Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

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Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
Réalisation Jean Yanne
Scénario Jean Yanne
Gérard Sire
Acteurs principaux
Sociétés de production Belstar Productions
Ciné Qua Non
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 105 minutes
Sortie 1972

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil est une comédie satirique réalisée par Jean Yanne, sortie en 1972 et décrivant le monde de la radio.

Résumé[modifier | modifier le code]

Christian Gerber, reporter à « Radio Plus », est au Pérou[1] pour tenter de rencontrer Ricardo Salinas, chef rebelle révolutionnaire s'opposant au gouvernement militaire péruvien et disciple du Che Gevara. Réussissant après maintes difficultés à l'interviewer dans son quartier général au coeur de la jungle, Gerber est contraint de rentrer en France bredouille, Salinas lui ayant cyniquement confisqué son matériel et son enregistrement.

A Paris, il constate que les radios concurrentes ont déjà diffusé des interviews de Salinas, mais se sachant le seul à avoir pu l'approcher, il précise à l'antenne qu'il s'agit de reportages bidonnés par les journalistes depuis leur hôtel. En conséquence, le président de Radio Plus ordonne le licenciement de Gerber, mais le directeur le met simplement sur une voie de garage en le nommant « superviseur des émissions artistiques » (Gerber ayant involontairement surpris le directeur dans une situation embarrassante qu'il ne souhaite pas ébruiter). Gerber n'appréciant pas le cynisme de sa radio, dont la nouvelle ligne éditoriale a été axée sur Jésus-Christ pour flatter l'audience, écrit des chansons humoristiques sur Jésus et diffuse à l'antenne une lettre de démission radiophonique critiquant la vulgarité de la direction.

Constatant la médiocrité de ses programmes, le président de Radio Plus licencie son directeur et le remplace par Gerber, qui négocie une totale liberté sur la ligne éditoriale. Dans son « journal de la vérité », Gerber n'hésite pas à prouver à l'antenne l'hypocrisie des politiques et industriels. Malgré le succès d'audience, le retrait progressif des annonceurs publicitaires met à mal l'équilibre financier de la station, forçant le président à en écarter Gerber.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

La musique, composée par Michel Magne parodie de nombreux styles musicaux. Anne Germain imite également les chanteuses de l'époque sur certains titres : Sylvie Vartan, Zizi Jeanmaire, France Gall.

  1. Tout le monde il est beau (3:48) - Interprété par Jean Yanne
  2. Notre père sur mesure (3:36) - Interprété par N'Dongo Lumba
  3. Jésus Tango (1:45) - Interprété par Ginette Garcin
  4. Ciné Qua Pop (2:35)
  5. Symphonie pour odeur et lumière (2:35) - Interprété par Anne Germain
  6. Jésus, rends-moi Johnny (1:32) - Interprété par Anne Germain, parodiant Sylvie Vartan
  7. Alléluia garanti (3:22) - Interprété par Jean Yanne
  8. Tout le monde il est beau (2:35) - Instrumental
  9. Jésus Java (2:00) - Interprété par Anne Germain, parodiant Zizi Jeanmaire
  10. Jésus San Francisco (2:18) - Interprété par N'Dongo Lumba
  11. Tilt pour Jésus Christ (2:54)
  12. Che O Che O (1:27) - Interprété par Anne Germain, façon chanteuse d'amérique latine.
  13. Symphonie ciné qua non (3:41)
  14. Chanson bête et stupide (1:53) - Interprété par Anne-Germain, parodiant France Gall
  15. Alléluia Garanti (2:52) - Version Play-Back
  16. Tout le monde il est beau (2:48) - Version Play-Back

