Histoire des Juifs en Ukraine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L’histoire des Juifs en Ukraine remonte au Royaume du Bosphore. Des témoignages archéologiques des commerces grecs habitant le littoral de la mer Noire, attestent leurs présences depuis les derniers siècles avant l'ère commune. Les parties orientales de l'Ukraine, sont ensuite absorbées par le royaume Khazar. Cependant, la population juive n’aurait pas survécu à l'invasion tatare du XIIIe siècle. Néanmoins, la population juive laisse une marque importante sur Kiev, ville qui avait à la fois un quartier juif et une porte juive dès le XIe siècle et un talmudiste, Mosheh de Kiev est mentionné au XIIe siècle.

Les débuts de la communauté juive[modifier | modifier le code]

L'expulsion de Kiev[modifier | modifier le code]

Cependant, les Juifs sont expulsés de Kiev à la fin du XVe siècle mais les vagues de migration d’Europe occidentale, en particulier de la région de Rhénanie, qui commence au XIIIe siècle auront un grand impact sur la communauté juive ukrainienne qui atteint son apogée avec l’annexion du territoire par la Couronne polonaise. En particulier après 1569, les Juifs sont fréquemment utilisés par la noblesse pour gérer le système arenda, en vertu duquel ils administrent de grandes propriétés foncières ukrainiennes, appelés latifundia pour des propriétaires polonais souvent absents. Dans de tels cas, les Juifs obtiennent le droit exclusif de collecter les taxes, les péages, et autres impôts de la paysannerie ukrainienne. Beaucoup plus souvent, le contrat portait sur le droit local de propinatsiia, le privilège exclusif de la distillation et de la vente d'alcool, commerce qui s'intègre naturellement avec l'activité d'aubergiste et de prêt avec intérêt.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'attentat contre Alexandre II[modifier | modifier le code]

Un tournant majeur dans l'histoire juive ukrainienne se produit en mars 1881, quand Alexandre II est assassiné par une grenade lancée par un membre d'un petit cercle socialiste. Des rumeurs circulent dans tout l'empire tsariste affirmant que le nouveau tsar, Alexandre III, a donné au peuple le droit de « battre les Juifs » en guise de représailles. La première vague de massacres désignés comme pogroms commence et durera jusqu’en 1884, avec la plus grande concentration survenant sur le territoire ukrainien. L'atmosphère d'anarchie pure, avec l'apparente incapacité ou la réticence des autorités russes de contrôler la violence, ont un impact majeur sur le psychisme du Juif ukrainien moyen. C'est dans cette situation que surviennent les premiers frémissements du sionisme moderne en Ukraine, articulé par le mouvement Byl"ou qui envoie, en 1882, ses premiers colons fonder des communautés en Palestine. D’autres, pas partisans de l’émigration, sont attirés par les mouvements révolutionnaires, notamment le Bund (Union générale des travailleurs juifs).

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Révolution russe donne des résultats mitigés pour les Juifs. La République populaire ukrainienne n'affiche pas de politique contre les Juifs, cela n'empêche pas la tenue de pogroms. Après son annexion par l'URSS, l'Ukraine héberge la moitié de la population juive soviétique[1].

La Seconde Guerre mondiale est particulièrement sanguinaire en Ukraine. Les chefs nazis considèrent les slaves comme « race inférieure », et autorisent leur armée à tuer des civils en masse.

Article détaillé : Massacre de Babi Yar.

Les Juifs sont particulièrement ciblés : les Juifs tués par les Einsatzgruppen en Ukraine sont estimés à 1,5 million[2].

La commémoration de ces événements est particulièrement difficile, car les nazis ont bénéficié du soutien de milices ukrainiennes, alliées à eux par rejet de l'Union Soviétique (par désir d'indépendance ou par rejet du communisme). Début XXIe siècle, une partie de l'Ukraine voit ces nationalistes comme des héros à cause de leur opposition à Staline, et ne mentionne pas leurs actions au sujet des Juifs[3].

Exode[modifier | modifier le code]

Les persécutions provoquent la fuite des Juifs d'Ukraine vers les pays d'Europe de l'Ouest et les États-Unis. De nombreux Juifs d'origine ukrainienne s'installent en Palestine sous mandat britannique, puis en Israël

Influencés par Léon Trotsky, le fondateur de l'armée rouge, Grigori Zinoviev, président du soviet de Leningrad, et Zeev Jabotinsky, de nombreux dignitaires israéliens d'origine ukrainienne apparaissent. C'est le cas d'Yitzhak Ben-Zvi, second président d'Israël, Moshe Dayan, vainqueur de la guerre des Six Jours et Golda Meir, premier ministre israélienne. Le fondateur du mouvement Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson se voit lui comme un héritier spirituel d'Yisroel ben Eliezer (Le Baal Shem Tov).

L'actrice Mila Kunis est née en Ukraine.

Après la chute de l'URSS, environ 250000 Juifs profitent de leur nouvelle liberté de circulation pour s'installer en Israël[4].

Au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2014, l'Ukraine entre dans une phase d'instabilité avec le renversement du président Viktor Ianoukovytch. Les médias israéliens ont constaté l'implication d'un petit nombre d'anciens de Tsahal, Juifs ukrainiens revenus vivre en Ukraine après émigration en Israël[5].

Cependant, certains Juifs d'Ukraine s'inquiètent de la prise de pouvoir par une coalition comprenant des néo-nazis[6][7].

La crise dégénère ensuite en guerre civile, et même s'il n'y a pas d'exactions majeures contre les Juifs, de nombreux Juifs fuyant les zones de combats envisagent de s'installer en Israël[8][9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter J. Potichnyj et Howard Aster, Ukrainian-Jewish Relations in Historical Perspective, Ontario, Canadian Inst.of Ukrainian Studs.,‎ mars 1988, 2e éd., 531 p. (ISBN 978-0920862537)

Lien externe[modifier | modifier le code]