Fantomas se déchaîne
| Réalisation | André Hunebelle |
|---|---|
| Scénario |
Jean Halain Pierre Foucaud |
| Acteurs principaux |
Louis de Funès Jean Marais Mylène Demongeot |
| Sociétés de production |
Gaumont Production artistique et cinématographique Victory Films Story Films Da. Ma. Produzione |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie policière et d'aventure |
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 1965 |
Série Trilogie Fantomas
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Fantomas se déchaîne est une comédie d'aventure franco-italienne d'André Hunebelle, sortie en 1965.
C'est le deuxième volet de la trilogie d'André Hunebelle consacrée aux personnages créés par Pierre Souvestre et Marcel Allain, entre Fantomas, sorti en 1964, et Fantomas contre Scotland Yard, sorti en 1967.
Synopsis
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Une année après avoir poursuivi sans relâche Fantômas, le commissaire Juve est décoré de la Légion d'honneur. Il est persuadé que le criminel a définitivement disparu. Surprise : après avoir envoyé au policier un message de félicitations, Fantômas enlève le professeur Marchand. Revendiquant publiquement le rapt, il annonce en outre son intention de dominer la planète grâce à un rayon télépathique qui permet de contrôler la pensée humaine, auquel travaille le savant. Pour que sa tentative aboutisse, Fantômas doit également s'emparer du professeur Lefebvre, collègue de Marchand. En effet, les expériences du professeur Marchand ne pourront aboutir sans le résultat des expériences en cours du professeur Lefebvre.
Fandor, déguisé en professeur Lefebvre, se rend au domicile de ce dernier, qui tout d'abord ne réalise pas la supercherie. Il lui propose d'aller à Rome, où doit se tenir un important congrès scientifique. Le journaliste, toujours déguisé en Lefebvre, sa fiancée Hélène et Michou, le jeune frère de cette dernière tout juste renvoyé de son pensionnat pour mauvaise conduite, prennent un train de nuit pour l'Italie. Ils sont escortés par Juve et par ses subordonnés. Le commissaire espère piéger Fantômas qui tentera certainement d'enlever le professeur Lefebvre. Le criminel rejoint le congrès sous le masque du savant. La confusion est d'autant plus totale que le vrai professeur Lefebvre, irrité par une interview balbutiante donnée en son nom par Fandor, arrive lui aussi au congrès. Fantômas enlève le vrai Lefebvre, Hélène et Michou, puis s'enfuit. Arrêté par la police italienne, Juve est interné dans un asile psychiatrique.
Fantômas garde Michou prisonnier et relâche Hélène. Il l'invite à un bal masqué en lui envoyant une robe somptueuse et un bijou. Ne pouvant résister à la tentation, la jeune femme s'y rend, suivie discrètement par Fandor. Le commissaire Juve, que les policiers italiens ont rapidement relâché, se glisse parmi les invités. Accompagné de ses hommes et d'Interpol, il croit tenir enfin l'occasion d'arrêter le malfaiteur. Celui-ci leur a tendu un nouveau piège. Après avoir neutralisé les policiers, il capture Juve et ses amis. Gazés, les prisonniers se réveillent dans une luxueuse demeure souterraine. Là, Fantômas a le projet de pratiquer sur Fandor, Juve et son adjoint Bertrand une expérience potentiellement fatale, visant à faire vivre leur tête à part de leurs corps. Il propose à Hélène d'y mettre fin si elle accepte de devenir sa compagne. Juve neutralise les sbires de Fantômas grâce à des gadgets. Les scientifiques retenus par le malfaiteur, dont les professeurs Marchand et Lefebvre, libèrent les captifs. Ils menacent Fantômas du rayon télépathique avec lequel il voulait contrôler toute l'humanité. Le dispositif n'est efficace qu'à une portée de 14,50 mètres. Fantômas provoque une diversion puis s'échappe dans sa DS. Juve et Fandor le poursuivent à bord d'un véhicule qu'ils ont dérobé à des touristes étrangers. Arrivé sur la piste d'un aéroport, Fantômas s'envole dans sa voiture, transformée en avion grâce à des ailes escamotables. Le commissaire et le journaliste le pourchassent dans les airs, à bord d'un appareil qu'ils ont réquisitionné. Impatient d'attraper Fantômas grâce au rayon télépathique, Juve ne prend pas la précaution d'enfiler un parachute. Il tombe dans le vide. Fandor se jette à son secours et parvient à le sauver. Fantômas leur échappe une fois de plus.
