Genre (sciences sociales)

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Le genre est un concept qui a été théorisé de nombreuses façons. En effet, plusieurs disciplines (philosophie, anthropologie, sociologie, histoire, économie, psychologie, etc.) et plusieurs courants (ex : constructionnisme, matérialisme, interactionnisme, poststructuralisme, etc.), ont contribué à forger ces différentes théorisations (y compris à l’intérieur d’une même discipline). Différents aspects définitoires, conceptuels et théoriques connaissent des convergences et des divergences.

Introduction[modifier | modifier le code]

Liminaires[modifier | modifier le code]

Mary Frith a scandalisé la société anglaise du XVIIe siècle en portant des habits masculins et en fumant la pipe, attributs typiquement masculins à l'époque.

Le genre est un concept rattaché à un champ de savoirs pluridisciplinaires : les études sur le genre[1]. Il désigne les processus sociaux par lesquels les identités sexuées et sexuelles sont produites[2]. C'est-à-dire une production du social et non de la nature[3]. En ce sens on peut parler de construction sociale[4]. C'est un outil de dénaturalisation (le fait de révéler comme social ce qui est pensé comme le produit de différences biologiques) permettant de nommer des réalités sociales liées au travail, à l'économie, à la démographie, aux normes, aux représentations sociales, aux inégalités, mais aussi au corps, à la sexualité, etc.[5] Autrement dit, le genre permet de décrire la réalité empirique d’une forme d'organisation sociale[6]. Le genre permet une explication du social par le social[7].

Le genre désigne donc les processus et rapports sociaux qui divisent l'humanité en différentes catégories de "sexe"[8],[9] et de sexualité[2]. À noter que dans beaucoup de publication en sciences sociales le terme "genre" est interchangeable avec l’expression "rapports sociaux de sexe"[10],[11],[12]. Ces processus sociaux (donc par définition des processus non naturels), attribuent (via la socialisation par exemple[13]) notamment des rôles différenciés (qui peuvent varier dans le temps et l'espace) à chaque catégorie[14]. Le concept de genre met l'accent sur le principe de division et de catégorisation d'une part, et de classification et de hiérarchisation d'autre part. Ainsi, le genre permet un déplacement de l'analyse des parties divisées vers le principe de division lui-même[15]. Autrement dit, le genre n’exprime pas tant la part sociale de la division mais il est cette division[16]. C'est pourquoi "genre" au singulier n'est pas "genres" au pluriel[16], dans le sens où il ne renvoie pas seulement à l'appartenance à un groupe de sexe[17].

Une femme à l'usine pendant la Seconde Guerre mondiale, occupant ainsi un rôle traditionnellement vu comme masculin.

Si terme "genre" a émergé en 1955, ce ne sont pas les sciences sociales qui ont été les premières à utiliser le terme mais les sciences médicales (sexologues, psychologues et psychiatres en particulier John Money, Anke Ehrhardt, et Robert Stoller[18]) dans une perspective normative[19],[20],[21]. C'est à partir des années 1970 que la sociologie, et plus largement les sciences sociales, s'emparent de la notion dans une perspective critique et dénaturalisante, c'est-à-dire que les hommes et les femmes ne sont pas tant des entités naturelles mais naturalisées[22],[23] (Ann Oakley, Simone de Beauvoir, Elena Gianini Belotti, Christine Delphy, Nicole-Claude Mathieu, Colette Guillaumin, Michel Foucault, Joan Wallach Scott, Gayle Rubin, Judith Butler, Danièle Kergoat, Bell Hooks, Donna Haraway, etc.) opérant ainsi une rupture épistémologique[22]. Ainsi le genre est un concept polysémique qui renvoie à des théorisations et définitions distinctes en fonction : des époques, des scientifiques, des influences théoriques, et des objets de recherche[12],[24],[25].

Étymologie et usages[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « genre » vient du latin : genus, devenu en ancien français « gendre ». Le mot a d'abord le sens de « catégorie, type, espèce » puis le sens de « sexe[26] ». Le mot a longtemps été majoritairement associé au genre grammatical. Le terme de « genre » (gender) a été employé pour la première fois avec un sens non grammatical dans une publication scientifique de 1955 par le psychologue et sexologue John Money, dans un article où il introduit le concept de « rôle de genre » (gender role)[27],[28],[29].

Usage courant en France[modifier | modifier le code]

En anglais, le mot « gender » est utilisé de manière courante, généralement pour exprimer les différences entre femmes et hommes en insistant sur les différences culturelles plutôt que biologiques[30]. En France, le terme « gender » a d'abord circulé dans le champ des études féministes sans être traduit[31]. Entre les années 1970 et le début des années 1990, la sociologie française utilisait principalement des termes comme « rapports sociaux de sexe » ou « patriarcat » et l'usage du terme « genre » était encore assez rare. Le terme s’est progressivement introduit pour s’imposer dans les années 2000. La sociologue française Christine Delphy qui utilise le terme « genre » depuis 1977[32] a contribué à définir le concept à partir du terme gender [33],[34],[35]. Les bornes sémantiques des termes gender et genre ne sont pas les mêmes[36].

Bien que le recours au terme « genre » s'est largement généralisé dans les universités des pays francophones[37], et malgré l'emploi de « genre masculin/féminin » pour désigner hommes et femmes remontant au XVIe siècle[38], la Commission générale de terminologie et de néologie, un dispositif interministériel français hors du monde académique, recommandait en 2005 de ne pas employer « genre » malgré son utilisation croissante dans certains champs des sciences sociales, arguant qu'« il semble délicat de vouloir englober en un seul terme des notions aussi vastes »[39].

Par ailleurs, il existe différentes distinctions et articulations entre genre, sexe et sexualité qui constituent un "fil à 3 brins" selon une expression emprunté à la sociologue Rebecca Jordan-Young[40]. C'est pourquoi les notions d'orientation sexuelle (hétérosexualité, bisexualité, homosexualité, pansexualité, asexualité), de préférence sexuelle, de la transidentité, ou encore d'intersexuation sont liées au concept de genre [41],[42],[43],[44],[45],[46].

Définitions et multidimensionnalité du genre[modifier | modifier le code]

Le genre est un outil conceptuel aux multiples définitions (sociologique, anthropologique, philosophique, psychologique, etc.).

Point de vue en sociologie[modifier | modifier le code]

Le genre en sociologie désigne un rapport social et un processus de catégorisation qui peut se définir de la manière suivante[42] : un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). Définir le genre comme un « système » indique que c'est ce dernier qui produit la division des catégories de sexe et des représentations qui leur sont associées, les « sexes » désignent ces catégories produites par ce système, « bicatégorisation » indique une division en deux classes mutuellement exclusives et « hiérarchisée » signifie que ces classes sont organisées selon un ordre de priorité, elles sont dissymétrique[47]. Défini ainsi, le genre produit la division en deux classes exclusives (homme/femme) dont l'une est prioritaire sur l'autre.

Les études sur le genre montrent que le rapport entre femmes et hommes est hiérarchisé dans la majorité des sociétés connues et étudiées. Ainsi la distribution des ressources économiques, la distribution du pouvoir politique, et la distribution de ce qui est valorisé symboliquement, tend à être inégale, avec des modalités et une intensité variables. Les théoriciennes féministes matérialistes, comme les sociologues Christine Delphy et Colette Guillaumin ou l'anthropologue Nicole-Claude Mathieu, qualifient le système de subordination des femmes par les hommes de « patriarcat »[48].

Pierre Bourdieu utilise le terme de domination masculine pour désigner les structures matérielles et symboliques de l’infériorisation des femmes par rapport aux hommes : « c'est à travers toute une éducation, composée de rituels d'intégration de la norme masculine, que se façonne l'identité masculine, et que l'homme assure dans la société une fonction de reproduction de la domination »[49].

Point de vue en anthropologie[modifier | modifier le code]

Les rapports de genre forment l'une des principales structures des sociétés connues, et parmi elles la plupart de ces rapports sont organisés selon une polarisation naturalisées. Autrement dit, le genre peut être décrit dans la plupart des sociétés comme une bicatégorisation hiérarchisée où les hommes dominent les femmes. Cependant, d'une part certaines sociétés reconnaissent l’existence d’une troisième catégorie de personne, et d'autre part certaines sociétés peuvent être bicatégorielles sans qu'il n'y ait de hiérarchie de genre comparable aux sociétés patriarcales (ni de renversement matriarcal, ni prédominance patriarcale)[50].

L'anthropologue Bernard Saladin d’Anglure, dans les années 1980 utilise l'expression de « troisième sexe » pour rendre compte du fait que certaines société échappe à la classification binaire de identités sexuées et sexuelles[51]. L'anthropologue, Gilbert Herdt, en 1994, quant à lui introduit la notion de « third sex or third gender »[52]. D'ailleurs, les Hijras du sous-continent indien sont une catégorie de personne qui n'étant pas considéré comme étant homme ou femme, peuvent être catégorisées de différente façon ː comme appartenir à une troisième catégorie de sexe ou de genre ("troisième sexe" ou "troisième genre"), et/ou référer à des personnes intersexes, et/ou transgenres.

L'anthropologue Françoise Héritier, partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, observe qu'un présupposé fondamental manque à sa théorie de l'alliance. Elle appelle « valence différentielle des sexes » le fait que les valeurs associées au féminin sont systématiquement déconsidérées par rapport à celles qui sont associées au masculin, même si les valeurs liées à l’un ou l’autre sexe peuvent varier selon les sociétés[53],[54]. Elle affirme à contre courant que « partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin »[55].

L'anthropologue Nicole-Claude Mathieu estimait en 1985 que 80% des sociétés connues étaient des sociétés à forte domination masculine[56]. Elle précise en 2007 que dans les sociétés matrilinéaires (la mère qui transmet seule la filiation) ou matrilocales (c’est l’homme qui au mariage va vivre chez son épouse), qui ne sont pas des sociétés matriarcales, et ce malgré la présence assez générale d'un pouvoir masculin en matière d'autorité politique et territoriale pour la défense du groupe, la dominance (terme à ne pas confondre avec domination) masculine peut être moins forte[50]. Par ailleurs, Nicole-Claude Mathieu, qualifie d'androcentrisme le parti pris concernant la non-prise en considération des rapports sociaux dans lesquels les femmes sont impliquées[57].

Multidimensionnalité du genre[modifier | modifier le code]

Dans leur ouvrage Introduction aux études sur le genre[58], les sociologues Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, proposent de « mettre en évidence quatre dimensions analytiques centrales » du concept de genre ː

  1. le genre est une construction sociale
  2. le genre est un processus relationnel
  3. le genre est un rapport de pouvoir
  4. le genre est imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir

Construction sociale[modifier | modifier le code]

Par construction sociale il faut comprendre que les identités "sexuées" (homme/femme) et "sexuelles" (hétéro/homo) sont le produit non pas de processus biologiques (déterminisme biologique) mais de processus sociaux. Ainsi, les rôles féminins et masculins, leurs caractéristiques associés, et les stéréotypes différenciés, attribués à chaque sexe, ne sont pas le résultat de processus de la nature, mais de processus sociaux, et varient à travers l'histoire et en fonction des sociétés. C'est une approche dénaturalisante et anti-essentialiste[59].