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Le film fit scandale à sa sortie en France et fut un succès public. Il marqua son époque et propulsa Jean Yanne parmi les stars des années 1970.
  • Le contexte de l'époque était marqué par un contrôle très étroit de la radio et de la télévision, sinon une censure : le porte-parole du gouvernement était également Ministre de l'information. Le président Georges Pompidou proclamait encore en 1970 "La télévision, c'est la voix de la France".
  • Visionnaire sur le devenir de la radio et du paysage audiovisuel actuel[2], le film repose largement sur la connaissance qu'avait de ce milieu le coscénariste Gérard Sire, par ailleurs producteur de multiples émissions pour RTL et Europe 1 avant de devenir animateur vedette de France Inter.
  • Le nombre de chansons et leur importance (dont le générique Tout le monde il est beau) peuvent faire classer le film dans la catégorie des films musicaux. Il s'agit d'un penchant de Jean Yanne car on trouve beaucoup d'autres séquences musicales, souvent parodiques dans ses films (Carmeng dans Les Chinois à Paris). Deux titres sont interprétés, l'un en off (Jésus Java), l'autre en « prise directe » (Dans les bras de Jésus) par la comédienne et chanteuse Ginette Garcin. Le titre Jésus, Rends-moi Johnny est interprété (façon Sylvie Vartan, bien sûr) en « off » par la chanteuse Anne Germain, déjà doublure chantante de Catherine Deneuve dans Les Demoiselles de Rochefort et Peau d'Âne, mais ce n'est pas elle que l'on voit dans le film, et la comédienne blonde l'interprétant « face caméra » n'a malheureusement pas été identifiée à ce jour. Le film Moi y'en a vouloir des sous s'ouvre avec un hymne parodique aux CRS (qui essuient des tirs de pavés), les syndicalistes défilent en musique et la tentative d'invasion de « l'usine modèle » est prétexte à un « Square dance » entre CRS et gauchistes.
  • Le spectacle Tilt for Jesus est une parodie directement inspirée du concept album Jesus Christ Superstar repris en comédie musicale à Broadway deux ans plus tôt.
  • Tito Topin : "A cette époque il y a ceux qui aiment le Christ et ceux qui aiment Che Gevara, et (Jean Yanne) va se moquer des deux"[3]
  • Jean Yanne n'ayant trouvé aucun producteur, il créa avec Jean-Pierre Rassam sa propre société de production, Cinéquanon pour produire le film.
  • 0h16 : lors du plan panoramique sur la collection de crânes des membres du personnel précédemment renvoyés par la direction, on peut voir entre-autres un crâne "Mai 68 Boffeti" qui pourrait être une allusion à Jean Boffetty, directeur photo du film, qui avait fait partie des 385 premiers signataires[4] de l'appel à la suppression du C.N.C. en mai 1968.
  • 0h23 : alors que son mari regarde à la télévision une émission religieuse, Millie Thulle (Marina Vlady) lit La Cause du peuple.
  • 0h56 : la tirade de Daniel Prévost sur « Mes chers amis » a été totalement improvisée par ce dernier.[5]
  • 0h59 : l'affiche du spectacle mentionnant Approuvé par le maire de Tours fait référence à Jean Royer, considéré comme conservateur et réactionnaire, ayant fait interdire certains films. L'affiche mentionne également une musique de Ahmed Eousme Mozzar.
  • 1h18 : la femme écoutant la radio dans sa cuisine illustre la ménagère de moins de 50 ans. Jean Yanne évoque l'image de la fermière de l'Oise[6]
  • Dans le générique de fin, dessiné par Tito Topin d'étranges onomatopées apparaissent lorsqu'un piéton est percuté par un véhicule : "Crab", "Homar", "Langoost" puis "Mayonez". Il s'agit d'une allusion à la bande dessinée Les Dossiers du B.I.D.E. La Langouste ne passera pas réalisée par Tito Topin avec Jean Yanne trois ans plus tôt. Tito Topin a également réalisé toutes les affiches, jusqu'aux peintures de la voiture Radio Plus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le pays n'est pas précisé mais il est évoqué « la cordilière des Andes », « Sierra Nevada » de « l'Amérique latine » puis dans le journal radiophonique « Ce n'est pas le Pérou si j'ose dire ».
  2. Philippe Bourbeillon, « Jean Yanne, le provocateur rangé », sur liberation.fr, .
  3. Tito Topin, dans le Bonus du DVD Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, 2004.
  4. http://cgheselle.over-blog.com/2016/04/le-cinema-s-insurge-n-1-etats-generaux-du-cinema-1968.html
  5. http://tibpictstars.over-blog.org/tag/comediens/15
  6. On n'arrête pas la connerie, Yean Yanne, Le cherche-midi, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

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