Claude Gensac

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Claude Gensac
Nom de naissance Claude-Jeanne Malca Gensac
Naissance (88 ans)
Acy-en-Multien (Oise)
Nationalité Drapeau : France Française
Films notables Oscar
Le gendarme se marie
Jo

Claude Gensac est une actrice française née le à Acy-en-Multien (Oise)[1].

Élève du Conservatoire de Paris, Claude Gensac commence sa carrière au théâtre en jouant la tragédie. Remarquée, elle obtient des rôles au cinéma et à la télévision à partir des années 1950. Actrice d'allure distinguée, elle diversifie rapidement sa carrière en jouant dans des pièces de boulevard sous l'impulsion de son mari, Pierre Mondy.

Claude Gensac est choisie en 1967 pour interpréter la femme de Louis de Funès dans Oscar d'Édouard Molinaro. Ce dernier est alors devenu une grande vedette de l'écran et l'osmose avec Claude Gensac, rencontrée 15 ans plus tôt sur la scène du théâtre Daunou, est telle qu'ils tourneront dix films ensemble, la plupart devant de très gros succès commerciaux tels Oscar, Les Grandes Vacances, Jo et Le gendarme se marie.

Devenue une figure populaire du cinéma français des années 1970, Claude Gensac peine à relancer sa carrière après la mort de de Funès en 1983. Elle retrouve des rôles conséquents à partir de la fin des années 2000, jouant notamment avec Catherine Deneuve dans Elle s'en va en 2013. Elle est nommée en 2015 pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle, pour son rôle dans Lulu femme nue de Sólveig Anspach.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Claude Gensac est née le à Acy-en-Multien dans l'Oise de André Gensac, baryton, et Rose Brayer. Lorsque Claude a six ans, son père quitte le foyer pour une cantatrice de l'Opéra de Paris, Éliette Schenneberg[2],[3],[4]avec laquelle il aura une fille, Éliette Gensac, chanteuse, comédienne et speakerine pour RTL[4].

Claude Gensac se destine d'abord à la danse classique, et c'est sa mère qui la pousse à devenir actrice, un métier qu'elle aurait voulu faire elle-même[5]. Après des études secondaires au lycée Racine de Paris[3], sa mère l'inscrit au cours Simon[3] afin de préparer son entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Claude y rencontre celui qui deviendra son premier mari, Pierre Mondy[6]. Admise au Conservatoire, elle en sort en 1947[7] avec le deuxième prix de tragédie et le premier accessit de comédie[8].

Débuts[modifier | modifier le code]

Claude Gensac débute la même année au théâtre à Bruxelles dans Borgia de Herman Closson. Mère et fille posent ensemble à l'occasion d'une répétition dans un numéro de Regards[9]. Elle est remarquée en 1950 dans son interprétation de Jeanne d'Arc dans La Pucelle de Jacques Audiberti[10]. Elle enchaîne avec d'autres tragédies et obtient des premiers rôles féminins dans Horace de Pierre Corneille en 1951, Kean de Jean-Paul Sartre en 1953 et Pour Lucrèce de Jean Giraudoux en 1955[11].

Parallèlement, Claude Gensac débute au cinéma en 1952 dans La Vie d'un honnête homme de Sacha Guitry. Le réalisateur la choisit pour interpréter la femme de chambre du personnage principal, joué par Michel Simon. Louis de Funès, qui joue un valet, est son premier partenaire à l'écran[12]. La même année, Gensac et de Funès se retrouvent dans la pièce Sans cérémonie de Jacques Vilfrid et Jean Giraud[13] mise en scène par le mari de Claude, Pierre Mondy. Sans cérémonie est la première d'une longue série de collaborations entre de Funès, Vilfrid et Giraud. Néanmoins, la pièce est un échec critique[10].

