Valère Novarina

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Valère Novarina est un auteur de théâtre, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse, né le [a] à Chêne-Bougeries, dans la banlieue de Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Valère Novarina est le fils de l'architecte Maurice Novarina (19072002) et de la comédienne Manon Trolliet. Il est leur premier enfant. Son frère Patrice, architecte et plasticien, nait le [3]. Il passe son enfance et son adolescence à Thonon-les-Bains, ville du Chablais savoyard. Il rédige un mémoire d'Université sur « Antonin Artaud, théoricien du Théâtre »[4], étudie la philosophie et la philologie à la Sorbonne.

En 1974, sa première pièce (L'Atelier volant) est mise en scène par Jean-Pierre Sarrazac. En 1976, pour La Criée théâtre national de Marseille, il réalise[précision nécessaire] Falstafe, une libre adaptation des deux Henry IV de William Shakespeare.

En 1987, il est remarqué pour la mise en scène de sa pièce Le Discours aux Animaux notamment à Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Festival d'Avignon avec une interprétation mémorable d'André Marcon[5].

Il a mis en scène plusieurs de ses pièces : Le Drame de la vie, Vous qui habitez le temps, Je suis, La Chair de l'homme, Le Jardin de reconnaissance, L'Origine rouge, La Scène, L'Acte inconnu, Le Vrai sang. Il a réalisé deux émissions pour l'Atelier de création radiophonique sur France Culture[6] : Le Théâtre des oreilles (1980) et Les Cymbales de l'homme en bois du limonaire retentissent (1994).

Valère Novarina est également dessinateur et peintre[7].

Au cinéma, trois films ont utilisé des extraits de ses textes[réf. souhaitée] : Zanzibar (1989), réalisé par Christine Pascal, Soigne ta droite (1987) et Nouvelle vague (1990)[8], réalisés par Jean-Luc Godard[b].

Il est entré au répertoire de la Comédie-française en 2006, avec L'Espace furieux (1997)[9],[10].

Il a reçu le Prix de littérature francophone Jean Arp 2011 pour l'ensemble de son œuvre[11]. Un hommage lui a été rendu à Strasbourg les 30 et 31 mars 2012 à l'occasion de la remise de ce prix dans le cadre des 7es Rencontres européennes de littérature[12].

Il est un habitué de longue date du Festival d'Avignon où il est régulièrement invité, depuis le 1er mandat de Bernard Faivre d'Arcier jusqu'à aujourd'hui celui d'Olivier Py[13]. En 2007, il ouvre le festival dans la cour d'Honneur avec son spectacle L'Acte Inconnu[14],[15]. En 2015, il présente sa pièce Le Vivier des Noms au Cloître des Carmes où il rencontre un grand succès [16],[17].

En 2017, il est candidat malheureux au fauteuil 37 de l'Académie française, laissé vacant par la mort de René Girard[18].

Le théâtre de Novarina[modifier | modifier le code]

Selon Nicolas Tremblay[19]

« l'œuvre de Valère Novarina se résume pour l'essentiel à un théâtre de paroles. L'action de ses textes se déroule sur un plateau épuré et presque libre de tout décor, où les personnages entrent et sortent gratuitement, sans que leur va-et-vient réponde à une causalité. L'intérêt de cette présence théâtrale sans queue ni tête réside dans ses répliques surgissant de nulle part et dans leur étrangeté tantôt mystique, tantôt bouffonne. Le théâtre novarinien, obsédé par le Verbe et son avènement, provoque constamment la séparation entre le Corps et la Voix, dans un excès jubilatoire qui tient de la fête primitive. »

Sa théorie théâtrale et sa pensée philosophique sont remarquablement bien énoncées dans son opuscule Pour Louis de Funès suivi de Lettre aux acteurs (qui ont été repris avec d'autres textes très éclairants dans : Devant la Parole en 1999) et permet de ressaisir ses pièces qui peuvent parfois déconcerter. Au fond, la question fondamentale et récurrente, chez Novarina semble être : pourquoi l'animal humain est-il doté de la parole ? Autrement dit, pourquoi la viande et le verbe se sont ils rencontrés? D'où, toute une problématique du trou par lequel la parole traverse le corps. Au théâtre, au fond, selon Valère Novarina, on vient revoir l'éternel prodige se produire comme au premier jour : on vient entendre des animaux parler[20],[21].

Pour Novarina, « le théâtre permet de reprendre conscience » que le langage n’est pas une chaîne de concepts mécaniques mais un fluide, une danse, une matière vive. « Il invoque les mots, explore le langage, véritable matière qui comble le vide scénique et donne corps aux personnages »[22]. Dans Le Vivier des noms, 1 100 personnages sont évoqués, appelés, présentés, au cours de cinquante-deux scènes indépendantes, "véritable magma poétique, où les mots se caressent et s'évitent, en dévoilant la condition humaine"[22].

