La Grande Vadrouille

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La Grande Vadrouille
Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Corona
The Rank Organisation
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Comédie, Aventure, Guerre
Durée 132 minutes
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Grande Vadrouille est un film franco-britannique de Gérard Oury, sorti en 1966.

Traitant sur le ton de la comédie de l'Occupation seulement vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le film raconte les déboires de deux français se retrouvant obligés d'aider un petit groupe d'aviateurs britanniques à se rendre en zone libre, tout en étant poursuivis par les Allemands.

Avec plus de 17 millions de spectateurs lors de son exploitation en salles, le film le plus célèbre du duo Bourvil-de Funès a été pendant plus de trente ans le plus grand succès cinématographique sur le territoire français, toutes nationalités confondues (avant d'être dépassé par Titanic en 1998), et pendant plus de quarante ans le plus grand succès d'un film français sur le territoire français[1], avant d'être dépassé par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en avril 2008[2].

Il est à ce jour cinquième au palmarès des films les plus vus de l'histoire en France au cinéma, précédé par Titanic, Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchables et Blanche-Neige et les Sept Nains.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1942, pendant l'Occupation, un bombardier de cinq aviateurs britanniques est abattu au-dessus de Paris par la Flak, lors d'un retour de raid aérien. Ses occupants sautent en parachute. Deux sont faits prisonniers, les trois autres parviennent à échapper aux Allemands. Le premier, sir Reginald Brook (alias « Big Moustache »), atterrit dans le zoo de Vincennes, le second, Peter Cunhingam, sur la nacelle d'un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet, et le dernier, Alan MacIntosh, sur le toit de l'Opéra Garnier avant de se réfugier dans la loge d'un chef d'orchestre acariâtre, Stanislas Lefort.

Les deux Français doivent alors, malgré eux, cacher les aviateurs avant de les aider à rejoindre la zone libre, et de là l'Angleterre. Pourchassés par les Allemands et notamment le major Achbach, les fugitifs affrontent de nombreuses péripéties lors de leur voyage vers la Bourgogne. Ils franchiront enfin la fameuse « ligne de démarcation », avec l'aide de Germaine, la patronne de l'« hôtel du Globe » à Meursault, avant d'atteindre la zone libre en planeur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Non crédités 

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur le portail de la maison de Meursault.

Le tournage a débuté le 16 mai 1966[réf. nécessaire].

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Source : La Grande Vadrouille sur L2TC.com