Fiche technique
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- Titre : Fantomas se déchaîne
- Réalisation : André Hunebelle
- Seconde équipe : Jacques Besnard
- Assistants : Jean-Pierre Desagnat et Michel Lang
- Scénario : Jean Halain et Pierre Foucaud, d'après les personnages des romans de Pierre Souvestre et Marcel Allain
- Musique : Michel Magne
- Décors : Max Douy
- Costumes : Mireille Leydet
- Création de la robe « Mille et une nuits » pour Mylène Demongeot : Jacques Heim
- Photographie : Raymond Lemoigne
- Opérateur parachute : Jean-Jacques Dubourg[1]
- Son : René-Christian Forget
- Montage : Jean Feyte
- Coordination des combats et des cascades : Claude Carliez
- Production : Paul Cadéac, Alain Poiré, André Hunebelle
- Sociétés de production : Gaumont, Production artistique et cinématographique, Victory Films, Story Films (France) ; Da. Ma. Produzione (Italie)
- Société de distribution : Gaumont (France)
- Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt)
- Budget : 5,5 millions de francs[a] (soit environ 8,7 millions d'euros en 2024[2])
- Pays de production :
France /
Italie - Langues originales : français et italien
- Format : couleur (Eastmancolor) - 2,35:1 (Franscope) - 35 mm - son mono
- Genre : comédie policière, aventures, action
- Durée : 99 minutes
- Dates de sortie :
- France :
- Affiche : Jouineau Bourduge (France)
Distribution
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- Jean Marais : Fantômas / le journaliste Jérôme Fandor / le professeur Lefebvre / marquis de Rostelli
- Raymond Pellegrin : Fantômas (voix)
- Georges Chamarat : le professeur Lefebvre (voix)
- Louis de Funès : le commissaire Paul Juve
- Mylène Demongeot : Hélène Gurn
- Jacques Dynam : l'inspecteur Michel Bertrand
- Christian Toma : l'inspecteur Pierre
- Michel Duplaix : l'inspecteur Léon
- Pietro Tordi (VF : Edmond Bernard) : le président de l'assemblée
- Robert Dalban : le rédacteur du journal Le Point du jour
- Henri Attal : un homme de main de Fantômas
- Antoine Baud : un homme de main de Fantômas
- Florence Blot : la dame qui attend devant les toilettes du train
- André Cagnard : un homme de main de Fantômas
- Yvan Chiffre : un homme de main de Fantômas
- Albert Dagnant : le professeur Marchand
- Arturo Dominici : le professeur canadien
- Mino Doro (VF : Aram Stephan) : le professeur suisse
- Olivier de Funès : Michel Gurn, dit Michou
- Robert Le Béal : le ministre
- Jacques Marin : l'agent de police ferroviaire
- Jean Michaud : le directeur de la clinique psychiatrique
- Gérard Moisan : un homme de main de Fantômas
- Max Montavon : le surveillant de l'institut
- Eric Vasberg : un homme de main de Fantômas
- Dominique Zardi : un homme de main de Fantômas
- Non crédités
- Nello Appodia : un invité au bal masqué
- Philippe Castelli : un agent de police
- Adrien Cayla-Legrand : un inspecteur
- Albert Daumergue : le serveur du wagon-restaurant
- Gil Delamare : cascadeur / doublure de Jean Marais
- Jean Gold : un inspecteur
- Edith Ker : une femme au wagon-restaurant
- Silvio Laurenzi : un invité au bal masqué
- Roger Lecuyer : un invité à la remise de la Légion d'honneur
- Bob Lerick : un inspecteur
- Roger Lumont : un inspecteur
- Antoine Marin : un inspecteur
- Bob Morel : un homme de main de Fantômas
- Pierre Palfray : un homme de main de Fantômas
- Raymond Pierson : un homme au wagon-restaurant
- Mario Pisu : un danseur du bal de Fantômas
- Émile Riandreys : un homme au wagon-restaurant
- Jacques Santi : présentateur de télévision
- Henri Violin : cascadeur / doublure de Louis de Funès
Jean Marais incarne Fantômas, lorsqu'il arbore son masque vert bleu. Christian Toma, interprète d'un inspecteur assistant Juve, revêt également le masque de Fantômas dans les scènes où Jean Marais joue Fandor, ou, inversement, tient le rôle de Fandor de dos lorsque Marais est Fantômas ; il apparaît aussi en professeur Lefebvre[3]. Ces interprétations de Fantômas sont liées par la voix de Raymond Pellegrin[4].