La force de son écriture, l'originalité et la puissance de sa pensée, en font le successeur d'Antonin Artaud et un des dramaturges contemporains les plus importants.[non neutre]

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Journal du drame, Lecture, 1981, Le Bleu du ciel, Coutras, 2009.
  • Le Vrai sang, Héros-Limite, Genève, 2006.

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Performances et expositions[modifier | modifier le code]

Sur Valère Novarina[modifier | modifier le code]

Essais
Disques audio
  • Le Discours aux animaux par André Marcon, Tristram, Auch, 2004.
  • Au Dieu inconnu, séquence de La Chair de l’homme et scène de l’Origine rouge par Laurence Mayor et Daniel Znyk, P.O.L / Dernière bande, 2006.
  • L’Opérette imaginaire, production Compagnie Claude Buchvald, Paris, 1999.
Vidéo
  • La Scène, DVD du spectacle, P.O.L / Dernière Bande, 2006.
Film
  • Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire de Raphaël O’Byrne, 2002.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le catalogue de la BNF indique qu'il est né le 4 mai 1942 ou en 1947[1]. De nombreuses notices d'autorité indiquent également qu'il est né en 1947, ainsi d'ailleurs que son site officiel[2]. Toutefois, le Journal de Genève daté du 6 juillet 1944 évoque l'existence de Valère en annonçant la naissance de son frère Patrice[3], ce qui semble invalider cette éventualité. Dans Le Drame de la vie, Valère Novarina écrit que « c'est comme ça que j'entra [sic] dans la viiiiie, à Chêne-Boucherie, canton Helvet, le quatre mai mille neuf cent quarante-deux, de Maurice Novarina et de Manon Trolliet son épouse » (lire sur Google Books).
  2. Voir "Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien" de Louis-Albert Serrut. L'Harmattan 2011, (ISBN 978-2-296-54175-7). L'auteur détaille précisément les emplois de textes de Valère Novarina dans le film "Nouvelle vague".

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice de personne : Valère Novarina », sur BNF (consulté le 27 octobre 2017)
  2. « Valère Novarina : Biographie », sur novarina.com (consulté le 25 octobre 2017).
  3. a et b (en) « Journal de Genève - 06.07.1944 - Pages 2/3 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le 2 septembre 2017)
  4. http://www.applis.univ-tours.fr/theses/2010/ilham.alhamdani_2968.pdf
  5. https://www.franceculture.fr/emissions/une-saison-au-theatre/andre-marcon-l-acteur-qui-parle-aux-animaux
  6. https://www.franceculture.fr/emissions/atelier-de-creation-radiophonique-10-11/le-theatre-des-oreilles-22
  7. http://www.novarina.com/spip.php?rubrique22
  8. Dans "Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien", L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-54175-7) Louis-Albert Serrut détaille précisément les emplois de textes de Valère Novarina par le cinéaste dans Nouvelle vague.
  9. http://www.liberation.fr/evenement/2006/01/28/novarina-la-comedie-francaise-lui-sourit_28048
  10. http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00007/entree-au-repertoire-de-valere-novarina-a-la-comedie-francaise.html
  11. http://www.prixeuropeendelitterature.eu/html/objectif.asp?id=3 Présentation du Prix de littérature francophone Jean Arp
  12. http://www.mediathequebron.fr/recherche/viewnotice/id_module/3/clef/LEDRAMEDELAVIE--NOVARINAV--GALLIMARD-2003-1/id/101794/code_rebond/
  13. http://bibliobs.nouvelobs.com/festival-d-avignon/20150703.OBS2076/valere-novarina-j-ai-horreur-de-l-emotion-pour-tous.html
  14. http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/LActe-inconnu/
  15. http://www.ruedutheatre.info/article-6924822.html
  16. http://culturebox.francetvinfo.fr/festivals/avignon-2015/le-festival-davignon/valere-novarina-depose-avec-malice-le-vivier-des-noms-en-avignon-223649
  17. http://www.lesinrocks.com/2015/07/06/scenes/le-ragtime-de-valere, comme toujours[évasif],-novarina-illumine-le-cloitre-des-carmes-11758919/
  18. « Candidatures au fauteuil de M. René Girard (F37) », sur academie-francaise.fr, .
  19. Nicolas Tremblay. Le théâtre et l'origine dans l'œuvre de Valère Novarina. Thèse de doctorat de littérature. Univ. Québec Montréal, 2008 : 191 p.
  20. http://www.ouvrelechien.com/archives/98.html
  21. http://www.archipel.uqam.ca/1178/1/D1658.pdf
  22. a et b « Le Vivier des noms de Valère Novarina », sur www.lintermede.com (consulté le 30 janvier 2017)
  23. http://www.theatre-odeon.fr/ site de l'Odéon-théâtre de l'Europe

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Di Meo, « Le théâtre séparé » (entretien avec Valère Novarina), Furor, Lausanne, no 5,‎ , p. 88
  • Philippe Di Meo, « Travailler pour l'incertain ; aller sur la mer ; passer sur une planche » (entretien avec Valère Novarina), L'Infini, no 19,‎ , p. 97

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]