Les Hospices de Beaune sur un timbre émis en 1941, un an avant les faits racontés dans le film.
    • Beaune et les Hospices de Beaune
      Les hospices aux toits colorés sont ceux de Beaune. Lors du tournage en 1966, l'Hôtel-Dieu de Beaune est encore un hôpital en fonctionnement. La « Salle des Pôvres », dans laquelle les Anglais alités reçoivent la visite médicale de la Supérieure, est quant à elle fermée depuis octobre 1955. Les sœurs qui apparaissent dans le film portent le costume des sœurs hospitalières de Beaune et sont incarnées par des comédiennes. L'Hôtel-Dieu n'est véritablement un musée que depuis les années 1980, après le départ des derniers services hospitaliers en 1984.
      Le transfert par brancards a été tourné dans le Palais des ducs de Bourgogne à Beaune (extérieur, porte de grange et intérieur avec bouteilles).
    • La Rochepot
      Passage du fourgon postal sur l'actuelle route D33 au sud-est de La Rochepot dont on voit le château en arrière-plan.
  • dans la Nièvre :
    • Drémont
    • Pouques-Lormes : La panne du fourgon postal et la scène de l'échange des chaussures ont été réalisées sur la route D958 à hauteur du hameau de Drémont, situé au nord d'Anthien, et de Pouques-Lormes. Ce n'est pas la Nationale 6 qui passe plus au nord comme semble l'indiquer la borne sur laquelle est assis Stanislas Lefort.
  • dans l'Yonne :
    • Vézelay
      La plaque éclairée par Augustin indiquant Meursault est en fait apposée devant la Porte Neuve de Vézelay. De même, toutes les scènes nocturnes extérieures ont été tournées à Vézelay à l'exception de la scène de la place de l'« Hôtel du Globe ».
    • Noyers-sur-Serein
      La scène de l'Hôtel du Globe (qui n'existe plus aujourd'hui). On peut y reconnaitre les arcades de la Place de l'Hôtel de Ville et également l'agence Crédit Agricole, dont l'enseigne, bien qu'éteinte, apparaît dans le film.
    • Asquins
      Le transfert des Anglais dans des tonneaux a été tourné sur la « route des Chaumots » en direction des Hauts d'Asquins.
    • Pierre-Perthuis ; la scène dans laquelle de Funès et Bourvil, déguisés en soldats allemands sont emmenés prisonniers.
    • Lichères-sur-Yonne
      La scène du vol du camion par les deux aviateurs anglais a été filmée à l'entrée du château de Faulin.
  • dans l'Aveyron :
  • dans le Cantal :
    • Vallée de la Truyère
      La scène du barrage (début de la poursuite) a été tournée sur le barrage de Grandval. Cette scène est montée de toutes pièces car le barrage a été construit entre 1955 et 1959 et l'action se passe en 1942. D'autre part le barrage est situé à 450 km de la Bourgogne au cœur du Massif Central et de la Zone libre.
    • Saint-Flour
      La fuite vers l'aérodrome a été tournée sur le plateau de la Chomette.
    • Alleuze
      Les routes de la course poursuite sont aussi des routes auvergnates puisqu'il s'agit des routes entourant le château d'Alleuze et aux environs de la Barge d'Alleuze et de Saint-Flour que l'on aperçoit d'ailleurs dans le film.
  • en Lozère : Mende
    L'aérodrome de Mende - Brenoux est situé sur le causse de Mende. Il est aujourd'hui pourvu d'une piste bituminée de 1 300 mètres.
  • et en Haute-Savoie :
    • Taninges
    • Essert-Romand
      Le pilote de l'avion de reconnaissance indique une Départementale 328 qui est en fait située en Haute-Savoie et qui relie Fry à Essert-Romand.

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Promotion[modifier | modifier le code]

Bourvil et Andréa Parisy à l'aéroport d'Amsterdam le .

Box-office[modifier | modifier le code]

  • Recette totale Drapeau de la France France : ~ 17 267 607  entrées en salle[4]
Semaines Rang Entrées
1re semaine 1 105 752
2e semaine 1 104 604
3e semaine 1 136 192
4e semaine 1 136 714
5e semaine 1 84 730
6e semaine 1 79 580
7e semaine 1 73 033
8e semaine 1 65 530
9e semaine 1 60 726
10e semaine 1 71 010
11e semaine 2 47 570
12e semaine 3 42 850
13e semaine 1 41 860
14e semaine 2 39 050
15e semaine 3 33 789
16e semaine 3 53 080
17e semaine 3 48 040
18e semaine 5 28 510
19e semaine 6 18 488
20e semaine 5 24 300
21e semaine 2 53 140
22e semaine 1 46 847
23e semaine 2 30 506


Sorti en décembre 1966, le film a totalisé pendant longtemps le plus grand nombre d'entrées en France avec plus de 17 millions de tickets vendus. Il est finalement dépassé par Titanic de James Cameron en 1997 mais également par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon[5] en 2008. Cependant, en proportion de la population française de l'époque, La Grande Vadrouille reste devant tous les autres films français avec 34 % des Français qui sont allés voir ce film, contre 31 % pour Bienvenue chez les Ch'tis.

Le film connut un succès international, y compris en Allemagne où il fut la première comédie présentée à l'écran consacrée à la Seconde Guerre mondiale et réalisa 3 300 000 entrées lors de sa ressortie en 1974 (pas de données pour ses entrées en 1967)[6]. En Espagne il fit 1 369 370 entrées[7] ainsi que 777 000 en Suède[8]. En URSS il fit 37,8 millions d'entrées[9] !