Production
[modifier | modifier le code]Genèse et développement
[modifier | modifier le code]Exhumant Fantômas, mythe de la littérature populaire de la Belle Époque, André Hunebelle réalise Fantomas (1964) avec son acteur fétiche Jean Marais dans le rôle-titre[5],[6]. Déjà derrière les OSS 117, Hunebelle modernise ce personnage de maître du crime emblématique des années 1910 en s'inspirant du phénomène contemporain de James Bond[5]. Cette adaptation libre remporte un grand succès à sa sortie en salles, notamment grâce au numéro comique de Louis de Funès en commissaire Juve[5],[6]. La critique est bonne[b]. Le film attire 4,4 millions de spectateurs en France[5]. Face à cet engouement, une suite est rapidement lancée[5]. À l'époque, ce phénomène de réalisations de suites prend de l'essor dans le cinéma français, que ce soit Don Camillo, Angélique ou Le Gendarme de Saint-Tropez[7].
André Hunebelle annonce en , au détour d'un interview au bulletin d'Unifrance, un nouvel épisode intitulé Fantomas contre Interpol « avec, bien entendu, Jean Marais et Mylène Demongeot. Ce sera plein d’exotisme. Il se déroulera, peut-être, dans un pays de pétrole saharien »[5],[b],[c]. Louis de Funès semble d'abord omis de ce projet[5],[b]. Au regard de l'efficacité de son rôle, et de ses succès adjacents, ce dernier est finalement réintégré dans la suite[5],[b]. Comprenant l'importance primordiale de sa prestation comique dans la popularité du premier film, les producteurs et les auteurs décident même de le mettre davantage en avant[5],[b]. L'intrigue fait ainsi collaborer Fandor, Juve et Hélène pour déjouer les méfaits de Fantomas[b]. La suite démultiplie les ressorts du premier film : des doubles voire triples identités, davantage d'alternances de masques, d'emprunts aux films d'espionnage et de cascades[c].Le titre change ensuite pour Fantomas revient avant d'adopter définitivement Fantomas se déchaîne[8],[d],[c]. Ce titre rappelle une autre réalisation d'Hunebelle, OSS 117 se déchaîne (1963)[c]
L'essentiel de l'équipe artistique et technique du premier Fantomas est de retour. André Hunebelle réalise, entouré des assistants Jean-Pierre Desagnat, Michel Lang et Jacques Besnard (réalisateur de la seconde équipe), à qui il laisse souvent la main[5],[e]. À nouveau, le scénario est écrit par Jean Halain, auteur de chaque film de son père, et Pierre Foucaud qui, outre les deux autres Fantomas, a scénarisé pour Hunebelle quatre OSS 117 et plusieurs films de cape et d'épée[f]. Conscient de ne créer qu'un cinéma de divertissement sans grande ambition artistique, Hunebelle est peu rigoureux dans l'écriture de ses comédies, donne de grandes libertés à ses scénaristes et laisse ainsi tout le monde participer au scénario[9].
