Jean Gabin

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Jean Gabin
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Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker (1954).

Nom de naissance Jean Alexis Moncorgé
Naissance
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 72 ans)
Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine, France)
Profession Acteur
Films notables voir filmographie
Site internet Musée Gabin.com

Jean Gabin, à l'état civil Jean Alexis Moncorgé, est un acteur français, né le à Paris (9e arr.) et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Il commence sa carrière comme chanteur de revue et d'opérette, puis s'impose à l'écran, devenant une figure incontournable du cinéma français. « Gueule d'amour » tournant avec les réalisateurs importants de l'entre-deux-guerres comme Julien Duvivier ou Jean Renoir, il devient, après la guerre (où il s'est engagé comme marin, puis chef de char au sein du régiment blindé des fusiliers-marins des Forces françaises libres), un « pacha » au physique imposant et au regard sombre incarnant la plupart du temps des rôles de truands ou de policiers, toujours avec la même droiture, dans des films bien souvent dialogués par Michel Audiard.

Sa filmographie, dénombrant 95 films, compte un nombre important de classiques, parmi lesquels Gueule d'amour, La Bête humaine, Pépé le Moko, Le Quai des brumes, La Grande Illusion, Touchez pas au grisbi, Un singe en hiver, Le Chat, Le Pacha ou La Traversée de Paris. Il tourne avec la plupart des grands acteurs du cinéma français de l'époque dont certains, comme Lino Ventura, Bernard Blier, Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon, sont ses amis. Acteur populaire, il a attiré plus de 161 millions de spectateurs dans les salles au cours de sa carrière d’après-guerre[1], auxquels il faut ajouter ses nombreux succès parmi sa trentaine de films d'avant-guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jean-Alexis-Gabin Moncorgé[2] nait à Paris le , 23 boulevard Rochechouart (9e). Il est le fils de Ferdinand Joseph Moncorgé (1868-1933), tenancier de café et comédien d'opérette sous le nom de scène de Gabin, et de Madeleine Petit (1865-1918), plumassière du quartier du Sentier reconvertie dans le registre « chanteuse fantaisiste » de café-concert sous le pseudonyme d'Hélène Petit. Il a six frères et sœurs aînés, Ferdinand-Henri (1888-1939), Madeleine (1890-1970) et Reine (1893-1952), trois bébés ne survivant pas[3].

Il passe son enfance jusqu'à l'âge de dix ans à la campagne pour laquelle il gardera toute sa vie un profond attachement. Loin de la vie parisienne de spectacle de ses parents, il est élevé par sa sœur aînée Madeleine, dans le petit bourg campagnard de Mériel dans le Val-d'Oise (alors Seine-et-Oise), à l'actuel 63 Grande rue, dans une maison à l’étroite façade dont le pignon arrière où se trouve la fenêtre de sa chambre offre une vue imprenable sur la gare[4].

Jean Gabin, élève au lycée Janson-de-Sailly en 1918.

En 1914, un coup appuyé lors d'un combat de boxe lui écrase le nez. Le 18 septembre 1918, alors qu'il a 14 ans, sa mère meurt. Il obtient son certificat d'études primaires à l'école rue de Clignancourt mais mauvais élève il délaisse le lycée Janson-de-Sailly à Paris, où il est inscrit, et enchaîne de petits métiers, garçon de bureau à la Compagnie parisienne de distribution d'électricité, cimentier à la gare de la Chapelle, manœuvre dans une fonderie, magasinier aux magasins d'automobiles de Drancy, vendeur de journaux[5]. À 17 ans il veut, comme son grand-père maternel, devenir conducteur de locomotive à vapeur dont il peut voir les évolutions depuis sa chambre.

Music-hall[modifier | modifier le code]

En 1922, son père le force à entrer, à 18 ans, dans le monde du spectacle, et aurait dit au directeur des Folies-Bergère Fréjol, un de ses amis : « Tiens, voici mon fiston. Il aimerait faire du théâtre. Peux-tu l'aider ? Si tu arrives à en tirer quelque chose, tu auras bien du mérite. Moi, j'y renonce… » . Devenu figurant, Jean est placé sous la bienveillance du comique troupier Bach[6].

De 1924 à 1925, Jean Gabin effectue son service militaire dans la marine nationale, d'abord comme fusilier marin à Lorient, puis au ministère de la Marine à Paris. Pendant une permission du début, le 26 février 1925, il épouse une admiratrice, la future actrice Marie-Louise Basset, dite Gaby, avec qui il n'aura pas d'enfant[7].

Buste de Jean Gabin, à Mériel, sur la place du musée qui lui est consacré.