Le genre est ainsi l'identité construite par l'environnement social des individus : la masculinité ou la féminité ne sont pas des données naturelles mais le résultat de mécanismes sociaux et psychologiques. Consciemment ou inconsciemment, la société s’organise selon le paradigme des « choses des hommes » et des « choses des femmes », au point que l’on se convainc qu’il existe des domaines ou des niveaux de domaines socialement réservés à tel ou tel des deux sexes[60].

Processus relationnel[modifier | modifier le code]

Une approche relationnelle signifie qu'on ne peut pas étudier ce qui relève des femmes et du féminin sans articuler l’analyse avec les hommes et le masculin (et inversement) du fait que les caractéristiques associées à chaque sexe sont socialement construites dans une relation d’opposition, c'est-à-dire produit dans un rapport social[59].

Les courants théoriques de l’interactionnisme et de l’ethnométhodologie (dont Erving Goffman et Harold Garfinkel sont des figures importantes) s’attachent à expliquer la constitution et la permanence de l’ordre social, auquel tout le monde participe. Les travaux qui s’inspirent de ces perspectives, mettent ainsi l’accent sur le rôle des interactions sociales, des institutions et des organisations dans la construction, la reproduction et la négociation des rapports de genre et d’un ordre social genré[61].

Ce principe d'articulation (la relation d’opposition) est généralisable pour la sociologue australienne Raewyn Connell. En effet, elle montre notamment que les masculinités s'élaborent à l’intersection de différents rapports de pouvoir qui défavorisent les femmes et certaines formes de masculinités. Connell définit ses différentes relations en termes d’hégémonie, de complicité, de subordination et de marginalisation. Autant de « configurations de la pratique de genre », qui vont lui permettre de rendre compte de la pluralité des masculinités comme de leurs hiérarchies. Selon le contexte, il existe des masculinités qui sont valorisées et d’autres dévalorisées. Par exemple, le concept de masculinités subordonnées sert à désigner un rapport social spécifique ː celui de domination et de subordination entre des groupes d'hommes. Elle pense en particulier à la domination des hommes hétérosexuels et à la subordination des hommes homosexuels. Autrement dit, les masculinités des hommes hétérosexuels sont construites en lien non seulement avec les femmes mais aussi avec les hommes homosexuels[62],[63],[64],[65],[66].

Selon un article d'Alain Degenne, sociologue des dynamiques relationnelles hors du champ des études sur le genre, les déséquilibres (tel que le partage inégal du travail domestique) peuvent s’interpréter autrement qu’en termes de domination[67]. À ce titre, il rapporte l'approche de l'économiste Gary Becker qui dans A Treatiseon the Family (1981) défendrait l'idée que l’inégalité dans la relation du mariage hétérosexuel serait le résultat d'un calcul économique et non le fait d'une domination[68],[69].

Louis XIV enfant avec son frère « Monsieur » Philippe d'Orléans, habillé en robe. Tableau attribué à Henri et Charles Beaubrun.

Rapport de pouvoir[modifier | modifier le code]

L'idée générale est qu'il n’existe pas de dominations naturelles, mais des dominations matériellement motivées qui expliquent la constitution de groupes dominants et dominés[70],[71].

Le sociologue Émile Durkheim, dans un article de 1902 écrit avec Marcel Mauss, considère que « toute classification implique un ordre hiérarchique »[72]. Le théoricien Friedrich Engels, qui a développé la théorie marxienne de la lutte des classes, en analysant la famille, proposait l'idée que la relation exploitant-exploité qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat s'étend au foyer, dans lequel le mari est un autocrate[73].

Le genre étant, pour le féminisme matérialiste, un système qui constitue des individus sexuées en « classes » antagonistes, au sens où les hommes et les femmes sont considérés comme des classes par analogie avec les bourgeois et les prolétaires[74]. La société est analysée de classes antagonistes historiquement constituées qui ne préexistent donc pas à leur rapport d’opposition. Cette perspective se distingue néanmoins du marxisme en y incluant les rapports du couple et de la famille dans la réflexion marxiste de l’économie, du travail et des rapports de production[75].

Le genre désigne donc dans cette perspective un rapport social d’oppression et d’exploitation[76].

Imbrication aux autres rapports de pouvoir[modifier | modifier le code]

Kimberlé Williams Crenshaw 2019

Les catégories de sexe ne sont pas homogènes, elles sont traversées par de multiples tensions et clivages, par exemple selon la classe sociale, la sexualité, la « race », l’âge, etc.[77]

Intersectionnalité[modifier | modifier le code]

Les sciences sociales ont régulièrement articulées différents rapports de pouvoir ensemble (classe sociale, sexe, race, sexualité, âge, etc.)[78]. Mais c'est en 1989 que l'universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw propose le terme d'intersectionnalité pour parler spécifiquement de l'intersection entre le sexisme et le racisme subi par les femmes afro-américaines, et mettre en exergue que ces femmes noires n'étaient pas prises en compte dans les discours féministes de l'époque[79],[80]. Elle montre que les femmes noires en tant que sujet politique se trouve dans une situation complexe et se pose la question de savoir comment lutter collectivement contre l’articulation du sexisme et du racisme sans s’annihiler. Pour illustrer ce point elle aborde la question des violences conjugales des femmes noires aux États-Unis : sans outils théorique permettant de comprendre la position des femmes noires à l’intersection de plusieurs rapports de pouvoir, de ressource politique et d’outil pratique, impossible pour les militantes anti-sexistes d’insister sur le phénomène massif de la violence conjugale sans quelque part entretenir dans le même temps le stéréotype raciste de la propension à la violence des hommes noirs, et impossible pour les tenants de la lutte contre le racisme de dénoncer le mythe raciste de la propension des hommes noirs à la violence sans à minima euphémiser la violence faite aux femmes [81],[82],[83]. Le sens du terme a depuis été élargi incluant les autres rapports de dominations.

Critique de l'approche cumulative des dominations[modifier | modifier le code]
Bell Hooks en 2014

Elsa Dorlin[84] qualifie de "géométrique" l'approche intersectionnelle, par opposition à une approche qui serait "arithmétique". Elle explique que les individus se trouvent dans des rapports de pouvoir dynamiques et complexes, et non pas dans une identité définie une fois pour toutes. À ce titre, l’intersectionnalité peut être vue comme une métathéorie de la domination, un concept méthodologique permettant de rendre compte de ces dynamiques complexes afin de ne pas verser dans une conceptualisation “cumulative” de la domination. Cette conceptualisation “cumulative” supposerait que chaque rapport de domination s’ajoute à l’autre (par exemple, si toutes les femmes subissent du sexisme certaines d’entre elles subissent du sexisme et une oppression de classe, certaines du sexisme et du racisme, certaines du sexisme et de la lesbophobie, ou encore certaines l’ensemble de ces dominations). Comme l’a montré la philosophe Elizabeth V. Spelman, cette analyse additive isole chaque rapport de domination ce qui ne permet pas de comprendre leurs modalités historiques. En effet, les femmes racisées ne subissent pas une oppression raciste qu’elles partageraient à l'identique avec les hommes racisés et une oppression sexiste qu’elles partageraient à l'identique avec les femmes blanches : elles subissent une oppression raciste et sexiste spécifique que ne subissent ni les hommes racisés et ni les femmes blanches. Si toutes les femmes font bien l’expérience du sexisme, il n’y a pas pour autant d'expérience “identique” du sexisme, tant les autres rapports de pouvoir modifient les modalités concrètes d’effectuation. Cette approche permet aussi d'éviter l’écueil d'une tendance du féminisme qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes.

Histoire des théorisations du genre[modifier | modifier le code]

Fondateur de la sociologie française

Avant le genre[modifier | modifier le code]

Années 1890 ː division sociale de la société[modifier | modifier le code]

Avant de parler de genre, le traitement différencié des hommes et des femmes et leur dimension prétendument naturelle sont contestés par une pluralité de philosophes, de sociologues ou d’anthropologues. Par exemple, en 1897, le sociologue Émile Durkheim souligne déjà que la division entre hommes et femmes n'est pas réductible à une différence biologique[85]. Il va jusqu'à remettre en cause le dualisme même en lui trouvant des causes historiques : ce sont pour lui « des raisons depuis longtemps oubliées » qui ont « déterminé les sexes à se séparer et à former en quelque sorte deux sociétés dans la société », avec toutes les différences que cela implique en matière d'habillement, de fonctions sociales et professionnelles, de comportements, etc. Il ajoute que « rien, ni dans la constitution de l'un ni dans celle de l'autre [sexe], ne rendait nécessaire une semblable séparation »[85].

Simone de Beauvoir en 1967

Années 1930 ː dénaturalisation des rôles[modifier | modifier le code]

L'anthropologue Margaret Mead mobilise dès 1935[86] le concept de « rôle sexué »[87], distinguant le rôle social et le sexe. Elle a montré que les traits de personnalité (qu'elle désigne par le terme de tempéraments) usuellement associés aux hommes et aux femmes diffèrent d’une société à l’autre. Dans Sex and Temperament in Three Primitive Societies, elle souligne la grande variation, voire l’inversion, entre les caractéristiques masculines et féminines de ces sociétés par rapport à la société américaine de l’époque. Ces observations l’engagent à souligner que ce qui caractérise le comportement des hommes et des femmes d’une société donnée est issu des spécificités de leur culture et non de critères biologiques : « Les différentes personnalités standardisées entre les sexes sont de cet ordre, ce sont des créations culturelles auxquelles chaque génération d’hommes et de femmes apprend à se conformer »[88].

Années 1950 ː "on devient femme"[modifier | modifier le code]

En 1949, Simone de Beauvoir écrit, en clin d'œil à « On ne naît pas homme : on le devient » d'Érasme : « on ne naît pas femme : on le devient »[89]. Dans Le Deuxième Sexe, elle explique comment la civilisation et l'éducation agissent sur les enfants pour les orienter dans un rôle masculin ou féminin qui sert l'ordre social alors même que filles et garçons ne sont pas initialement distinguables[90].

Ces approches ont en commun d’avoir questionné la dimension biologique et naturalisée de la différence entre les sexes et d’avoir mis l’accent sur la dimension sociale de sa production.

