Deuxième chaîne de l'ORTF

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Deuxième chaîne de l’ORTF
Image illustrative de l'article Deuxième chaîne de l'ORTF

Création
Disparition
Propriétaire Office de radiodiffusion télévision française
Format d'image 4/3 noir et blanc
puis couleur (1er octobre 1967)
Langue Français
Pays Drapeau de la France France
Statut Généraliste nationale publique
Siège social 13-15 rue Cognacq-Jay, Paris 7e
Ancien nom RTF Télévision 2 (1er janvier 1964-24 juillet 1964)
Diffusion
Diffusion UHF 625 lignes SECAM IIIB norme L
Chronologie

La deuxième chaîne de l’ORTF (ou ORTF Télévision 2), devenue deuxième chaîne couleur de l'ORTF le , est une chaîne de télévision généraliste nationale française de l'Office de radiodiffusion télévision française diffusée du au .

Histoire de la chaîne[modifier | modifier le code]

La loi n° 64-621 du [1] remplace la Radiodiffusion-télévision française (RTF) par l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) dont le statut gagne en autonomie en n'étant plus placée que sous la tutelle du ministère de l'Information afin de contrôler le respect de ses obligations de service public. La loi entre en fonction le [2] entrainant le changement de nom de RTF Télévision 2 en ORTF Télévision 2, plus communément appelée deuxième chaîne de l'ORTF. La deuxième chaîne n'est alors reçue que par 20 % des Français et son audience en souffre grandement. Les services techniques de l'Office mettent tout en œuvre pour poursuivre l'extension de son réseau de diffusion UHF à l'émetteur du mont Pilat fin octobre 1964, puis à celui du Puy-de-Dôme fin décembre, suivis de ceux de Caen, du pic de l'Ours et du pic du Midi en 1965.

Au printemps 1967, Jacques Thibau est chargé d'un plan de relance visant à donner aux programmes de la deuxième chaîne de l'ORTF plus de cohérence et d'attractivité. Les soirées sont alors organisées autour d'un thème et de nouvelles émissions sont mises à l'antenne comme Les Dossiers de l'écran. Le , la deuxième chaîne est dotée d'un journal télévisé avec 24 heures actualités placé sous la direction de Louis Roland Neil.

Depuis 1962, le service de la recherche de la RTF puis de l'ORTF se penche sur les différents procédés de transmission télévisée en couleur et c'est le codage couleur français au standard SECAM IIIB norme L à 625 lignes, inventé par l'ingénieur Henri de France, qui est définitivement choisi en 1966 pour entrer en vigueur en juin 1967. Ainsi, le dimanche à 14 h 15, le ministre de l'information Georges Gorse, entouré du directeur de l'équipement et de l'exploitation Claude Mercier, du Directeur Général de l'ORTF Jacques-Bernard Dupont et du directeur de la télévision Emile Biasini, inaugurent depuis le studio 13 des Buttes Chaumont le passage à la couleur de la deuxième chaîne de l'ORTF[3],[4] sous le nom de deuxième chaîne couleur de l'ORTF. Cette présentation de la télévision en couleur se poursuit avec l'émission Arc en ciel, constituée d'un reportage sur des parachutistes de l'armée de l'air aux parachutes très colorés, commenté par Pierre Tchernia et filmé par Alexandre Tarta et Jacques Dubourg[5], suivi d'un show Marcel Amont filmé par Jean-Christophe Averty. Une importante partie des programmes de la deuxième chaîne est alors transmise en couleur, en commençant d'abord par douze heures par semaine, y compris les actualités télévisées. Le premier grand évènement retransmis en couleur par l'ORTF sur la deuxième chaîne sont les Jeux olympiques d'hiver de 1968 à Grenoble diffusés en direct du 6 au 18 février 1968 et dont les images sont visibles par cinq à six cent millions de téléspectateurs de par le monde[6].

En 1969, le nouveau premier ministre Jacques Chaban-Delmas organise un plan de libéralisation de l'audiovisuel qui supprime le ministère de l'information et sa tutelle sur l'Office en juin 1969. Son application amène la mise en place sur chaque chaîne de télévision, le 16 septembre 1969, d'unités autonomes d'information dont les directeurs, nommés pour une durée déterminée, peuvent librement choisir les journalistes et utiliser sous leur seule autorité les moyens mis à leur disposition, la qualité des productions et l'objectivité de l'information devant trouver leur meilleure garantie dans le talent, la liberté, l'émulation de la conscience professionnelle des journalistes[7]. Jacqueline Baudrier est nommée à la direction de l'information de le deuxième chaîne couleur, crée une rédaction et met à l'antenne 24 heures sur la Deux le présenté par Léon Zitrone et Michel Péricard. En , les actualités régionales sont proposées simultanément sur la première et la deuxième chaîne sur les émetteurs reçus dans deux régions voisines (par exemple à Niort, émission Poitou-Charentes sur la Une, et à Nantes Télé Loire-Océan sur la Deux). Sur les autres émetteurs (Paris, Bordeaux, Dijon…) des dessins animés pour enfants sont proposés, créant une disparité mal perçue dans les régions ne recevant pas ce programme[8]. La publicité « de marque » est introduite sur la deuxième chaîne couleur en et sa commercialisation est assurée par la Régie française de publicité[9], filiale de l'ORTF.