En 1926, à 22 ans, il devient un véritable artiste de music-hall et chanteur d'opérette. Il fait monter sur scène La Goulue auprès de Mistinguett, et il imite Maurice Chevalier. Il entame un tour de chant avec succès pendant deux ans dans toute la France. Il part en 1927 pour le Brésil avec Gaby mais l'affaire tourne au fiasco : ni contrat, ni tournée, ni cachet. Il rentre à Paris via Cherbourg puis, lors d'une audition au printemps 1928, au Moulin Rouge Mistinguett le remarque et lui propose de rejoindre sa troupe. Il débute comme boy, le 18 avril 1928, dans la revue « Paris qui tourne ». En chantant On m'suit, Julie c'est Julie et La Java de Doudoune de José Padilla en 1928, il devient le partenaire de Mistinguett, qui vient de rompre avec Maurice Chevalier, au Moulin-Rouge et aux Bouffes-Parisiens dont le directeur est le célèbre auteur de l'époque Albert Willemetz[8].

À partir de 1929, il joue les jeunes premiers dans des opérettes comme Flossie ou Les Aventures du Roi Pausole, toutes deux sur des paroles d'Albert Willemetz. Il vit une amourette avec Jacqueline Francell, sa partenaire de Flossie, et divorce de Gaby.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Débuts et consécration[modifier | modifier le code]

En 1928, il fait ses débuts au cinéma dans deux courts-métrages avec le comique Raymond Dandy, Ohé! les valises et On demande un dompteur[9].

Ce n'est que deux ans après l'arrivée du cinéma parlant en Europe que Jean Gabin, après avoir refusé de tourner dans Les Chemins du paradis[10], fait ses véritables débuts cinématographiques en tournant en 1930 Chacun sa chance, un des premiers films parlant du cinéma français, dans lequel il joue au côté de son ex-épouse Gaby Basset et le chanteur Jean Sablon.

Par la suite, il enchaîne les tournages : étant tour à tour policier dans Méphisto, cambrioleur dans Paris Béguin, vendeur de TSF dans Tout ça ne vaut pas l'amour, mécanicien dans Gloria, soldat récalcitrant dans Les Gaietés de l'escadron, capitaine de péniche dans La Belle Marinière, que Gabin considère comme son premier grand rôle à l'écran[10], ingénieur dans Le Tunnel et Adieu les beaux jours.

Son père meurt le . Trois jours plus tard, Gabin épouse à la mairie du 16e Jeanne Mauchain, meneuse de revue et danseuse nue du Casino de Paris, connue sous le nom de Doriane Mauchain.

En 1934, il tourne pour la première fois sous la direction de Julien Duvivier dans Maria Chapdelaine et Golgotha, dans lequel il prête ses traits à Ponce Pilate.

À partir de 1935, il devient une star du cinéma français grâce à son « charisme exceptionnel » et à Julien Duvivier qui lui offre les rôles principaux de La Bandera avec Annabella, qui est son premier succès[11], La Belle Équipe avec Charles Vanel, dans lequel il chante la chanson Quand on s'promène au bord de l'eau, et Pépé le Moko. Il incarne des héros tragiques et romantiques d'origine populaire.

Jean Renoir l'impose dans Les Bas-Fonds avec Louis Jouvet puis, en 1937, dans le film de guerre La Grande Illusion avec Pierre Fresnay, Marcel Dalio et Erich von Stroheim, qui obtient un énorme succès public et critique, devenant au fil des années un classique du cinéma français.

La même année, il tourne Gueule d'amour, de Jean Grémillon, où il retrouve Mireille Balin, sa partenaire de Pépé le Moko et le méconnu Le Messager, de Raymond Rouleau.

En 1938, il tient le rôle d'un déserteur dans Le Quai des brumes aux côtés de Michel Simon et de la jeune Michèle Morgan, à laquelle il murmure le célèbre « T'as d'beaux yeux tu sais ». C'est sa première collaboration avec Marcel Carné et Jacques Prévert[12]. Il campe ensuite le personnage de Trott, toujours face à Morgan, dans Le Récif de corail de Maurice Gleize (sorti en 1939), puis un conducteur de locomotive dans La Bête humaine de Jean Renoir, et La Marie du port..

En 1939, il tourne à nouveau sous la direction de Marcel Carné dans Le Jour se lève, drame dans lequel il partage la vedette avec Jules Berry, Arletty et Bernard Blier.

Le , mobilisé dans la marine nationale à Cherbourg, il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film Remorques, avec Michèle Morgan avec qui il vit une brève idylle.

Avec les Forces françaises libres[modifier | modifier le code]

Le , refusant de tourner pour les Allemands pendant l'occupation, il s'expatrie à Hollywood aux États-Unis où il va retrouver les Français Jean Renoir, Julien Duvivier, Charles Boyer, Jean-Pierre Aumont, etc.

