Empire néo-babylonien

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La Porte d'Ishtar de Babylone, VIe siècle av. J.-C., reconstituée au Pergamon Museum de Berlin.

L'empire néo-babylonien correspond à une période l'histoire du royaume de Babylone qui va de de 626 à 539 av. J.-C. Cette époque est celle durant laquelle la puissance babylonienne a été à son sommet, constituant un véritable empire reprenant l'héritage de l'empire assyrien qu'il a abattu et dominant tout le Moyen-Orient. En réalité, cette puissance apparaît comme étant avant tout le fait de Nabopolassar et de son fils Nabuchodonosor II, le royaume ne tenant qu'une vingtaine d'années après la mort de ce dernier, succombant sous les coups du roi perse Cyrus II, fondateur de l'empire achéménide.

En dépit de sa brièveté, cette période marque néanmoins le retour de la prospérité économique en Babylonie, portée notamment par le développement de l'économie agricole, et un dynamisme culturel important, sous les auspices des souverains. C'est durant cette période que Babylone devient une vaste cité disposant de plusieurs monuments passés à la postérité (ses murailles, ses palais, sa ziggurat, peut-être ses jardins suspendus). C'est également la période qui a laissé de l'empire babylonien l'image d'un empire conquérant et même violent par le biais des récits qu'en a laissé la Bible.

Conditions d'étude[modifier | modifier le code]

Fragment de la Chronique de Nabonide, relatant les événements qui menèrent à la chute de ce souverain face au roi perse Cyrus II, British Museum.

À la différence des autres périodes de l'histoire du royaume babylonien, le souvenir de la période de l'empire néo-babylonien a été préservé dans les traditions postérieures, et c'est d'elle que Babylone tire son renom. Cette image est notamment forgée par les récits d'auteurs Grecs (Hérodote, Ctésias)[1] et surtout la Bible hébraïque qui relate la conquête du royaume de Juda par les troupes babyloniennes et les déportations qui s'en suivent, ouvrant la période de l'Exil, cruciale dans la formation du judaïsme[2].

Il faut attendre la redécouverte des sites mésopotamiens par les archéologues à partir du milieu du XIXe siècle puis le déchiffrement des textes cunéiformes qui y sont exhumés pour reconstituer l'histoire de l'empire néo-babylonien de façon plus précise par des sources antiques. La documentation provient en grande partie de sites situés en Babylonie même : Uruk, Ur, Sippar, Borsippa, Nippur et Babylone[3]. C'est cette dernière qui a fourni la documentation la plus importante sur la période, mise au jour lors des fouilles accomplies par les équipes allemandes au début du XXe siècle[4], puis par d'autres équipes plus ponctuellement par la suite. Il s'agit d'une documentation architecturale de premier plan, puisque c'est le site le plus vaste de la Mésopotamie antique à avoir été exploré, même si une grande partie de sa surface reste encore inexplorée.

Les sources textuelles de la période sont similaires à celles produites pour les autres périodes de l'histoire babylonienne : en grande majorité des textes administratifs produits par des institutions (les temples surtout) mais aussi des familles de notables, de nature économique, juridique voire épistolaire, et des textes scolaires et scientifiques abordant des sujets religieux, scientifiques ou littéraires[5]. L'histoire politique est reconstituée en partie par les textes de la tradition antique (auteurs grecs et Bible), et surtout par les inscriptions royales des rois néo-babyloniens (Nabuchodonosor II et Nabonide en particulier) relatant leurs hauts faits (constructions monumentales, conquêtes)[6] et des chroniques historiques rapportant les faits arrivés sous leur règne, année par année, comme la Chronique de la chute de Ninive qui relate la destruction de l'empire assyrien[7] et la Chronique de Nabonide qui rapporte la chute de l'empire néo-babylonien face aux Perses[8].

La documentation archéologique et les textes documentant la situation sociale, économique et culturelle de la Babylonie de 626 à 539 ne forment pas une unité isolable des périodes antérieures et postérieures. Ainsi, beaucoup de fonds d'archive sont à cheval sur la période de l'empire néo-babylonien et le début de l'empire achéménide qui lui succède, de même que la plupart des bâtiments ainsi que les types de sceaux ou de céramique[9]. Les bornes chronologiques de la période de l'empire néo-babylonien sont fixées par des critères militaires et politiques, et ne reflètent pas les évolutions de la société qui s'étendent sur un temps plus long. De ce fait les aspects économiques, sociaux et culturels évoqués ici concernent également les premières décennies de la période achéménide.

Histoire politique[modifier | modifier le code]

La destruction de l'empire assyrien et la formation de l'empire néo-babylonien[modifier | modifier le code]

Alors qu'Assurbanipal (669-627) a porté à son apogée l'empire assyrien, sa fin de règne semble voir un début de perte de stabilité. Son fils Assur-etil-ilani lui succède, mais aussitôt son frère Sîn-shar-ishkun, placé sur le trône de Babylone pour mieux en assurer le contrôle, se révolte tout en chassant de Babylonie un ancien général assyrien ambitieux qui avait tenté d'y prendre le pouvoir. Au même moment surgit la figure de Nabopolassar, fondateur de l'empire néo-babylonien. Les origines de ce chef militaire sont mal établies : peut-être est-il un Chaldéen, descendant d'anciens chefs tribaux, mais rien à ce jour n'est venu démontrer que la dynastie qu'il a fondé ait été d'origine chaldéenne ; sa base semble être le Pays de la Mer, situé à l'extrême sud de la Babylonie autour d'Uruk ; peut-être est-il appuyé au départ par Sîn-shar-ishkun. Quoi qu'il en soit, ce dernier défait ensuite Assur-etil-ilani et monte sur le trône assyrien. Nabopolassar profite de la situation pour s'emparer de la Babylonie, dont il est le maître vers 616 au moment où il commence à mener ses troupes plus vers le nord. C'est alors que Cyaxare, roi des Mèdes, s'allie avec le Babylonien pour détruire l'Assyrie. Les armées babyloniennes repoussent définitivement les Assyriens vers leur pays, tandis que les Mèdes attaquent au nord. Les grandes villes assyriennes tombent l'une après l'autre : Assur en 614, puis Kalkhu peu de temps après, et enfin la capitale Ninive en 612. La dernière poche de résistance assyriennes est éliminée à Harran en 609. Les longs conflits entre Babylone et l'Assyrie ont donc finalement profité à la première, avec l'aide décisive des Mèdes, et le royaume du nord est définitivement éliminé et remplacé par son rival méridional[10].

Les conquêtes de Nabuchodonosor II[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nabuchodonosor II.
L'extension approximative de l'empire des rois néo-babyloniens.