Dans les années 1950 puis 1960, Claude Gensac poursuit sa carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision. Elle est par exemple choisie pour des rôles de grandes dames ou de bourgeoises, parfois méchantes, dans des séries comme La caméra explore le temps et Les Cinq Dernières Minutes. Pour la première, elle interprète Madame de Montespan dans un épisode consacré à l'Affaire des Poisons et Marie-Louise d'Autriche dans un autre sur Napoléon II. Au théâtre, Claude Gensac joue notamment dans Chaud et froid de Fernand Crommelynck en 1956 et Cleo à Paris de Fabre Luce en 1957[14]. Le cinéma fait appel à elle pour un rôle de bourgeoise dans Comment épouser un premier ministre de Michel Boisrond en 1964 et l'actrice obtient aussi des rôles secondaires dans Les Sultans de Jean Delannoy et le Journal d'une femme en blanc de Claude Autant-Lara. Le talent tragique de Claude Gensac lui permet de participer au nouveau doublage français de Blanche-Neige et les Sept Nains de Walt Disney en 1962. Elle prête sa voix à la reine. Claude se lasse cependant de ses rôles de femmes antipathiques[15].

« Madame de Funès »[modifier | modifier le code]

Claude Gensac et Louis de Funès avaient travaillé ensemble au théâtre et au cinéma en 1952, mais leur longue et fructueuse collaboration ne commence réellement qu'en 1967 avec l'adaptation à l'écran d' Oscar. Cette pièce était jouée par de Funès depuis 1959 et elle avait largement contribué à affirmer son talent. Cantonné à des seconds rôles au cinéma jusqu'au début des années 1960, il avait ensuite connu un large succès dans Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, Le Corniaud en 1965 ou La Grande Vadrouille en 1966.

C'est Jeanne, la femme de Louis de Funès, qui avance le nom de Claude Gensac pour le rôle de la femme du personnage principal d'Oscar. Elle voulait que son mari incarne des personnages au rang social élevé et il fallait pour cela que l'actrice incarnant son épouse sur scène ait de la distinction. Qualifiée de « bonne copine » par Patrick de Funès, fils et biographe de l'acteur, Claude Gensac est aussi choisie parce que Jeanne de Funès lui fait suffisamment confiance pour ne pas craindre qu'elle lui vole son mari hors plateau. Louis et Jeanne s'étaient bien entendus avec Claude sur le tournage de La vie d'un honnête homme en 1952, et Jeanne de Funès repense à l'actrice en la voyant à la télévision dans un épisode des Cinq Dernières Minutes. Peu après, le couple de Funès va voir Claude Gensac sur scène dans La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau. Son interprétation de madame Petypon convainc définitivement[16].

Claude Gensac reste toujours très reconnaissante à Louis et Jeanne de Funès pour avoir fait décoller sa carrière, elle était d'ailleurs heureuse de s'inscrire définitivement dans la comédie afin de quitter ses rôles de « duchesses perverses » ou de « femmes agressives[15] ». Au départ, elle était toutefois inquiète d'obtenir des rôles si importants au cinéma[16]. Le succès du couple de Funès-Gensac repose sur la parfaite alchimie entre deux comédiens au jeu totalement opposé : de Funès est hargneux et teigneux, Gensac est adorable, pétillante et distinguée[17].

Claude Gensac joue dans Oscar en 1967, puis dans Les Grandes Vacances la même année. Elle devient l'épouse attitrée de Louis de Funès au cinéma, rôle qu'elle occupe en 1968 dans Le gendarme se marie, en 1969 dans Hibernatus, en 1970 dans Le Gendarme en balade, et en 1971 dans Jo. Ces films sont de très gros succès commerciaux, Les Grandes Vacances et Le Gendarme se marie étant numéro un au box-office français l'année de leur sortie respective, avec presque sept millions d'entrées chacun. Oscar est deuxième en 1967 derrière Les Grandes Vacances, avec un peu plus de six millions d'entrées[18].