En octobre 1940, il avait accompagné à la gare Saint-Charles (Marseille) Michèle Morgan , qui partait pour Barcelone, puis le Portugal, afin de rejoindre les États-Unis. Souhaitant également la rejoindre, il va à Vichy pour obtenir une autorisation. Il franchit la frontière espagnole en février 1941, sans que l'on sache s'il le fait légalement. À Barcelone, il obtient un visa du consulat américain et peut gagner New York à bord de l'Exeter[13].

Aux États-Unis, il tourne notamment, après avoir appris l'anglais, La Péniche de l'amour avec Ida Lupino.

Durant cette période, il fréquente brièvement Ginger Rogers et Patricia Morison[13]. Ayant refait le trajet depuis Los Angeles après une période d'ennui[13], pendant l'été 1941 il rencontre Marlène Dietrich à New-york,

Il emménage avec elle en Californie dans une villa que Greta Garbo leur loue puis[14] au 1006 Cove Way, dans une villa de Beverly Hills.

Gabin ayant le mal du pays, Marlène Dietrich tente de le soulager par sa cuisine ou des distractions lui rappelant la France[13]. Le , le tribunal d'Aix prononce le jugement de divorce avec sa deuxième épouse Jeanne Mauchain, à ses torts entiers et reconnus[15].

Déjà très célèbre, il pourrait tenter une carrière d'acteur aux États-Unis, mais tourne peu malgré son contrat avec la Fox (il avait signé un premier contrat en 1937 mais ne l'avait pas honoré). Par ailleurs, l'acteur intéresse moins les studios hollywoodiens pendant cette période de guerre : ils n'ont plus accès aux salles européennes et donc au public habituel de Jean Gabin. La presse l'accueille néanmoins avec enthousiasme, le magazine Photoplay publiant un reportage de quatre pages avec comme titre : « Escaped from the Nazis »[13].

Jean Gabin devait également tourner dans un film catastrophe, The Day that Shook the World, un tremblement de terre vu depuis une colonie pénitentiaire, mais la Fox annule le projet. On lui propose alors Tampico, un film d'aventure avec Gene Tierney mais Jean Gabin refuse et la société de production se lasse. Un projet avec Jean Renoir (en contrat chez RKO) est envisagé, où Jean Gabin interpréterait un garçon de café dans un pays tropical, avec notamment Michèle Morgan comme partenaire (A Thief in the Night) mais l'acteur se détourne du cinéma et pense à la France, voyant plusieurs acteurs américains participer à l'effort de guerre (Carole Lombard vend des bons de guerre, Charles Laughton déclame du Shakespeare dans une tournée et reverse les bénéfices à ce profit, Bette Davis et John Garfield tiennent la cantine de Hollywood, un club où les soldats sont servis par des stars). Il confiera plus tard : « J'étais malade à l’idée d'être obligé de finir ma vie aux États-Unis. Je ne pouvais pas rester les mains dans les poches, continuer à faire des grimaces devant une caméra - en étant bien payé en plus - et attendre tranquillement que les autres se fassent descendre pour que je retrouve mon patelin »[13].

Après qu'il a pris contact avec la France libre, fin 1942, il lui est demandé de jouer dans le film de propagande gaulliste L'Imposteur, dont le succès critique et public est mitigé[13]. Long-métrage de propagande gaulliste saluant aussi la bénéfique entrée en guerre américaine, ce film tourné en anglais est produit par le service américain de propagande avec, au générique, seulement deux Français : Julien Duvivier et Jean Gabin.

Par patriotisme, il s'engage, en avril 1943, dans les Forces navales françaises libres[16] du général de Gaulle pour libérer son pays. Embarqué comme canonnier chef de pièce sur le pétrolier militaire Elorn, il traverse l'Atlantique en convoi à destination de Casablanca, attaqué au large par les sous-marins et par les avions allemands aux approches de la Méditerranée. Puis sous les ordres de l'enseigne de vaisseau et futur vice-amiral André Gélinet, le second maître Jean Moncorgé sert comme chef du char Souffleur II du 2e escadron du régiment blindé de fusiliers-marins qui appartient à la célèbre 2e division blindée du général Leclerc.

Au printemps 1945, il participe à la libération de la poche de Royan puis à la campagne d'Allemagne qui le conduit au Nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden[13]. À la fin de la guerre, il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.

En juillet 1945, à 41 ans, le « plus vieux chef de char de la France Libre » est démobilisé et revient au monde du spectacle avec des cheveux blancs[17]. Toute sa vie, il restera très attaché à la marine nationale et proche de celui qui fut son chef, le vice-amiral Gélinet et sa famille.

