Attaque du train postal Glasgow-Londres

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51° 52′ N 0° 40′ O / 51.867, -0.67

Attaque du train postal
Glasgow-Londres
Nature du crime Vol
Type de crime Braquage de train
Pays de lieu du crime Grande-Bretagne
Date du crime
Jugement
Statut Affaire jugée, membres du gang pour la plupart condamnés à trente ans de prison.

L’attaque du train postal Glasgow-Londres est un célèbre braquage, commis en 1963 et considéré à l'époque comme le « casse du siècle ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Bridego Bridge, lieu du braquage.

Le vers trois heures du matin, une bande criminelle de seize personnes arrête le train postal Glasgow-Londres[1] au niveau du Bridego BridgeLedburn, près de Mentmore dans le Buckinghamshire, au nord-ouest de Londres) et s'empare d'un butin de 2,6 millions de livres sterling (30 millions de francs de l'époque) en petites coupures destinées à la destruction. Les membres du gang, qui se sont réunis la nuit précédente dans une ferme isolée (ferme de Leatherslade achetée pour l'occasion) pour préparer le braquage, sont dirigés par un dénommé Bruce Reynolds. Après avoir coupé les lignes téléphoniques et piraté la signalisation de la voie ferrée pour faire stopper le train, ils s'emparent du mécanicien, décrochent la locomotive et les deux premiers véhicules remorqués du train (le second est toujours celui renfermant l'argent). Un des membres du gang, Stanley Agate, retraité des chemins de fer, conduit alors ce convoi réduit jusqu'à Bridego Bridge[2] où le gros de la bande attaque le fourgon postal et neutralise les postiers à coups de matraque. Ils s'emparent ainsi, sans tirer de coups de feu, de 128 sacs remplis de billets provenant de banques écossaises à destination des caisses de la Banque d'Angleterre (qui est la banque centrale du Royaume-Uni), d'une valeur totale de 2,631 millions de livres sterling. Les agents de surveillance de ce train sans voiture de voyageurs sont peu nombreux, pour ne pas éveiller les soupçons[3].

Arrestation et condamnation des voleurs (1963-1964)[modifier | modifier le code]

En quittant le pont, un des hommes du gang ordonne aux gardes de « rester tranquilles trente minutes », ce qui permet à la police de concentrer ses recherches dans un périmètre. Le lundi 12 août 1863, cinq jours après le vol, Les enquêteurs localisent la ferme isolée où les voleurs se sont réunis avant le casse. La ferme avait été nettoyée par les voleurs mais des empreintes digitales avaient été oubliées sur un jeu de monopoly que les braqueurs avaient utilisé après le casse (les voleurs n'avaient pas eu le temps de brûler la ferme). La plupart des membres du gang sont rapidement arrêtés grâce aux empreintes retrouvées dans la ferme et aux indicateurs de Scotland Yard[4]. Les membres sont pour la plupart condamnés en 1964 de vingt à trente ans de prison[5].

L'argent, en grande partie, n'a jamais été retrouvé[3].

Les fugitifs[modifier | modifier le code]

Treize voleurs ont été condamnés en 1964. Cependant, du fait de la publication des photos des suspects recherchés, Jimmy White, reste caché en Angleterre. Il est arrêté en 1966 et condamné à trente ans de prison. Ronald Buster Edwards, un des organisateurs, part au Mexique. Il est capturé en 1966 et condamné à quinze ans de prison.

Ronnie Biggs s'échappe de prison en juillet 1965. Il effectue une opération de chirurgie esthétique et s'installe au Brésil. Malade, il rentre en Angleterre en 2001 à l'âge de 71 ans et est incarcéré. Il meurt le 18 décembre 2013.

Charles Wilson (1932-1990), trésorier et organisateur du gang, est incarcéré à la HM Prison Birmingham. Il s'évade en 1964 pour prendre la fuite en France et au Mexique, se cache à Rigaud (Québec) au Canada où il est retrouvé.