Après avoir abattu l'empire assyrien, Nabopolassar, désormais âgé, confie la direction des opérations militaires à son fils aîné Nabuchodonosor[11]. Celui-ci mène ses armées en Syrie à Karkemish où il défait l'armée égyptienne et ses alliés. Quand son père meurt en 605, il rentre à Babylone pour faire valoir ses droits sans avoir assuré sa domination sur la Palestine. Lorsqu'il devient roi, Nabuchodonosor II (604-562) ne manque ni d'expérience ni d'ambition[12]. Il retourne sur les bords de la Méditerranée, et parvient à faire reconnaître son hégémonie sur les souverains des royaumes de Phénicie, notamment Ascalon, et également sur le roi de Juda, et aussi face aux ambitions des Égyptiens au Levant. Après un premier revers, il renforce ses positions puis remporte plusieurs victoires décisives, dont la prise de Jérusalem en 597. Mais les révoltes persistent, et plusieurs révoltes soutenues par l'Égypte éclatent après 589, et les Babyloniens doivent mener plusieurs sièges difficiles, dont une nouvelle fois celui de Jérusalem en 588, et celui de Tyr qui met treize ans à tomber. Les Égyptiens subissent une défaite décisive en 568, et à ce moment la domination babylonienne sur le Levant est consolidée. Nabuchodonosor a également mené ses troupes en Cilicie, vers l'Arabie et fait face à des révoltes ailleurs, même en Babylonie. Ce monarque a aussi étendu l'empire de Babylone à son maximum historique. Durant toutes ces années, il a également entrepris d'importants chantiers dans les grandes villes de la Mésopotamie méridionale, poursuivant l'œuvre de reconstruction entamée par son père, et en premier lieu sa capitale Babylone, qui devient la plus renommée des cités de l'Orient, dont le souvenir est passé à la postérité. La fin de son règne, qui s'achève en 562, est mal connue[13].

Des successeurs contestés[modifier | modifier le code]

Après le règne de Nabuchodonosor II, Babylone ne retrouve plus la stabilité politique, à cause de trop grands conflits au sommet du pouvoir. Ceux-ci sont déjà perceptibles dans une révolte qui secoue Babylone en 594-593. Le fils de Nabuchodonosor II, Amêl-Marduk ne règne que deux ans[14]. Il est assassiné au cours d'une révolution de palais menée par Nériglissar. Ce dernier[15] était un homme influent à la cour de Babylone. Ayant participé à des opérations militaires du temps de Nabuchodonosor II, il occupait la fonction de simmagir, était gouverneur d'une province à l'est, et était de plus le gendre de l'ancien roi. Il n'eut que peu de temps pour régner, probablement en raison de son âge avancé. Il mène cependant une campagne en Cilicie, et fait bâtir et restaurer quelques monuments à Babylone. À sa mort en 556, son jeune fils Labashi-Marduk, petit-fils de Nabuchodonosor II par sa mère, monte sur le trône. Il est assassiné l'année même de son intronisation par des dignitaires de la cour[16].

Nabonide[modifier | modifier le code]

Stèle représentant Nabonide, devant des symboles divins.

Ce sont les deux chefs de la révolte, Nabonide et son fils Balthazar qui prennent le pouvoir[17]. Nabonide était depuis longtemps un personnage important à la cour de Babylone, mais il n'avait à la différence de ses prédécesseurs aucun lien de parenté avec Nabuchodonosor II. Il est probablement assez âgé lors qu'il accède au pouvoir, et est peut-être devenu roi avant tout pour que son fils Balthazar lui succède. Cependant, il règne seize ans durant lesquels il rencontra de nombreuses difficultés. Les révolutions de palais qui avaient ébranlé la cour royale avaient eu peu de conséquences dans l'Empire, qui restait assez calme. Une fois au pouvoir, Nabonide fait ce qu'un souverain de Babylone faisait d'ordinaire : il rend le culte, rénove les monuments, et mène même une campagne en Cilicie. Pour autant, il semble avoir été contesté, notamment en raison de son attitude religieuse. Par sa mère, il avait des origines à Harran en Haute Mésopotamie, un des deux lieux de cultes principaux de Sîn, le dieu-lune, et il vouait à ce dernier plus d'admiration qu'à Marduk, ce qui lui attire l'hostilité du clergé de Babylone. De plus, pour résoudre des problèmes dans la gestion des temples, il augmente le contrôle de l'État sur ces derniers, ce qui n'arrange pas la situation. Dans ce contexte de contestations, il part mener une campagne en Palestine, avant de s'installer pendant dix ans à Taima, en Arabie, autre grand lieu de culte au dieu-lune. La raison de cet exil si long est inconnue, et diverses théories sont avancées : problème au pouvoir, religion, influence de Balthazar, etc. Quoi qu'il en soit, c'est son fils Balthazar qui gouverne effectivement Babylone pendant ces années, sans être roi. S'il semble avoir été lui aussi un restaurateur et un bâtisseur, il a hérité d'une réputation d'homme peu habile en politique, et contesté. Lorsque Nabonide revient en 541, il réorganise son administration et évince quelques membres influents de la cour. Mais il reste sans doute très critiqué par une partie des élites du royaume[18].

La fin de l'empire babylonien[modifier | modifier le code]

Alors que Nabonide faisait face à des difficultés dans son royaume, un autre roi, au contraire, s'affirmait : Cyrus II, roi des Perses, et qui met fin au royaume mède en 550. Cyrus poursuit alors une série de victoires en Anatolie, et défait le roi Crésus de Lydie, devenant ainsi une menace pour les Babyloniens. Parvenu sur les rives de la mer Égée, le roi perse change de direction, et s'empare de territoires en Iran, Afghanistan, jusqu'au sud de l'Asie centrale et la vallée de l'Indus. En dix ans à peine, il s'est bâti un empire plus grand que tous ceux qui l'avaient précédé. Malgré les précautions de Nabonide, qui sentit le vent tourner et renforça ses lignes de défense septentrionales, le conflit qui se déclara en 539 fut une affaire vite réglée. Pour ne rien arranger, Gobryas/Ugbaru, gouverneur babylonien du Gutium (province frontalière de la Perse), se rallia à l'envahisseur. L'armée babylonienne est battue à Opis, Sippar se rend aux Perses qui réussissent ensuite à prendre Babylone sans longs combats, peut-être sur un coup de main mené par Gobryas. Balthasar est apparemment tué dans ces affrontements, tandis que Nabonide est sans doute exilé dans une province de l'est de l'Empire perse. En 539, Cyrus s'empare donc en quelque temps de tout l'empire babylonien, et étend sa domination sur la Mésopotamie et le Proche-Orient. C'en était fini de l'indépendance babylonienne, malgré le fait que le nouveau roi se présentait comme nouveau souverain du pays, reprenant le titre de roi de Babylone. Il était en effet devenu le roi d'un territoire immense regroupant plusieurs nations, dans lequel la Babylonie occupait une place certes importante, mais n'était plus le centre[19].

Organisation de l'empire[modifier | modifier le code]

Localisation des principales villes de la Babylonie tardive.

Administration[modifier | modifier le code]

L'organisation de l'empire babylonien est mal connue, mais paraît en gros identique à celle de l'empire néo-assyrien qu'il a remplacé, d'autant plus qu' il possédait à peu près les mêmes frontières que ce dernier[20]. Au sommet se trouvait le roi, auquel les sujets devaient prêter serment de fidélité (l'adê, héritage assyrien). Les rois babylonien se contentent de titres sobres, « roi de Babylone » ou le plus ancien roi de « Sumer et d'Akkad », laissant de côté les titres à prétention universelle prisés par leurs prédécesseurs assyriens, qui ne sont repris que par Nabonide. Il est possible que les premiers rois néo-babyloniens aient volontairement laissé de côté la rhétorique arrogante et guerrière des Assyriens vus comme des impies (après notamment la destruction de Babylone par Sennachérib), préférant se présenter eux-mêmes comme des rois dévots[21].