La production demeure assurée par la Gaumont (SNEG), représentée par Alain Poiré, et la Production artistique et cinématographique (PAC), société d'Hunebelle[e]. Un budget de 5,5 millions de francs est accordé au film, contre 3,3 millions pour Fantomas[a]. La PAC reçoit une avance sur recettes du CNC de 400 000[g]. Les costumes sont toujours de Mireille Leydet et la musique de Michel Magne[h]. Hunebelle travaille en famille puisque Halain est son fils et la costumière sa première épouse[e]. Le maquilleur Gérard Cogan continue de concevoir les masques de Fantômas, après avoir fabriqué ceux du Bossu (1959)[i] ; inventeur, il met également au point le gadget du troisième bras mécanique du commissaire Juve[j]. Succédant à Paul-Louis Boutié, Max Douy dessine les décors[k].
En , entre les sorties de Fantomas et Fantomas se déchaîne, dont il vient de lire le scénario, Marcel Allain, le seul auteur survivant, âgé de 80 ans, désavoue au détour d'un entretien ces adaptations modernes, rejetant leur ton, les idées ajoutées, la transformation de certains personnages et de l'intrigue établie au cours de ses volumes[5],[l].
Lieux de tournages
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France :
Italie :
- Rome : Gare de Rome-Termini, British School at Rome, Église San Giorgio in Velabro, Villa Miani près de Monte Mario
- Naples sur le volcan du Vésuve[11].
Cascades
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La scène finale de la chute d'avion de Juve et Fandor nécessite d'importantes cascades aériennes et constitue une prouesse inédite au cinéma, en montrant pour la première fois des images filmées en chute libre, par le « cameraman homme-volant » Jean-Jacques Dubourg[1],[12]. Les entraînements et le tournage aérien ont eu lieu au-dessus de l'aérodrome de Fayence et de celui du Luc, dans le Var, au départ d'une Alouette III[1],[13],[12],[note 1]. Jean-Jacques Dubourg porte une caméra fixée sur son casque[1]. Jean Marais, qui réalise d'habitude lui-même ses cascades, accepte d'être exceptionnellement doublé pour cette scène de saut en parachute en chute libre nécessitant trop de technicité[14]. Il se fait doubler par Gil Delamare, un cascadeur hors pair réputé pour sa maîtrise des effets spéciaux, et Louis de Funès par Henri Violin, parachutiste expérimenté, qui prend plaisir à imiter la gestuelle de l'acteur qu'il double[1],[12]. Néanmoins, pour certains plans, Marais saute lui-même normalement, en parachute ouvert, pour la première fois à l'âge de 53 ans[14]. Environ une cinquantaine de sauts sont nécessaires pour les prises de vues, sur près d'un mois, pour un résultat de deux minutes dans le film fini[1]. La séquence est complétée par des plans des comédiens en transparence avec le paysage varois en arrière-plan (dont le village de Tourrettes)[1].
Gil Delamare collabora, entre autres, aux films Le Jour le plus long, La Grande Vadrouille et L'Homme de Rio. Il mourut en 1966, lors d'une cascade consistant à faire un tête-à-queue pour Le Saint prend l'affût, film réalisé par Christian-Jaque, où jouait également Jean Marais. Rémy Julienne, engagé par Delamare lors du premier Fantomas pour réaliser des acrobaties en moto, accepta de reprendre tous les contrats signés par le défunt.
La descente des lacets du Vésuve par la DS Citroën blanche de Fantômas est périlleuse pour le cascadeur et accélérée au montage pour la rendre plus spectaculaire[3].