Louis de Funès s'entend parfaitement avec Claude Gensac et l'actrice fait partie de ses partenaires préférés, comme Michel Galabru. De Funès a dit d'elle : « On s'amuse beaucoup avec Claude, elle pige très vite. Je n'ai pas besoin de lui expliquer deux fois ce qui fait rire[16] ». Cependant, les deux acteurs se voient peu en dehors des tournages[16]. Grâce à de Funès, Claude Gensac devient une actrice populaire, indissociable de ses rôles en tandem avec l'acteur, notamment Ludovic et Josépha Cruchot de la série des « Gendarmes ». L'expression « Ma biche », employée par Cruchot, marque des générations de spectateurs. Parfois appelée ainsi dans la rue, Claude Gensac découvre même un jour cette expression écrite sur un banc en face de chez-elle[19]. Les rôles d'épouse de Louis de Funès sont une bénédiction pour l'actrice, mais aussi un handicap pour la suite. Par faute de temps, elle néglige sa carrière en dehors de ces films et refuse plusieurs contrats bien que l'acteur l'ait avertie du risque qu'elle courrait de ne plus décrocher de rôles à l'avenir[20]. Elle reste cependant active au théâtre, jouant dans des pièces comiques comme Les Deux Vierges de Jean-Jacques Bricaire en 1975 et La Cage aux folles de Jean Poiret en 1978, mais aussi dans La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux en 1975. Elle apparaît parallèlement dans plusieurs productions d' Au théâtre ce soir.

Éclipse et retour[modifier | modifier le code]

Les années 1970 marquent un ralentissement pour Claude Gensac puisqu'elle n'est ni au générique de Sur un arbre perché (1971) ni à celui de Rabbi Jacob (1973). Ensuite, le double infarctus dont est victime Louis de Funès en 1975 le force à diminuer son activité professionnelle. Claude Gensac retrouve l'acteur pour des rôles mineurs dans L'Aile ou la cuisse en 1976 et La Soupe aux choux en 1981. Dans le premier, c'est Louis de Funès qui l'a imposée dans le rôle de sa secrétaire, et elle doit être affublée d'une perruque grise afin que les spectateurs ne reconnaissent pas l'habituelle « Madame de Funès à l'écran »[10]. Louis de Funès lui offre le rôle plus conséquent de Frosine dans son adaptation cinématographique de L'Avare en 1980, puis elle redevient sa femme dans le dernier opus du « Gendarme », Le Gendarme et les Gendarmettes, sorti en 1982. Ce film est la dernière apparition à l'écran de Louis de Funès, mort en janvier 1983. Claude Gensac n'avait pas pu tenir le rôle dans Le Gendarme et les Extra-terrestres en 1978 car elle devait répéter au théâtre La Maison des cœurs brisés de George Bernard Shaw[10]. Elle fut remplacée par Maria Mauban dont le texte avait été réduit[21].

Après la mort de Louis de Funès en 1983, Claude Gensac voit sa carrière décliner. Proche de la soixantaine, son nom est trop associé à ses rôles de femme de Louis de Funès pour que les producteurs et réalisateurs s'intéressent à elle. Un metteur en scène lui a d'ailleurs avoué qu'il pensait qu'elle ne souhaitait plus tourner depuis la mort de l'acteur[20]. Elle obtient cependant suffisamment de rôles pour poursuivre sa carrière de comédienne. Elle joue par exemple au théâtre dans Le Dindon de Georges Feydeau en 1984 et Le Bal des voleurs de Jean Anouilh en 1996, et à la télévision dans la série Marc et Sophie de 1987 à 1991.

Claude Gensac a publié une autobiographie, Ma biche... c'est vite dit !, en 2005. Le titre fait référence au surnom que lui a donné Louis de Funès dans leurs films. Elle retrace dans ce livre son parcours avec de Funès mais aussi son expérience de comédienne et raconte des anecdotes de tournage.