Diffusion à la télévision française[modifier | modifier le code]

La première télédiffusion eut lieu le 1er janvier 1976 sur la deuxième chaîne française. Au total, le film a été diffusé seize fois sur la première chaîne et onze fois sur la deuxième chaîne. Il a aussi été diffusé sur d'autres chaînes.

Sur la première chaîne, la huitième diffusion eut lieu en 1988 et rassembla 46,7 % des téléspectateurs, la onzième en 2002, rassembla 9 millions de téléspectateurs, et la douzième 9,3 millions.

Le , pour sa 15e diffusion sur TF1, le film a rassemblé plus de 9 millions de téléspectateurs pour 33 % de part de marché, ce qui fait de lui le film le plus vu à la télévision en France pour l'année 2009[10].

La 16e diffusion à la télévision a eu lieu le 1er janvier 2012, sur TF1 et a réuni 8,7 millions de spectateurs.

Le , la diffusion sur la chaîne TF1 de La Grande Vadrouille a été suivie par 7 239 000 téléspectateurs, soit 28,5 % de part d'audience[11].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Bourvil et de Funès avaient déjà été réunis deux ans plus tôt par Gérard Oury dans Le Corniaud. Mais ils avaient également travaillé ensemble dans Poisson d'avril (1954), Les Hussards (1955) et La Traversée de Paris (1956).
  • Lors du tournage, Bourvil et Louis de Funès ont dit en riant que c'était leur dernier film ensemble. Ce fut la vérité. Après Le Cerveau (1968) avec Bourvil et Jean-Paul Belmondo, Gérard Oury écrit le scénario de La Folie des grandeurs mais Bourvil, atteint d'un cancer, meurt avant le début du tournage, le 23 septembre 1970. Il est remplacé par Yves Montand. Le film finira quatrième au box-office français de 1971 avec 5,5 millions d'entrées.
  • Il est encore possible de voir la carcasse de la voiture ayant servi à la cascade finale avec les planeurs près de l'aérodrome de Mende - Brenoux en Lozère. Il en est de même pour le planeur de la cascade finale à Albert (Somme) au musée privé de l'épopée aéronautique.
  • La scène finale devait se conclure par une poursuite à ski. Pour des raisons météorologiques, elle ne put se faire et fut remplacée par une fuite en planeur.
  • Louis de Funès/Stanislas Lefort dirige la Marche Hongroise de la Damnation de Faust d'Hector Berlioz avec les mouvements réels que devrait avoir un chef d'orchestre (de Funès était réellement musicien puisqu'il apprit le piano dès l'âge de 5 ans et fut pianiste de bar). Pour cela, il a répété trois mois devant la glace de son salon et a pris quelques leçons avec le directeur de l'Orchestre national. À la fin de la première répétition, l'orchestre de l'Opéra se lève et l'acclame en « tapant archets contre violons, flûtes contre pupitres[12] ». En fait, ces applaudissements étaient totalement improvisés.
  • Dans la scène des bains turcs, c'est l'air de la chanson Tea for Two, extraite de la comédie musicale américaine No, no, Nanette, qui sert de signal de reconnaissance aux personnages ayant rendez-vous.
  • Dans la scène du wagon-restaurant, sous le regard de Juliette assis à une autre table, Peter dine face un officier allemand francophile (Helmuth Schneider) qui récite les extraits d'un poème de Charles Péguy (« Étoile de la mer voici la lourde nappe Et la profonde houle et l’océan des blés »). Il s'agit des deux premiers vers de Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres tiré de La Tapisserie de Notre-Dame, œuvre parue en 1913.
  • Gérard Oury avait vendu au producteur Henry Deutschmeister un scénario où deux jumelles font traverser la France à l'équipage d'un bombardier britannique abattu par la Flak. Le réalisateur récupéra les droits du projet et substitua Bourvil et De Funès aux deux sœurs. « Les rôles principaux : deux filles ? Et alors ? Je les transformerai en hommes[12]! » De ce scénario originel ne subsiste que la séquence des Hospices de Beaune.