Après avoir retrouvé Marlène Dietrich en Allemagne, il revient en France. Il refuse de défiler sur les Champs-Élysées et observe son ancien char passer, depuis le balcon de l'hôtel Claridge[13].

De retour en France, il veut reprendre sa carrière d'acteur mais il a changé physiquement et moralement et de nouveaux acteurs romantiques sont apparus, tels Jean Marais, Gérard Philipe ou Daniel Gélin. Il renonce à jouer Les Portes de la nuit, de Marcel Carné, avec sa compagne Marlene Dietrich car cette dernière refuse d'interpréter la fille d'un collaborateur. En 1946, après avoir acheté les droits du roman, il incarne le rôle-titre de Martin Roumagnac, aux côtés de Marlene Dietrich. Le film, éreinté par la critique, obtient pourtant à l'époque un succès commercial avec deux millions d'entrées[18]. Toutefois, le film est victime d'une légende qui est d'usage de lire[19] et entendre que ce film a été un cuisant échec commercial[20].

Cependant, ce succès n'est pas réitéré l'année suivante avec le film policier Miroir[21], dans lequel il est un financier et gangster à ses heures. De plus, il a du mal à trouver un rôle à sa mesure.

Le 28 mars 1949, deux mois après leur rencontre, il épouse Christiane Fournier (1918-2002), dite Dominique, mannequin chez le couturier Lanvin, déjà mère d'un enfant, Jacki, et avec qui il aura trois enfants : Florence (1949), Valérie (1952) et Mathias (1956)[22].

La même année, il tient le rôle principal du long-métrage Au-delà des grilles, qui obtient un succès honorable en salles[23] et est nommé à l'Oscar du meilleur film étranger, et il triomphe au théâtre avec la pièce La Soif, d'Henri Bernstein, aux côtés de Madeleine Robinson et Claude Dauphin.

Le retour du succès[modifier | modifier le code]

Changement d'image[modifier | modifier le code]

En 1950, il retrouve Marcel Carné pour le long-métrage La Marie du port, adaptation du roman de Georges Simenon, qui avec 2,6 millions d'entrées[24], permet de confirmer le succès de Gabin après son triomphe théâtral avec La Soif.

En 1951, il est le narrateur de De sac et de cordes, une pièce musicale de Léo Ferré écrite pour la radio, qu'il interprète tandis que Léo Ferré dirige l'orchestre et les chœurs de la radio nationale et sa prestation dans La nuit est mon royaume, pour lequel il incarne un mécanicien de locomotive aveugle, lui permet de rencontrer l'éloge de la critique et un triomphe public avec 2,5 millions d'entrées[25], mais aussi de remporter la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine au Festival de Venise.

Son film suivant, La Vérité sur Bébé Donge, dans lequel il est un industriel coureur de jupons, passe inaperçu lors de sa sortie en salles, mais va être considéré au fil des ans comme une œuvre marquante.

Il réalise en juillet 1952 un de ses rêves d'enfant en entreprenant d'investir, jusqu'à ses derniers jours, toute sa fortune dans le domaine de La Pichonnière, situé sur la commune de Bonnefoi, rattachée au canton de Moulins-la-Marche, dans l'Orne, en Normandie. A proximité, il fait construire une demeure nommée La Moncorgerie. Avec l'idée d'assurer la subsistance de sa famille, Il se lance dans l'élevage des bovins .

Passionné par les chevaux, il monte aussi à la Pichonnière, à la fin des années cinquante, une écurie d'une quinzaine de chevaux de course, qui acquiert une certaine renommée dans le milieu hippique.

Il fait aménager sur un terrain lui appartenant non loin de là, à Moulins la Marche, un hippodrome, qui sera nommé après sa mort, Hippodrome Jean Gabin.

En 1952, il retrouve Michèle Morgan dans La Minute de vérité, de Jean Delannoy, qui triomphe en salles avec plus de 3 millions d'entrées[26].

Il renoue véritablement avec le succès public en tant que tête d'affiche grâce à Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker, en 1954, qui enregistre 4,7 millions d'entrées en France[27]. Avec ce film, il retrouve un rôle à sa mesure en changeant son image : l’homme d’expérience, autoritaire et qui impose le respect. C'est durant ce tournage qu'il rencontre celui qui va devenir un de ses amis, Lino Ventura.

La rencontre avec Audiard[modifier | modifier le code]

Son succès se confirme avec L'Air de Paris, de Marcel Carné et French Cancan, de Jean Renoir en 1955. C'est la rencontre avec Michel Audiard, qui deviendra son ami et sera, avec ses dialogues, pour beaucoup dans le succès de ses films à venir, à commencer par Gas-oil et Le rouge est mis de Gilles Grangier. À cette époque, il entretient une liaison adultère avec la comédienne Dora Doll.

