Alain Minc

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Alain Minc

Naissance 15 avril 1949 (65 ans)
Paris, France
Nationalité Français
Profession écrivain, économiste
Autres activités

Alain, Jacques, Richard Minc, né le 15 avril 1949 dans le 19e arrondissement de Paris, est un conseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise français. Il est actuellement président d'AM conseil et de la SANEF, l'une des trois principales sociétés autoroutières françaises, après avoir été plusieurs années membre du CA d'une société concurrente, Vinci. Il est aussi membre du conseil d'administration de Prisa, CaixaBank, Fnac, Poweo Direct Énergie, Ingenico et Yves Saint Laurent[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Il est fils de Joseph (1908-2011) et Lisa. Son père, dentiste de profession, né au sein de la communauté juive de Brest-Litovsk, adhère au Parti communiste polonais (qu'il quitte en 1967) et est contraint à l'exil en France. Il combat pendant l'Occupation au sein des FTP-MOI[2].

Alain Minc est ingénieur diplômé de l'École nationale supérieure des mines de Paris (promo 1968)[3], diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promo 1971), puis de l'École nationale d'administration (promo 1975), d'où il sort major[4] de la promotion Léon Blum, voie d'administration économique.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Alain Minc intègre l'Inspection générale des finances. Il se fait connaître par le rapport Nora-Minc sur l'informatisation de la société, qui introduit le néologisme télématique, et démissionne de son corps pour rejoindre Saint-Gobain en 1979. Il quitte cette société en 1986 pour travailler avec l'homme d'affaires Carlo De Benedetti et devient administrateur-directeur général de Cerus, qu'il quitte en avril 1991. Il est également membre de conseils d'administration de plusieurs autres sociétés dont Valeo.

Président, depuis 1985, de la Société des lecteurs du journal Le Monde, il est président du conseil de surveillance de la SA Le Monde de 1994 à 2008.

Cette ubiquité lui a parfois été reprochée. Ainsi Gérard Mestrallet, PDG de Suez, le rémunérait alors qu'Alain Minc conseillait Albert Frère qui tentait de destituer Mestrallet. De plus le directeur général de Vinci Xavier Huillard l’a démis du conseil d’administration en janvier 2007, réalisant que Minc conseillait François Pinault, qui préparait une attaque contre le groupe de BTP. Selon Libération, Minc voulait se venger de Huillard qui avait démis son ami Antoine Zacharias l'année précédente[5].

Il est ou a été membre de plusieurs groupes de réflexion influents, comme la défunte Fondation Saint-Simon dont il fut le trésorier[6] ou le club le Siècle. Publiant environ un livre par an, il est un conseiller sollicité par les principales entreprises françaises. Administrateur de nombreuses sociétés, il traite d'économie comme du discours de communication avec sa société AM conseil[7].

À l'ouverture de Direct 8, ancienne chaîne de la TNT devenue D8, Alain Minc devient éditorialiste de l'émission intitulée Face à : Alain Minc animée par Guillaume Klossa. En janvier 2007, il devient l'animateur de cette émission. En janvier 2008 lors d'une de ces émissions il déclare, en pleine crise des subprimes aux États-Unis, que le marché financier sans qu'il n'ait d'organes apparents de régulation est très bien régulé, que l'empirisme prévaut et que l'économie mondiale est plutôt bien gérée[8].

Aujourd'hui proche de Nicolas Sarkozy, il indique au Grand Journal de Canal+ le 5 décembre 2008 être de ceux qui ont suggéré la suppression de la publicité sur les chaînes publiques[9].

Il prend la présidence du conseil d'administration de Sanef (Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France) à partir du 1er janvier 2012[10].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Alain Minc a été promu commandeur de la Légion d'honneur[11], dont il est membre depuis 1994[12], en janvier 2008, sur le contingent du ministère de la Culture et de la Communication.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Condamnations judiciaires pour plagiat[modifier | modifier le code]

Alain Minc a été condamné le 28 novembre 2001 par le tribunal de grande instance de Paris à verser 100 000 francs (environ 15 000 euros) à titre de dommages et intérêts pour plagiat, reproduction servile et contrefaçon, pour son ouvrage intitulé Spinoza, un roman juif, dont le tribunal a statué qu'il était une contrefaçon partielle de l’ouvrage Spinoza, le masque de la sagesse de Patrick Rödel[13],[14] publié en 1997.

Il est poursuivi en 2013 pour contrefaçon par Pascale Froment, journaliste et auteur d'une biographie de René Bousquet qui l'accuse d'avoir plagié son livre à « grande échelle » (300 passages)[15],[16]. Le journaliste Dominique Jamet le qualifie en cette occasion d'« infatigable piqueur et speaker d’idées »[17]. Pour sa part, Alain Minc nie toute utilisation d'un « nègre » et avance qu'il n'a profité que de l'aide d'un « documentaliste »[18]. Il est condamné en référés, le 2 juillet 2013, avec son éditeur, à verser à Pascale Froment 5 000 euros de dommages et intérêts et 6 000 euros de frais de justice ; l'éditeur doit également retirer les exemplaires de la vente, pour les remplacer par d'autres, où un résumé du jugement sera inséré[19].