Naissance du concept par les sciences psychomédicales (sexologie, psychiatrie)[modifier | modifier le code]

Années 1960 ː approche psychomédicale[modifier | modifier le code]

En 1955, le sexologue John Money rend compte de l’écart entre l’anatomie génitale ambiguë des enfants dont il s’occupe et l’identité sexuée profonde (core identity) des unes et des autres [91]. En 1964, les psychanalystes et psychiatres Robert Stoller et Ralph Greenson introduisent la distinction terminologique entre sex biologique et gender socialement acquis[92],[93],[94],[95]. Ainsi, ils introduisent le concept d' « identité de genre » (gender identity) pour désigner « le sentiment qu'on a d'appartenir à un sexe particulier »[96]. En 1968, Robert Stoller propose d'articuler les deux notions de rôle de genre et d'identité de genre : « l'identité de genre [gender identity] commence avec le savoir et la réalisation, consciente ou inconsciente, que l'on appartient à un sexe et non à un autre […] le rôle de genre [gender role] est la conduite déclarée que l'on montre en société, le rôle qu'on joue, notamment vis-à-vis des autres »[97]. En 1972, les sexologues John Money et Anke Ehrhardt proposent des définitions qui seront adoptées par les sciences du psychisme « Identité de genre [gender identity] : la continuité, l'unité et la persistance de l'individualité d'une personne en tant que masculine, féminine ou ambivalente, à un degré plus ou moins grand, notamment telles qu'elles s'expriment dans la conscience de soi et le comportement [...] Rôle de genre [gender role] : tout ce qu'une personne dit et fait pour signifier aux autres ou à elle-même à quel degré elle est masculine, féminine ou ambivalente; cela inclut l'excitation et la réponse sexuelle mais ne s'y limite pas [...] L'identité de genre est l'expérience intime du rôle de genre, et le rôle de genre est l'expression publique de l'identité de genre. » [98],[94].

Ces approches s'inscrivent dans une logique où il y a, à l'époque, en finalité intervention médicale à visée corrective (en particulier via la chirurgie de réassignation "sexuelle"). Par ailleurs, le genre n'est appréhendé qu'en tant qu'identité psychologique. Il s’agissait pour Money d'opérer les corps des enfants intersexes pour les mettre en adéquation avec la norme sociale (qui ne connaît que deux identités sexuées possibles) et pour Stoller, d'opérer les corps des personnes "transexuelles" en faisant correspondre leur identité psychique et leur anatomie pour les mettre en adéquation avec la norme sociale (qui ne connaît que deux identités sexuelles possibles). Ainsi, dans cette première perpective, l’usage du terme gender n’engage donc pas du tout une critique de la norme[99].

Ruptures épistémologique ː le genre dans les sciences sociales[modifier | modifier le code]

Christine Delphy 2016

Les sciences sociales empruntent aux sciences psychomédicales la notion de gender mais dans une perspective critique et dénaturalisante (le genre ne désigne plus une identité psychologique mais un processus de classification sociale).

Années 1970 ː première rupture épistémologique[modifier | modifier le code]

En 1972, la sociologue britannique Ann Oakley reprend le terme gender tout en s'écartant des définitions de Money et Stoller : elle élargit le concept en insistant sur le processus de classification sociale entre hommes et femmes[100],[101]. C'est une première démarcation entre sexe et genre où le concept de genre est censé prendre en charge la part sociale de la division entre les sexes[99].

Cette première démarcation va être largement contestée dans un second temps où il sera question de s’intéresser à la construction sociale (genrée) du sexe lui-même[99]. Les parties divisées ne forment plus l’explication mais ce qui est à expliquer[102].

Michel Foucault

Dès les années 1970, en France, le terme genre est utilisé par des sociologues comme Christine Delphy[103] et des anthropologues comme Nicole-Claude Mathieu[104] même si ce sont des expressions tel que « rapports de sexe » ou « rapports sociaux de sexe »[105],[106] qui s'impose. Christine Delphy ajoute la hiérarchie comme composante fondamentale du genre. De plus, elle considère dès 1981 que le genre précède et construit le sexe : « nous pensons que le genre – les positions sociales respectives des femmes et des hommes – n’est pas construit sur la catégorie (apparemment) naturelle du sexe ; mais qu’au contraire le sexe est devenu un fait pertinent, et donc une catégorie de la perception à partir de la création de la catégorie de genre, c’est-à-dire de la division de l’humanité en deux groupes antagonistes dont l’un opprime l’autre, les hommes et les femmes. »[107]. En 1991, elle considère que penser le sexe en termes de donnée biologique est une impasse. Pour elle, le sexe est avant tout la représentation du « biologique » par la société : « le genre précède le sexe ; dans cette hypothèse le sexe est simplement un marqueur de la division sociale »[108],[109].

Dans cette période, la notion de genre est également utilisée par le mouvement féministe, qui souhaite démontrer que les inégalités entre femmes et hommes sont issues de facteurs sociaux, culturels et économiques plutôt que biologiques[110].

Années 1980 ː deuxième rupture épistémologique[modifier | modifier le code]

Joan Wallach Scott

Dans les années 1980, les études de genre commencent à s’institutionnaliser, elles gagnent de l'ampleur dans les universités et le concept de genre est approprié par de nouvelles disciplines, comme l'histoire[111],[112]. En 1988, l'historienne Joan W. Scott propose une définition du genre qui explicite un rapport du pouvoir : « le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir »[113].

En 1987, les sociologues Candace West et Don Zimmerman publient un article (« Doing gender » qu'on peut traduire par « Faire le genre »), qui va contribuer à développer une façon de penser le genre comme un processus interactionnel. Avec la notion de doing gender, ils mettent l’accent sur le processus visant à créer et fixer les différences sexuées, à les présenter comme naturelles et à les utiliser ensuite « pour renforcer l’“essentialisme” des sexes » car « au principe de la catégorisation de sexe, il y a donc la présomption selon laquelle des critères fondamentaux existent et seraient là, ou devraient être là, si nous les cherchions »[114],[115].

Judith Butler Photo, UC Berkeley 2013

Années 1990 ː genre et sexualité[modifier | modifier le code]

Sous l'influence de la pensée de Michel Foucault, le genre est étudié dans son rapport à la sexualité notamment telle qu'il l'a conceptualisé : comme produite socialement par des relations de pouvoir, des normes sociales à leurs « mises en discours ». Notamment, le genre et la sexualité et leurs « injonctions normatives » sont la base des réflexions Judith Butler à partir des années 1990 dans ses études sur les minorités sexuelles[111].

Judith Butler, en 1990, dans ses études sur les minorités sexuelles[87], ajoute que le genre est « performatif » : les actes et les discours des individus non seulement décrivent ce qu'est le genre mais ont en outre la capacité de produire ce qu'ils décrivent. Ainsi, le genre « désigne l’appareil de production et d’institution des sexes eux-mêmes »[116]. Elle décrit le genre comme « une série d’actes répétés […] qui se figent avec le temps de telle sorte qu’ils finissent par produire l’apparence de la substance, un genre naturel de l’être »[117].

Des travaux dès 1990, voir en particulier Thomas W.Laqueur [118] montrent que cette bicatégorisation ne va pas de soi, n'est pas figée dans le temps et dans l'espace. Dans cette approche, les sciences naturelles ont construit « scientifiquement » le sexe ; elles seraient à l'origine de la bicatégorisation des sexes et même de l'infériorité supposée d'un sexe (en l’occurrence le sexe féminin) en regard de l'autre.

Années 2000 ː sexuation et intersexuation[modifier | modifier le code]

En 2000, la biologiste Anne Fausto-Sterling qui, à travers notamment la question de l'intersexuation, montre que nos structures reproductives sont presque dimorphes mais pas complètement[119],[120],[121]. Il existe un ensemble de critères d’ordre biologique que la sociologie ne nie pas, mais explique que le travail par lequel ces critères sont liés ensemble et unifiés est en revanche un fait social : l’existence de variables continues[122] pour chacun des critères montre une volonté sociale d'une classification dichotomique[123],[124].

Donna Haraway 2016

En 2001, la sociologue Christine Delphy dira « On ne trouve pas [le sexe] à l’état pur, prêt à l’emploi… pour se servir du sexe, qui est composé, selon les biologistes, de plusieurs indicateurs, plus ou moins corrélés entre eux, et dont la plupart sont des variables continues – susceptibles de degrés – il faut réduire ces indicateurs à un seul, pour obtenir une classification dichotomique. […] cette réduction est un acte social »[125].

En 2008, la philosophe Elsa Dorlin explique[126] que la détermination d'un sexe ne consiste pas uniquement à assigner un sexe mais le « bon sexe »[127]. Elle précise que ce n'est pas que le corps n'a pas de trait sexué, il en a, et que le processus physio-anatomique de sexuation n'a pas eu lieu, il a eu lieu, l'enjeu est que cela n'a pas donné lieu à une identité sexuelle identifiable, "mâle" ou "femelle" (soit l'idée de considérer les individus comme ''étant'' des sexes ''fait pour'' se reproduire), ainsi l'intervention sur ces corps ne consiste pas à leur assigner un sexe, ils en ont déjà un, mais l'un des deux sexes (c'est notamment pourquoi Dorlin considère que ''"le concept de genre est lui-même déterminé [...] par la polarisation sexuelle socialement organisée des corps"'')[128].

Années 2010 ː articulation genre, sexe, et sexualité[modifier | modifier le code]

En 2013, la sociologue Isabelle Clair, souligne que le fait d’introduire la sexualité dans la réflexion sur le genre a obligé à revoir et à préciser les concepts, et ainsi on évite d'employer aujourd'hui "sexuel" quand ce qu'on souahite désigner ne renvoi pas aux activités sexuelles. Comme, par exemple, l'expression « division sexuelle du travail » qui à sert en fait à désigner la division du travail entre homme et femme. Elle dira ː « tant que la sexualité était hors sujet, la polysémie était invisible ; à partir du moment où le rapprochement entre genre et sexualité est posé quelque part, il a des effets lexicaux partout. Simplement parce qu’il révèle un impensé »[45].

Thématiques du genre[modifier | modifier le code]

Genre et biologie[modifier | modifier le code]

En 1994, Nelly Oudshoorn montrent que qualifier certaines substances d'hormones "sexuelles" a fait obstacle à la reconnaissance de la grande variété des fonctions accomplies par les hormones stéroïdiennes qui sont sans lien avec le développement et le fonctionnement des capacités de reproduction[129],[130]. Par exemple les scientifiques ont durablement eu du mal à assimiler le fait que les hommes comme les femmes produisent et utilisent à la fois des androgènes (littéralement "qui créer l'homme"), qualifié d'hormones "sexuelles masculines", et des œstrogènes (littéralement "qui induisent l’œstrus", qui désigne la période de chaleurs qu'ont certains mammifères alors que chez l'humain il n'y a pas de contrôle œstral), qualifié hormones "sexuelles féminines".