Jean Gabin dans le rôle du commissaire Maigret en 1958

Par la suite, il enchaîne films sur films : il est le maréchal Lannes dans la prestigieuse distribution du Napoléon de Sacha Guitry, flic infiltré dans Razzia sur la chnouf, juge pour enfants dans Chiens perdus sans collier, routier dans Des gens sans importance, restaurateur dans Voici le temps des assassins, artiste peintre bourgeois s'encanaillant en transportant avec Bourvil de la viande pour le marché noir dans le classique La Traversée de Paris, dont il partage une scène devenue culte avec Louis de Funès, alors méconnu du grand public, et médecin dans Le Cas du docteur Laurent.

En 1956, il achète une première maison à Deauville et s'établit dans la station balnéaire avec femme et enfants[28]. Deux autres maisons suivent, qui l'accueillent à demeure ou le temps des vacances[28]. Le mois d'août le voit très assidu pour suivre les courses de l'hippodrome de la Touques[28]. « Pour nous, Deauville a toujours été associé aux vacances, raconte sa femme[28]. Jean venait là pour se reposer. Il trouvait à Deauville une douceur de vivre à laquelle il était tout particulièrement attaché[28]. ».

En 1958, il prête ses traits au commissaire Jules Maigret dans Maigret tend un piège, rôle qu'il reprendra à deux reprises et connaît le plus grand succès public de sa carrière avec Les Misérables, devenant le Jean Valjean du film aux côtés de Bourvil et de Bernard Blier.

Sa carrière est sur sa lancée, confirmée avec notamment En cas de malheur, avec Brigitte Bardot, Les Grandes Familles, avec Pierre Brasseur, Archimède le clochard ( film dont il a eu l'idée [29]).

Jean Gabin (à gauche) et Jacques Prévert dans le film documentaire Mon frère Jacques (1961) par Pierre Prévert.

En 1960, il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur sur le plateau où il tourne Les Vieux de la vieille de Gilles Grangier.

Son contrat exclusif avec le producteur Jacques Bar, rencontré à Deauville en 1959, lui offre au début des années 1960, une série de beaux succès, tels que le drame politique Le Président, la comédie policière Le cave se rebiffe, la comédie dramatique Un singe en hiver, dans laquelle il partage la vedette avec Jean-Paul Belmondo.

Dans la nuit du 27 au , sept cents agriculteurs encerclent son domaine familial normand de La Pichonnière pour protester contre la centralisation des terres, en exigeant la location de certaines fermes à de jeunes éleveurs en difficulté. Gabin ayant acquis 150 ha, les cultivateurs se servent d'un conflit ouvert avec le célèbre acteur néorural pour médiatiser les problèmes du monde agricole. Cette situation bouleverse profondément et blesse à vie l'intéressé, qui se sent rejeté par la communauté paysanne normande dont il a tant souhaité faire partie. Annonçant qu'il va vendre ses terres, Gabin accepte finalement de louer deux fermes aux jeunes. Il porte plainte contre X pour « violation de domicile et tentative d'extorsion de signature ». Défendu par Me René Floriot, il retire sa plainte en pleine audience du procès au palais de justice d'Alençon le 22 avril 1964[30].

Durant cette même période, il connaît son premier revers avec Le Gentleman d'Epsom (1962), dans lequel il joue au côté de Louis de Funès, qui ne rencontre qu'un succès médiocre[31], échec vite effacé par le triomphe de Mélodie en sous-sol l'année suivante, avec Alain Delon[32].

Il crée en 1963 avec Fernandel la société de production Gafer pour son film L'Âge ingrat qu'il interprète avec ce dernier.

La fin des années 1960 est marquée par Le Tonnerre de Dieu, Le Pacha, Le Tatoué, avec Louis de Funès et Le Clan des Siciliens, avec Alain Delon et Lino Ventura, qui confirme le statut de l'acteur, qui a atteint les soixante ans.

Dans les années 1970, sa carrière s'enrichit de 7 films supplémentaires mais marque une baisse de régime ; l'acteur rencontre pourtant encore le succès public avec La Horse de Pierre Granier-Deferre et Deux hommes dans la ville de José Giovanni, sa dernière collaboration avec Alain Delon. Il obtient également l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son interprétation dans Le Chat en 1971, œuvre que l'acteur considérait comme son meilleur film de l'après-guerre[33].

