Le Marais (quartier parisien)

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Le Marais
La place Saint-Paul par un jour brumeux d'automne.
La place Saint-Paul par un jour brumeux d'automne.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Arrondissement municipal 3e, 4e
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 27″ nord, 2° 21′ 41″ est
Transport
Métro Arts et Métiers
Chemin Vert
Filles du Calvaire
Hôtel de Ville
Rambuteau
Saint-Paul
Saint-Sébastien - Froissart
Temple
Localisation

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Le Marais

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Le Marais

Le Marais est un quartier parisien historique (et non administratif), situé dans une partie des 3e et 4e arrondissements de Paris, sur la rive droite de la Seine. Il est aujourd'hui délimité à l'ouest par la rue Beaubourg, à l'est par le boulevard Beaumarchais, au nord par la rue de Bretagne et au sud par les quais de la Seine et le boulevard Henri IV (hôtels d'Aumont, de Beauvais, de Chalon-Luxembourg au sud de la rue Saint-Antoine).

Le Marais est une ancienne zone de marécages occupée depuis le XIIe siècle par des ordres religieux parmi lesquels l'ordre du Temple, qui y installent des établissements. Au partir du XIIIe siècle, ce quartier jusque-là périphérique est inclus dans l'enceinte fortifiée édifiée par Charles V et devient le lieu de résidence de la noblesse parisienne. De nombreux hôtels particuliers construits au XVIIe siècle subsistent aujourd'hui. À partir du milieu du XVIIIe siècle le quartier est progressivement délaissé par l'élite parisienne au profit du faubourg Saint-Honoré et du faubourg Saint-Germain qui offrent plus d'espace. La Révolution française achève de chasser les propriétaires fortunés. Le quartier est dès lors occupé par une population d'artisans et d'ouvriers qui occupe les anciens hôtels et construit des ateliers dans les anciennes cours intérieures.

Les grands travaux d'aménagements de Paris du XIXe siècle touchent peu le quartier qui conserve ses rues étroites, mais de nombreux immeubles de qualité sont progressivement détruits. Dans les années 1960, est lancé sous l'impulsion d'André Malraux un programme de sauvegarde et de préservation du quartier[1]. Le quartier préservé est désormais, grâce à ses beaux immeubles, fréquenté par les touristes et recherché par les classes aisées. De nombreux musées y sont installés.

Plusieurs communautés s'y sont constituées au cours des années : juifs ashkénazes à la fin du XIXe siècle, Chinois après la Première Guerre mondiale, et homosexuels.

Un quartier historique[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble de la place des Vosges

Le Marais désignait initialement toute la zone inondable sur la rive droite de la Seine comprise entre un bras mort de la rivière situé au niveau des grands boulevards et la Seine elle-même. Par la suite cette désignation ne s'est plus appliquée qu'au quartier situé dans l'est de Paris.

La zone marécageuse constituant le quartier actuel du Marais est exploitée sous forme de pâturages dès le IXe siècle puis mise en culture à compter du XIIe siècle[2].

En 1240 l'ordre du Temple construit un prieuré entouré de murailles, à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste au niveau de l'actuel square du Temple. Il réalise un important travail de lotissement appelé Ville Neuve du Temple qui s'étend du prieuré jusqu'à l'enceinte de Philippe auguste : de cette époque reste le tracé des rues de part et d'autre de la rue des Archives[3]. Plusieurs établissements religieux sont créés aux alentours : les couvents des Blancs-Manteaux, de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et des Carmes-Billettes ainsi que le prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

Au milieu du XIIIe siècle Charles d'Anjou, roi de Naples et de Sicile et frère de saint Louis avait fait construire sa résidence au niveau du no 7 de la rue de Sévigné actuelle[4]. En 1361 le roi de France Charles V regroupe un ensemble de bâtiments connus sous l'appellation de l'hôtel Saint-Pol dans lesquels il s'installe, par défiance des Parisiens, et dans lequel vivra également son fils. Un certain nombre de familiers du roi viennent alors s'installer dans le quartier et l'Hôtel des Tournelles devient une seconde résidence royale.