En 2000, la biologiste Anne Fausto-Sterling, fait une distinction entre sexuation (au sens de phénomène naturel) et "corps sexué" (au sens au où ils sont normalisés pour être contenu dans un cadre social préconçu : si on opère chirurgicalement des corps "intersexe" c'est pour leur attribuer un sexe, l'un des deux sexe qui ne se situe pas "entre les sexes"). Chacun des critères biologique tel que le sexe humoral, le sexe gonadique, le sexe hormonal, le sexe chromosomique, pris de manière isolée ne suffit pas lui seul à déterminer un sexe de façon sûre. Les opérations chirurgicales de réattribution génitale lors d'ambiguïté génitale (on parlera alors de personne intersexe) montrent qu'il y a une décision sociale de la distinction homme/femme (distinction fondé notamment sur la capacité de pénétrer ou d’être pénétrée)[121].

Entre 2008 et 2016, la socio-antropologue Priscille Touraille, considérant que "les corps ne sont ni sexués ni genrés"', propose plutôt le fait de considérer que les corps ont des "traits genrés" (non héritables génétiquement) et des "traits sexués" (produits par l’information génétique), afin de mieux rendre compte en quoi l'ordre du genre manipule sans pour autant fabriquer les caractères sexués (au sens où des conditions environnementales socialement produites peuvent avoir un impact sur la fréquence d'apparition de certains traits génétiques dans une population, sans pour autant avoir la capacité de choisir les traits génétiques qui apparaissent dans une population). À cet égard, elle emet l'hypothèse que les représentations du genre peuvent expliquer le développement d'un dimorphisme, comme le dimorphisme pileux. Par exemple, si les femmes imberbes sont dans les représentations culturelles des hommes considérées comme attirantes (et parallèlement les hommes barbus attirants pour les femmes), alors cette préférence finit par développer des différences biologiques dans une population[131],[132],[133],[134],[135],[136].

En 2014, le neuroscientifique Serge Wunsh, indique que si la sexualité humaine n'est pas complètement indépendante des hormones stéroïdiennes, comme le suggèrent les cas cliniques de castration chimique ou d’hypogonadisme, car un taux minimal d’hormones semble nécessaire dans le développement d'une motivation sexuelle (la libido). En revanche, il n'y a pas de contrôle hormonal dans les activités sexuelles humaines. Ainsi la sexualité humaine est quasi-totalement dissociée de la reproduction, c'est une sexualité majoritairement non reproductive. Le comportement sexuel chez l'humain (contrairement à certaines espèces tel que le rat ou le chat) n’est pas centré sur l’exécution innée des réflexes copulatoires, mais sur la stimulation des zones érogènes dans le but d’obtenir des récompenses sexuelles, c'est-à-dire du plaisir[137]

En 2016, Thierry Hoquet, philosophe spécialiste de l’histoire de la biologie, montre dans son ouvrage Des sexes innombrables. Le genre à l'épreuve de la biologie, qu'il n'y a ni un sexe, ni deux sexes, mais différentes conception du sexe y compris et particulièrement en biologie, tel que ː sexe comme types de génitoire (anatomique ː gonadique, gonophorique, gamétique), sexe chromosomique/génétique, sexe endocrinien/"hormonal", sexe désignant un type d'individu (mâle/femelle), sexe comme marqueur civil et légal, sexe comme ce qui produit la génération (reproduction sexué ou non), sexe comme sexualité reproductive (reproduction sexuée), sexe hédonique (sexualité non reproductive), sexe "comportemental", etc. qui se déploient potentiellement selon des périodes particulières tout au long de la vie[138],[139],[140].

Genre et filiation[modifier | modifier le code]

Le mariage ː exemple d'une institution politique et sociale[modifier | modifier le code]

Le mariage est une institution sociale, au sens où cela désigne une structure d’organisations sociales dotée d'une certaine stabilité et durabilité dans le temps, d'un mode de régulation d'interactions sociales (normes, pratiques, croyances, etc.) vouées à se reproduire, dont les modalités ont évolué au cours du temps[141],[142].

Dans le registre législatif français, rappelons par exemple, qu'entre 1804 et 1980 les relations sexuelles étaient un "devoir conjugal" qui pouvait être exigé par la contrainte et la violence physique, la jurisprudence avait décidé qu’il ne pouvait pas y avoir de viol entre époux, tant que le mari avait imposé à son épouse une pénétration vaginale d'après l’historienne du droit Marcela Iacub[143]. Françoise Héritier dira au sujet du mariage qu''il se s'agirait pas tant une affaire d'ordre privé et individuelle entre des personnes qui peuvent s’aimer, s’unir et donner naissance sans contrat de mariage, qu’une affaire public et sociale, puisque la fonction du mariage serait de rendre légitime la descendance et la filiation (en l’occurrence patrilinéaire). Vu ainsi, l’institution du mariage consacre une alliance durable non pas entre des personnes mais entre des groupes sociaux[144].,

Le chercheur en sciences sociales Alain Giami indique que pour l’Église catholique française, comme l'explicite le Dictionnaire de théologie catholique publié en 1924, considère que « tout acte conjugal où les époux ne recherchent que la jouissance sensuelle égoïste, et duquel ils excluraient positivement la possibilité de procréer, serait un abus criminel du mariage, violant la loi de la nature et la volonté positive du Créateur »[145],[146]

Réceptions du concept de genre hors du champ académique[modifier | modifier le code]

Politique publique et genre[modifier | modifier le code]

Le concept de genre et les recherches universitaires liées servent parfois de base aux politiques publiques visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Verena Keller professeure et chercheuse dans le champ de la politique sociale et du travail social, rappelle la nécessité d’analyser et de prendre en compte les inégalités de genre pour améliorer l’efficacité du travail social[147]. De nombreuses sociétés humaines disposent de différents moyens, juridiques, d'éducation, de sensibilisation, contribuant à lutter contre la hiérarchie entre masculin et féminin[148],[149].

Politique mondiale[modifier | modifier le code]

De manière notable, le terme de « genre » est ainsi intégré dans le rapport final de la conférence mondiale sur les femmes de Pékin, organisée par l'ONU en 1995. Il s'agit alors d'appréhender les inégalités de manière holiste, dans une réflexion qui englobe les hommes et les dynamiques sociales[150]. La notion de genre est également utilisée par l'Organisation mondiale de la santé, pour qui « le mot “genre” sert à évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu'une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes »[151]. L'UNESCO place l'égalité de genre parmi ses priorités globales, la considérant comme « une condition essentielle permettant aux femmes et aux hommes de bénéficier pleinement de leurs droits humains »[152].

Politique en France[modifier | modifier le code]

En France, l'Inspection générale des affaires sociales note que « Toutes les politiques de promotion de l'égalité butent sur un obstacle majeur, la question des systèmes de représentation, qui assignent hommes et femmes à des comportements sexués, dits masculins et féminins, en quelque sorte prédéterminés »[153]. Le Comité France de l'ONU fait réaliser par un cabinet de consultants et diffuse l'étude « Bienvenue sur la planète Femmes »[154],[155]. L'organisme national français de statistiques, l'INSEE, mesure des inégalités persistantes entre les sexes « mais qui se réduisent »[156]. La journée annuelle des droits des femmes présente l'occasion de rappeler les inégalités entre les sexes se traduisent notamment entre terme de violence[157]. Un groupe de recherche de l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP) du CNRS s'est penché sur l'impact du genre dans l'histoire des intellectuels[158].

Réception critique, polémique et controverse[modifier | modifier le code]

Usage de l’expression « théorie du genre » hors du champ académique[modifier | modifier le code]

Théorie du gender

L'expression « théorie du genre » est présentée comme une traduction de l'expression anglaise « gender theory ». Mais selon les chercheurs en sciences sociales il s'agit d'un mésusage [159],[160],[161],[162]. En effet, si l'expression gender theory est parfois utilisée par plusieurs sociologues américains pour désigner leur champ d'études[163],[164] c 'est dans une toute autre perspective que celle des personnes extérieures au champ académique des études sur le genre[165],[166],[167],[168]. Ainsi, selon la sociologue Laure Bereni l'expression « théorie du genre » serait une tentative de faire croire qu'il existe une stratégie politique unifiée derrière les études de genre[169].

Vincent Peillon 2013

Croisade anti-genre

Selon une étude de 2012 de l'historien d'Anthony Favier[170], un article de 2014 de la chercheuse Odile Fillod [171], et l'ouvrage de 2017 du docteur en sciences politiques Massimo Prearo et de la sociologue Sara Garbagnoli, l'expression « théorie du genre » est employé et popularisé dans des années 2000 par le prêtre catholique Tony Anatrella à des fins rhétoriques dans le cadre de l'offensive menée par le Vatican alors hostile à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, à l'homoparentalité et la procréation médicalement assistée dans l'objectif de promouvoir « la différence et [...] la complémentarité entre les sexes comme fondement de l’humain »[172],[173],[174]. L'historienne Joan W. Scott voit également dans cette expression une « invention » des catholiques dans la rhétorique du Vatican. Pour elle, cette expression est utilisée par « les adversaires du “genre” » qui entendent faire valoir que les différences entre femmes et hommes établissent « une complémentarité qui justifierait selon eux une inégalité »[175]. Le politologue Bruno Perreau estime lui aussi que « la “théorie du genre” n'existe que dans la tête des opposants à l'égalité des droits. »[176]. Le sociologue Éric Fassin insiste sur le fait que le genre est un concept qui aide à penser et non une idéologie[177].

Affaire Peillon et les théories du genre

Suite à la déclaration de Vincent Peillon, alors ministre français de l'Éducation nationale, en 2013 selon laquelle il disait être « contre la théorie du genre »[178], il y eu de nombreuses réactions dans le monde des sciences sociales[179] ː notamment la publication d'une tribune, signée par 400 universitaires qui indique qu'« il n’y a pas “une” théorie du genre [...] mais “des” études de genre »[180],[181],. Par ailleurs, l'universitaire Anne-Emmanuelle Berger affirme que « la théorie du genre n'existe pas. Il en existe une multitude »[165], et la philosophe Judith Butler que « les théories du genre existent au pluriel »[182]. De même, les sociologues Éléonore Lépinard et Marylène Lieber considèrent que l'emploi de « théorie du genre » au singulier masquerait la pluralité de thèses aussi différentes que "la théorie du genre" par Judith Butler ou "la théorie du genre" par Christine Delphy ː « Il existe des théories en études de genre, différentes façons de conceptualiser le genre »[183].

En résumé, la pertinence de l'expression « théorie du genre » est contestée par de nombreux chercheurs du fait qu'il existe une diversité de théorisation attesté.