Au début des années 1970, Francis Ford Coppola a proposé à Jean Gabin d'interpréter Don Corleone dans Le Parrain mais l'acteur n'a pas donné suite. En 1976, Sergio Leone lui propose de jouer dans son nouveau projet Il était une fois en Amérique, que Gabin refuse également[13].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 1974, près de quarante ans après Quand on s'promène au bord de l'eau, Gabin enregistre la chanson Maintenant je sais, écrite par Jean-Loup Dabadie.

Le , il préside la première cérémonie des César. Deux semaines plus tard, il est à l'affiche de L'Année sainte, de Jean Girault. Ce seront ses dernières apparitions en public et sur grand écran.

Au début de 1976, il est élevé à la dignité d'Officier dans l'Ordre national du Mérite[34], et est promu officier de l'ordre national de la Légion d'Honneur à la promotion du 14 juillet 1976.

En octobre 1976, il apprend lors d'une interview télévisée du président de la FNSEA, Michel Debatisse, qu'il ne touchera pas l'indemnisation de l'« impôt sécheresse ». Comprenant qu'il ne sera jamais accepté par le monde paysan, il décide de vendre son domaine agricole normand de La Pichonnière.

Quelques semaines plus tard, le , il meurt à l'âge de 72 ans des suites d'une leucémie à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine[35]. Il avait connu quelques problèmes de santé sur le tournage de Deux hommes dans la ville [36].

Ses obsèques, le 17 novembre au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, attirent une foule considérable et sont retransmises à la télévision. Selon ses dernières volontés[37], son corps est incinéré.

Ses cendres sont ensuite transférées à Brest pour être dispersées en mer. Le se déroule, en présence de son épouse, ses enfants, de personnalités amies comme Gilles Grangier, Alain Delon et Odette Ventura, une cérémonie simple et solennelle à bord de l'aviso Détroyat. Ces honneurs militaires de la Marine nationale ne sont permis que sur autorisation exceptionnelle du président de la République Valéry Giscard d'Estaing. L'urne funéraire est ouverte depuis la plage arrière de l'aviso[38] en mer d'Iroise, à 20 nautiques de Brest, au sud de la chaussée des Pierres-Noires[39].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sa vie sentimentale est souvent liée à son métier : il a des liaisons connues avec les actrices Mireille Balin, Michèle Morgan et Marlène Dietrich[40], est l'époux de l'actrice Gaby Basset (de 1925 à 1931), de la meneuse de revue Jeanne Mauchain (de 1933 à 1943), puis Marie Camilleri en Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale (de 1943 à 1945), avant d'épouser le 29 mars 1949 un ancien mannequin, Catherine (dite Dominique) Fournier (1918-2002), avec qui il a trois enfants : Florence (née en 1949), Valérie (née en 1952) et Mathias (né en 1956)[41]. Il est le grand-père des acteurs Jean-Paul Moncorgé, fils de Florence, et Alexis Moncorgé, fils de Mathias.

Un acteur symbole[modifier | modifier le code]

Jean Gabin incarna dans les années 1930 la figure emblématique du petit peuple, du monde ouvrier et des titis parisiens, du temps du Front populaire[42] : on le retrouve ainsi successivement chômeur dans La Belle Équipe (1936), spahi dans Gueule d’amour (1937), petit truand dans Pépé le Moko (1937), déserteur dans Quai des brumes (1938), cheminot dans La Bête humaine (1938) ou ouvrier dans Le jour se lève (1939).

L'image de l’acteur s'est parfois confondue avec celle, mythique, de ses personnages qui se sont imposés dans l’imaginaire collectif du public français au cours du XXe siècle. Les différents personnages de Jean Gabin, archétypes professionnels ou sociaux, sont inscrits dans l’histoire du cinéma de manière « horizontale »[pas clair] (l’ouvrier gouailleur avant-guerre, le patriarche bourru à partir des années 1950)[43].

Dans les années 1960, les films qui mettent en scène Jean Gabin témoignent aussi d'un rejet, au cinéma, de la transformation de la France. Il apparaît dans un certain nombre de films dans lesquels la construction des grands ensembles vient détruire peu à peu le monde dans lequel il vivait[44]. Dans Rue des prairies de Denys de La Patellière, le personnage de Gabin, qui habite une rue de Paris faubourienne et populaire, est contremaître sur le chantier des sablons, à Sarcelles. Il est ainsi amené à construire les structures de ce qui va détruire le monde ancien dans lequel il vit, dans le XXe arrondissement de Paris. C'est aussi le cas de Mélodie en sous-sol en 1963, où il ne retrouve pas son pavillon au milieu des barres d'immeubles de Sarcelles nouvellement construites, ou du film Le Chat en 1970, où il vit dans un pavillon qui a vocation à être détruit[44].

Carrière[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie de Jean Gabin.