Pour les trois volets, les bagarres et autres scènes d'action sont réglées par Claude Carliez, qui travaillera souvent aux côtés de Jean-Paul Belmondo et participera même à quelques James Bond dans les années 1980. Il sera responsable de cascades et de combats pour les films La Grande Vadrouille, Peur sur la ville, Le Coup du parapluie, Le Capitan et Moonraker.
Exploitation et accueil
[modifier | modifier le code]Accueil critique
[modifier | modifier le code]Fantomas se déchaîne reçoit des critiques tièdes, moins bonnes que pour le premier Fantomas[m]. La presse généraliste est dans l'ensemble indulgente[m]. L'Aurore estime qu'Hunebelle démontre sa capacité à « fabriquer une superproduction digne de concurrencer les œuvres étrangères du même genre »[m]. Cette habitude naissante dans le cinéma français de faire des suites inquiète certains[m]. Michel Duran dans Le Canard enchaîné proclame : « Hunebelle gagne encore la seconde manche »[m],[n]. Moqueur, Duran anticipe une série sans fin tout en appréciant ce deuxième volet : « À raison d'un Fantomas par an, [le réalisateur et les scénaristes] pourront passer le relais à leurs enfants et petits-enfants. La seule difficulté sera de trouver des successeurs à de Funès, Jean Marais et Mylène Demongeot quand ils auront atteint l'âge de la retraite. Mais pour le moment, ils sont en forme. Du rire et du charme garantis, des gags et des idées, du mouvement. Une petit baisse de régime à mi-parcours, mais un beau final mouvementé avec la Citroën-avion en apothéose. On a passé un bon moment de recréation. À l'année prochaine, Fantômas »[m],[n]. La part de plus en plus grande de Louis de Funès au premier plan commence aussi à agacer[m],[n]. Pour L'Express, Fantômas « n'est plus qu'un faire-valoir pour le gendarme de Saint-Tropez »[m].
La critique cinéphilique est plus sévère[g]. Henry Chapier dans Combat, notamment, se lamente de l'impuissance de la critique face à de tels films "grand public" : « Etant donné que ma critique ne changera rien à la médiocrité du cinéma confectionné par André Hunebelle, et que son Fantômas n'est que le second film d’une série qui risque de se multiplier à l'infini, je l'abandonne à ses fans. (...) Je suis persuadé de n'enlever vraiment aucun spectateur à Hunebelle ; si le public de Fantômas se souciait de lire quoi que ce soit, nous n’en serions pas là ! »[o]. Il s'insurge en outre de l'attribution de l'avance sur recettes au film : « A-t-on besoin d'une aide à la sottise, au lavage de cerveau, aux grimaces de Louis de Funès ? »[g].
« André Hunebelle habille ses personnages en mesure industrielle. Il n'y a guère que Mylène Demongeot qu'il n'habille pas, ou peu. Elle est charmante. C’est la seule à donner un certain relief au film. Pour le fantastique, on repassera. Hunebelle s’en tient au décolleté plongeant. (...) Que tourne-t-on ? Telle est la question. On tourne un film qui ressemble au précédent et qui ressemblera au suivant. L'essentiel est de ne pas déranger le spectateur. Le faire sauter d’un film dans l’autre sans qu'il puisse même s’en rendre compte, voilà le chic ! Hunebelle a ce chic-là. On traverse son œuvre comme un train express, un tunnel. En un clin d’œil, et sans coupure. (...) Fantômas est un sujet en or dont André Hunebelle a voulu tirer de l'argent. L’argent rentrera. »
— Pierre Marcabru, Arts, [5],[m],[n].
Box-office
[modifier | modifier le code]À la fin de son exploitation en salles sur plusieurs années, Fantomas se déchaîne enregistre 4 163 000 entrées au box-office français, dont 678 554 à Paris[7].