Le 3 juillet, la loi no 72-553[10] sur le statut de l'ORTF entraîne une réorganisation de la direction des chaînes en deux régies de chaîne décentralisées et distinctes et plafonne les ressources publicitaires à 25 %. Il s'ensuit le une réorganisation des unités d'information créées en 1969 sur chacune des chaînes et qui sont désormais intégrées à la direction des nouvelles régies. Les directions des unités d'information disparaissent de fait. Ainsi, la rédaction de 24 heures sur la Deux dirigée par Jacqueline Baudrier est transférée sur la première chaîne en remplacement d' Information Première, dont la rédaction, jugée trop indépendante par le pouvoir, est limogée. Une partie des anciens journalistes d'Information Première (Jean-Michel Desjeunes, Alexandre Baloud, Jean-Pierre Elkabbach, etc.) migrent alors sur la deuxième chaîne couleur sur laquelle Jean-Pierre Elkabbach et Jean-Claude Héberlé créent une nouvelle rédaction, baptisée INF2, où débutent Gérard Holtz, Daniel Bilalian, Danielle Breem, Pierre Serra, Gérard Sebag ou Alain Doubesky. Les actualités régionales sont diffusées simultanément sur la première, la deuxième et la troisième chaîne, nouvellement créée à partir de 1973. La même année, le choc pétrolier contraint les émissions à s'arrêter à 23 h pour cause d'économie d'énergie.

Sur une idée de son président, Marceau Long, l'ORTF organise le pour la première fois à la télévision et hors du cadre rigide de la campagne officielle, un débat entre les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, arbitré par Jacqueline Baudrier et Alain Duhamel et diffusé simultanément et en direct sur la première chaîne et la deuxième chaîne[11].

La loi du 7 août 1974 modifie la gestion de l'audiovisuel public français. L’article 2 dispose : « l’office de la radio-télévision française est supprimé ». L'office est donc démantelé le 31 décembre 1974 et sept sociétés résultent de ce démantèlement (une holding pour regrouper le tout ayant été envisagée mais non retenue)[12]. La deuxième chaîne ferme son antenne le lundi à h 55 après la diffusion du Ciné-Club et laisse la place le même jour à la nouvelle société nationale de programme Antenne 2.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

L'indicatif d'ORTF Télévision 2, qui est mis à l'antenne le 25 juillet 1964, est une version à peine retouchée de celui de RTF Télévision 2 dans lequel les ellipses forment le nouveau logo de la deuxième chaîne de l'ORTF, identique à celui de la première chaîne de l'ORTF qui reprend le logo de la RTF Télévision auquel s'adjoint une quatrième initiale en son centre (le O) formant une ellipse verticale surmontée du chiffre 2[13].

Cet indicatif passe à la couleur en même temps que la chaîne et subit de légères modifications au niveau du logo et du thème musical[14], puis est remplacé en 1972 par un nouvel indicatif d'ouverture d'antenne[15], formé d'un kaléidoscope de couleurs évoquant différentes mires de calibrages de la couleur sur les récepteurs de télévision et reprenant le thème musical du premier indicatif d'ouverture.

La musique d'ouverture et de fermeture de la chaîne est repris de RTF Télévision 2

Logos[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Organisation[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Capital[modifier | modifier le code]

La deuxième chaîne de l'ORTF est une régie de l'Office de radiodiffusion télévision française, établissement public à caractère industriel et commercial dont le capital est détenu à 100 % par l'État.

Siège[modifier | modifier le code]

La direction générale de l'Office de radiodiffusion télévision française siège à la « Maison » de l'ORTF au 116 avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris.

Ces locaux sont toutefois mal adaptés aux nécessités de la télévision qui reste finalement dans son berceau historique du Centre Alfred-Lelluch au 13-15 rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement de Paris, bâtiment de huit étages qui abrite la direction des chaînes de télévision, les studios, régies et locaux techniques. La télévision dispose tout de même de deux studios de télévision situés au rez-de-chaussée de la Maison de l'ORTF, et notamment le mythique studio 102 aussi baptisé le « Théâtre 102 », ainsi que le studio 101 dans lequel est organisé notamment le « duel » présidentiel de 1974.

L'ORTF peut compter également sur un important troisième lieu de production, les studios des Buttes Chaumont (aujourd'hui démolis) situés au 36, rue des Alouettes dans le 19e arrondissement de Paris, qui abritent les plus grands studios de la télévision française (le studio 15 avait une superficie de 670 m2). Des grandes émissions de divertissement ou des dramatiques y étaient produites, avec ses propres ateliers décors. Au démantèlement de l'ORTF en 1974, le lieu est attribué à la Société française de production (SFP).