Réceptions catholique[modifier | modifier le code]

Monseigneur Tony Anatrella

Selon une étude de l'historien Anthony Favier sur La réception catholique des études de genre [184], dès les années 1980 se développe une vision très négative de la notion de genre (alors désigné par "théorie du genre" ou "idéologie du genre") au sein de la communauté catholique, notamment via des penseurs catholique, des auteurs théologiens et autorités ecclésiastique, qui y voient un discours idéologique unifié qui aurait pour but de déstabiliser les rapports traditionnels entre les sexes ainsi que les repères régissant différentes questions comme la contraception, l’avortement et le comportement sexuel. Le genre agirait comme l'instrument de remise en cause de la sexualité humaine et de contestation des « rôles fondés sur les différences naturelles »[185].

Benoît XVI en 2010

Selon le prêtre, [suite à des témoignages d'hommes qui disent avoir été entraînés dans des actes à caractère sexuel lors de séances dans le cadre de « thérapies » visant à les guérir de leur homosexualité et suite à une réprimande canonique prise par l'archevêque de Paris, Anatrella se voit interdire de ministère sacerdotal[186]. Il ne peut plus entendre les confessions, il doit renoncer à l'accompagnement spirituel des personnes et il est interdit d'intervention publique sans l'accord de l'archevêque [187]. Il est stipulé qu'il n'aura plus de ministère et il lui est demandé de ne plus exercer[188]] et psychanalyste Tony Anatrella, qui par ailleurs ne cache pas son désaccord avec le déclassement de l’homosexualité des troubles psychiques au sein des sociétés de psychiatrie et de l’OMS, le genre serait une idéologie emmenée par le « lobby homosexuel » et qui exigerait « la destruction de la famille », alors que cette dernière serait « la conséquence naturelle du comportement hétérosexuel de l’homme et de la femme »[189],[190]. Pour le psychanalyste chrétien Jacques Arènes, la « gender theory [...] constitue le corpus idéologique utilisé par les lobbys gay pour défendre leurs idées soumises au législatif, notamment le mariage dit homosexuel »[191]. Selon la philosophe catholique Chantal Delsol, avec la « théorie du gender », nous sommes « à l'acmé de la volonté de refaire le monde selon notre désir » et la consécration du « désir de l'individu de choisir, sinon son sexe biologique, au moins son appartenance de « genre » », considérant qu'« apprendre le gender à l'école [...] dans le cours de SVT (sciences de la vie et de la terre) » est « de la propagande »[192].

Le pape Benoît XVI, met en garde de ne pas « vivre contre l’Esprit créateur [...] dégagé de tout lien et de toute constitution naturelle » et a appelé les chrétiens à rejeter « des philosophies comme celles du genre » car elle légitimerait le mariage homosexuel, l'homoparentalité et la procréation médicalement assistée [193],[194].

Opposition à l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe[modifier | modifier le code]

« Le gender c'est pas mon genre » : un slogan de La Manif pour tous.

En France, en 2012, des opposants à l'ouverture des droits pour des personnes de même sexe de se marier, notamment La Manif pour tous, à l’instar de la réception catholique, ont établi un lien entre la « théorie du genre » et l'ouverture du mariage aux couples de même sexe[195] ou des programmes de lutte contre les stéréotypes filles-garçons à l'école[196],[197]. Cette réception repose sur un détournement et une distorsion du concept de genre entretenu par des personnalités de la communauté catholique[170] mais aussi par certaines personnalités politiques comme des députés à droite de l’échiquier politique français[198], qui demandent par exemple la création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, regrettant que les études de genre aient intégré la « théorie du gender » qu'ils présentent comme un système de pensée et d’organisation globale de la société refusant en général ce qui est donné par la nature et en particulier le corps sexué lui donnant un « sens subversif de l’indifférenciation des sexes »[199],[200]. À partir de 2013, divers groupes politiques, liés pour certains à La Manif pour Tous, ont lancé en France des campagnes prêtant à l'Éducation nationale l'intention d'enseigner la « théorie du genre » à l'école[201],[202] ; les groupes les plus radicaux ont affirmé que cet enseignement s'accompagnerait de cours d'éducation sexuelle dès l'école maternelle. Bien que rapidement démenties, ces rumeurs ont occasionné des mouvements d'inquiétude[203],[204].

Réceptions hors du champ des études sur le genre[modifier | modifier le code]

Claudine Junien, professeure de génétique médicale, et Peggy Sastre, écrivaine et chroniqueuse, dans un billet paru sur le journal en ligne Causeur, estiment que le genre « doit cesser d'être un cache-sexe » car il occulterait selon elles l’inné, le biologique, le « sexe »[205].

Lénoar Sax, psychologue, considère que la sexualité humaine est binaire par nature dans le but de reproduire notre espèce et que le cas de rares troubles du développement sexuel ne saurait constituer un « continuum »[206].

Réceptions médiatique[modifier | modifier le code]

Controverse ː série documentaire télévisuelle norvégienne Hjernevask (2010)

En 2010, le norvégien Harald Eia, acteur et scénariste, diplômé en sociologie de l'Université d'Oslo, réalise Hjernevask (lavage de cerveau), une série de sept documentaires pour la chaîne de télévision publique norvégienne NRK1[207] sur le débat inné/acquis[208]. Le premier épisode intitulé Le Paradoxe de l'égalité des genres et diffusé le suscita une grande controverse[209]. Harald Eia part du principe que la Norvège est l'un des pays les plus égalitaires au monde selon les rapports internationaux traitant de l'égalité hommes-femmes, et pourtant c'est aussi celui où les professions sont les plus genrées (les ingénieurs sont à une écrasante majorité des hommes, les infirmières des femmes). À partir de là, il s'en va interviewer de nombreux scientifiques et chercheurs en Norvège et à l'étranger, dont le psychologue britannique Simon Baron-Cohen.

Notes, références et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Éléonore Lépinard et Lieber Marylène, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3, lire en ligne), p. 3 :

    « Le champ de savoirs interdisciplinaires qui se rattache à ce concept [le genre], les études de genre [...] »

  2. a et b Lépinard, Eléonore et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3, lire en ligne), p. 4 :

    « [...] le concept de genre désigne les processus sociaux, culturels, historiques et psychiques par lesquels les identités sexuées et sexuelles sont produites [...] »

  3. Lépinard Éléonore et Lieber Marylène, Les théories en études du genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 9782348059162, lire en ligne), p. 5 :

    « Les théories en études de genre ont en partage de le concevoir comme une production du social et non de la nature [...] »

  4. Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, , 432 p. (ISBN 978-2-8073-0816-9 et 2-8073-0816-3, OCLC 1200739560, lire en ligne), p. 5 :

    « [...] nous proposons de mettre en évidence quatre dimensions analytiques centrales de ce concept ː le genre est une construction sociale (1) ; le genre est un processus relationnel (2) ; le genre est un rapport de pouvoir (3) ; le genre est imbriqué dans d'autres rapports de pouvoir (4) [...] »

  5. Eléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 4 :

    « Outil de dénaturalisation — révéler comme social ce qui était pensé comme le produit de différences biologiques —, le concept de genre a permis de rendre visibles et de nommer des réalités sociales jusque-là non interrogées : travail domestique, écart salarial, violences faites aux femmes, harcèlement sexuel, travail de care ou hétéronormativité ; autant de concepts élaborés dans le champ des études de genre qui permettent de produire de nouveaux savoirs sur les processus sociaux, et les inégalités et les identités qu’ils façonnent. Les effets de savoir de ce concept sont donc nombreux et dépassent les sciences sociales et humaines qui sont l’objet principal de cet ouvrage. En effet, adopter une perspective de genre en médecine ou en biologie, c’est se donner les moyens de faire de nouvelles découvertes [...] »

  6. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 3 :

    « Le concept de genre permet de décrire la réalité empirique d’une organisation binaire et hiérarchisée du monde [...] »

  7. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 14 :

    « Il s’agit donc à l’époque [années 60/70] d’opérer une rupture sociologique [...] et ce afin d’expliquer le social par le social. »

  8. Nicole Claude-Mathieu, L'anatomie politique: catégorisations et idéologies du sexe, iXe, , 270 p. (ISBN 979-10-90062-17-7), p. 19 :

    « Notes pour une définition sociologique des catégories de sexe »

  9. Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, , 432 p. (ISBN 978-2-8041-6590-1, lire en ligne), p. 7 :

    « Mais le genre [...] est aussi un ordre normatif qui implique la production d'une frontière entre deux catégories de sexe [...] »

  10. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études du genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 20 :

    « Dès les années 2000, il [le genre] va faire l’objet de davantage de publications et être utilisé de façon assez interchangeable avec le terme rapports sociaux de sexe [...] »

  11. Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, (ISBN 978-2-8041-6590-1), p. 12 :

    « En France, ce n'est qu'à partir du début des années 2000 que le terme de "genre" s'est généralisé pour désigner le champ des recherches sur les rapports entre les sexes. »

  12. a et b Isabelle Clair, Sociologie du genre, Armand Colin, , 128 p. (ISBN 978-2-200-28160-1), p. 12-16 :

    « Depuis leur fondation, le genre et ses formulations antérieures proches ("rapports sociaux de sexe", "domination masculine", "patriarcat") sont des produits pluridisciplinaires. Pourtant, l’expression "études de genre", de plus en plus répandue, n’est pas toujours un exact synonyme des gender studies [...]. Le genre désigne à la fois une réalité sociale, un concept rendant compte de cette réalité et un corpus de recherches comprenant aussi d’autres termes qui l’ont précédé ("rapports sociaux de sexe" , [...]). Si le terme de "genre" s’est imposé dans ce corpus au cours des quinze dernières années, son usage s’est généralisé de façon progressive et débattue. Dans les pages qui suivent, il ne sera donc pas question seulement du concept de genre, mais aussi de tous ceux dont il est l’héritier ; ce n’est qu’au fur et à mesure de la lecture de l’ensemble que les définitions prendront progressivement corps : le genre n’apparaîtra plus uniquement comme l’étiquette inclusive d’un champ de recherche mais comme un concept polysémique renvoyant à des définitions distinctes – en fonction des objets de recherche, des époques, des auteur·e·s et des influences théoriques. »

  13. Marie Duru-Bellat, « Dafflon Novelle Anne (dir.). Filles-garçons : socialisation différenciée ?. Grenoble : PUG, 2006. – 399 p. (Vies sociales) », Revue française de pédagogie. Recherches en éducation, no 156,‎ , p. 177–178 (ISSN 0556-7807, DOI 10.4000/rfp.650, lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  14. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études du genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 3 :

    « [...] le concept de genre va rompre avec la pensée naturaliste qui assigne les femmes et les hommes à des rôles sociaux spécifiques en raison de leurs prétendues caractéristiques biologiques et reproductives. »

  15. Christine Delphy, L'ennemi principal. 2, Penser le genre, Éd. Syllepse, , 354 p. (ISBN 978-2-84950-395-9, lire en ligne), p. 225-226 :