Avec Fernandel, Louis de Funès et Bourvil, Jean Gabin fait partie des acteurs français ayant attiré le plus grand nombre de spectateurs dans les salles de cinéma : environ 161 millions entre 1946 et 1976. Dans ce total, sur les 95 films de sa carrière, 32 (soit 34%) sortis entre 1930 et 1945 ne sont pas comptabilisés, dont de nombreux succès comme Les Gaietés de l'escadron, La Bandera, La Belle Équipe, Pépé le Moko, La Grande Illusion, Gueule d'amour, Le Quai des brumes, La Bête humaine, Le jour se lève...

Ses films ayant eu la plus grosse audience entre 1946 et 1975 sont (par ordre décroissant)[45] :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 1981, à l'initiative de Louis de Funès[50], le « monde du cinéma » lui rend hommage en créant le prix Jean-Gabin, récompense décernée tous les ans aux meilleurs espoirs masculins du cinéma français. À la suite d'un désaccord entre l'organisation et la fille de Jean Gabin, le prix a été remplacé depuis 2008 par le prix Patrick-Dewaere ;
  • En 1992, Mériel (Val-d'Oise), la commune de son enfance, a ouvert un musée qui lui est consacré. Jean Marais a sculpté un buste de l'acteur qui se trouve devant le musée ;
  • En 2008, une place Jean-Gabin a été inaugurée dans le 18e arrondissement de Paris ;
  • En 2011, une place Jean-Gabin a été inaugurée dans la ville de Porrentruy (Suisse).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 84 millions selon « Les Rois du box office », Studio Magazine, novembre 1992, mais 161 millions si on fait le total des entrées dans le tableau récapitulatif du box-office 1945-1976.
  2. « Un trait de malice de mon père que de m'avoir donné, en troisième prénom, son nom de théâtre » cité par André-Georges Brunelin in Gabin, Robert Lafont, 1987, p. 46.
  3. Jean-Jacques Jelot-Blanc, Jean Gabin inconnu, Éditions Flammarion, , p. 7.
  4. Cf. Le Patrimoine des communes du Val-d’Oise : Mériel, op. cit., p. 432.
  5. Philippe Barbier, Jacques Moreau, Jean Gabin. Gentleman du cinéma, Éditions Dualpha, , p. 26.
  6. Claude Gauteur, André Bernard, Gabin ou les avatars d'un mythe, Pac, , p. 16.
  7. Claude Gauteur, André Bernard, Gabin ou les avatars d'un mythe, Pac, , p. 17.
  8. Claude Gauteur, André Bernard, Gabin ou les avatars d'un mythe, Pac, , p. 18.
  9. « Article de Cinémonde (1968) », sur marcel-carne.com, .
  10. a et b « Jean Gabin », sur Encinémathèque, .
  11. « Article de Ciné-Miroir (1938) », sur marcel-carne.com, .
  12. « Après avoir vu Drôle de drame, [Gabin] a envie de travailler avec Prévert et Carné. Il le fait savoir. En 1938, il est dans Le Quai des brumes. Les deux amis se souviennent avoir attendu ensemble les réactions du public dans un café de la rue des Saints-Pères, Jacques précisant en rigolant : « On avait glissé sur un bouchon de limonade ! ». L’accueil est plutôt bon. Gabin ajoute avec humour : « Dans le fond, on était la nouvelle vague de l’époque ». Jacques écrit de lui qu’il a « le regard toujours bleu et encore enfantin », qu’il est l’« acteur tragique de Paris/ gentleman du cinéma élisabéthain/ dans la périphérie du film quotidien » et que « Jean Gabin/ c’est l’évidence même/ l’évidence même d’un être humain/ qui joue son rôle publiquement/ devant tant d’autres qui jouent le leur secrètement/ et si mal la plupart du temps ». « Jean Gabin/ Toujours le même jamais pareil/ Toujours Jean Gabin/ Toujours quelqu’un. » Carole Aurouet, Prévert, portrait d'une vie, Ramsay, 2007, p. 216.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Adrien Gombeaud, « Gabin à Hollywood », Vanity Fair no 6, décembre 2013, pages 176-187.
  14. après qu'il s'est affiché de nouveau avec Ginger Rogers, donnant lieu à l'attention de la presse sur sa vie sentimentale
  15. Philippe Barbier, Jacques Moreau, Jean Gabin. Gentleman du cinéma, Éditions Dualpha, , p. 63.
  16. Philippe de Comes, Michel Marmin, Le Cinéma français : 1930-1960, Éditions Atlas, 1984, 175 pages, p. 63.
  17. Brunelin, p. 325.