Programmes[modifier | modifier le code]

Dès 1967, les soirées de la deuxième chaîne sont organisées autour d'un thème et de nouvelles émissions sont mises à l'antenne comme Les Dossiers de l'écran d’Armand Jammot qui débute le jeudi ou Monsieur Cinéma, la nouvelle émission du lundi de Pierre Tchernia sur l'actualité du cinéma qui débute en septembre. Le , la deuxième chaîne se dote d'un journal télévisé avec 24 heures actualités placé sous la direction de Louis Roland Neil. Le 10 octobre, la deuxième chaîne diffuse la série américaine Mission impossible. Les Shadoks, série animée de Jacques Rouxel et René Borg, arrivent à l'antenne le .

Le , Armand Jammot lance le premier magazine régulier de l’après-midi à la télévision française avec Aujourd’hui Madame qui ouvre les programmes de la chaîne chaque jour de la semaine à 14 h 30. Les programmes s'interrompent ensuite pour ne reprendre qu'à 19 h avec les Actualités régionales, suivies de l'émission pour enfants Colorix à 19 h 20, puis, dès , Des chiffres et des lettres à 19 h 30 juste avant le journal télévisé diffusé à 20 h.

En 1971, Marc Gilbert présente Italiques[16] et recrute Jean-Jacques Brochier, Max-Pol Fouchet, Georges Walter, Jacques Legris, Jean Ferniot et Marc Ullmann, comme chroniqueurs de l'émission, avant que le générique soit modifié, le 19 janvier 1973. Ennio Morricone fait la musique[17] et Jean-Michel Folon crée un dessin animé où des personnages bleus s'envolent avec les livres.

La nomination d'Arthur Conte comme PDG de l'Office en 1972 marque un tournant dans la programmation de la deuxième chaîne couleur, puisque celui-ci se donne pour objectif de « faire éclore les forces de la joie et de la chanson ». Les variétés occupent alors une place plus large dans les programmes avec de grandes émissions en direct des studios des Buttes-Chaumont comme Cadet Rousselle de Guy Lux, Top à... des Carpentier ou Le Grand Échiquier que Jacques Chancel lance le 12 janvier et qui s'arrêtera en 1989 sur A2.

Les grands feuilletons en couleur de l'ORTF débarquent sur la deuxième chaîne au début des années 1970. Arsène Lupin ouvre le bal le , suivi des Rois maudits du au , réalisé par Claude Barma et adapté de l'œuvre de Maurice Druon par Marcel Jullian, puis des Brigades du Tigre le .

Émissions[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Voici une liste de séries, classées par origine et ordre de diffusion, qui ont été diffusées sur la deuxième chaîne de l'ORTF :

Séries françaises
Séries américaines
Séries britanniques

Présentateurs et animateurs[modifier | modifier le code]

Journalistes[modifier | modifier le code]

Speakerines[modifier | modifier le code]

Diffusion[modifier | modifier le code]

La deuxième chaîne de l'ORTF est diffusée, depuis son inauguration fin 1963, en noir et blanc au standard de 625 lignes UHF sur le second réseau national analogique hertzien par la régie de diffusion de l'ORTF.

Sa norme de diffusion passe au standard SECAM IIIB norme L à 625 lignes le à 14 h 15.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce logo a été adopté juste avant les Jeux olympiques d'été de 1972.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Loi n° 64-621 du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 28 juin 1964
  2. Naissance de l'ORTF le 25 juillet 1964, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  3. Présentation officielle de la télévision couleur le 1er octobre 1967, Deuxième chaîne couleur de l'ORTF sur ina.fr.
  4. Démonstration du démarrage de la télévision couleur dans le hall de la Maison de l'ORTF, Télé-Soir du 1er octobre 1967, Première chaîne de l'ORTF sur ina.fr.
  5. Les grands entretiens, Télé notre histoire : Pierre Tchernia, Chapitre 11 : Mickey et les parachutistes sur ina.fr
  6. Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Grenoble le 6 février 1968, Deuxième chaîne couleur de l'ORTF sur ina.fr.
  7. Sophie Bachmann, L'Éclatement de l'ORTF, Paris, L'Harmattan, 1997.
  8. Télé-Satellite-Numérique, mai 2010.[réf. nécessaire]
  9. Jingles publicité en couleur de la Régie française de publicité diffusés sur la deuxième chaîne de l'ORTF sur Wat.tv.
  10. Loi no 72-553 du 3 juillet 1972 portant statut de la radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 4 juillet 1972.
  11. Débat entre Valéry Giscard D'Estaing et François Mitterrand le 10 mai 1974 sur ina.fr.
  12. Loi no 74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et à la télévision, Journal officiel du 8 août 1974.
  13. Indicatif d'ouverture d'antenne de la deuxième chaîne de l'ORTF de 1964 à 1967 sur Wat.tv.
  14. Indicatif d'ouverture d'antenne de la deuxième chaîne couleur de l'ORTF de 1967 à 1972 sur Wat.tv.
  15. Indicatif d'ouverture d'antenne de la deuxième chaîne couleur de l'ORTF de 1972 à 1975 sur Wat.tv.
  16. Les années 1970 en France au prisme de la médiation littéraire au petit écran de Frédéric Delarue, sur le site du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines.
  17. Indicatif : image et son Italiques, enregistrement du 19 juillet 1974.
  18. Comment fabrique-t-on un talk-show ?, C8

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]