    « Avec l’arrivée du concept de genre, trois choses deviennent possibles, ce qui ne veut pas dire qu’elles se passent : [1] on a ramassé dans un concept l’ensemble de ce qui, des différences entre les sexes, apparaît comme social et arbitraire : soit effectivement variable de société à société, soit susceptible à tout le moins de changement ; [2] son singulier (le genre, par opposition aux deux genres) permet de déplacer l’accent des parties divisées vers le principe de partition lui-même ; [3] la notion de hiérarchie est fermement ancrée dans ce concept ; ce qui devrait permettre, au moins en théorie, de considérer sous un autre angle le rapport entre les parties divisées. »

  16. a et b Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, , 432 p. (ISBN 978-2-8041-6590-1), p. 34 :

    « Toutes les autrices féministes n'emploient pas le mot "genre" de façon équivalente et certaines textes passent indifféremment - non sans contradiction - d'un usage au singulier d'un usage au pluriel. Ce deuxième âge des théories du genre peut néanmoins être schématisé de la façon suivante ː 1 - le genre n'exprime pas la part sociale de la division, mais il est cette division [...] »

  17. Isabelle Clair, Sociologie du genre, A. Colin, , 128 p. (ISBN 978-2-200-28160-1, lire en ligne), p. 13 :

    « Le genre révèle une logique globale qui organise la société, jusque dans ses moindres recoins. Il ne se contente pas de désigner une appartenance à un groupe de sexe. »

  18. (en) Robert Stoller, « Sex and Gender. On the Development of Masculinity and Femininity », Science House,‎
  19. Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, , 432 p. (ISBN 978-2-8041-6590-1, lire en ligne) :

    « La première formulation du concept de genre [...] intervient dans le contexte de la clinique étasunienne de l'intersexuation et de qu'on appelait alors la "transexualité" dans les années 1950-1960. C'est au psychologue et sexologue John Money que l'on doit l'introduction du terme dans le corpus psychologique [...] »

  20. Rebecca M. Jordan-Young, Hormones, sexe et cerveau, Belin, dl 2016, ©2016, 640 p. (ISBN 978-2-7011-9630-5, lire en ligne), p. 41 :

    « Money suggérait qu'il [David Reimer] ne pourrait pas développer une identité masculine normal sans pénis. »

  21. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 18 :

    « En tentant par tous les moyens de faire correspondre l’anatomie à une identité soit masculine, soit féminine, Money et Stoller n’ont fait que reproduire l’idée selon laquelle il n’existe que deux et seulement deux sexes biologiques, et ont occulté dans le même mouvement la variété et la non-binarité biologique du sexe qui se présentaient pourtant à eux de façon évidente dans la chair de leur patientèle [Peyre et Wiels, 1991 ; Kraus, 2000 ; Fausto-Sterling, 2012 (2000)] »

  22. a et b Dorlin 2008, Clair et Singly 2012, Rennes et Achin 2016, Bereni & al. 2019, Lépinard et Lieber 2020
  23. Eric Fassin, « Le mot race - Cela existe (1/° », AOC,‎ (lire en ligne) :

    « [...] altérité naturalisée (et non pas naturelle) [...] »

  24. Laure Bereni, Introduction aux études sur le genre, deboeck superieur, , 432 p. (ISBN 978-2-8041-6590-1, lire en ligne), p. 26 :

    « Polysémique car si le mot est aujourd'hui largement utilisé dans les sciences sociales et au délà, peu s'accordent pour lui donner un sens univoque [...] L'objet de ce chapitre est de rendre compte des multiples usages du concept de genre [...] »

  25. Isabelle Jacquet, Développement au masculin/féminin, le genre outil d’un nouveau concept, Paris, L'Harmattan, , 184 p.
  26. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, t. 2, Paris, Robert, (ISBN 2850365327), p. 1576.
  27. Renée Greusard, « NouvelObs Le « savant fou » John Money, monstre utile des opposants au genre », (consulté le 7 février 2014)
  28. (en) John Money, « Hermaphroditism, gender and precocity in hyperadrenocorticism: psychologic findings », Bull Johns Hopkins Hosp., vol. 96, no 6,‎ , p. 253-264 (PMID 14378807) :

    « The term gender role is used to signify all those things that a person says or does to disclose himself or herself as having the status of boy or man, girl or woman, respectively. It includes, but is not restricted to, sexuality in the sense of eroticism. »

  29. (en) David Haig, « The Inexorable Rise of Gender and the Decline of Sex:Social Change in Academic Titles, 1945–2001 », Archives of Sexual Behavior, vol. 11, no 20,‎ (lire en ligne)
  30. « gender », sur Oxford dictionnaries (consulté le 4 février 2014)
  31. Bereni & al., 2019, p. 14
  32. « Editorial : Variations sur des thèmes communs », Questions féministes, no 1,‎ (lire en ligne)
  33. Christine Delphy, L'ennemi principal, t. 2 : Penser le genre, Paris, Syllepse, coll. « Nouvelles Questions féministes »,
  34. Isabelle Clair, Sociologie du genre, A. Colin, , 128 p. (ISBN 978-2-200-28160-1), p. 76 :

    « Delphy est [...] une des rares qui, dans les années 1980, n’évacue pas [...] le terme « genre » à condition que celui-ci soit redéfini et pour partie extrait de son acception anglo-américaine. »

  35. Marc Calvini-Lefebvre et Christine Delphy, « « On ne peut pas empêcher les concepts de voyager » : un entretien avec Christine Delphy », Revue Française de Civilisation Britannique, no XXIII-1,‎ (lire en ligne)
  36. Clair, 2012, p. 85
  37. Bereni & al, 2019, p. 14
  38. Karen Offen, « Le gender est-il une invention américaine ? », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, no 24,‎ , p. 291-304 (lire en ligne)
  39. Commission générale de terminologie et de néologie, « Recommandation sur les équivalents français du mot “gender” », sur Bulletin Officiel n°34 du 22 septembre 2005,  : « La substitution de genre à sexe ne répond donc pas à un besoin linguistique et l’extension de sens du mot genre ne se justifie pas en français. Dans cette acception particulière, des expressions utilisant les mots genre et a fortiori l’adjectif genré, ou encore le terme sexospécificité, sont à déconseiller. ».
  40. Jordan-Young, Rebecca M. (1963- )., Vidal, Catherine, (1951- ...). et Löwy, Ilana, (1948- ...)., Hormones, sexe et cerveau, Belin, dl 2016, cop. 2016 (ISBN 978-2-7011-9630-5 et 2-7011-9630-2, OCLC 958459017, lire en ligne) :

    « un fil à trois brins : sexe, genre et sexualité [p.52] »

  41. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne), p. 55

    « Le concept de genre est lui-même déterminé par la sexualité, comprise comme système politique, en l’occurrence l’hétérosexualité reproductive, qui définit le féminin et le masculin par la polarisation sexuelle socialement organisée des corps »

  42. a et b Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, Introduction aux études sur le genre, de Boeck Supérieur, , p.54 :

    « La distinction entre le sexe et le genre ne saurait rendre simplement compte d’une opposition entre du "physique" et du "social". Le genre peut être défini comme le rapport social divisant l’humanité en deux sexes distincts et hiérarchiquement articulés en dehors desquels il semble que rien ne puisse exister. En vertu de cette définition, le sexe apparaît comme le "produit" du genre, comme le résultat d’un système de division qui renforce continuellement sa pertinence en donnant à voir les sexes comme les éléments naturels et pré-sociaux constitutifs du monde dans lequel nous vivons »

  43. (fr) Le genre comme ressource politique en Suisse : la perception de l’élite politique, Université de Genève, 2009, Mémoire de master en étude de genre
    Sous la direction de Léa Sgier, politologue au département de science politique
  44. Jean-Christophe Coffin, « Le genre, une notion prise au sérieux dans les années 1960 », Sociétés & Représentations, vol. 43, no 1,‎ , pp. 43 à 63 (ISSN 1262-2966 et 2104-404X, DOI 10.3917/sr.043.0043, lire en ligne, consulté le 22 juillet 2020) :

    « Le sexe renvoie donc à la constitution anatomique originelle, tandis que le genre se rapporte aux développements psychologiques, aux influences sociales et culturelles [§10] »

  45. a et b Isabelle Clair, « Pourquoi penser la sexualité pour penser le genre en sociologie ? », Cahiers du Genre, vol. 54, no 1,‎ , p. 93 (ISSN 1298-6046 et 1968-3928, DOI 10.3917/cdge.054.0093, lire en ligne, consulté le 16 janvier 2019)
  46. Jordan-Young, Rebecca M. (1963- )., Vidal, Catherine, (1951-). et Löwy, Ilana, (1948-)., Hormones, sexe et cerveau, Belin, dl 2016, cop. 2016 (ISBN 978-2-7011-9630-5 et 2-7011-9630-2, OCLC 958459017, lire en ligne) :

    « un fil à trois brins : sexe, genre et sexualité [p.52] »

  47. Rennes, Juliette, (1976- ...)., Encyclopédie critique du genre : corps, sexualité, rapports sociaux, La Découverte, dl 2016, cop. 2016, 752 p. (ISBN 978-2-7071-9048-2 et 2-7071-9048-9, OCLC 962555730, lire en ligne), « Bicatégorisation », pp. 87 à 95 :

    « La bicatégorisation par sexe désigne le processus par lequel sont créées deux classes dissymétriques et mutuellement exclusives. »