Controverse liée à la gouvernance du journal Le Monde[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 2007 lors du renouvellement de la présidence du conseil de surveillance, Claude Perdriel déclare réélu Alain Minc, alors que ce dernier a obtenu 10 voix "pour" sur 20 (7 "contre" et 3 abstentions), au mépris des statuts du groupe selon la Société des rédacteurs du Monde[20]. Les membres de la SRM critiquent la proximité affichée d'Alain Minc avec le président de la République Nicolas Sarkozy. L'influence en coulisses de Minc avait été critiquée dans le livre Petits conseils de l'ancien journaliste du Monde Laurent Mauduit, qui, selon Denis Sieffert s'était vu empêcher la parution d'un article sur une opération conseillée par Alain Minc[21]. Le 25 juillet, cinq sociétés du personnel du quotidien ont engagé une médiation judiciaire pour obtenir le retrait d'Alain Minc. Il a annoncé le 15 octobre 2007 son intention de quitter à la fin mars la présidence du conseil de surveillance du journal Le Monde.

Il est accusé par la Société des Rédacteurs du Monde, rejointe par les syndicats CGT et SNJ, d'avoir précipité la crise amenant à la démission du nouveau président du directoire Pierre Jeantet afin de précipiter une recapitalisation du groupe au profit du Groupe Lagardère, dont il est le conseiller[22]. Il quitte la présidence du conseil de surveillance le 11 février 2008 et est remplacé par Louis Schweitzer.

Polémique à la suite de ses déclarations sur Benoît XVI[modifier | modifier le code]

Le 25 août 2010, faisant suite aux déclarations du pape Benoît XVI ayant été interprétées comme une critique de la politique de destruction de camps et d'expulsions de Roms menée par le gouvernement français depuis plusieurs semaines, Alain Minc déclare sur France Inter : « Si vous me permettez de faire un petit hold-up d'antenne [...] J'ai envie d'exploser un peu. Ce pape allemand ? Parler comme il a parlé ? En français ? [...] Son insensibilité qu'on a mesurée quand il a réinstallé un évêque révisionniste, son insensibilité à l'histoire, dont il est comme tous les Allemands un héritier [...] On peut discuter (de) ce que l'on veut sur l'affaire des Roms, mais pas un pape allemand. [...] Jean-Paul II, peut-être, pas lui. [...] Quand je vois les exégètes de la presse de gauche [...] lever leur chapeau en approbation aux propos du pape le plus réactionnaire que l'on ait connu [...], ça me trouble un peu. Pas lui — lui vise le pape — Pas ça, pas comme ça. Un autre, oui, mais pas lui. »[23]

Outre l'ancienne ministre Christine Boutin, les députés Yannick Favennec et Christian Vanneste ont aussitôt dénoncé ces propos et demandé sa démission de conseiller officieux de la présidence de la République.

Critiques[modifier | modifier le code]

Alain Minc est l'une des personnalités critiqués par le film documentaire français sorti en janvier 2012 : Les Nouveaux Chiens de garde, lui-même tiré de l'essai éponyme de Serge Halimi paru en 1997, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique et économique français.

Le film montre notamment une extrait de l'émission Face à Minc présentée par Alain Minc sur la chaîne Direct 8 le 5 janvier 2008. Il y déclare notamment « Ce que je voudrai quand même ajouter [...], c'est quand même l'incroyable plasticité du système. Parce que, on nous aurait dit que au fond que le système financier serait régulé avec un doigté tel qu'il évitera une crise qui aurait pu être quand même de l'ampleur des très grandes crises financières qu'on a connu dans le passé... C'est quand même un univers, au fond, qui est très résiliant, qui finalement, sans qu'il y ait d'organe apparent de régulation, très bien régulé. [...] L'économie mondiale est plutôt bien gérée »[24]. Neuf mois plus tard, la crise des subprimes déclencha la crise bancaire et financière de l'automne 2008.

Alain Minc est une cible récurrente du mensuel Le Monde diplomatique[25], et de l'association française de critique des médias, Acrimed[26].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Alain Minc est marié et père de trois enfants.

Publications[modifier | modifier le code]

