L'Aveu

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L'Aveu
Réalisation Costa-Gavras
Scénario adaptation par Jorge Semprún du roman L'aveu d'Artur London.
Acteurs principaux
Sociétés de production Films Pomereu
Pays d’origine Drapeau : France
Durée 140 min
Sortie 1970

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Aveu est un film français de Costa-Gavras, réalisé en 1970, adapté du livre du même nom d'Artur London.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1951 à Prague, Artur, un haut responsable du régime communiste tchécoslovaque se retrouve accusé d'espionnage au profit des États-Unis. Tout est fait pour lui extorquer des aveux de crimes qu'il n'a pas commis. Brisé par la torture et les privations — on l'empêche de dormir, de manger et on l'oblige à marcher sans arrêt lors de son interrogatoire —, il finit par avouer au tribunal des crimes qu'il n'a pas commis, récitant un texte d'aveux que ses bourreaux lui ont fait apprendre par cœur. On veut notamment l'obliger à se dire partisan de Tito, dirigeant communiste yougoslave, ou de Trotski, tous deux étant des ennemis notoires de Staline.

Après sa réhabilitation en 1956, Artur émigre en France et, s'il condamne le stalinisme, reste fidèle à l'idéal communiste de sa jeunesse. Mais il se rend compte que, même après la mort de Staline, l'URSS et les démocraties populaires ne sont pas aussi libres qu'il l'imaginait et qu'il le voulait. Revenant en Tchécoslovaquie à l'occasion du Printemps de Prague, il assiste le jour même de son arrivée à l'invasion du pays par les forces du Pacte de Varsovie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Pré-poduction[modifier | modifier le code]

C'est lors du montage du film Z, au cours du dîner de Noël, que Claude Lanzmann parle à Costa-Gavras de Lise et d'Artur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, un des trois rescapés des procès de Prague. Ces procès, dont l'un des accusés est Rudolf Slansky, secrétaire général du PCT, s'étaient tenus en 1952.

Beaucoup d'intellectuels de sa génération s'étaient enthousiasmés pour le communisme parce qu'il leur semblait ouvrir des perspectives formidables, jusqu'à ce que, peu à peu, il y ait une prise de conscience de l'envers du décor.

Yves Montand, ancien compagnon de route du Parti communiste, adhère aussi au projet et les financements se débloquent grâce au succès de Z.

Tournage[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, le poids de l'idéologie communiste est énorme ; le Parti communiste français est le premier parti de gauche en France et la ligne politique du parti suit celle du « grand frère » soviétique.

Costa-Gavras raconta par la suite qu'il subit de nombreuses pressions, plusieurs techniciens ou acteurs du film lui enjoignant de pas faire celui-ci. « Sur les plateaux, les relations avec l'URSS ou le PC constituaient un débat permanent. Dans les équipes de tournage, il y avait des techniciens communistes. Des types très bien, mais dès que l'actualité internationale ou sociale s'emballait, on devenait des ennemis du prolétariat ! »[1]

Le tournage s’effectua dans la quasi continuité de l'action ; Yves Montand maigrit ainsi de dix-sept kilos, afin de bien montrer à l'écran les effets produits par les mauvais traitements qu'avaient subi les accusés de ce procès truqué « Il y avait dans ce que je m'imposais [pour ce rôle] quelque chose d'un acte d'expiation »[2].

Accueil[modifier | modifier le code]

Avec ce film, Costa-Gavras fut accusé d'attaquer la gauche, après avoir été accusé s’attaquer la droite avec le film Z. Costa-Gavras répondit qu'il ne voulait que dénoncer les totalitarismes. Par la suite, certaines personnes[Qui ?] ne lui pardonnèrent pas d'avoir levé le voile sur le stalinisme et l'évitèrent ostensiblement.[réf. souhaitée]

Le journal L’Humanité publia « une critique incendiaire » du film. Néanmoins, L'Aveu, sorti en avril 1970, connaîtra un succès considérable et deviendra un véritable phénomène politique et culturel, bouleversant son époque. Le film réunit en effet plus de deux millions de spectateurs[1].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le film se termine sur un plan montrant deux jeunes gens en train d'écrire à la peinture sur un mur : « Lénine, réveille-toi ! Ils sont devenus fous. » Ce slogan était répandu à Prague lors de la répression du printemps de Prague en août 1968.
  • Lors de sa sortie, L'Aveu était précédé par le court-métrage animé Le Diamant de Paul Grimault.
  • Lorsqu'Artur arrive en prison au début du film, il se remémore des souvenirs de la Révolution russe et de la Seconde Guerre mondiale sous forme d'images d'archives.
  • Lors du printemps de Prague, une coproduction franco-tchécoslovaque avait été envisagée, que les événements ultérieurs (invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie) rendirent impossible. Le film fut tourné dans la métropole lilloise : la nouvelle bourse de Lille représente un ministère à Prague. Lors de la sortie d'Yves Montand (Artur London) de cette administration, on aperçoit une rame ancienne du tramway Mongy. Les déplacements en voiture (Tatra et Citroën traction) se déroulèrent dans des rues de Roubaix[3].
  • En 1981, peu après l'arrivée de la gauche au pouvoir, Yves Montand et Artur London se rencontrèrent à la Maison de la Mutualité à Paris pour se dire « Plus jamais l'aveu »[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aurélien Ferenczi, « "L'Aveu" : le procès des procès staliniens », Télérama.fr, 10 février 2016.
  2. Paris Match no 2217 du 21 novembre 1991, p. 63.
  3. [vidéo] « Tournage de "L'Aveu" à Lille », extrait de l'émission Panorama (ORTF) du 27 nov. 1969, sur le site INA.fr (consulté le 2 juillet 2018).
  4. Michel Broué, « Plus jamais l'"Aveu" ! », sur Le Monde.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]