  48. Bereni & al., 2019, p.9
  49. Pierre Bourdieu, La domination masculine
  50. a et b Mathieu, Nicole-Claude., Une maison sans fille est une maison morte : la personne et le genre en sociétés matrilinéaires et/ou uxorilocales, Maison des sciences de l'homme, (ISBN 978-2-7351-1129-9 et 2-7351-1129-6, OCLC 300187225, lire en ligne)
  51. Combien de sexes?., vol. 9 (ISBN 978-2-7351-2360-5 et 2-7351-2360-X, OCLC 1032037394, lire en ligne)
  52. Herdt, Gilbert H., 1949-, Third sex, third gender : beyond sexual dimorphism in culture and history, Zone Books, (ISBN 0-942299-81-7, 978-0-942299-81-6 et 978-0-942299-82-3, OCLC 28222602, lire en ligne)
  53. Bereni & al., 2019, p.9
  54. Françoise Héritier, MASCULIN/FÉMININ LA PENSÉE DE LA DIFFÉRENCE, (ISBN 978-2-7381-9447-3)
  55. François Héritier, Michelle Perrot, Sylviane Agacinski et Nicole Bacharan, La plus belle histoire des femmes, Seuil, , 308 p., p. 21
  56. Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique : Catégorisations et idéologies du sexe, Paris, iXe, , « Capitre 4 : Critiques épistémologiques de la problématique des sexes dans le discours ethno-anthropologique »
  57. Jean-Claude Gillet et Yves Raibaud, Mixité, parité, genre : Dans les métiers de l'animation, L'Harmattan, , 230 p. (ISBN 978-2-296-01898-3, lire en ligne), p. 127
  58. Bereni & al., 2020, p. 5-8
  59. a et b Bereni & al., 2019, p. 7-8
  60. Fatoumata Badini-Kinda, « Les femmes et les études féministes dans les universités, enjeux et stratégies : le cas du Burkina Faso », dans Fatou Sow (dir.), La Recherche féministe francophone : Langues, identités et enjeux, Paris, Karthala, , p. 81-90
  61. Lépinard et Lieber 2020, p. 59.
  62. Robert William Connell et James W. Messerschmidt, « Faut-il repenser le concept de masculinité hégémonique ?: Traduction coordonnée par Élodie Béthoux et Caroline Vincensini », Terrains & travaux, vol. N° 27, no 2,‎ , p. 151 (ISSN 1627-9506 et 2104-3779, DOI 10.3917/tt.027.0151, lire en ligne, consulté le 25 octobre 2020)
  63. Connell, Raewyn, (1944- ...)., et Vuattoux, Arthur,, Masculinités enjeux sociaux de l'hégémonie, Éd. Amsterdam, impr. 2014, ©2014 (ISBN 978-2-35480-139-7 et 2-35480-139-4, OCLC 881573165, lire en ligne)
  64. Delphine Moraldo, « Raewyn Connell, Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, lire en ligne, consulté le 25 octobre 2020)
  65. Christine Guionnet, « Masculinités. Enjeux sociaux de l’hégémonie, R. Connell. Éditions Amsterdam, Paris (2014). 288 p. », Sociologie du travail, vol. 57, no Vol. 57 - n° 2,‎ , p. 256–259 (ISSN 0038-0296, lire en ligne, consulté le 25 octobre 2020)
  66. Lépinard & Lieber, 2020, p. 71
  67. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.85 (lire en ligne) :

    « Ensuite il n’y a aucune raison de passer automatiquement du constat d’un déséquilibre dans une interaction à une interprétation en termes de domination. [...] que l’on observe les conditions dans lesquelles se déroulent les interactions au sein de relations qui perdurent, les déséquilibres peuvent s’interpréter autrement qu’en termes de domination, par exemple comme facteurs de dynamisme dans une relation qui ne cherche pas nécessairement à évoluer vers l’équilibre. »

  68. Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », REDES- Revista hispana para el análisis de redes sociales Vol.16,#3, Junio 2009,‎ , p.74 (lire en ligne) :

    « Comme la femme est de toutes façons plus sollicitée pour la reproduction, le plus efficace est qu’elle se spécialise dans les tâches domestiques. Le partage inégal du travail domestique n’est donc pas le fait d’une domination mais le résultat d’un calcul économique. Pour les conjoints, il n’y a pas d’inégalité, il n’y a qu’une spécialisation. [...] En effet, la spécialisation inégale a pour effet de rendre dépendant l’homme qui, tout en bénéficiant des services de sa compagne, perd pour une part une maîtrise de son monde. »

  69. (en) Gary Becker, A Treatise on the Family, , 441 p. (ISBN 978-0-674-90699-0), p.30 - p.41 :

    « The various divisions of labor among family members are determined partly by biological differences and partly by different experiences and different investments in human capital. […] Since married women have been specialized to child bearing and other domestic activities, they have demanded long-term "contracts" from their husbands to protect them against abandonment and other adversities. [...] Specialized investments and time allocation together with biological differences in comparative advantage imply that married men specialize in the market sector and married women in the household sector. »

  70. Delphy C., L’ennemi principal 2. Penser le genre ; Guillaumin C., Sexe, race et pratique du pouvoir : l’idée de nature ; Mathieu N.- C., « Homme- culture et femme- nature ? » ; Tabet P., La construction sociale de l’inégalité des sexes ; Wittig M., La pensée straight
  71. Bereni & al., 2019, p. 33
  72. Émile Durkheim et Marcel Mauss, « De quelques formes primitives de classification. Contribution à l'étude des représentations collectives », Année sociologique, vol. VI, 1901-1902, p. 1-72.
  73. Lindsey 2010, p. 8
  74. Lépinard & Lieber, 2020, p. 41
  75. Bereni & al, 2019, p. 33
  76. Bereni & al., 2019, p. 40
  77. Bereni & al., 2019, p. 9
  78. Danièle Kergoat, « Comprendre les rapports sociaux », Raison Présente n°178,‎ , p. 11-21 (DOI https://doi.org/10.3406/raipr.2011.4300, lire en ligne) :

    « [...] le croisement "race" / genre / classe n'est pas une nouveauté pour la France. [...] on peut noter qu'un bon nombre de travaux n'ont pas attendu les études post-coloniales ou le Black Feminism pour insister sur l'intrication entre les dominations : les divisions dues aux inégalités de classe, de sexe et d'appartenance ethnique n'étaient ignorées [...] je pense [...] bien évidement, aux travaux de Collette Guillaumin (1972/2002) qui ont proposé une analyse du processus idéologique commun de naturalisation du sexe et de la "race". »

  79. Kathy Davis (trad. Françoise Bouillot), « L’intersectionnalité, un mot à la mode. Ce qui fait le succès d’une théorie féministe », Les cahiers du CEDREF. Centre d’enseignement, d’études et de recherches pour les études féministes, no 20,‎ (ISSN 1146-6472, lire en ligne, consulté le 30 septembre 2018).
  80. Gaëlle Krikorian, Philippe Mangeot, Adèle Ponticelli et Pierre Zaoui, « History trouble, entretien avec Joan W. Scott », Vacarme, no 66,‎ , p. 218-248 (lire en ligne)
  81. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne)
  82. Elsa Dorlin, BLACK FEMINISM Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000, Paris, L’Harmattan, 262 p. (ISBN 978-2-296-05104-1, lire en ligne)
  83. Gaëlle Krikorian, Philippe Mangeot, Adèle Ponticelli et Pierre Zaoui, « History trouble, entretien avec Joan W. Scott », Vacarme, no 66,‎ , p. 218-248 (lire en ligne)
  84. Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, PUF, coll. « Philosophies », , 153 p. (p. 79-86)
  85. a et b Émile Durkheim, « La prohibition de l’inceste et ses origines », Année sociologique, vol. I, 1896-1897, p. 1-70, en particulier l'avant-dernier paragraphe.
  86. 1935 : (en) Margaret Mead, Sex and temperament in three primitive societies William Morrow and co. Réédition: perennial, 2001, (ISBN 0-06-093495-6)
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  88. Lépinard & Lieber, 2020, p. 14
  89. Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, t. II L'expérience vécue, Gallimard, coll. « Folio », , p. 13
  90. (fr) La construction sociale des catégories de sexe : Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, classique.uqac.fr, 2007
  91. Money J., Hampson J. G. et Hampson J. [1955], « An examination of some basic sexual concepts. The evidence of human hermaphroditism », Bulletin of the Johns Hopkins Hospital, vol. 97, no 4, p. 301-319.
  92. Clair & Singly, 2012, p. 75-76
  93. Bereni & al., 2019, p. 25
  94. a et b Jordan-Young, 2016, p. 52-55
  95. Lépinard & Lieber, 2020, p. 12-14
  96. (en) Ralph Greenson, « On homosexuality and gender identity », International Journal of Psychoanalysis, no 45,‎ (PMID 14167034) :

    « One’s sense of being a member of a particular sex; it is expressed clinically in the awareness of being a man or male in distinction to being a woman or female. »

  97. (en) Robert Stoller, Sex and gender : The development of masculinity and femininity, Hogarth, , p. 9-10

    « Gender identity starts with the knowledge and awareness, whether conscious or unconscious, that one belongs to one sex and not the other […] gender role is the overt behavior one displays in society, the role which he plays, especially with other people. »

  98. (en) John Money et Anke Ehrhardt, Man and woman, boy and girl. The differentiation and dimorphism of gender identity from conception to maturity, Johns Hopkins University Press, , p. 4
  99. a b et c Lépinard & Lieber, 2020, p. 12-14
  100. Éléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études du genre, La Découverte, , 128 p. (ISBN 978-2-348-04622-3), p. 14 :

    « Genre, par contre, est un terme qui renvoie à la culture : il concerne la classification sociale en masculin et féminin [Ann Oakley, 1972, Sex, Gender and Society, p.16] »

  101. (en) Ann Oakley, Sex, Gender and society, Londres, Temple Smith,
  102. Bereni & al, 2019, p. 31
  103. Christine Delphy, L'ennemi principal, t. 2 : Penser le genre, Paris, Syllepse, coll. « Nouvelles Questions féministes », , « préface », p. 42
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  108. Delphy, « Penser le genre : quels problèmes ? », dans Sexe et genre. De la hiérarchie entre les sexes, Paris, CNRS éditions, , p. 89-102
  109. Christine Delphy, « Le patriarcat, le féminisme et leurs intellectuelles », Nouvelles Questions Féministes, no 2,‎ , p. 65 (lire en ligne)
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  112. Caroline Jeanne, « La France : une délicate appropriation du genre », Genre & Histoire, vol. 3 « Les médiévistes et l'histoire du genre en Europe »,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2014)
  113. J.W. Scott, « Genre : une catégorie utile d'analyse historique », Les cahiers du GRIF, nos 37-38,‎ , p. 125 (lire en ligne)
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  115. Lépinard & Lieber, 2020, p. 65-66
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  121. a et b Fausto-Sterling Anne (trad. de l'anglais), Corps en tous genres : la dualité des sexes à l'épreuve de la science, Paris, La Découverte, , 390 p. (ISBN 978-2-7071-6910-5)
  122. Anne Fausto-Sterling et Priscille Touraille (trad. Michal Raz), « Autour des critiques du concept de sexe. Entretien avec Anne Fausto-Sterling », open edition journals,‎ (lire en ligne)
  123. Delphy Christine, L’ennemi principal 2. Penser le genre, Paris, Éditions Syllepse, , 366 p. (ISBN 978-2-84950-395-9), p. 252
  124. Cynthia Kraus, La bicatégorisation par “sexe” à l’épreuve de la science : le cas des recherches en biologie sur la détermination du sexe chez les humains, Paris, Editions des archives contemporaines/ Histoire des sciences, des techniques et de la médecine, , 227 p. (ISBN 90-5709-015-5), p. 187-213
  125. Delphy, Christine, (1941- ...)., L'ennemi principal. 2, Penser le genre, Éd. Syllepse, (1re éd. 2001) (ISBN 978-2-84950-395-9, lire en ligne)
  126. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne)
  127. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne), p. 34