Sorties à l'étranger
[modifier | modifier le code]Fantomas se déchaîne sort aussi en Italie le sous le titre Fantomas minaccia il mondo, en Finlande le nommé Fantomasin paluu (ou Fantomas iskee jälleen ou Fantomas nauraa kuolemalle), en Allemagne de l'Ouest le titré Fantomas gegen Interpol, en Belgique le (à Gand) en français en en flamand nommé Fantomas breekt los, en Espagne en baptisé Fantomas vuelve, au Danemark le intitulé Fantomas vender tilbage!, aux Pays-Bas le nommé Fantomas slaat weer toe, en Suède le sous le titre Fantomas slår till igen, au Portugal le baptisé Fantomas Passa ao Ataque, en Roumanie le titré Fantomas se dezlănțuie, en Afrique du Sud le , en Hongrie le nommé Fantomas visszatér, Union soviétique le intitulé Фантомас разбушевался, en Pologne le sous le titre Fantomas powraca, au Mexique le baptisé Fantomas amenaza al mundo, en Islande le , en Argentine le titré Fantomas se defiende, Tchécoslovaquie en 1975 nommé Fantomas se zlobí en tchèque et Fantomas sa hnevá en slovaque[15].
Le film connaît également des sorties au Brésil (A Volta de Fantomas), en Bulgarie (Фантомас се развихря), au Canada en français et en anglais, en Estonie (Fantoom 2), aux États-Unis, en Grèce (Η επιστροφή του Φαντομά), en Iran (Bazgasht e Fantomas), au Japon (ファントマ電光石火), en Lettonie (Fantomass trako), en Norvège (Fantomas slår til igjen), au Royaume-Uni, en Ukraine (Фантомас розлютився), au Vietnam (Tội Phạm Khét Tiếng 2) et en Yougoslavie (Fantomas ov povratak en croate)[15]. Les titres internationaux anglophones sont : Fantomas Unleashed, Fantomas Strikes Back ou The Vengeance of Fantomas[15].
Fantomas se déchaîne enregistre notamment 2 949 107 entrées en Espagne et 1 980 000 entrées en Allemagne[7],[16],[17]. C'est encore un triomphe en URSS avec 44,7 millions de spectateurs en Union soviétique, la trilogie constituant un véritable phénomène de société là-bas, en l'absence de James Bond et des productions hollywoodiennes[18],[19],[20],[p].
Autour du film
[modifier | modifier le code]- Louis de Funès ne devait pas jouer dans le deuxième Fantomas. En effet, la suite écrite pendant le tournage du premier film ne comportait plus le personnage du commissaire Juve. Entre-temps, Louis de Funès était devenu une vedette grâce aux films Le Corniaud (11 millions d'entrées), Le Gendarme de Saint-Tropez (7 millions d'entrées) et Fantomas (4,5 millions d'entrées). André Hunebelle et Jean Halain décidèrent donc de le réintroduire dans le scénario.
- L'ensemble des personnages principaux présents dans le premier volet de la trilogie revient dans ce deuxième film, à l'exception de Lady Beltham, la fiancée de Fantômas. Son sort est inconnu : Fantômas évoque simplement sa "disparition" devant Hélène.
- Pendant le tournage, De Funès reçut, à l'occasion de son cinquante-et-unième anniversaire, une panoplie complète d'agent secret.
- C'est la première centrale nucléaire française, Chinon A1, mise en service en 1963 et qui produira de l'électricité jusqu'en 1973, qui sert de décor aux scènes initiales du film. Ce site, surnommé la Boule à cause du réacteur et des échangeurs installés dans un bâtiment sphérique en acier de 55 mètres de diamètre, abrite le musée de l'atome depuis 1986. D'autres séquences du film ont également été tournées à Chinon, notamment celle où Fantômas inspecte une armée de laborantins affairés dans son repaire.
- Les scènes d'éruptions volcaniques du Vésuve, lieu du repaire de Fantômas, sont extraites du film documentaire Les Rendez-vous du diable d'Haroun Tazieff.
- Olivier de Funès, fils de Louis, apparaît pour la première fois à l'écran. Il jouera au total six fois aux côtés de son père, avant de devenir pilote de ligne.