  • L’informatisation de la société, avec Simon Nora, rapport au président de la République, La Documentation française, Paris 1978 ; également publié au Seuil, Paris, 1978, (ISBN 978-2-02-004974-0)
  • L’Après-crise est commencé. Gallimard, 1982.
  • L’Avenir en face. Seuil, 1984.
  • Le Syndrome finlandais. Seuil, 1986.
  • La Machine égalitaire. Grasset, 1987.
  • La grande illusion. Grasset, 1989.
  • La Vengeance des nations. Grasset, 1990.
  • L’Argent fou, Grasset, 1990
  • Français, si vous osiez. Grasset, 1991.
  • Le Média choc. Grasset, 1992
  • Le Nouveau Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1994
  • La France de l'an 2000 (rapport au premier ministre de la commission présidée par Alain Minc), éditions Odile Jacob, 1994
  • Deux France ?, avec Philippe Séguin et Éric Laurent, Plon, 1994
  • Contrepoints. Librairie générale française, 1994-2002
  • L’Ivresse démocratique, Gallimard, 1994
  • Louis-Napoléon revisité. Gallimard, 1996
  • Antiportraits. Paris, Gallimard, 1996
  • La Mondialisation heureuse. Plon, 1997
  • Au nom de la loi. Gallimard, 1998
  • Spinoza : un roman juif. Gallimard, 1999
  • www.capitalisme.fr. Grasset, 2000
  • Le Fracas du monde : Journal de l'année 2001, Seuil, 2002
  • Épîtres à nos nouveaux maîtres. Grasset, 2002
  • Les Prophètes du bonheur : une histoire personnelle de la pensée économique, Grasset, 2004, prix du livre d'économie
  • Ce monde qui vient. Grasset, 2004
  • Le Chômage, à qui la faute ? avec Nicolas Baverez, Jean-Baptiste de Foucauld et Alain Houziaux, éditions de l'Atelier, 2005
  • Le Crépuscule des petits dieux, Grasset, 2005
  • Une sorte de diable : les vies de John Maynard Keynes, Grasset, 2007
  • Une histoire de France, Grasset, 2008
  • Dix Jours qui ébranleront le monde, Grasset, 2009
  • Une histoire politique des intellectuels, Grasset, 2010
  • Un petit coin de paradis, Grasset, 2011
  • L’Âme des nations, Grasset, 2012
  • L’Homme aux deux visages. Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés, Grasset, 2013
  • Vive l’Allemagne !, Grasset, 2013
  • Le Mal français n’est plus ce qu’il était, Grasset, 2014

Ouvrages sur Alain Minc[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie d'Alain Minc sur Forum-Events
  2. Une autobiographie est publiée au Seuil en 2006, L'Extraordinaire histoire de ma vie ordinaire, source AFP.
  3. Annuaire des Mines (Paris - Saint-Étienne - Nancy), publié chaque année par l'Association amicale des anciens élèves de l'École nationale supérieure des mines de Paris. Cet annuaire est disponible au secrétariat de l'association, 60 bd Saint-Michel - 75272 PARIS CEDEX 06 - Tél. : 01 46 33 23 50.
  4. Selon Alain Minc dans Masse critique sur France Culture le 21 février 2009.
  5. Confit d'intérêts, Nicolas Cori, Libération, 29 juin 2007, http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/264146.FR.php
  6. La Fondation Saint-Simon
  7. Voir http://www.lentreprise.com/article/3.1209.1.245.html, http://www.lexpansion.com/art/6.0.116002.0.html et http://www.lexpansion.com/art/6.0.112252.0.html.
  8. Émission "Face à Alain Minc" diffusée le 8 janvier 2008 sur Direct8.
  9. Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, Et Sarkozy zappa la pub de la télévision publique, Le Monde, 12/02/2008, lien internet consulté le 18 mai 2012.
  10. "Communiqué de presse de sanef du 14/12/2011, http://www.sanefgroupe.com/fr_instit/content/download/147940/1200872/file/CPSANEF-2011-14-12-Nomination-nouveau-president.pdf
  11. Légion d'honneur : enfin une vraie parité hommes-femmes
  12. Décret du 31 décembre 1993 portant promotion et nomination à titre exceptionnel
  13. « Le PPA frappé au cœur », PLPL, février 2002
  14. Emmanuel Lemieux, « Dévastatrices, les rumeurs de plagiat », L'Express,‎ 11 novembre 2002 (lire en ligne)
  15. Alain Minc poursuivi pour plagiat d'un livre sur René Bousquet, lemonde.fr, 11 juin 2013
  16. Alain Minc encore accusé de plagiat, Quentin GIRARD, Libération, 11 juin 2013
  17. Alain Minc, infatigable piqueur d’idées…, Dominique Jamet, bvoltaire.fr, 15 juin 2013
  18. Alain Minc répond aux accusations de plagiat, Charles Jaigu, lefigaro.fr, 13 juin 2013
  19. Alain Minc condamné pour plagiat, Françoise Dargent, Le Figaro.fr, 2 juillet 2013
  20. D'un revers de Minc, Catherine Mallaval et Olivier Costemalle, Libération 29 juin 2007
  21. Le système Minc, Denis Sieffert, Politis, 26 avril 2007, page 25
  22. Ghislaine Buffard, « "SNJ et CGT réclament le départ immédiat de Minc" », Nouvelobs.com,‎ 16 janvier 2008 (consulté le 16-01-2008)
  23. Les propos d'Alain Minc sur le pape font bondir les catholiques, Le Monde.fr, 26 août 2010
  24. Six extraits commentés des Nouveaux Chiens de garde – Les Nouveaux chiens de garde, extrait 3 - Face à Minc, vidéo commentée par Yannick Kergoat et Gilles Balbastre Télérama, 6 janvier 2012
  25. Alain Minc sur Le Monde diplomatique Le Monde diplomatique
  26. Alain Minc sur Acrimed Acrimed