Marin Karmitz

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Marin Karmitz
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Marin Karmitz en 2007.

Naissance (78 ans)
Bucarest (Roumanie)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Activité principale
Fondateur de MK2
Autres activités
Formation
Conjoint
Descendants

Marin Karmitz, né le à Bucarest en Roumanie, est un exploitant, distributeur, producteur et réalisateur français, fondateur de la société MK2, spécialisée dans le cinéma indépendant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marin Karmitz est issu d'une famille juive de Roumanie qui immigre à Nice en France alors qu'il a neuf ans[1].

À Paris, il passe son bac et rentre à l'IDHEC en 1957, et devient chef opérateur. Il débute comme stagiaire de la réalisatrice Yannick Bellon[2] et devient le plus jeune premier assistant réalisateur de France en 1959 en travaillant sur Merci Natercia, un film sur commande de Pierre Kast[3]. Son travail est ensuite remarqué sur Les Honneurs de la guerre de Jean Dewever en 1960 et lui permet de décrocher un poste d'assistant sur le film d'Agnès Varda, Cléo de 5 à 7[4]. Sur le tournage du film, il croise Jean-Luc Godard, qui lui confie le poste d'assistant sur le segment La Paresse du film Les Sept Péchés capitaux en 1962[5].

Il réalise en 1964 son premier court-métrage de fiction, Nuit noire, Calcutta, d'après un scénario de Marguerite Duras, puis adapte la pièce de théâtre Comédie avec Samuel Beckett en 1965, qui fait scandale au festival de Venise en 1966[6]. Karmitz crée sa maison de production mk2 productions en 1967, d'abord exclusivement consacrée aux courts métrages. Après Mai 68, membre du mouvement maoïste la Gauche prolétarienne, il réalise des films militants : Sept jours ailleurs (1969), Camarades (1970) et Coup pour coup (1972).

MK2[modifier | modifier le code]

Ses productions rencontrant des problèmes de diffusion, il décide en 1974 de devenir lui-même distributeur, en créant mk2 diffusion, et exploitant, en ouvrant sa première salle place de la Bastille (le 14-Juillet Bastille, futur mk2 Bastille), inaugurée le 1er mai 1974. Ses activités de production, distribution et exploitation sont unifiées sous le nom MK2 en 1998.

Marin Karmitz a produit et coproduit plus de quatre-vingt films, en a distribué plus de trois cents et a créé un circuit de dix complexes cinématographiques à Paris, le troisième de la capitale en termes d’importance avec un total de soixante-cinq écrans, de cinq millions de spectateurs annuels et 17 % de part de marché Paris intramuros, dont les derniers en date sont en 2003 le MK2 Bibliothèque (20 salles) dans le 13e arrondissement de Paris et en 2005 le MK2 Quai de Loire (6 salles), face au MK2 Quai de Seine dans le 19e arrondissement.

MK2 figure aujourd’hui parmi les quatre principaux groupes cinématographiques français et est présent dans les différents secteurs de l'audiovisuel avec un catalogue de droits de plus de 500 titres[7] (dont Charlie Chaplin, François Truffaut, Krzysztof Kieślowski, Claude Chabrol, Abbas Kiarostami, Gus Van Sant…), une production cinéma et télévisuelle, et une filiale d’édition vidéo avec plus de 400 titres édités à ce jour.

En octobre 2005, Marin Karmitz confie la direction générale du groupe MK2 à son fils Nathanaël[8].

Après une plainte déposée et quatre ans de procédure, Marin Karmitz fait condamner le producteur François Margolin pour « faux et usage de faux ». Ce dernier avait falsifié des documents et imité la signature de Karmitz afin d'obtenir plus de 200 000 euros. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis[9].

Après l'échec commercial de quatre films en 2012, Marin Karmitz annonce en février 2014 vouloir cesser la production de films. Il avance que le cinéma français a baissé de qualité et « est de plus en plus replié sur lui-même sur des problématiques de petits bourgeois[10]. »

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Président du groupe Création culturelle, compétitivité, cohésion sociale du XIe Plan en 1992, membre de la Commission pour la nouvelle télévision publique (atelier « modèle culturel et de création ») en 2008, il est nommé délégué général du Conseil de la création artistique, créé le 13 janvier 2009 par Nicolas Sarkozy et comprenant différentes personnalités du monde de la culture.

Depuis sa création en 2004, il est vice-président[11] de la Chambre philharmonique, orchestre sur instruments d'époque créé et dirigé par Emmanuel Krivine.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à la psychanalyste française Caroline Eliacheff.

Selon le magazine économique Challenges, Marin Karmitz occupait en 2009 la 491e place des plus grandes fortunes françaises, évaluant sa fortune à 40 millions d'euros[12].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Producteur ou coproducteur[14][modifier | modifier le code]

Années 1970

Années 1980

Années 1990

Années 2000

Années 2010

Publications[modifier | modifier le code]

  • Bande à part (mémoires), Paris, Grasset, 1995
  • Profession producteur (entretiens avec Stéphane Paoli), Paris, Hachette Littérature, 2003

Commissariat d'exposition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Marin Karmitz: MK2, 40 ans, "s'est bâti autour d'une certaine idée du cinéma" » (consulté le 20 juillet 2016).
  2. Une autre idée du cinéma, mk2 40 ans après, Paris, mk2 éditions, , 242 p. (ISBN 2351360206, lire en ligne), p.28.
  3. Marin Karmitz, Profession producteur : conversations avec Stéphane Paoli, Hachette Littératures, , 104 p., p.39.
  4. « “Cléo de 5 à 7”, le film chéri de la Nouvelle Vague » (consulté le 20 juillet 2016).
  5. Une autre idée du cinéma, mk2 40 ans après, Paris, mk2 éditions, , 242 p. (ISBN 2351360206, lire en ligne), p.34.
  6. « ""Comédie"", où Beckett et Karmitz pistent leur premier cri » (consulté le 20 juillet 2016).
  7. « La nouvelle vague de MK2 » (consulté le 20 juillet 2016).
  8. « Nathanaël Karmitz succède à son père à la tête de MK2 », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  9. Julien Balboni, « « Condamné à deux mois de prison avec sursis » », Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  10. « Marin Karmitz : “J'arrête de produire des films car je ne me reconnais plus dans le cinéma” », Enguérand Renault, lefigaro.fr, 23 février 2014.
  11. « L’équipe », sur www.lachambrephilharmonique.com (consulté le 20 juillet 2016).
  12. Voir sur challenges.fr.
  13. lefigaro.fr, « Légion d'honneur : qui sont les décorés du 14 juillet ? » (consulté le 20 juillet 2016)
  14. Une autre idée du cinéma, mk2 40 ans après, Paris, mk2 éditions, , 242 p. (ISBN 2351360206, lire en ligne), pp.210-230.
  15. Catalogue Silences : un propos de Marin Karmitz, éditions des musées de Strasbourg, mai 2009 (ISBN 978-2-35-125068-6).
  16. Armelle Canitrot, « Marin Karmitz, passeur « d'images fixes » », sur la-croix.com (consulté le 20 juillet 2016)
  17. Catalogue de Christian Caujolle, Traverses. Un parcours dans la collection photographique de Marin Karmitz, éditions Actes Sud, 2010 (ISBN 978-2-7427-9163-7).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]