La haute administration de l'empire (centrale et provinciale) est mal documentée, étant connue essentiellement par une inscription de Nabuchodonosor II, donnant la liste des « Grands du pays d'Akkad » (rabûti ša māt Akkadi), qui occupent des charges à la cour et dans les provinces. Deux des dignitaires majeurs de la cour sont le « chef des cuisiniers » (rab nahatimmī), titre n'ayant sans doute qu'un lointain rapport avec la fonction qui devait plutôt être de type militaire, et le mašennu, sans doute une sorte d'intendant. Les femmes de la famille royale sont tout aussi mal connues[22]. Les provinces (pīhāti) de la Babylonie étaient administrées par des gouverneurs, le plus souvent appelés bēl pīhāti, ou encore šaknu, šakin tēmi. L'administration locale est pour partie à la charge de ces gouverneurs, qui doivent également partager plusieurs prérogatives avec d'autres personnages et institutions. Des commissaires royaux (qīpi āli) sont parfois imposés par le roi à certaines administrations, dont celle de temples. On trouve encore des « maires » (hazannu) de villes et de villages. L'administration des grands temples est difficile à dissocier de celle des villes où ils se trouvent, car ils contribuent à leur gestion[23].

En dehors de la Babylonie, la situation des provinces de l'empire semble variée. En certains endroits, on trouve des gouverneurs nommés par le pouvoir babylonien. Dans d'autres, des royaumes comme des villes gardent leur propre administration, et sont considérés comme vassaux de l'empire. La situation peut évoluer au cours du temps : le royaume de Juda conserve son roi jusqu'à sa révolte sous Nabuchodonosor II, qui y installe alors un gouverneur à sa convenance, mais d'origine locale[24]. Les traces de domination babylonienne sous les territoires qui ont avoir été sous son contrôle sont finalement très ténues. Les signes les plus évidentes d'une domination babylonienne en Assyrie sont une résidence et une poignée de tablettes à Dur-Katlimmu, les inscriptions sur les travaux entrepris à Harran par Nabonide voire deux temples à Assur dont la datation est discutée. Pour les autres régions, quelques inscriptions de Nabuchodonosor II ont été mises au jour au sur l'îlot de Failaka au Koweït et au Liban (Nahr el-Kelb et Wadi Brissa) ; d'autres de Nabonide en Jordanie (Sela') et à Tayma en Arabie où il a résidé plusieurs années. Les traces archéologiques les plus nombreuses de la domination babylonienne au Levant sont les couches de destruction consécutives aux conquêtes ; en dehors de cela, il n'est pas possible de définir archéologiquement une période néo-babylonienne dans ces régions[25]. Ce vide est peut-être explicable par le fait qu'elles étaient en crise profonde après les conflits les ayant touché depuis la période assyrienne et auraient alors constitué des espaces vides peu intéressants pour l'administration babylonienne qui n'a jamais cherché à les mettre en valeur[26].

Justice[modifier | modifier le code]

En Babylonie, des assemblées locales (puhru) constituées de notables ou d'anciens ont un rôle dans la vie locale, notamment en tant que cour de justice, bien que les autres institutions, comme des cours où siègent des juges royaux, ou les temples, aient des prérogatives juridiques[27]. L'exercice de la justice n'a donc pas changé substantiellement depuis la période paléo-babylonienne : il existe toujours une pluralité d'assemblées de justice, où siègent de façon collégiale plusieurs juges assistés de scribes. Plusieurs d'entre elles sont dirigées par des administrateurs royaux, nommés sartennu ou šukallu. Une tablette fragmentaire porte un texte qui ressemble à un code de loi néo-babylonien[28], mais les sources concernant la justice à cette époque et au début de la domination perse sont pour la plupart des documents de la pratique (compte-rendus de procès et lettres)[29]. Ils documentent différents types d'affaires (vols, malversations, litiges de propriété, affaires familiales, héritages, dettes, etc.), et offrent un aperçu vivant de la vie quotidienne des Babyloniens de cette période. Les procès ont un déroulement similaire à ceux des périodes précédentes[27]. La plupart des peines connues sont pécuniaires. On connait peu de mentions de l'ordalie, des châtiments corporels ou de la peine de mort, apparemment requise en cas d'adultère ou de crime de lèse-majesté[30].

Armée[modifier | modifier le code]

L'armée néo-babylonienne n'est pas mieux connue que celle des périodes précédentes, mais elle reprend les caractéristiques de l'armée néo-assyrienne qui elle est bien connue. Les rois de Babylone ont d'ailleurs peut-être repris des troupes assyriennes après avoir vaincu cet empire. Les troupes reposent essentiellement sur des fantassins armées d'arcs, lances et de glaives/coutelas, regroupés en unités hiérarchisées suivant les principes déjà en place du temps de Hammurabi, dirigés en dernier lieu par le roi et ses proches qui chapeautent le corps des officiers (ša rēš šarri). Le service militaire fait partie des services (ilku) dus au roi, qui peut se concrétiser par une participation effective à la guerre ou bien une contribution pour équiper les troupes. La main-d'œuvre des temples est mobilisée pour la guerre, et équipée par l'institution. Des tenures militaires existent à cette période, avec les « terres d'arcs » (bīt qašti), mais leur fonctionnement n'est bien connu que pour la période achéménide. Les autres corps d'armée (charrerie, cavalerie, poliorcétique) nous échappent[31].

La guerre est un moyen pour les rois babyloniens d'obtenir un tribut ou du butin, notamment des produits rares (métaux, bois de qualité) ou des prisonniers de guerre qui sont ensuite donnés aux temples où ils travaillent en tant qu'esclaves. Ils pratiquent également la déportation, à une moindre échelle que les Assyriens qui déplaçaient des populations dans tout leur empire, puisqu'ils l'utilisent uniquement pour établir de nouvelles populations en Babylonie. Pour autant, il ne faut pas forcément supposer que la domination babylonienne ait été moins brutale que celle de leurs prédécesseurs[32]. Même si les rois de Babylone ne se sont pas attardé à décrire les destructions et déportations qu'ils ont ordonné comme l'ont fait les Assyriens, on connaît plusieurs exemples de tels actes durant leur hégémonie, notamment en Palestine.

La capitale, reflet de la puissance de l'empire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Babylone.
Plan de la ville intérieure de Babylone. « Livius »

La ville de Babylone connaît son apogée sous la dynastie néo-babylonienne[33]. C'est pour cette période qu'elle est le mieux connue. En effet, les niveaux paléo-babyloniens sont inaccessibles car noyés sous la nappe phréatique et recouverts par les constructions du Ier millénaire, et les niveaux médio-babyloniens ne sont pas mieux connus[34]. Il semble que la trame générale de la ville néo-babylonienne soit déjà en place au XIIe siècle, si l'on se fie au texte topographique TINTIR[35]. Après sa destruction brutale par Sennachérib, Babylone est réaménagée par les derniers rois assyriens et surtout les premiers rois néo-babyloniens, Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Elle atteint alors une surface de 975 hectares, inégalée dans le Proche-Orient ancien, et est probablement l'une des plus grandes villes du monde, illustrant la puissance et le prestige de l'Empire dont elle est le centre. Seule une partie réduite de sa surface a été dégagée, surtout autour des monuments principaux, mais elle l'a été de manière remarquable durant les fouilles allemandes menées par Robert Koldewey au début du XXe siècle[4].