François Ier revend par lots l'hôtel Saint-Pol pour couvrir ses dépenses et assainir ses finances. À la même époque, les religieux de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers se séparent d'une partie de leurs terres cultivées. Du lotissement de la culture Sainte Catherine subsistent aujourd'hui 7 hôtels de la Renaissance, dont les hôtels d'Albret, d'Angoulême et Carnavalet [3]

Suite au décès accidentel d'Henri II, Catherine de Médicis obtient la destruction de l'Hôtel des Tournelles dont l'emplacement reste un terrain vague pendant un demi-siècle. La création de la place Royale (future place des Vosges) par Henri IV en 1605 relance la construction de grands hôtels particuliers par l'aristocratie. Le premier ministre de l'époque Sully s'établit lui-même dans l'hôtel qui porte encore aujourd'hui son nom. L'ordre des Jésuites décide de bâtir sa maison professe dans ce quartier des élites, autour de l'église Saint-Louis à deux pas de l'église Saint-Paul aujourd'hui disparue. La marquise de Sévigné se rendait régulièrement à la messe dans cette église pour écouter les célèbres homélies du père Louis Bourdaloue. On y entendait la musique des plus grands compositeurs français de cette époque : Marc-Antoine Charpentier (redécouvert par Carl de Nys), André Campra, Louis Marchand et Jean-Philippe Rameau.

Michel Villedo réalise deux églises. Entre 1632 et 1634, sous la direction de l’architecte François Mansart il construit, rue Saint-Antoine, l’église de la Visitation-Sainte-Marie (actuel Temple du Marais). L'église sera fermée en 1793 et transformée en dépôt de livres, elle sera affectée au culte protestant en 1802. En 1643, rue du Temple, il continue pour la terminer vers 1646 la construction de l’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie, commencée en 1628 par le maître-maçon Louis Noblet et arrêtée en 1631. L’église sera consacrée par Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, alors coadjuteur de l’archevêque de Paris.

À la fin du XVIIIe siècle apparaît un plus grand souci d'urbanisme qui est vite amplifié à l'occasion de la Révolution française. Les cimetières paroissiaux des églises Saint-Gervais-Saint-Protais et Saint-Paul sont transférés en dehors de la ville et des marchés sont créés à l'emplacement de l'église Sainte-Catherine et de l'hôpital Saint Anastase (actuel espace des Blancs-Manteaux).

Le quartier est saturé de constructions et la Révolution française se traduit par le départ des élites : Hôtels particuliers et cours d'immeubles sont investis par une population de condition modeste constituée d'ouvriers, de marchands et surtout d'artisans. Les transformations haussmanniennes ne touchent le secteur qu'assez marginalement par l'intermédiaire de nouvelles règles d'alignement pour les nouvelles constructions. On peut ainsi observer, aujourd'hui, l'existence de « dents creuses » ou de rues de largeur irrégulière en raison de l'échec d'une réglementation complexe et son interruption avec la fin du Second Empire. Certaines percées n'auront pu être évitées. Plusieurs témoins du Paris médiéval disparaissent et certaines parcelles adoptent des formes étrangement biaises avec la réalisation des rues Turbigo ou Réaumur pour ne citer que les principales.

Les hauts lieux de l'histoire du Marais (et de Paris)[modifier | modifier le code]

La place des Vosges (place royale)[modifier | modifier le code]

Elle a été la première place monumentale de la capitale et utilisée pour les cérémonies officielles, tel le mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche : le square actuel ne date que du XIXe siècle. Le roi Henri IV avait conçu le plan des façades, dont l'édification effective a été réalisée par les particuliers auxquels avaient été concédés les lots : ainsi s'expliquent les différences visibles d'un hôtel à l'autre. Lors de son accession au pouvoir, Napoléon lui a donné le nom du premier département à jour de ses impôts à l'occasion de la remise en ordre des finances publiques.

