François Reichenbach

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François Reichenbach
François Reichenbach (1988).jpg
François Reichenbach en tournage en 1998 au Salvador
pour la séquence de la Croix-Rouge du film Genève.
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Léopard d'or (, , et )
Prix Louis-Delluc ()
Cristal du court métrage ( et )
Oscar du meilleur film documentaire ( et )Voir et modifier les données sur Wikidata

François Reichenbach, né le à Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un réalisateur franco-suisse de documentaires et collectionneur de masques mexicains.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Reichenbach est né en 1921 dans une famille extrêmement riche composée d'industriels et d'hommes d'affaires. Son père Bernard brasse de grosses affaires et sa mère Germaine est la fille de Gaston Monteux, un richissime industriel qui est l'un des premiers à acheter des toiles de Chagall, Braque, Picasso, Soutine, Utrillo et Modigliani. Il est le cousin du producteur de cinéma Pierre Braunberger et le neveu du collectionneur de manuscrits et de livres Jacques Guérin.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il se rend à Genève. Bien que né en France, il possède également la nationalité suisse car son grand-père paternel, Arnold Reichenbach, est un riche industriel dans la dentelle à Saint-Gall. François Reichenbach étudie la musique au Conservatoire de musique de Genève où il rencontre le cinéaste Gérard Oury.

François Reichenbach dans la cathédrale Saint-Pierre de Genève en 1988.

Sur son lit de mort, François Reichenbach confie à Danièle Thompson sa volonté d'être inhumé à Limoges où il a passé ses vacances dans sa jeunesse. Devant les protestations de la scénariste, faisant valoir qu'il ne serait pas commode de lui rendre visite, le cinéaste a répondu « Ceux qui m'aiment prendront le train »[1]. Cette citation a inspiré à Danièle Thompson le propos et le titre du film homonyme de Patrice Chéreau[2]. François Reichenbach meurt le à Neuilly-sur-Seine. Il est inhumé dans le cimetière de Louyat à Limoges[3].

Réalisateur[modifier | modifier le code]

La revue les Cahiers du cinéma ont écrit «François Reichenbach est né avec une caméra dans l’œil»[4].  Ce pionnier de la Nouvelle Vague [5]par l’importance de son importante œuvre cinématographique fait - de cet homme au regard libre et respectueux de l'autre - un témoin privilégié de son époque. Il avait toujours une caméra chargée sur le siège arrière de sa voiture pour filmer immédiatement au cas où, car il aimait "filmer tout ce qui bouge"[6].

En 1955 il achète sa première caméra 16 mm Bell & Howell et réalisé son quatrième court-métrage Impressions de New York qui est récompensé par le Prix spécial du jury au Festival de Tours et une mention au Festival international du film d'Édimbourg : sa carrière de cinéaste est lancée.

Puis dès 1956 il alterne les tournages entre les Etats-Unis et la France avec une filmographie très personnelle : un amalgame de reportages artistiques proches du journalisme. Il filme des portraits de figures les plus diverses comme le cinéaste Orson Welles, des musiciens Yehudi Menuhin, Arthur Rubinstein, Herbert von Karajan, Mstislav Rostropovitch, Manitas de Plata, des artistes populaires comme Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Barbara, Mireille Mathieu, Diane Dufresne, Vince Taylor, des footballeurs Pelé, Pascal Olmeta, le matador El Cordobés, le sculpteur Arman, le guitariste Manitas de Plata, le peintre Marguerite Dunoyer de Segonzac, le marchand de cigares Zino Davidoff, le chef d'orchestre Herbert von Karajan ainsi que les actrices Jeanne Moreau et Brigitte Bardot[7].

Tournage à Genève du portrait de Zino Davidoff en 1983.

En 1958 son premier long-métrage, L'Amérique insolite fait sensation avec un style nouveau par son impression de vérité et l'originalité du regard en filmant le citoyen américain depuis sa naissance jusqu'à sa mort dans toutes les circonstances cocasses, burlesques et insolites de sa vie.

Il reçoit en 1964 la Palme d’Or au Festival de Cannes pour son court-métrage La Douceur du village. Il filme avec simplicité et poésie la vie d’un écolier de campagne dans le village de Loué. Puis François Reichenbach reçoit l’Oscar du meilleur film documentaire en 1970 pour Arthur Rubinstein, l'Amour de la vie.

Activités[modifier | modifier le code]

Auteur et conseiller en œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Après la Libération, il retourne à Paris. Il écrit des chansons, notamment pour Édith Piaf et Marie Dubas. Puis il a envie de « vendre de la peinture aux Américains » et il part pour les États-Unis avec une carte d’émigré. Il débute à New York comme conseiller auprès de musées américains pour l'achat d'œuvres d'art en Europe puis il vend des toiles de maître. Il passe plusieurs années aux États-Unis.