Babylone a une forme grossièrement rectangulaire (2,5 × 1,5 kilomètre), coupée en deux par l'Euphrate, que l'on pouvait franchir par un pont, dans le sens nord-sud. Elle est protégée par une enceinte épaisse percée de huit portes, dont la plus célèbre est la Porte d'Ishtar. À l'époque néo-babylonienne, elle est doublée d’une enceinte extérieure de forme triangulaire qui s'étend sur la rive gauche de l'Euphrate, et mesure plus de 12 kilomètres de long. On ignore si l'espace qu'elle protégeait était habité au-delà de l'enceinte intérieure, qui concentre la majorité des monuments principaux de la ville. Plusieurs canaux parcouraient la ville.

En tant que capitale du royaume, Babylone abritait plusieurs palais royaux. Le « Palais sud » et le « Palais nord » se trouvaient au bord de l'Euphrate, encastrés dans la muraille nord de l'enceinte intérieure. Seul le plan du premier est bien connu : c'est un vaste trapèze de 322 × 190 mètres et de plus de 200 pièces, organisé autour d'une succession de cinq cours disposés horizontalement, celle du milieu ouvrant sur la salle du trône. Le plan du deuxième palais, plus récent, est mal connu. Un bastion avait été bâti sur les bords du fleuve pour protéger l'édifice des crues. Au nord de l'espace protégé par l'enceinte extérieure se trouvait un troisième palais, surnommé « Palais d'été ». Quant aux « Jardins suspendus de Babylone », ils n'ont pu être repérés lors des fouilles, et leur origine est peut-être à rechercher dans les capitales assyriennes plutôt qu'à Babylone[36].

« Carte du Monde » figurant Babylone au centre de celui-ci, VIIe siècle av. J.-C.

La capitale de l'empire est également une ville sainte, disposant de nombreux sanctuaires dédiés aux divinités principales de la Mésopotamie. Le grand temple de Babylone est l'Esagil, dédié au dieu Marduk et à son entourage proche, dont sa parèdre Zarpanitu[37]. Protégé par une enceinte délimitant l'espace sacré, il est particulièrement vaste (89,50 × 79,30 mètres), mais seul le « saint des saints » et les pièces adjacentes ont été mis au jour. Au nord, une autre enceinte entourait Etemenanki, la ziggurat qui était associée à l'Esagil, de base carrée de 91 mètres de côté, qui est sans doute à l'origine du mythe de la Tour de Babel. Son aspect et ses dimensions sont décrites dans la Tablette de l'Esagil, sans doute rédigée vers la période néo-babylonienne[38]. Ce groupe d'édifices était l'aboutissement de la « Voie processionnelle », artère principale de la ville qui passait par la Porte d'Ishtar et servait de trajet à des processions religieuses, notamment lors de la grande fête-akītu qui avait lieu au Nouvel An. Le clergé local est apparemment parvenu à imposer la vision selon laquelle Babylone était le centre du monde, là où le dieu Marduk avait créé la Terre, comme l'illustre une tablette néo-babylonienne sur laquelle se trouve une carte du monde tel qu'il était alors conçu[39]. Cette idéologie est reprise par les rois babyloniens dont le prestige profite du rôle cosmique attribué à leur capitale.

Les grandes villes de Basse Mésopotamie bénéficient également du patronage des rois néo-babyloniens, qui restaurent leurs monuments principaux, avant tout les temples qui comme d'habitude font l'objet des plus longues inscriptions de fondation des rois babyloniens[40]. Borsippa fait l'objet de nombreuses attentions de la part de Nabuchodonosor II qui restaure ses murailles, ses temples et sa ziggurat. Des travaux ont été réalisés dans l'Eanna d'Uruk sous les auspices de plusieurs rois assyriens et babyloniens. Nabonide, fervent dévot du dieu-lune Sîn, entreprend d'importants chantiers dans ses sanctuaires d'Ur et de Harran. Toutes les principales villes bénéficient donc des richesses des rois de Babylone, même si c'est la capitale qui profite avant tout de leurs largesses, ce qui contribue à son rayonnement qui continue même après la fin du royaume comme le montre le témoignage d'Hérodote.

Aspects économiques et sociaux[modifier | modifier le code]

Peuplement et urbanisme[modifier | modifier le code]

L'augmentation de la densité de peuplement de la Babylonie est constant à partir du VIIIe siècle, avec notamment l'apparition de nouveaux villages et la croissance des agglomérations les plus vastes, couvrant plus de 10 hectares[41]. Ce repeuplement est sans doute en grande partie une conséquence de la stabilité politique et économique que retrouve progressivement la région après la fin de la période obscure de la fin du IIe millénaire et du début du Ier millénaire. Il est aussi lié à la volonté des rois qui déportent des peuples vaincus en Babylonie où ils les installent dans des villages. Ce mouvement commence à l'époque de la domination assyrienne, et se poursuit sous les rois babyloniens avec l'arrivée de déportés venus de Syrie et du Levant[42]. On retrouve dans les documents de la période achéménide des agglomérations nommées suivant le pays d'origine de ses habitants : on trouve ainsi une Ascalon, une Gaza, une Qadesh, une Tyr, et également une « ville de Juda » peuplée par des Judéens déportés au temps de Nabuchodonosor, dont on trouve un écho dans la Bible. Cette dernière communauté est bien connue grâce à des tablettes économiques de la période achéménide mentionnant des personnes d'origine judéenne reconnaissables par leur nom, vu que leurs activités ne les distinguent pas des autres populations[43].

Les villes principales de la Babylonie de cette période ont alors toutes une histoire très ancienne : il s'agit notamment de Babylone, Borsippa, Sippar, Nippur, Uruk, Ur. Elles sont organisées autour d'un ou plusieurs secteurs monumentaux, en premier lieu le temple de la divinité principale de la cité, comprenant notamment la ziggurat, édifice à degrés dominant le paysage urbain. Les secteurs officiels font l'objet de travaux entrepris par les rois, et leur organisation est en grande partie le résultat d'une planification, qui concerne également le secteur des murailles défendant et cités et les axes de circulation majeurs (les grandes rues comme la Voie processionnelle de Babylone, les canaux). Les autres quartiers sont sans doute plus généralement le résultat d'un urbanisme spontané, issu de nombreuses évolutions. Les rues y sont généralement étroites, la densité du bâti est forte. Les résidences sont de tailles diverses, organisées autour d'un espace central, ainsi que d'une salle de réception dans les maisons riches, et de pièces aux fonctions variées[44].

Expansion de l'agriculture irriguée[modifier | modifier le code]

Rigole d'irrigation dans l'Irak actuel, région de Bagdad.

La période néo-babylonienne voit le développement de l'agriculture se poursuivre sur un rythme sans doute plus important que durant le siècle précédent, et qui prend place dans un long cycle de croissance des potentialités agricoles de la région qui se poursuit durant la seconde moitié du Ier millénaire. Les rois babyloniens jouent un autre rôle dans l'essor agricole en remettant en état le réseau de canaux, qui avait été laissé pour compte du fait des troubles politiques des siècles précédents, et avait subi plusieurs changements du cours de l'Euphrate[45]. Le système d'irrigation était géré par une administration liée à la gestion des terres royales, auxquelles sont intégrées les voies d'eau, et à la tête duquel se trouve le mašennu, intendant du domaine royal. Au niveau local elle était gérée par le gugallu qui contrôle l'état des canaux, la gestion de la distribution de l'eau, et plus largement la mise en culture de zones agricoles[46].