- La couverture du premier album du groupe Fantômas représente l'affiche espagnole du film : Fantômas Amenaza Al Mundo (« Fantômas menace le monde »). Bien que le titre officiel de l'album soit Fantômas, beaucoup appellent cet album Amenaza Al Mundo.
- C'est l'un des rares films où le personnage interprété par Louis de Funès tue d'autres personnages.
- Si la trilogie Fantomas a été inspirée de l'univers de James Bond, l'inverse est vrai quant aux gadgets. En effet, certains d'entre eux, inventés pour Fantomas se déchaîne, sont apparus plusieurs années après dans des films de James Bond, tels le cigare piégé (devenu une cigarette lance-fléchette) et le repaire du malfaiteur construit dans un volcan, repris en 1967 dans On ne vit que deux fois, ou la voiture volante, introduite en 1974 dans L'Homme au pistolet d'or. Max Douy, créateur de l'extravagant repaire de Fantômas, sera en 1979 le décorateur de Moonraker, onzième opus de la série des films de James Bond.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références bibliographiques
[modifier | modifier le code]- Dicale 2009, p. 277.
- Dicale 2009, p. 276.
- Lemonier 2005, p. 81.
- ↑ Dicale 2009, p. 278.
- Lemonier 2005, p. 62.
- ↑ Lemonier 2005, p. 96.
- Dicale 2009, p. 281.
- ↑ Lemonier 2005, p. 63.
- ↑ Lemonier 2005, p. 23.
- ↑ « Le roi du « truc » a fait un bébé à Catherine Deneuve », Noir et Blanc, no 1099 « Mireille Mathieu fait mieux que B.B. », 24 au 30 mars 1966.
- ↑ Lemonier 2005, p. 61.
- ↑ Dicale 2009, p. 289-290.
- Dicale 2009, p. 280.
- Lemonier 2005, p. 98.
- ↑ Dicale 2009, p. 295.
- ↑ Baptiste Etchegaray, « La conquête de l'Est », Télérama, hors-série no 192 « Louis de Funès », , p. 92-97 (ISBN 978-2914927475).
Références
[modifier | modifier le code]- Franck et Jérôme Gavard-Perret, « L'aérodrome de Fayence-Tourrettes (83) », Lieux de tournages, sur Autour de Louis de Funès (consulté le ).
- ↑ Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2024.
- Franck et Jérôme Gavard-Perret, « Interview de Christian Toma », sur Autour de Louis de Funès, (consulté le ).
- ↑ Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 65 (ISBN 2-226-10924-2)
- Gilles Botineau, Christophe Geudin et Jérémie Imbert, « Derrière le masque de Fantômas », Dossiers, sur CineComedies.com, .
- François Justamand, « Fantômas revient ! », sur objectif-cinema.com, (consulté le ).
- Renaud Soyer, « Fantomas se déchaîne », Box-office Jean Marais, sur Box-office Story, (consulté le ).
- ↑ « Oeuvre n° 41374 - Fantomas se déchaîne - Immatriculation / Changement de titre », sur rca.cnc.fr, Registres du cinéma et de l'audiovisuel, CNC (consulté le ).
- ↑ Franck et Jérôme Gavard-Perret, « Interview de Michel Wyn », sur Autour de Louis de Funès, (consulté le ).
- ↑ Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 85 (ISBN 978-2-84167-645-3)
- ↑ « Rome (Italie) : lieu de tournage de Le Corniaud (1964), Fantomas se déchaîne (1965), L'Homme-orchestre (1970). », sur www.autourdelouisdefunes.fr, (consulté le )
- Xavier Massé, Des femmes dans l'Aéronautique, Nouvelles Éditions Latines, , 238 p. (ISBN 2723320766, lire en ligne), p. 34.
- ↑ Jean-Claude Honnorat, « 1965 : Chutes libres et cinéma dans le ciel varois ! », sur Facebook, Canal D, Draguignan, .