Bruce Reynolds, le leader du gang, (né en 1931), reste en fuite, avec sa femme et son fils, Nick, pendant cinq ans, notamment au Mexique et au Canada. Il tente de retourner vivre incognito en Angleterre, mais est arrêté et écope de 25 ans de prison. Libéré après dix ans de détention, il écrit ses mémoires et est consultant pour un film policier anglais, Gangster No. 1. Il meurt, dans son sommeil, le (à 81 ans).

Le cerveau et l'informateur[modifier | modifier le code]

La police pense qu'un casse aussi bien préparé n'a pu être réalisé que grâce à un informateur[6] qui n'a jamais été identifié, the Ulsterman, « l’homme de l’Ulster »[3].

Gordon Goody, considéré comme le cerveau du gang, tenait un salon de coiffure pour dames comme couverture, ce qui lui permit de fournir l'équipe en masques et matériel de grimage. Il est condamné à trente ans de prison en 1964. Après sa libération, il s'installe en Espagne où il s'est acheté grâce à la part de son butin un bar de plage à Mojácar. En septembre 2014, il annonce l'identité de « l’homme de l’Ulster » à l'occasion d'un documentaire sur le cinquantième anniversaire du vol (documentaire sorti dans les salles en octobre 2014)[7]. Il s'agit selon lui de Patrick McKenna qui est mort quelques années auparavant. Gordon Goody meurt le 29 janvier 2016, à l'âge de 85 ans.

Au cinéma et dans les autres œuvres ou créations[modifier | modifier le code]

En 1966, la trilogie policière Die Gentlemen bitten zur Kasse met en scène ce vol, le rôle de Bruce Reynolds étant interprété par Horst Tappert.

Le film Buster de David Green (1988) avec Phil Collins raconte la cavale des membres du gang de Bruce Reynolds à la suite de l'attaque du train postal Glasgow-Londres.

Le scénario du film Le Cerveau de Gérard Oury s'inspire de ce braquage.

Le film le Pacha de Georges Lautner l'évoque, de même pour celui de Michel Audiard, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (1968).

La bande dessinée Le Train fantôme (Eddy Paape et Jean-Michel Charlier), dont le héros est Marc Dacier (1967), s'inspire, avec précision mais librement, de ce braquage.

Une publicité pour des Lego de 1983 met en scène l'organisation de l'attaque avec les petites briques[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce train est désormais conservé au dépôt central de l'ancienne compagnie ferroviaire Great central railway du Travelling Post Office britannique et est entretenu par des passionnés des chemins de fer.
  2. Lieu choisi car une route proche permet d'y garer les véhicules qui évacueront les sacs postaux.
  3. a, b et c Carl-Ludwig Rettinger, documentaire « Le Casse du siècle », Arte, 2013
  4. Jacques Pradel, « Le casse du train postal Glasgow-Londres », émission L'Heure du crime sur RTL, 13 mars 2013
  5. Depuis leur libération, ils continuent régulièrement à se voir pour évoquer leurs souvenirs
  6. Cet informateur révèle en 1962 à Brian Field, clerc dans un cabinet d'avocats spécialisé dans la défense de criminels (notamment de Gordon Goody) que le train Glasgow-Londres transporte régulièrement de grosses sommes. Voulant faire fortune, Brian Field vend cette information à Goody (il l'avait précédemment vendu à d'autres gangsters qui trouvaient le casse trop risqué), ce dernier rencontrant l'informateur qui se révèle fiable. Goody fait alors part du casse possible à son compère Bruce Reynolds.
  7. (en) Tony Thompson, « Great Train Robber who got away will be named », sur theguardian.com,‎
  8. LEGO : jouet à assembler : Lego train, ina.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Biggs, Odd man out : my life on the loose and the truth about The Great Train Robbery, Pan, Londres, 1995, 279 p. (ISBN 0330337688)
  • (en) Bruce Reynolds, The autobiography of a thief : the compelling story of the man who masterminded the Great Train Robbery, Virgin, Londres, 2000, 525 p. (ISBN 0753505959)
  • Les Grandes Affaires criminelles : l'affaire Landru, Bonnie Parker et Clyde Barrow, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, Sacco et Vanzetti (préface de Roger Borniche), Éd. La Courtille, Paris, 1975, 158 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]