L'agriculture irriguée concerne essentiellement les deux grandes cultures qui dominent en Basse Mésopotamie : les céréales, avant tout l'orge, et le palmier-dattier (associé aux cultures maraîchères) dont la culture connaît une expansion à la période néo-babylonienne du fait des profits substantiels qu'elle peut amener[47]. En effet, si la céréaliculture demande peu d'investissements, elle n'a sans doute pas permis de générer de forts rendements ; la culture du palmier-dattier, plus onéreuse à mettre en place, semble en revanche générer à moyen terme des rendements importants. Pour les historiens aux vues « modernistes », cela expliquerait l'attractivité de cette dernière aux yeux des acteurs économiques privés plus motivés par la recherche du profit. Les terres les mieux irriguées sont les plus convoitées, et font l'objet de tensions entre les différents propriétaires potentiels. Il est également essentiel de disposer de la main-d'œuvre et du matériel d'exploitation pour exploiter la terre, qui elle ne paraît pas manquer. Les parcelles connues par des descriptions et des plans sont de forme quadrangulaire souvent rectangulaire, et tendent à s'allonger considérablement, avec un de leurs deux côtés courts bordant un canal d'irrigation. Cela résulte peut-être d'un programme de planification du découpage des terres, prenant en compte la concurrence pour l'accès aux canaux qu'il fallait offrir à un maximum de champs et de palmeraies-jardins[48].

Structures économiques : temples, notables et dépendants[modifier | modifier le code]

Les structures économiques de la période néo-babylonienne fonctionnent selon un principe similaire à celui des périodes précédentes, mais des évolutions notables s'effectuent en lien avec les évolutions politiques et économiques de la Babylonie durant la période de domination assyrienne puis l'établissement de l'empire babylonien dont les retombées économiques sont fortes pour certains acteurs économiques proches du pouvoir royal[49]. Les domaines de la couronne occupaient sans doute une place importante, mais ils ne sont pas documentés, de même que la catégorie supérieure des élites du royaume, la « noblesse » babylonienne disposant des plus hautes charges et dignités, mais reste très mal connue. Les archives des temples sont en revanche très fournies, avec deux lots majeurs : celui de l'Eanna d'Uruk[50] et celui de l'Ebabbar de Sippar[51], deux des plus grands sanctuaires de la Babylonie. Le premier disposait d'environ 17 000 hectares de terre, même s'il apparaît que la totalité du domaine n'était pas exploitée et qu'il faut prendre en compte la pratique de la jachère biennale[52]. Les sanctuaires avaient toujours leur administration propre pour leurs activités économiques, soumise en dernier recours au pouvoir royal, qui reste leur principal pourvoyeur et place certains de ses délégués auprès de l'administrateur en chef du sanctuaire, le šatammu ou šangû[53].

L'exploitation des domaines temples pouvait se faire de différentes façons[54]. Certains champs étaient attribuées directement à des dépendants du temple, généralement des oblats (voir plus bas), qui étaient appelés « cultivateurs » (ikkaru), organisés en équipes de labours dirigées par des chefs de cultivateurs (rab ikkarī), et qui versaient une redevance (sūtu) à l'organisme propriétaire du domaine, fixée au préalable après une estimation des rendements (immitu), qui avait lieu avant le début de la culture. Le temple pouvait aussi concéder des terres sur contrat à des petits exploitants indépendants (errešu), qui laissaient en général la moitié de leur production. Le système de fonctionnement des palmeraies-jardins est différent, car les exploitants (le nukarribu, « jardinier ») sont des salariés rémunérés par l'institution, sous la supervision d'un irrigateur (gugallu), qu'ils soient des oblats installés par le temple ou des exploitants indépendants louant la terre. On trouvait également des champs attribués à des prébendiers (rab banê sur les palmeraies-jardins de Sippar, louant des terres prébendières appelées hallatu), dont les productions devaient en partie être versées pour les offrandes du culte. Un autre système d'attribution des terres est connu à partir du règne de Nabonide, la « ferme générale », cas dans lequel le champ est concédé à des notables contre redevance, charge à ces derniers de le mettre en valeur avec ses propres moyens humains et techniques. Cela concernait des domaines plus importants que ceux concédés aux petits exploitants. En ce qui concerne l'élevage, la gestion des troupeaux était menée de manière très rigoureuse, selon un système hiérarchique précis[55]. On gardait les bêtes réservées pour le culte dans les étables du temple, tandis que des moutons étaient confiés à des bergers qui pouvaient les amener paître très loin, jusque dans la région du cours moyen du Tigre.

Les textes nous documentent également des activités privées de familles de notables urbains, souvent désignés d'après un ancêtre commun, comme les descendants du « Forgeron » (Nappahu) à Babylone. M. Jursa a proposé de les diviser en deux groupes ou du moins deux modalités d'enrichissement principales, toujours en lien avec les institutions[56]. Un premier groupe est constitué de prébendiers des grands temples, qui doivent avant tout leur fortune à la détention de ces charges du culte divin qui permettent de se voir concéder des terres, des revenus ainsi qu'une dignité et de se constituer un solide réseau social, tout en pouvant tirer des revenus de propriétés foncières. Ce seraient des sortes de « rentiers ». Le second groupe constitue un phénomène particulier de la période néo-babylonienne, qui se voit dans la croissance des archives privées qui nous documentent les activités économiques souvent ambitieuses de groupes de familles (au sens large), seraient de véritables « entrepreneurs »[57]. Quoi qu'il en soit, on constate que ce groupe est peu homogène par les activités qu'il exerce (exploitation de domaines pour le compte d'institutions, constitution de patrimoines fonciers, prise en fermage de taxe, commerce, prêts, etc.). Ce qui les caractérise avant tout est la présence d'archives familiales gardées souvent durant plusieurs générations, et le rôle du chef de famille qui dirige les affaires de tout le groupe. Le cas le plus représentatif pour cette période est la famille des descendants d'Egibi, installée à Babylone, qui exerce diverses activités : commerce de denrées alimentaires autour de la capitale, prêts, prise à ferme de taxes, achats de propriétés foncières urbaines et rurales qui sont ensuite louées, achats d'esclaves, etc.[58]

Les temples comme les notables emploient un ensemble de travailleurs qui ont des conditions juridiques diverses[59]. Le grand clivage est celui qui sépare les hommes libres, appelés mār banê à cette période, et les esclaves (masculins ardu, féminins amtu). Mais d'autres conditions de personnes que l'on peut qualifier de « dépendants » ou de « semi-libres » existaient[60]. Les mieux connus sont les « oblats » (širku) des temples, parmi lesquels on trouve des libres et des non-libres, qui sont des personnes données à un temple par leur famille, avec obligation de travailler pour l'institution, généralement en tant qu'exploitant agricole ou artisan, contre des rations d'entretien. Il s'agit ici d'un statut de dépendance totale vis-à-vis de l'institution, qui a un caractère juridique, pouvant être apparenté au servage. Les esclaves restaient une force de travail possible, mais réellement importante que sur les domaines des temples et de la couronne, ceux de ces derniers (arad/amat šarrūti) disposant apparemment d'un statut particulier[61]. Les propriétaires privés en employaient surtout à domicile, ou leur confiaient parfois des tâches plus autonomes, comme la gestion d'une exploitation agricole, d'un atelier artisanal, ou encore des missions commerciales, auquel cas l'esclave devait leur verser un rente annuelle appelée mandattu. Les couches populaires des villes babyloniennes sont un prolétariat difficile à saisir, de nombreuses personnes louant leurs bras pour des travaux urbains ou ruraux[62].