Le musée Carnavalet[modifier | modifier le code]

Consacré à l'histoire de Paris, il est fermé depuis octobre 2016 jusqu'en 2019 pour rénovation. Il propose un grand nombre de peintures d'époques de la capitale : port de Bercy, cimetière puis marché des Saints Innocents, ancien hôtel-dieu, palais des tuileries, moulins de Montmartre...

Il présente également des maquettes : Ile de la Cité avant son réaménagement par Haussmann, La bastille (taillée dans une des pierres de l'édifice), l'hôtel de Sens avant sa rénovation (voir reconstruction)...

Il contient aussi des décors intérieurs d'hôtels particuliers datant des XVIIe siècle et XVIIIe siècle, l'époque faste du quartier du Marais.

Le quartier des archives nationales[modifier | modifier le code]

Il est constitué des hôtels de Soubise et de Rohan-Strasbourg et des hôtels adjacents plus modestes: suite au réaménagement des archives nationales, l'ensemble des jardins est désormais accessible au public.

L'hôtel de Soubise date de la fin du règne de Louis XIV et a succédé à deux autres hôtels prestigieux : celui du connétable de Clisson compagnon d'armes de Bertrand Du Guesclin remplacé à la Renaissance par celui des ducs de Guise, qui ont dirigé l'insurrection de la capitale contre Henri III en 1588.

L'hôtel de Rohan-Strasbourg est en cours de rénovation et doit acueillir les intérieurs de l'hôtel de la Chancellerie d'Orléans (aujourd'hui détruit) que la Banque de France avait conservé dans ses réserves.

Le Marais aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 1964, notamment conforté par l'impact culturel et artistique que représentait le festival du Marais à l'époque, André Malraux fait du Marais le premier « secteur sauvegardé » régi par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)[5] et abritant de nombreux musées et lieux historiques de mémoire à l'architecture d'exception. Le règlement du PSMV, publié et rendu ainsi opposable aux tiers le pour 126 hectares, ne fut cependant approuvé que le .

Le Marais et une grande partie du VIIe arrondissement sont, à ce jour, les deux seuls secteurs parisiens à bénéficier de cette protection spécifique. Ces deux plans sont aujourd'hui en cours de révision.

Le quartier juif[modifier | modifier le code]

Magasin juif dans le Marais

De la fin du XIXe siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, environ 110 000 juifs ashkénazes, fuyant la misère et les persécutions dont ils étaient victimes en Europe de l'Est, se sont installés autour de la rue des Rosiers, dans le quartier nommé le Pletzl.

Aujourd'hui, les plaques gravées apposées sur les édifices du quartier gardent la mémoire des 25 000 personnes, hommes, femmes et enfants, qui furent exterminées dans les camps nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Marais abrite depuis 1998 le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) qui retrace notamment l'histoire de la population juive du quartier.

Le quartier chinois[modifier | modifier le code]

Le nord-ouest du Marais abrite également une communauté chinoise originaire de Wenzhou. Ainsi, on peut découvrir, rue du Temple et à proximité de la République, l'église chinoise de Paris (Église Sainte Élisabeth de Hongrie - Notre Dame de Pitié).

Pendant la Première Guerre mondiale, la France manque de bras à l'arrière et particulièrement d'hommes durs à la peine. À la demande de la France, l'Empire du Milieu finit par envoyer plusieurs milliers de ses ressortissants, à la condition expresse que ces derniers ne participent pas directement aux combats. Établis initialement à l'ilot Chalon près de la gare de Lyon, certains sont restés pour s'installer en 1954 autour de la rue au Maire.

Aujourd'hui, leurs activités de commerçants en bijouterie et maroquinerie les poussent à investir les boutiques et ateliers du nord du IIIe arrondissement et, au-delà, dans le quartier du Sentier.

Le quartier des galeries[modifier | modifier le code]

De nombreuses galeries d'art se sont installées dans le Marais depuis l'ouverture du Musée Picasso en 1985.

