Papillotes

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Papillotes
Image illustrative de l'article Papillotes
Un juif orthodoxe portant barbe et peot (photo prise au Mur occidental)
Sources halakhiques
Textes dans la Loi juive relatifs à cet article
Bible Lévitique 19:27
Mishna Makkot 3:5
Talmud de Babylone idem 20a-b
Sefer Hamitzvot lav n°43
Sefer HaHinoukh mitzva n°251
Mishné Torah Hilkhot Avoda Zara veHoukkot Hagoyim 12:6
Choulhan Aroukh Yore Dea, chap. 181

Les papillotes (hébreu : פאות הראש peot ou payess harosh, « coins de la tête ») sont les mèches de cheveux (une de chaque côté du visage) typiques des hommes juifs orthodoxes, lesquels ont coutume de porter sur les tempes ou derrière les oreilles à partir de l'âge de trois ans.

La pratique, résultant des lois sur le rasage, est particulièrement répandue parmi les Hassidim et les Juifs yéménites.

Les papillotes dans les sources juives[modifier | modifier le code]

La tradition des peot provient de l'interprétation rabbinique du verset « Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure et tu ne raseras point les coins de ta barbe[1] ». Comme cette prescription figure au sein du « code de sainteté ». Elle relève de l'injonction de ne pas imiter les peuplades avoisinantes — considérées comme « idolâtres » dans le judaïsme — et de s'en différencier ; or il était de coutume parmi ces nations de se raser les joues et les tempes[2].

Selon la Mishna, celui qui arrondit le coin de sa tête est passible d'une peine de flagellation (39 coups) par coin arrondi[3]. La guemara du Talmud de Babylone élaborant sur cette loi définit l'arrondissement comme une égalisation du niveau des cheveux des tempes avec celui de l'arrière des oreilles et du front[4]. L'espace concerné est par conséquent compris entre le niveau de l'arrière des oreilles et du front[5].

Maïmonide enseigne que seule la taillade est interdite (et qu'il est donc licite de le faire avec des ciseaux), la limite à ne pas enfreindre étant de quarante cheveux sur chaque tempe[6]. Certains sont opposés à toute coupe, même avec des ciseaux[7], au moins jusqu'au niveau de l'arcade zygomatique[5].

La coutume de laisser pousser les peot sans y toucher résulte donc d'une houmra (application stricte) de ces lois. Les kabbalistes y accordent une grande importance, la valeur numérique de pe'a étant de 86, comme Elohim[8].

Le port des papillotes[modifier | modifier le code]

Suivant les communautés, les cheveux sont coupés courts, voire rasés sur l'ensemble de la tête, à l'exception des peot. Cette coupe donne, lorsqu'elle est réalisée chez un garçon de trois ans, lieu à la cérémonie d'inspiration kabbalistique de la halaka (ou upsherin) qui donne lieu à diverses réjouissances familiales, particulièrement en Israël[9]. Les communautés yéménites ou hassidiques les laissent ensuite pousser sans plus y toucher, même à l'âge adulte[10].

Styles de papillotes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lévitique 19:27
  2. Jérémie 9:26, 25:23 & 49:32 ; voir aussi Choulhan Aroukh Yore Dea, chapitre 181
  3. Mishna Makkot 3:5
  4. T.B. Makkot 20b
  5. a et b C.A. Y.D. 181:9
  6. Mishneh Torah, Sefer HaMada, Hilkhot Avoda Zara veHoukkot Hagoyim 12:6
  7. C.A. Y.D. 181:3
  8. Pe'ot in Encyclopedia Judaica sur le site de la Jewish Virtual Library
  9. (he) J.D. Eisenstein, peot in Otzar dinim ouminhaggim sur le site daat
  10. Cf. Steinmetz, 2005, p. 136, s.v. peyes

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Sol Steinmetz. Dictionary of Jewish Usage. A Guide To The Use Of Jewish Terms. Rowman & Littlefield Publishers: New York, 2005.