Structures familiales[modifier | modifier le code]

L'unité de base de la société reste la famille nucléaire monogame, structure économique et culturelle essentielle[63]. Au moment de l'union qui la forme, arrangée entre les chefs de maisonnée qui sont des hommes libres (mār banê), la famille de la mariée verse comme aux périodes précédentes une dot (nudunnu) - discutée à l'avance et parfois fixée par contrat - au marié lors de l'union, la contre-dot de la période paléo-babylonienne a disparu de la documentation de cette période, même si on connaît encore des cas où l'épouse reçoit un présent (biblu) de la part du marié ou de sa famille. L'époux peut choisir de divorcer (muššuru, littéralement « relâcher ») de son épouse, généralement sur des motifs de préférences personnelles, et il doit alors lui verser une compensation financière, parfois en lui restituant sa dot[64]. À la mort du père de famille, ses possessions sont partagées entre ses fils, l'aîné prenant une part équivalant au double de celle de ses cadets, à moins que les modalités de l'héritage n'aient été précisées par testament (ce qui est un cas peu courant)[65]. Parfois les héritiers peuvent recevoir une part avant la mort du chef de famille. La dot constitue la part d'héritage des filles. Les couples stériles pouvaient adopter des héritiers, même si le contrat d'adoption sert aussi à dissimuler des arrangements économiques et financiers entre personnes[66], à moins que le mari ne prenne une épouse secondaire pour enfanter.

Les échanges : circuits et acteurs[modifier | modifier le code]

Le commerce à la période néo-babylonienne est toujours dominé par les grands organismes qui engagent des marchands (tamkāru), pour vendre localement les surplus de leurs activités de production, avant tout des cultures (grain, dattes) et de l'élevage (laine), et pour s'approvisionner en produits rares venant de loin[67]. Ils financent des opérations de commerce à longue distance (bien moins important en volume que le commerce local), pour se procurer des produits de valeur hors de Mésopotamie ou en les faisant acheter sur les marchés de cette région où ils sont déjà acheminés par d'autres moyens. Ils recherchent avant tout des métaux (étain d'Iran, cuivre de Chypre, fer), de l'alun d'Égypte, des teintures du Levant, du vin de Syrie et de Haute Mésopotamie[68].

Les marchands semblent être indépendants des institutions, et peuvent donc agir à titre privé à l'occasion, notamment au sein d'associations commerciales. La plus répandue à cette période est le contrat ana harrāni (« pour une expédition commerciale »), qui voit une ou plusieurs personnes apporter un capital, qu'un mandataire doit faire fructifier, les profits étant répartis proportionnellement à l'apport initial[69]. On trouve ce type d'association dans les archives privées de la période, notamment pour la commercialisation de produits agricoles à l'échelle locale. Les familles d'entrepreneurs comme les Egibi sont en effet impliquées dans l'acheminement et la vente dans les villes des denrées produites dans les campagnes alentour par des paysans qui n'ont pas les moyens de les vendre eux-mêmes. Les contrats ana harrāni peuvent également servir pour des opérations financières ou agricoles.

Religion et culture[modifier | modifier le code]

Les divinités[modifier | modifier le code]

La période néo-babylonienne voit l'affirmation définitive de Marduk/Bēl en tant que divinité principale du panthéon babylonien. Ce dieu est promu par l'idéologie royale, qui favorise généralement le rôle prépondérant de son grand temple, l'Esagil, en dehors du cas particulier de Nabonide qui a une prédilection pour le dieu-lune Sîn. Il ne faut d'ailleurs pas trop se focaliser sur les discours produits par les souverains et leur entourage, qui peuvent être en décalage avec la réalité des croyances populaires que l'on peut percevoir par exemple dans les noms de personnes, faisant souvent référence à des divinités. On constate ainsi que les grands dieux mésopotamiens anciens restent très vénérés (même si leurs aspects peuvent évoluer), que ce soit la triade Anu, Enlil et Ea, ainsi que les divinités célestes Sîn, Shamash et Ishtar, ou encore le dieu de l'Orage Adad, la déesse de la médecine Gula ou le dieu de la sagesse Nabû dont la popularité augmente fortement à cette période, menaçant presque la prééminence de son père Marduk. Ishtar est à cette période la divinité féminine principale, disposant de lieux de culte majeurs dans plusieurs cités (Uruk, Babylone, Akkad, Kish, Nippur), et ayant absorbé les caractéristiques de la plupart des anciennes déesses mésopotamiennes (Ninlil, Ninhursag, etc.)[70].

Le culte : lieux, acteurs, moments[modifier | modifier le code]

Cylindre d'argile commémorant la reconstruction du grand temple du dieu Sîn à Ur par le roi Nabonide, British Museum.

Le culte de la période néo-babylonienne reprend les aspects traditionnels du culte mésopotamien. Il est effectué dans des temples urbains, dominés par les grands sanctuaires les plus dotés en terres et en offrandes, qui achèvent alors de se présenter comme de vastes complexes cultuels protégés par une longue enceinte délimitant un espace sacré organisé autour d'un temple principal, d'une ziggurat et de nombreuses dépendances[40]. Ce sont l'Esagil de Babylone, temple de Marduk, l'Eanna d'Uruk, temple de la déesse Ishtar qui est le plus documenté dans le domaine cultuel[71], l'Ezida de Borsippa, temple de Nabû, l'Ebabbar de Sippar, dédié à Shamash, ou encore l'Ekur de Nippur, temple d'Enlil. Ce dernier centralisait l'organisation du culte des autres temples de sa ville, situation qui semble courante en Babylonie à cette période[72].

Le personnel chargé du culte de la divinité est constitué des personnes ayant accès à l'espace sacré du temple qui culminait dans le papahu, lieu saint abritant la statue de la divinité tutélaire du temple[73]. À l'époque néo-babylonienne on les désigne comme erīb bīti. Au sens étroit, cela comprend les prêtres accomplissant le service cultuel pour le dieu au quotidien, les spécialistes de rituels requis dans certains cas (exorcistes, devins, lamentateurs, musiciens), mais au sens large on y inclut également certains prébendiers qui réalisent le repas divin (bouchers, mais apparemment pas les boulangers ou les brasseurs) ou ceux qui sont responsables des habits, des parures et du mobilier de la divinité (orfèvres, charpentiers)[74]. Les membres les plus importants du personnel cultuel présidaient l'assemblée du temple (kiništu), qui pouvait avoir des prérogatives administratives et judiciaires. Mais l'acteur le plus important du culte babylonien reste comme aux périodes précédentes le souverain, qui peut entrer dans les sanctuaires, finance et organise les restaurations des grands temples, les pourvoit en offrandes, et participe à certains rituels majeurs. À la différence des rois néo-assyriens qui célèbrent surtout la construction de grands palais royaux, les inscriptions de fondation des rois néo-babyloniens mettent l'emphase sur les constructions religieuses.