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- « Dates de sortie de Fantomas se déchaîne (1965) » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database (consulté le ).
- ↑ Renaud Soyer, « Louis de Funès, box-office », sur Box-office Story (consulté le ).
- ↑ (de) « Top 100 Deutschland 1966 », sur insidekino.de (consulté le ).
- ↑ (ru) « Фантомас разбушевался (1965) », sur KinoPoisk (consulté le ).
- ↑ (ru) « Фантомас разбушевался (1965) », sur kino-teatr.ru (consulté le ).
- ↑ Fantômas démasqué, documentaire de Dimitri Kourtchine, France, Arte, 2021 [voir en ligne].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Fantômas, personnage de fiction.
- Trilogie Fantomas d'André Hunebelle
Bibliographie
[modifier | modifier le code]À propos de Fantômas
[modifier | modifier le code]- Loïc Artiaga, « Le Bleu et le noir. Fantômas, le temps des guerres chromatiques (1962-1969) », Belphégor. Littératures populaires et culture médiatique, nos 11-1 « Dossier Fantômas. Fantômas dans le siècle », (DOI 10.4000/belphegor.79, lire en ligne).
- Philippe Azoury et Jean-Marc Lalanne, Fantômas, style moderne, Paris / Liège, centre Pompidou / Yellow Now, coll. « Les cinémas », , 116 p. (ISBN 2-84426-121-3 et 2-87340-167-2, présentation en ligne).Comment Fantômas a su inspirer les cinéastes tout au long du siècle dernier, et comment son image est perçue aujourd'hui.
- Jean-Noël Grando, Fantomas tombe le masque, Alliance Éditions, , 112 p. (ISBN 978-2-916666-33-4).La saga du maître du crime depuis sa création jusqu'à la fin du XXe siècle. Un siècle d'évolution du personnage au cinéma en photos et secrets de tournages.
- Marc Lemonier (préf. Mylène Demongeot), Sur la piste de Fantômas, Paris, Hors Collection / Gaumont, , 227 p. (ISBN 2-258-06852-5).Retour sur la trilogie d'André Hunebelle.
- Raphaëlle Moine, « Les Fantomas de Hunebelle : la défaite d'un mythe », dans Jacques Migozzi (dir.), De l'écrit à l'écran. Littératures populaires : mutations génériques, mutations médiatiques, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, coll. « Littératures en marge », , 870 p. (ISBN 2-84287-142-1, lire en ligne), p. 453-466.
À propos des comédiens
[modifier | modifier le code]- Mylène Demongeot, Tiroirs secrets, Le Pré aux clercs, , 324 p. (ISBN 2-84228-131-4, lire en ligne).
- Bertrand Dicale, Louis de Funès, grimace et gloire, Paris, Grasset, , 528 p. (ISBN 978-2-246-63661-8 et 2-246-63661-2).

- Jean-Marc Loubier, Louis de Funès. Petites et grandes vadrouilles, Paris, Robert Laffont, , 564 p. (ISBN 978-2-221-11576-3 et 2-221-11576-7, lire en ligne).
- Claude Raybaud, Louis de Funès : son personnage, ses films, de 1946 à 1982, Nice, éditions Gilletta, coll. « Beaux livres », , 248 p. (ISBN 978-2-35956-022-0).
Discographie
[modifier | modifier le code]- Michel Magne, Fantômas / Fantômas se déchaîne / Fantômas contre Scotland Yard[réf. nécessaire]
Liens externes
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- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Film français sorti en 1965
- Film italien sorti en 1965
- Comédie policière française
- Comédie policière italienne
- Film réalisé par André Hunebelle
- Film avec une musique composée par Michel Magne
- Film se déroulant dans les années 1960
- Film se déroulant à Paris
- Film se déroulant à Rome
- Film tourné à Paris
- Film tourné en Indre-et-Loire
- Film tourné à Rome
- Fantômas
- Film de Gaumont
- Suite de film italien
- Suite de film français