  18. « Martin Roumagnac », sur Box Office Story, .
  19. « le film n'eut aucun succès, ni en France, ni aux États-Unis. », Thierry de Navacelle, Sublime Marlène, Ramsay poche cinéma, 1982, p. 116.
  20. C'est par exemple le cas du documentaire de Serge Korber Gabin intime, aristocrate et paysan, produit en 2006 dans lequel est dit, à propos de Martin Roumagnac : « film médiocre et qui sera un échec dans les salles. »
  21. « Miroir », sur Box-Office story, .
  22. Philippe Barbier, Jacques Moreau, Jean Gabin. Gentleman du cinéma, Éditions Dualpha, , p. 69.
  23. « Au-delà des grilles », sur Box-Office story, .
  24. « La Marie du port », sur Box Office Story, .
  25. « La nuit est mon royaume », sur Box Office Story, .
  26. « La Minute de vérité », sur Box Office Story, .
  27. Renaud Soyer, « Touchez pas au grisbi », sur Box Office Story, (consulté le 23 juin 2017).
  28. a, b, c, d et e Roland Godefroy, « Jean Gabin : Deauville fut son havre de paix », Ouest-France, 14 janvier 1988.
  29. Pour ce film, il est crédité sous le nom de Jean Moncorgé, qui est son vrai nom de famille.
  30. Jean Vigreux, Croissance et contestations. 1958-1981, Seuil, , p. 207.
  31. « Le Gentleman d'Epsom », sur Box Office Story, .
  32. « Méldoie en sous-sol », sur Box Office Story, .
  33. « Jean Moncorgé, la face cachée de Jean Gabin », Un jour, un destin , France 2.
  34. « L'ordre national du Mérite | La grande chancellerie », sur www.legiondhonneur.fr (consulté le 16 février 2017)
  35. Philippe Barbier, Jacques Moreau, Jean Gabin. Gentleman du cinéma, Éditions Dualpha, , p. 163.
  36. Jean-Jacques Jelot-Blanc, Jean Gabin inconnu, Paris, Flammarion, , 474 p., p. 415-416
  37. « Pas de mise en terre car je ne veux pas qu'on vienne m'emmerder sur ma tombe comme on fait sur celles de Gérard Philipe et d'Édith Piaf » disait-il.
  38. Et non du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc qui était alors en escale à Mayport (États-Unis)[réf. nécessaire].
  39. Jean-Jacques Jelot-Blanc, Jean Gabin inconnu, Flammarion, , p. 461.
  40. Désiré Baudru, Sexus cinématographicus : les amours secrètes du cinéma français, Nouveau Monde éditions, , p. 57.
  41. Philippe Barbier, Jacques Moreau, Jean Gabin : gentleman du cinéma, Éditions Dualpha, , p. 69.
  42. Régis Dubois, Une histoire politique du cinéma, .
  43. Patrick Glâtre, Olivier Millot, Jean Gabin : La Traversée d'un siècle, .
  44. a et b « Filmer les grands ensembles », documentaire en ligne sur les représentations audiovisuelles des grands-ensembles, CHS (CNRS / Paris1), 2015.
  45. Box-office de Jean Gabin entre 1946 et 1976 sur jpboxoffice.com..
  46. La Dame en décolleté sur le site La Comédie musicale en France.
  47. Flossie sur le site La Comédie musicale en France.
  48. Jean Gabin et Madeleine Robinson dans La Soif.
  49. Institut National de l’Audiovisuel – Ina.fr, « Obsèques Jean Gabin + plateau Paul Lefevre », sur Ina.fr, (consulté le 16 février 2017)
  50. Florence Moncorgé, Quitte à avoir un père, autant qu'il s'appelle Gabin, Le Cherche midi, 2003, p. 206.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Brunelin, Gabin, Robert Laffont, 1987
  • Jean-Marc Loubier, Jean Gabin-Marlène Dietrich, un rêve brisé, Acropole, 2002
  • Florence Moncorgé-Gabin, Quitte à avoir un père, autant qu'il s'appelle Gabin…, Le Cherche midi, , 177 p. (ISBN 2749100666)
  • Patrick Glâtre, Jean Gabin, la traversée du siècle, Créaphis, 2004.
  • Claude Gauteur et Ginette Vincendeau,Jean Gabin : Anatomie d'un mythe, Nouveau Monde éditions, 2006
  • Philippe Barbier et Jacques Moreau, Jean Gabin : Gentleman du cinéma, Dualpha, 2007
  • Philippe Durant, La Bande à Gabin : Blier, Audiard et les autres, Points, 2011
  • Jean-Jacques Jelot-Blanc, Jean Gabin inconnu, Flammarion, 2014 (ISBN 978-2081286238).
  • Patrick Glâtre, Jean Moncorgé-Gabin, acteur de la Libération de Royan, Bonne-Anse, 2015.

Documentaires et images d'archives[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]