À certains moments, le personnel cultuel était aussi mobilisé pour des rituels particuliers revenant à des intervalles réguliers ou pas. Les premiers sont les fêtes religieuses, dont la plus importante à l'époque néo-babylonienne est la fête-akītu de la capitale qui avait lieu lors du Nouvel An, dominée par la figure du grand dieu Marduk, que rejoignaient pour le célébrer les statues des autres grandes divinités de Babylonie. Le roi était l'autre acteur principal de cette fête, durant laquelle il confessait ses fautes avant de se voir remettre les insignes de la royauté par le dieu, sous la supervision du clergé de l'Esagil[75]. Il s'agit donc d'un rituel essentiel de l'idéologie royale néo-babylonienne. De nombreuses autres fêtes remplissaient le calendrier cultuel des grandes villes de Babylonie.

Le milieu lettré de Babylone[modifier | modifier le code]

Tablette de la période néo-babylonienne comprenant le texte de la liste lexicale E.A = nâqu, syllabaire sumérien-akkadien, Musée du Louvre.

Les scribes continuent à être formés selon les méthodes des périodes précédentes, et l'écriture cunéiforme paraît encore dominer à la période néo-babylonienne malgré le fait que l'usage de l'araméen alphabétique écrit sur parchemin se développe, notamment dans l'administration où les scribes sur tablettes sont associés à des scribes sur parchemin (appelés šepiru)[76]. Au niveau supérieur du cursus, les lettrés sont les « spécialistes » (ummānu) d'une discipline dont ils ont acquis les arcanes après une formation longue, impliquant la maîtrise de l'akkadien mais aussi du sumérien. Ils ont toujours une fonction religieuse : il s'agit donc d'exorcistes (ašipu), de devins (barū), de lamentateurs (kalû), et aussi d'astronomes/astrologues (ṭupšar Enūma Anu Enlil)[77]. Ils travaillent généralement dans les grands sanctuaires de la Babylonie, dans la capitale ou bien à Uruk, Nippur et Sippar. C'est dans ces endroits que la tradition savante mésopotamienne survit, alors qu'elle n'exerce plus hors des limites du Pays des deux fleuves le rayonnement qu'elle avait à la fin du IIe millénaire.

Dans une petite pièce du sanctuaire de Shamash à Sippar, des archéologues iraqiens ont mis au jour en 1985 une bibliothèque de la période néo-babylonienne, comprenant environ 800 tablettes (soit un lot bien modeste comparé aux milliers de tablettes des bibliothèques royales d'Assyrie)[78]. Comme les autres bibliothèques mésopotamiennes, la majorité des tablettes concerne des rituels religieux, des hymnes, des prières et des listes lexicales, à côté de quelques œuvres « littéraires » (ainsi l'Atrahasis et l'Épopée de la Création) et des copies de vieilles inscriptions royales.

Il s'agit donc là les principaux types de littérature savante attestés pour cette période, qui sont souvent l'aboutissement d'une évolution de plusieurs siècles de tradition ayant vu la fixation de séries « canoniques », donc une unification et une standardisation des classiques de la littérature mésopotamienne[79]. Cela concerne en premier lieu les grandes séries de listes lexicales, notamment la plus importante, HA.RA = hubullu, composée de 24 tablettes compilant différents éléments de la réalité (objets en bois, métal, argile, textile, animaux, pierres, plantes, toponymes, etc.). On trouve également les grandes séries divinatoires comme Enūma Anu Enlil qui contient la base du savoir astrologique ou encore Barûtu pour l'hépatoscopie. Il s'agit de textes techniques servant aux prêtres spécialistes des temples, mais aussi d'œuvres regroupant un savoir à finalité encyclopédique. À partir de cette période, les grandes séries canoniques font de plus en plus l'objet de commentaires et d'explications, parfois pour chercher le sens caché des mots ou des signes qu'on y trouve : un savoir ésotérique se développe. Pour les besoins du culte, les spécialistes avaient également accès à des hymnes, des prières, et des textes décrivant des cérémonies religieuses précises se déroulant dans des temples, avec les procédures à suivre, les chants à entonner. À côté de cela, les mythes (Épopée de Gilgamesh, Épopée de la Création, Descente d'Ishtar aux Enfers, etc.) et textes de littérature sapientiale ne constituent qu'une faible part des œuvres qui nous sont parvenues, et on ne sait pas dans quel contexte exact elles pouvaient être utilisées, hormis pour le cas de l'Épopée de la Création récitée lors de la fête du Nouvel An de Babylone. Les sciences sont connues par diverses tablettes de cette période (médecine, astronomie/astrologie, mathématiques, etc.)[80].

Réalisations artistiques[modifier | modifier le code]

Panneau de briques à glaçure en relief provenant de la Voie processionnelle de Babylone : lion passant à gauche, Pergamon Museum de Berlin.
Sceau-cachet néo-babylonien en diorite avec son impression sur argile, représentant une scène d'hommage à une divinité sur un bateau, Musée des beaux-arts de Lyon.

Les artistes néo-babyloniens continuent à réaliser des stèles sculptées dans la continuité des périodes précédentes. Les sceaux-cylindres de la période sont très peu inscrits, et leurs images témoignent d'une certaine influence thématique assyrienne[81] : un thème récurrent est celui du combat d'un héros, parfois ailé, qui s'apprête à frapper une bête avec une épée recourbée, mais on trouve aussi des scènes de purification d'arbre sacré, ou encore des rondes représentant des files d'animaux réels ou mythologiques pouvant se dérouler à l'infini. Mais les sceaux-cachets sont de plus en plus utilisés au cours du Ier millénaire, et finissent par supplanter les sceaux-cylindres qui disparaissent dans la seconde moitié du millénaire.

L'art de la terre cuite est répandu : de nombreuses figurines et reliefs sont réalisés à l'aide de moules. Les figurines les plus courantes représentent des divinités, des démons protecteurs comme Pazuzu, mais aussi des femmes nues, des hommes portant des vases, des cavaliers, des barques, des lits, des tables et d'autres meubles[82]. Il peut s'agir d'objets votifs offerts à des temples, ou bien d'objets à fonction sacrée conservés au domicile pour assurer une protection magique. On connaît également des amulettes protectrices en pierre ou en métal.

Pour les décors architecturaux, les artisans néo-babyloniens améliorent la technique de la glaçure colorée, qu'ils combinent avec celle des briques moulées en reliefs pour donner les somptueux décors colorés ornant la Porte d'Ishtar de Babylone et les deux murs bordant la Voie processionnelle (sur 180 mètres de long) de cette ville, où passaient les processions lors des principales fêtes religieuses[83]. Les décors représentaient notamment des frises de lions, animal-symbole de la déesse Ishtar, ainsi que des motifs floraux, auxquels étaient joints sur la Porte d'Ishtar les dragons symbolisant Marduk et les taureaux symbolisant Adad. Un décor similaire ornait la salle du trône du « Palais sud ».