À la fin des années 2000, Claude Gensac connaît un renouveau professionnel tardif même si plusieurs films dans lesquels elle devait jouer sont annulés à cause de la crise financière[20]. Elle apparaît dans la série Sous le soleil en 2005 puis obtient un rôle important dans La Prophétie d'Avignon, saga d'été de 2007 qui la déçoit[19]. Elle joue ensuite sur scène La Perruche et le Poulet avec Jean-Pierre Castaldi en 2008. Elle devient un personnage récurrent de la série télévisée Scènes de ménages à partir de 2012 et obtient des rôles secondaires dans deux films de jeunes réalisatrices en 2013 : Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot et Lulu femme nue de Sólveig Anspach. Ce dernier film lui permet d'être nommée pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2015, alors qu'elle a presque 88 ans.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Claude Gensac rencontre son premier mari, Pierre Mondy, au cours Simon où ce dernier est élève[6]. Ils se marient en 1952[note 1] mais divorcent deux ans plus tard[6]. Plusieurs figures du théâtre sont présentes au mariage, comme Pierre Fresnay, Yvonne Printemps, Marcel Achard et Jacqueline Maillan. Les compagnons du conservatoire de Claude Gensac prennent ce mariage pour une mésalliance car elle est alors associée à un théâtre tragique et cérébral, alors que Pierre Mondy est plus orienté vers le boulevard[6].

Claude se remarie en secondes noces avec Henri Chemin en 1958. Celui-ci est pilote automobile, mais aussi directeur des relations publiques de Ford-France et a utilisé son réseau dans le monde du cinéma pour placer la Ford Mustang dans plusieurs films des années 1960[22]. Ils ont divorcé en 1977[23].

Claude Gensac a un fils, Frédéric Chemin, compositeur de musique de variétés[19], et deux petits enfants[20]. Elle a résidé à Neuilly-sur-Seine mais vit depuis 1989 dans un manoir en Normandie[20].

Carrière[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Au théâtre ce soir[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Claude Gensac, Ma biche... c'est vite dit !, Michel Lafon,‎ , 236 p. (ISBN 2749902282).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date indiquée par Pierre Mondy dans son autobiographie. La plupart des autres sources mentionnent 1951.
  1. Les Gens du cinéma
  2. Anna Hadrien, « Elle n'a vraiment aimé que son faux mari », France-Dimanche,‎ 2005
  3. a, b et c Who's Who in France,‎ , p. 982
  4. a et b « Éliette Gensac ou les mille et unes vies d'un aventurière », La Provence,‎
  5. Christine Chartier, « Claude Gensac tient bon la route », Télé K7,‎
  6. a, b, c et d Pierre Mondy, La cage aux souvenirs, Plon,‎ (ISBN 2259204570)
  7. Rue du Conservatoire
  8. « Claude Gensac », Ciné-Ressources
  9. « Regards 1947 », Claude-gensac.com
  10. a, b, c et d Bertrand Dicale, Louis de Funès, Grasset,‎ (ISBN 9782246636694)
  11. Bertrand Guyard, « Claude Gensac : « Madame de Funès » est nommée aux César », Le Figaro,‎
  12. « Carré VIP : Claude Gensac, nominée aux Césars », Télé Matin, France 2, 19 février 2015.
  13. Cette pièce sera adaptée au cinéma en 1963 sous le titre Pouic-Pouic avec de Funès mais sans Claude Gensac, remplacée par Jacqueline Maillan.
  14. « Claude Gensac », Première,‎
  15. a et b Jean-Jacques Jelot-Blanc, « Claude Gensac, Oscar de la fidélité », Télé K7,‎
  16. a, b, c et d Olivier et Patrick de Funès, Louis de Funès : Ne parlez pas trop de moi, les enfants !, Le Cherche-Midi,‎ (ISBN 9782749129754)
  17. « Claude Gensac, « Ma biche ! » », Ciné Live,‎
  18. « Box-office de Louis de Funès », JP's Box-office
  19. a, b et c Gaëlle Guitard, « Claude Gensac : “Louis était très pointilleux” », France-Soir,‎
  20. a, b, c, d et e Nicolas Dewaelheyns, « Claude Gensac (“Ma biche !”) raconte “son” Louis de Funès. Exclusif ! », Le Soir,‎
  21. Jean-Marc Loubier, Louis de Funès : Petites et grandes vadrouilles, Robert Laffont (ISBN 9782221145272)
  22. Sylvain Reisser, « Ford Mustang, le pied à l'étrier », Le Figaro,‎
  23. « Claude Gensac », Canal+

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]