.

Tournage[modifier | modifier le code]

La Folie des grandeurs a été tournée en Espagne (Barcelone, Grenade, Madrid, Ségovie, Séville, Tolède) et aux studios Franstudio, à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne (France). Les scènes dans le désert ont été tournées dans le désert de Tabernas, dans la province d'Almérie.

Bande-originale[modifier | modifier le code]

Gérard Oury a confié la bande originale du film à Michel Polnareff. Le style musical est donc en décalage total avec l'époque à laquelle se situe l'intrigue et se rapproche plutôt, par certaines sonorités, des westerns spaghetti de l'époque

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office Nbre de semaines Classement TLT[4] Source
Box-office Drapeau de la France France 5 563 160 entrées - - [2]
Box-office Paris 917 949 entrées - 16 sem. [3]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Gérard Oury et Danièle Thompson reviennent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, sur l'inspiration puisée chez Hugo et l'on aperçoit des images tirées du Ruy Blas mis en scène à la Comédie-Française par Raymond Rouleau (de 1960 à 1962), production dans laquelle Gérard Oury, redevenu pensionnaire du Théâtre-Français, incarnait le personnage de Don Salluste[5].
  • Pour la célèbre scène d'effeuillage d'Alice Sapritch, celle-ci est doublée dans certains plans par la strip-teaseuse professionnelle Sophia Palladium[6]. Gérard Oury signale d'ailleurs, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, le moment précis où l'on peut remarquer l'amincissement subit de la taille de la strip-teaseuse, dont on n'aperçoit plus le visage, mais seulement la « croupe » (selon les termes du réalisateur lui-même).
  • À l'origine, le film devait s'intituler Les Sombres Héros puis, après l'arrivée d'Yves Montand dans le projet, deux titres étaient envisagés : Les grands d'Espagne ou La folie des grandeurs. Ce fut finalement ce dernier qui fut choisi.
  • Le chien du Roi, qui fait de nombreuses apparitions tout au long du film, est un chien de Saint-Hubert.
  • Pour réaliser l'armure d'Yves Montand, le costumier Jacques Fonteray s'est inspiré du portrait équestre de Gaspar de Guzmán peint par Diego Vélasquez, Gaspar de Guzmán, comte-duc d'Olivares, à cheval (1638).
  • Louis de Funès est lui-même issu d'une famille — ruinée — de la noblesse castillane[7].
  • Karin Schubert, qui interprète la reine, se tourna plus tard vers le genre pornographique.
  • Le roi Charles II n'est pas le même dans le film que dans la réalité. Dans le film, c'est un homme qui inspire le respect, un vrai roi, qui monte à cheval tandis que le vrai Charles II était faible et mentalement atteint, tout cela étant dû à la consanguinité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de) « La Folie des grandeurs », sur www.cinematographicblog.wordpress.com,‎ (consulté le 4 février 2015) :

    « Gedreht wurde der Film, der mittlerweile in “La Folie des grandeurs” umbenannt wurde, an Originalschauplätzen in Spanien; unter anderem Barcelona, Madrid und Sevilla, aber auch der Wüste von Almería, in der bereits zahlreiche Italo-Western entstanden.Innenaufnahmen wurden in den Franstudios in Saint-Maurice gedret. Der Russe Georges Wakhévitch (“Oscar”) fungierte als Setdesigner, Jacques Fonteray (“Moonraker”) entwarf die Kostüme und Jean Barthet (“Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2″) wirkte als Prücken- und Hutmacher mit. »

  2. Joaquín Solís est crédité « Joachim Solis » au générique.
  3. [1]
  4. Tous les temps - All Time
  5. Source partielle, outre le film documentaire : page de chronologie relative aux représentations et adaptations de Ruy Blas, sur le site chronologievictor-hugo.com.
  6. Dans ses mémoires, Alice Sapritch écrit au contraire qu’elle n’a pas été doublée mais seulement coachée (Mémoires inachevées, entretien avec Raoul Mille, Éditions Ramsay, Paris, 1990, ISBN 978-2-85956-827-6).
  7. Loubier 1991, p. 19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sur Ruy Blas :

Ouvrages de membres de l'équipe :

Sur Louis de Funès :

Sur Michel Polnareff :

  • Christian Eudeline, Derrière les lunettes: La biographie de Michel Polnareff, Fayard, , 368 p. (ISBN 2213667888)

Liens externes[modifier | modifier le code]