Références[modifier | modifier le code]

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  22. (en) D. B. Weisberg, « Royal Women of the Neo-Babylonian Period », dans P. Garelli (dir.), Le Palais et la Royauté (Archéologie et civilisation), CRRAI 19, Paris, 1974, p. 447-454
  23. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 917-918. Voir aussi (en) P.-A. Beaulieu, « Ea-dayān, Governor of the Sealand, and Other Dignitaries of the Neo-Babylonian Empire », dans Journal of Cuneiform Studies 54, 2002, p. 99-123.
  24. Joannès 2000, p. 91-92
  25. Baker 2012, p. 927-929. Sur la situation de Juda et des Judéens à cette période, voir en particulier (en) O. Lipschits et J. Blenkinsopp (dir.), Judah and the Judeans in the Neo-Babylonian period, Winona Lake, 2003.
  26. C'est l'avis de M. Liverani, cf. par exemple La Bible et l'invention de l'histoire, Paris, 2008, p. 317-320.
  27. a et b Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 918-920
  28. (en) M. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, 1995, p. 143-149
  29. F. Joannès, « Lettres et procès néo-babyloniens », dans F. Joannès (dir.), Rendre la Justice en Mésopotamie, Saint-Denis, 2000, p. 201-239
  30. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 961-967 pour une description des délits et crimes connus et des sentences.
  31. F. Joannès, « Guerre et économie dans l'empire néo-babylonien », dans J. Andreau, R. Descat et P. Briant (dir.), Économie antique, La guerre dans l'économie antique, Saint-Bertrand de Comminges, 2000, p. 63-80 ; (en) J. MacGinnis, « Mobilisation and Militarisation in the Neo-Babylonian Empire », dans J. Vidal (dir.), Studies on War in the Ancient Near East, Collected Essays on Military History, Göttingen, 2010, p. 153-163.
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  33. Divers articles sur Babylone à la période de son apogée dans Babylone 2008. Voir aussi (en) D. J. Wiseman, Nebuchadrezzar and Babylon, Londres, 1985 et une synthèse plus concise dans B. André-Salvini, Babylone, Paris, 2009 (collection Que-sais-je ?).
  34. E. Klengel-Brandt, « La culture matérielle à l'époque paléo-babylonienne », dans Babylone 2008, p. 58 et Ead., « La culture matérielle à l'époque kassite », dans Babylone 2008, p. 110
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  40. a et b J. Margueron, « Sanctuaires sémitiques », dans Supplément au Dictionnaire de la Bible fasc. 64 B-65, 1991, col. 1205-1213 offre un aperçu de nos connaissances architecturales sur les grands temples de la période.
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  47. Joannès 2000, p. 107-109. (en) M. Jursa, « The Babylonian Economy in the First Millennium B.C. », dans Leick (dir.) 2007, p. 225-227. Étude détaillée dans (en) G. van Driel, « Neo-Babylonian Agriculture », dans Bulletin of Sumerian Agriculture IV, Irrigation and cultivation in Mesopotamia Part I, Cambridge, 1988, p. 121-159 et Id., « Neo-Babylonian Agriculture, Part III: Cultivation », dans Bulletin of Sumerian Agriculture V, Irrigation and cultivation in Mesopotamia Part II, Cambridge, 1990, p. 219-266
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  49. Sur les acteurs, mécanismes et évolutions économiques de la période néo-babylonienne, voir les pistes de réflexions soulevées dans (en) M. Jursa, Aspects of the Economic History of Babylonia in the First Millennium BC, Münster, 2010.
  50. D. Cocquerillat, Palmeraies et cultures de l'Eanna d'Uruk, Berlin, 1968
  51. (de) M. Jursa, Die Landwirtschaft in Sippar in Neubabylonischer Zeit, Vienne, 1995. (en) A. Bongenaar, The Neo-Babylonian Ebabbar Temple at Sippar: its Administration and Prosopography, Istanbul, 1997
  52. Joannès 2000, p. 109
  53. (en) A. Bongenaar, op. cit. est l'étude la plus complète sur l'administration d'un temple néo-babylonien. Synthèses dans Joannès 2000, p. 112-114 et (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 228-229
  54. (de) M. Jursa, Die Landwirtschaft in Sippar in Neubabylonischer Zeit, Vienne, 1995, est une étude fondamentale de l'organisation de l'exploitation d'un domaine de temple néo-babylonien. Joannès 2000, p. 114-115 et (en) M. Jursa, « The Babylonian Economy in the First Millennium B.C. », dans Leick (dir.) 2007, p. 225-226 pour une approche synthétique.
  55. Joannès 2000, p. 110-111. (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 227-228. Étude détaillée dans (en) G. van Driel, « Neo-Babylonian sheep and goats », dans Bulletin of Sumerian Agriculture VII, Domestic Animals of Mesopotamia Part I, Cambridge, 1993, p. 219-258 et (en) Id., « Cattle in the Neo-Babylonian period », dans Bulletin of Sumerian Agriculture VIII, Domestic Animals of Mesopotamia Part II, Cambridge, 1995, p. 215-240.
  56. (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 229-230
  57. Joannès 2000, p. 104-108 propose une synthèse sur ce groupe, désigné sous l'appellation de « notabilité urbaine ». Pour (en) M. Jursa, op. cit., c'est une sorte de « bourgeoisie », mais il précise qu'il faut prendre garde à l'emploi de ce terme hors de son véritable contexte historique.
  58. (de) C. Wunsch, Das Egibi Archiv I. Die Felder une Gärten, Groningen, 2000. (en) Ead., « The Egibi Family », dans Leick (dir.) 2007, p. 236-247
  59. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 926-928
  60. F. Joannès, « La dépendance rurale en Babylonie, VIIe-IVe siècle av. J.-C. », dans B. Menu (dir.), La dépendance rurale dans l'Antiquité égyptienne et proche-orientale, Le Caire, 2004, p. 239-251
  61. Joannès 2000, p. 103-104. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 928-933
  62. (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 232-233
  63. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 933-934
  64. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 935-936
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  66. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 936-938
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  73. Joannès 2000, p. 129
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités sur la civilisation babylonienne[modifier | modifier le code]

  • Béatrice André-Salvini (dir.), Babylone, Paris, Hazan - Musée du Louvre éditions,‎ 2008
  • Paul Garelli et André Lemaire, Le Proche-Orient Asiatique, tome 2 : Les empires mésopotamiens, Israël, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « La Nouvelle Clio »,‎ 2001
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2001
  • Francis Joannès, La Mésopotamie au Ier millénaire avant J.-C., Paris, Armand Colin, coll. « U »,‎ 2000
  • (en) Gwendolyn Leick (dir.), The Babylonian World, Londres et New York, Routledge,‎ 2007

Études sur la période néo-babylonienne[modifier | modifier le code]

  • (en) Heather D. Baker, « The Neo-Babylonian Empire », dans Daniel T. Potts (dir.), A Companion to the Archaeology of the Ancient Near East, Malden et Oxford, Blackwell Publishers, coll. « Blackwell companions to the ancient world »,‎ 2012, p. 914-930
  • (en) Donald J. Wiseman, « Babylonia 605-539 B.C. », dans John Boardman et al. (dir.), The Cambridge Ancient History, volume III part 2: The Assyrian and Babylonian Empires and other States of the Near East, from the Eighth to the Sixth Centuries B.C., Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1991, p. 229-251
  • Daniel Arnaud, Nabuchodonosor II, roi de Babylone, Paris, Fayard,‎ 2004
  • (en) Joachim Oelsner, Bruce Wells et Cornelia Wunsch, « Neo Babylonian Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik »,‎ 2003, p. 911-974

Articles connexes[modifier | modifier le code]