Collectionneur de masques mexicains[modifier | modifier le code]

François Reichenbach est un passionné du Mexique. Dans ses mémoires Le monde a encore un visage[8], il raconte : « Entre le Mexique et moi le contact fut immédiat et définitif. Ce pays est ma terre d’Adoption, d’Amour et d’Avenir ». Il y a séjourné très fréquemment depuis 1960. Il possède la nationalité mexicaine.

Masque chauve-souris en bois, pigments, vernis (état de Guerrero du Sud du Mexique).

De ses séjours et de ses tournages au Mexique — de Mexico Mexico, Entends-tu les chiens aboyer ? à Une passion mexicaine — il a amassé une collection exceptionnelle de plus de 3 000 objets d’art mexicains tout à fait remarquable : en particulier des masques mexicains ainsi que des statuettes, des céramiques, des tableaux de laine et des arbres de vie. « Ces masques, je les ai vus fabriqués par des masqueros dans les villages. Ils ont été portés, dansés. Je les ai filmés lors de grandes fêtes villageoises, dans des coins perdus du Mexique. Ils ont une vie. Leur magie est là et chacun me parle, raconte son histoire. Il faut savoir entendre et regarder »[9].

Sa maison à Onville était un véritable musée, dans chaque pièce tous les murs et les escaliers étaient couverts d’objets mexicains provenant des sierras mexicaines. En 1993, il fait don de toute sa collection à la ville de Marseille. Elle est exposée dans la salle Mexique au musée des Arts africains, océaniens et amérindiens de la Vieille Charité[10].

Filmographie[modifier | modifier le code]

La filmographie suivante provient du livre de François Reichenbach, Le monde a encore un visage[11].

Courts métrages et télévision[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Paris qui ne dort pas.
  • 1954 : Last Spring (22 min).
  • 1954 : Nus masculins (24 min).
  • 1955 : Impressions de New York (13 min), prix spécial au festival de Tours et mention au festival international du film d'Édimbourg.
  • 1955 : Visages de Paris (18 min).
  • 1955 : New York ballade (18 min).
  • 1956 : Houston Texas (min).
  • 1956 : Alberobello au pays des Trulli.
  • 1956 : Le Grand Sud.
  • 1956 : Novembre à Paris (min).
  • 1957 : L'Américain se détend (13 min).
  • 1957 : Au pays de Porgy and Bess.
  • 1957 : Les Marines (22 min).
  • 1957 : Carnaval à La Nouvelle-Orléans.
  • 1957 : L’Été Indien.
  • 1958 : Visages de Paris (13 min).
  • 1960 : Retour à New York (12 min).
  • 1962 : À la mémoire du rock avec Vince Taylor (18 min).
  • 1962 : Le Paris des photographes (13 min).
  • 1962 : Le Paris des mannequins (11 min).
  • 1962 : Week-end en mer.
  • 1962 : Jeu 1, ballet de Dirk Sanders.
  • 1962 : Un bol d'air à louer.
  • 1963 : Le Petit Café (12 min).
  • 1963 : Enterrement de John Kennedy.
  • 1964 : L'Amérique lunaire (13 min).
  • 1964 : Le Paris des photographes (13 min).
  • 1964 : Le Paris des mannequins (12 min).
  • 1964 : La Douceur du village (47 min), Palme d'or au festival de Cannes 1964.
  • 1965 : École de danse de l'Opéra.
  • 1965 : Dunoyer de Segonzac (11 min).
  • 1966 : Le Conte de fée de Mireille Mathieu avec Maurice Chevalier.
  • 1966 : Antonio Lomelín, portait d'un novillero (22 min).
  • 1966 : Aurora.
  • 1967 : Voyage de Brigitte Bardot aux USA (47 min).
  • 1967 : Gromaire, sur le peintre Marcel Gromaire (11 min).
  • 1967 : Manitas de Plata .
  • 1967 : Je vous salue Paris.
  • 1968 : Show Bardot.
  • 1968 : Orson Welles, coréalisation Frédéric Rossif (24 min).
  • 1968 : Portraits de El Cordobès, Jeanne Moreau, Mireille Mathieu et Orson Welles.
  • 1968 : Musique en Méditerranée (h).
  • 1968 : Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg chantent en duo "Bonnie and Clyde"[12] (min 13 s). L'un des premiers Scopitone[13].
  • 1969 : Festival dans le désert.
  • 1969 : Herbert von Karajan à Salzbourg (15 min).
  • 1969 : Christian Dior, film de prestige (20 min).
  • 1969 : Vichy, film de prestige (15 min).
  • 1969 : Violence sur Houston (58 min).
  • 1969 : Brigade des mineurs (58 min).
  • 1969 : Les mains du futur.
  • 1969 : Parfums Revillon, film publicitaire.
  • 1969 . La fête des morts.
  • 1969 : Kill Patrick un shériff pas comme les autres (58 min).
  • 1969 : Israël, les moissons de l'espoir (30 min).
  • 1970 : Le Mariage des dieux (12 min).
  • 1970 : À fleur d'eau (15 min), documentaire sur la ville de Vichy, commentaire Remo Forlani.
  • 1970 : Le Mariage des dieux (opéra de quatre pesos).
  • 1970 : Le chasseur (33 min).
  • 1971 : Prison à l'américaine (28 min).
  • 1971 : La Mort ne tue jamais personne (15 min).
  • 1972 : Mon amie Sylvie, émission de télévision.
  • 1972 : Le hold-up au crayon.
  • 1972 : Paolino, la juste cause et une bonne raison, coréalisation de Patrice Poiré.
  • 1973 : À Monaco, film sur la princesse Grace de Monaco.
  • 1975 : Le Petit Cirque mexicain (17 min).
  • 1975 : Lettres de Paris et d'ailleurs (six émissions de télévision).
  • 1975 : Roland-Garros.
  • 1976 : Portrait de Jacques Chirac (TV).
  • 1976 : France inconnue (10 émissions de télévision)
  • 1976 : Club Méditerranée, film de prestige.
  • 1977 : Les Mains du futur (TV)
  • 1977 : Entre ciel et terre, émission de télévision sur la Patrouille de France.
  • 1977 : L'homme et le sport (TV).
  • 1978 : Arts et arbres (TV).
  • 1978 : Portrait de Diane Dufresne (TV).
  • 1978 : Barbara (48 min).
  • 1978 : Les Leçons de Slava (trois émissions de télévision avec Mstislav Rostropovitch).
  • 1979 : 25 Ans de l'Olympia (deux émissions de télévision).
  • 1979 : México mágico.
  • 1979 : Grâce à la musique, (série musicale).
  • 1979 : Valéry Giscard d'Estaing au Mexique.
  • 1979 : Arthur Rubinstein (série télévision).
  • 1980 : La Belgique profonde (TV).
  • 1980 : Maurice Ravel, un homme digne de sa musique.
  • 1980 : Tant qu'il y aura des enfants il y aura des clowns (61 min).
  • 1980 : Jacques-Henri Lartigue (TV).
  • 1982 : Maurice Béjart (89 min).
  • 1983 : Naissance d'un Opéra à la Bastille (20 min).
  • 1984 : Dunoyer de Segonzac (11 min).
  • 1989 : Ourasi trotteur français.
  • 1990 : Julio César Chavez.
  • 1992 : Michel Legrand (48 min).

