Touran

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Touran (en persan : توران, Tourān) est l'ancien mot iranien pour désigner les nomades du nord. C'est aussi le nom d'un royaume légendaire opposé à l'Iran dans le Shâh Nâmeh de Ferdowsî.

D'un point de vue ethnico-linguistique ce terme désigne l'ensemble des peuples turciques, englobant les Ouïghours du Xinjiang (ouest de la Chine), les Gagaouzes de Moldavie, mais aussi les Ouzbeks, les Turkmènes, les Azéris, les Avars et les Meshkètes du Caucase, les Turcs de Turquie et des Balkans, etc. Ces peuples ont en commun leurs langues qui appartiennent à la famille des langues altaïques. Le terme Touran est souvent utilisé par les panturquistes de plusieurs pays turcophones pour désigner l'idéal d'un grand empire touranien réunissant tous les peuples turciques. Il peut avoir une connotation également politique, par exemple en Turquie les turancı (se dit « tourandjeu ») sont un courant nationaliste particulier, se différenciant des autres courants ultranationalistes, islamo-nationalistes ou encore conservateurs. Touran' est également utilisé comme nom ou prénom, principalement par les Turcs et les Azerbaïdjanais.

Avesta[modifier | modifier le code]

Dans les hymnes de l'Avesta, l'adjectif Tūrya est lié à plusieurs ennemis du zoroastrisme comme Fraŋrasyan (dans le Shahnameh: Afrāsīāb). Le mot n'apparaît qu'une fois dans les Gathas, mais 20 fois dans les parties ultérieures de l'Avesta. Apparemment, il n'y aurait pas de différence entre Tūrya (Turcs) et Ārya (Iran) dans l'Avesta, les deux ayant des noms iraniens et étant généalogiquement reliés.

Les linguistes dérivent le mot de la racine indo-iranienne *tūra- "fort, rapide". À noter que certains linguistes disent que le mot Turc (Türk en turc) est lui même un dérivé du mot Turya, et essaient ainsi de déchiffrer le mystère concernant l'origine du mot Turc.

Shâh Nâmeh[modifier | modifier le code]

Dans la fable épique du Shâh Nâmeh, le terme Toūrān ("Terre des Tūrya" de la même façon que Ērān, Īrān = "Terre des Ārya") se réfère aux habitants d'Asie centrale en général, à l'époque où ces régions étaient habitées principalement par des tribus nomades comme les Scythes.

D'après le mythe de la fondation donné dans le Shâh Nâmeh, le roi Firēdūn (=Avestique Θraētaona) a eu trois fils, Salm, Tūr et Ēraj, entre lesquels il partagea le monde: l'Asie mineure fut donnée à Salm, l'Asie centrale à Tūr et l'Iran à Ēraj. Les ainés tuèrent le plus jeune, Eraj, mais il fut vengé par son petit-fils Manouchehr, et les iraniens devinrent les maîtres du monde. Cependant, la guerre continua pendant des générations.

Turandokht[modifier | modifier le code]

Cette héroïne, dont le nom qui signifie "fille (dokht) de Touran (pris ici dans le sens de Chine)", apparaît dans une légende persane médiévale traduite dans ses Mille et Un Jours par François Pétis de la Croix, une œuvre rééditée récemment chez Phébus. Carlo Gozzi en tire une "fable théâtrale" qui connaîtra plusieurs adaptations musicales, dont le célèbre opéra de Giacomo Puccini.