Le quartier gay[modifier | modifier le code]

Librairie Les Mots à la Bouche dans le quartier gay.

Depuis les années 1980, le quartier a vu le renforcement d'une communauté homosexuelle (ou gay), regroupée essentiellement autour de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, à travers la fréquentation de bars, restaurants, librairies, magasins de vêtements et l'acquisition de biens immobiliers. Ces commerces marquent une mutation dans le sens où ils sont désormais ouverts sur la cité. Fort d'un succès international il est aujourd'hui un symbole du renouvellement du quartier[6]. Toutefois, avec l'évolution des mentalités et sous la pression des prix de l'immobilier, les commerces gays sont progressivement remplacés par des boutiques de vêtements de marque[7].

Le quartier des Horlogers[modifier | modifier le code]

C'est le quartier parisien des fournisseurs de matériel d'horlogerie, des réparateurs-artisans en pendulerie. Depuis le début du XIXe siècle, ils sont situés majoritairement autour du square du Temple, ainsi que dans les rues avoisinantes.

Sites et monuments remarquables[modifier | modifier le code]

Maison « au grand Pignon », aujourd'hui maison de Nicolas Flamel.

Places et rues[5][modifier | modifier le code]

Jardins et squares[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Paul Saint-Louis.

Hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

Maisons d'écrivains[modifier | modifier le code]

Musées et lieux d'expositions[modifier | modifier le code]

Le musée Picasso côté jardin.

Passages[modifier | modifier le code]

Lieux d'enseignement[modifier | modifier le code]

Conservatoire national des arts et métiers

Sur les autres projets Wikimedia :

  • École doctorale de droit public de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (9 rue Malher)

Personnes célèbres liées au quartier[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Arts et Métiers, Chemin Vert, Filles du Calvaire, Hôtel de Ville, Rambuteau, Saint-Paul, Pont Marie, Saint-Sébastien - Froissart et Temple.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les secteurs sauvegardés », Ministère français de la Culture (lire en ligne)
  2. Histoire et dictionnaire de Paris de Alfred Fierro ed. Robert Laffont 1996 p. 971
  3. a et b Danielle Chadych, Le Marais, Parigramme, (ISBN 9782840969006)
  4. Cet hôtel donnera en 1868 le nom de la rue du Roi-de-Sicile
  5. a et b Plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais
  6. Sur l'histoire du Marais gay, voir : Sibalis, Michael, Urban space and homosexuality: the example of the Marais, Paris « Gay Ghetto », Urban Studies, 41 (9), 1739-1758, 2004 et pour une analyse géographique voir : Redoutey Emmanuel, Le Marais à Paris, un quartier gay ?, Urbanisme, n°337, juillet 2004, p. 20-23 ; Stéphane Leroy, Le Paris gay. Éléments pour une géographie de l'homosexualité, Annales de Géographie, 2005, n°646, p. 579-601 et Marianne Blidon, « Les commerces gays entre logique économique et logique communautaire », in Le Choix de l'homosexualité, Perreau B. (dir.), Epel, Paris, 2007, p. 151-166.
  7. 20 minutes - Le Marais tente de rester gay, article du 31 janvier 2011
  8. Journées du patrimoine 2012
  9. « Musée du Mémorial de la Shoah » (consulté le 8 janvier 2016)
  10. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, éditions de Minuit
  11. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colin Giraud, « Les commerces gays et le processus de gentrification - L’exemple du quartier du Marais à Paris depuis le début des années 1980 », Métropoles, 2009 (lire en ligne)
  • Danielle Chadych, Le Marais, évolution d'un paysage urbain, Parigramme, 2010.
  • Juliette Faure, Le Marais, Promenade dans le temps, L'Harmattan, 2007.
  • Nicolas Jacquet, Le Marais secret et insolite, Parigramme, 2012.
  • Laurent Loiseau, Paris, Le Marais, Éditions du Chêne, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]