  • La scène durant laquelle Louis de Funès se retrouve sur les épaules de Bourvil[13] et est baladé par celui-ci n'était pas prévue à l'origine dans le scénario et était de la pure improvisation des deux acteurs. En effet, au départ, Louis de Funès devait escalader le mur et devait ensuite tomber sur Bourvil jusqu'au sol. Pour cela il était prévu une doublure pour De Funès. La scène eut tant de succès qu'elle servit pour la réalisation de l'affiche du film, et est aujourd'hui considérée comme une des plus grandes scènes du cinéma comique français. L'ensemble de cette séquence a été tournée dans le Chaos de Montpellier-le-Vieux.
  • Lors de la poursuite entre les Allemands et les héros, le motard qui reçoit la citrouille et chute n'est autre que Rémy Julienne, l'un des cascadeurs du film. À la suite de la disparition de Gil Delamare, le responsable des cascades du film, Rémy fut par la suite chargé de toutes les actions voitures et motos du film.
  • Le thème du récit présente de nombreuses analogies avec le film Jeanne de Paris (1942) où un équipage de bombardier américain trouvait refuge à Paris et le soutien d'une courageuse petite Française (Michèle Morgan dont le fils, Mike Marshall, a tourné dans La Grande Vadrouille). Le film américain est dramatique, même si le surréalisme de sa description de Paris est riche de comique involontaire. Et là aussi, on trouve une fuite par les égouts.
  • Au commencement du film, le bombardier anglais est présenté comme un Avro Lancaster. Mais plus tard, on voit qu'il s'agit d'un avion Boeing B-17. Probablement était-il l'un des quadrimoteurs américains utilisés par l'Institut géographique national jusqu'à la fin des années 1980, qui ont participé aussi au tournage du film Memphis Belle.
  • Le film Gonflés à bloc (toujours avec Bourvil, Marie Dubois et Terry-Thomas) reprend - en l'amplifiant entre de nombreux personnages, dont Mireille Darc et Tony Curtis - la scène des lits intervertis dans un hôtel, l'un des protagoniste étant volontairement (« par erreur ») appelé « colonel » (dans la version française).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche du film sur AlloCiné.
  2. Cependant, rapporté à la population française de l'époque, La Grande Vadrouille reste devant tous les autres films français puisque 34 % des Français sont allés voir ce film, contre 31 % pour Bienvenue chez les Ch'tis.[réf. nécessaire]
  3. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  4. « La Grande Vadrouille », sur JP's Box-Office (consulté le 18 octobre 2014)
  5. « Les Ch'tis plus forts que La Grande Vadrouille », Ciné News, 2008.
  6. insidekino.de
  7. mundocine.net
  8. IMDb
  9. kinopoisk.ru
  10. « Plus de 9 millions de téléspectateurs pour La Grande Vadrouille », Le Monde (supplément TéléVisions),‎ 27-28 décembre 2009, p. 6
  11. Audiences TV : La Grande Vadrouille fait toujours rire
  12. a et b Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, op. cit.
  13. IMDb

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Plon,‎ , 330 p. (ISBN 2-259-19183-5).
  • Gérard Oury, La Grande vadrouille : un film de Gérard Oury, Paris, l'Avant-scène cinéma, coll. « l'Avant-scène cinéma » (no 515),‎ , 134 p. (ISBN 2-84725-011-5).
  • Vincent Chapeau, Sur la route de la Grande Vadrouille : Les Coulisses du tournage, Paris, Hors collection,‎ , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3)
  • Pierre-Jean Lancry, Pleins feux sur... La Grande Vadrouille, Paris, Horizon illimité, coll. « Pleins feux sur... »,‎ , 136 p. (ISBN 2847870938)
  • Pierre-Jean Lancry (préf. Danièle Thompson), La Grande vadrouille : l'album culte, Toulouse, Milan, coll. « Beaux livres »,‎ , 92 p. (ISBN 978-2-7459-5943-0).
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, de A à Z, Paris, Tana (Editis),‎ , 456 p. (ISBN 2845677855).

Liens externes[modifier | modifier le code]