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

François Reichenbach obtient :

Il est membre du jury du festival de Cannes 1965.

Hommages[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, la Cinémathèque française lui rend hommage et lui consacre une rétrospective[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Julien, « Hommage à Patrice Chéreau », sur lechorepublicain.fr, (consulté le 1er décembre 2020)
  2. « Patrice Chéreau, affinités électives : Table ronde », sur www.cinematheque.fr, (consulté le 1er décembre 2020)
  3. Jean-François Julien, « Inhumé à Limoges, François Reichenbach était le cinéaste des stars et de l'Amérique », sur Le Populaire du Centre, (consulté le 2 décembre 2020)
  4. « Visages de Paris », sur Ardèche Images (consulté le 2 décembre 2020)
  5. « Au cœur de la vague », sur Radio Canada, (consulté le 2 décembre 2020)
  6. Jérémie Couston, « François Reichenbach, l'homme qui filmait tout ce qui bouge », sur Télérama, (consulté le 2 décembre 2020)
  7. « François Reichenbach », sur Film Documentaire (consulté le 2 décembre 2020)
  8. François Reichenbach 1981, p. 220-221.
  9. « La collection d'objets mexicains de François Reichenbach - Neptune », sur over-blog.com, (consulté le 1er décembre 2020)
  10. « La Vieille Charité : Le Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens (MAAOA) », sur vieille-charite-marseille.com (consulté le 1er décembre 2020)
  11. François Reichenbach 1981, p. 255-260.
  12. « Serge Gainsbourg Brigitte Bardot », sur ina.fr (consulté le 30 novembre 2020)
  13. La Cinémathèque française, « Le Scopitone », sur Arts & Culture (consulté le 2 décembre 2020)
  14. « Cet enfant prodige avait étonné Arthur Rubinstein », sur sgourosmp3.com, Magazine hebdo, (consulté le 1er décembre 2020)
  15. « Une passion mexicaine », sur film-documentaire.fr, (consulté le 1er décembre 2020)
  16. « La douceur du village », sur festival-cannes.com (consulté le 2 décembre 2020)
  17. Sarah Marty, « François Reichenbach : Un cœur gros comme ça », sur www.cinematheque.fr (consulté le 29 novembre 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]