    « Le problème n'est pas que le corps n'a pas de sexe ou n'est pas sexué - il l'est ; le problème n'est pas que le processus physioanatomique de sexuation n'a pas fonctionné - il a fonctionné ; le problème, pour les médecins, […] il n'a pas donné lieu à une identité sexuelle identifiable comme "mâle" ou "femelle". Aussi l'intervention consiste à intervenir sur les corps intersexes pour leur assigner, non pas un sexe (ils en ont déjà un), mais le bon sexe. […] Ce "bon sexe" consiste essentiellement [à ce qui] doit être "normalement" hétérosexuel. »

  128. Dorlin, Elsa., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, Presses universitaires de France, , 153 p. (ISBN 978-2-13-055889-7 et 2130558895, OCLC 278432147, lire en ligne), p. 38

    « La sexuation n'est donc pas le tout du "sexe": dans la définition commune du "sexe biologique", l'anatomie n'est jamais seule. Autrement dit, il y a toujours déjà, dans ce que nous appréhendons communément comme le "sexe biologique" des individus, du genre et les traces d'une gestion sociales de la reproduction, c'est à dire, une identité sexuelle (de genre et de sexualité) imposée, assignée. »

  129. Oudshoorn, Nelly, 1950-, Beyond the natural body : an archaeology of sex hormones, Routledge, (ISBN 0-415-09190-X, 978-0-415-09190-9 et 0-415-09191-8, OCLC 30025936, lire en ligne)
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    « Il existe des théories en études de genre, différentes façons de conceptualiser le genre, car celui-ci façonne aussi bien l’économie, les corps, les identités, le biologique que le social. Chaque théorisation du genre propose, implicitement ou explicitement, une conception de l’identité, du sujet, du pouvoir, des rapports sociaux et de leurs possibles transformations. Chaque façon de théoriser le genre met l’accent sur certaines dimensions plutôt que sur d’autres : le travail ou la sexualité, le corps ou les représentations sociales, les interactions sociales ou les normes. »
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  203. Théorie du genre : des élèves absents du fait d'une étrange rumeur, Le Figaro, 29 janvier 2014
  204. "Masturbation", "théorie du genre" à l'école... Décryptage de cinq folles rumeurs, France TV Info, 31 janvier 2014
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages synthétique sur les théorisations du genre[modifier | modifier le code]

  • Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, Introduction aux études sur le genre, de Boeck Supérieur, , 2e éd. (1re éd. 2012)
  • Isabelle Clair, Sociologie du genre, A. Colin,
  • Eléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, Repères, (lire en ligne)
  • Laure Parini, Le système de genre ː introduction aux concepts et théories, Paris, Armand Colin, 2009 (2e ed).
  • Marie-Claude Hurtig, Michèle Kail et Hélène Rouch (dir.), Sexe et genre, de la hiérarchie entre les sexes, Paris, CNRS, (1re éd. 1991)
  • Maruani M, Femme, genre et société, L’état des savoirs, Paris, La Découverte, 2005
  • Juliette Rennes (dir.), Encyclopédie critique du genre, Paris, La Découverte,
  • Collectif, sous la direction de Eleni Varikas, Sous les sciences sociales, le genre. Relectures critiques de Max Weber à Bruno Latour, La Découverte, 2010
  • Isabelle Jacquet, Développement au masculin/féminin, le genre outil d’un nouveau concept, Paris, L’Harmattan, 184 p., 2000
  • Ferrand M., Féminin, Masculin, Paris, Découverte, 2004
  • Dorlin E., Sexe, genre et sexualités : introduction à la théorie féministe, Paris, PUF, 2008
  • Guionnet C. et Neveu E., Féminins/Masculins : Sociologie du genre, Paris, Armand Colin, 2009 (2e édition)

Ouvrages notables mentionnés dans l'article sur les théorisations du genre[modifier | modifier le code]

  • (en) Ann Oakley, Sex, Gender and Society, Temple Smith, London, 1972
  • Christine Delphy L'ennemi principal (Tome 1): économie politique du patriarcat, Paris, Syllepse, 1998. (Réédité en 2009 par Syllepse)
  • Christine Delphy L'ennemi principal (Tome 2): penser le genre, Paris, Syllepse, Paris, 2001. (Réédité en 2009 par Syllepse)
  • Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Paris, Côté-femmes,
  • Colette Guillaumin, Sexe, Race et Pratique du pouvoir : L’idée de Nature, Paris, Côté-femmes,
  • Monique Wittig, La Pensée straight, Paris, Balland,
  • Françoise Héritier, Masculin-féminin. La pensée de la différence, Odile Jacob, 1996
  • Judith Butler (trad. Cynthia Kraus), Trouble dans le genre, Paris, La Découverte, (1990)
  • Judith Butler (trad. Maxime Cervulle), Défaire le genre, Paris, Éditions Amsterdam,
  • Judith Butler (trad. Charlotte Nordmann), Ces corps qui comptent : de la matérialité et des limites discursives du sexe, Paris, Éditions Amsterdam,
  • Elsa Dorlin, L’évidence de l’égalité des sexes : une philosophie oubliée au 17e siècle, Paris, L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », , 160 p.
  • Elsa Dorlin et Éric Fassin, Reproduire le genre, Paris, BPI,
  • Joan Wallach Scott, La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l'homme, Albin Michel, 1998
  • Joan Wallach Scott, De l'utilité du genre, Paris, Fayard,
  • (en) Fausto-Sterling, Anne, Myths of gender : biological theories about women and men, New York, BasicBooks, , 2e éd., 320 p., poche (ISBN 978-0-465-04792-5, LCCN 92053170)
  • (en) Fausto-Sterling, Anne, Sexing the Body : Gender Politics and the Construction of Sexuality, New York, Basic Books, , 1re éd., 496 p., poche (ISBN 978-0-465-07714-4, LCCN 00703212)
  • Fausto-Sterling, Anne, (trad.) Bonis, Oristelle, Bouillot, Françoise (trad. de l'anglais), Corps en tous genres : La dualité des sexes à l'épreuve de la science, Paris, La Découverte, coll. « SH / Genre & Sexualité », , 1re éd., 400 p., 155 * 240 mm (ISBN 978-2-7071-6910-5, LCCN 00703212)
  • Anne Fausto-Sterling (trad.) Anne-Emmanuelle Boterf (trad. de l'anglais), Les cinq sexes : Pourquoi mâle et femelle ne suffisent pas, coll. « Petite Bibliothèque Payot no 917 », , 1re éd., 96 p.
  • Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais, Exils, 2006
  • Donna Haraway (dir.), Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan (trad. de l'anglais), Manifeste cyborg et autres essais : Sciences - Fictions - Féminismes (anthologie), Paris, Éditions Exils, coll. « Essais », , 333 p. (ISBN 978-2-912969-63-7)
  • Françoise Thébaud, Écrire l'histoire des femmes et du genre, Lyon, ENS éditions, 2007.

Ouvrages notables[modifier | modifier le code]

  • Pierre Bourdieu, La domination masculine, Paris, coll. Liber Le Seuil, 1998
  • Erving Goffman, L'arrangement des sexes. Paris: La Dispute, 2002
  • Georges-Claude Guilbert, C'est pour un garçon ou pour une fille? La Dictature du genre. Paris : Autrement, 2004
  • Nathalie Heinich, États de femme. L'identité féminine dans la fiction occidentale, Collection NRF Essais, Gallimard,
  • Marie-Joseph Bertini, Ni d'Ève ni d'Adam, défaire la différence des sexes, Paris, Max Milo, (présentation en ligne)
  • Guy Hocquenghem, Le Désir homosexuel, Paris, Fayard, (1re éd. 1972)
  • Leo Bersani, Homos. Repenser l'identité, Paris, Odile Jacob,
  • Marie-Hélène (Sam) Bourcier, Queer zones, Paris, Balland,
  • Marie-Hélène (Sam) Bourcier, Sexpolitiques. Queer Zones 2, Paris, La fabrique,
  • Pat Califia, Le mouvement transgenre. Changer de sexe, Paris, EPEL,
  • CREART (Collectif), Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes, Paris, Éditions gaies et lesbiennes,
  • Didier Eribon, Réflexions sur la question gay, Paris, Fayard,
  • David Halperin, Cent ans d'homosexualité, Paris, EPEL,
  • Ève Kosofsky Sedgwick (trad. Maxime Cervulle), Épistémologie du placard, Paris, Éditions Amsterdam,
  • Rosi Braidotti, « Vers une subjectivité viable », dans M.G. Pinsart (éd.), Genre et bioéthique, Bruxelles, Annales de l'Institut de philosophie de l'Université de Bruxelles,
  • Luce Irigaray, Sexes et parentés, Paris, Les Éditions de Minuit,
  • Sylvie Chaperon, Les origines de la sexologie, 1850-1900, Paris, Payot, , 351 p.
  • Didier Lett, Hommes et femmes au Moyen Age : histoire du genre, XIIe-XVe siècle, Paris, Armand Colin,
  • Laure Murat, La Loi du genre, une histoire culturelle du "troisième sexe", Paris, Fayard,

Revues en sciences sociales en rapport avec les théorisations du genre[modifier | modifier le code]

Ouvrages "critiques"[modifier | modifier le code]

  • Sylviane Agacinski, Femmes entre sexe et genre, Seuil, 2012
  • Tony Anatrella, Gender - La controverse, Téqui, 2011
  • Alain de Benoist, Les Démons du Bien : du Nouvel Ordre Moral à l'idéologie du genre, Pierre-Guillaume de Roux, 2013
  • Christian Flavigny, La Querelle du genre, PUF, 2012
  • Drieu Godefridi, De la violence de genre à la négation du droit, Texquis, 2013
  • Béatrice Bourges, Aude Mirkovic, Elizabeth Montfort, De la théorie du genre au mariage de même sexe... L'effet Domino, Peuple Libre, 2013.
  • Elizabeth Montfort, Le Genre démasqué : Homme ou Femme ? le choix impossible, Peuple libre, 2011
  • Marguerite Peeters A., Le Gender, une norme mondiale ? : Pour un discernement , Mame, 2013
  • Michel Schneider, La Confusion des sexes, Flammarion, 2007
  • Collectif, Gender, qui es-tu ?, Éditions de l'Emmanuel, 2012
  • M. Boyancé, R. Brague, T. Collin, F. Crouslé, J. Dumont et X. Lacroix, Salvator, L'éducation à l'âge du gender : Construire ou déconstruire l'homme ? 2013
  • Jacques Wajnsztejn, Rapports à la nature, sexe, genre et capitalisme, Acratie, 2014.
  • Bérénice Levet, La Théorie du genre ou Le monde rêvé des anges : essai, Grasset, 2014.
  • Jean-François Braunstein, La Philosophie devenue folle: Le genre, l'animal, la mort, Grasset, 2018.

Articles connexes[modifier | modifier le code]