Mithridate VI

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mithridate.
Mithridate VI
Mithridates VI Louvre.jpg
Tête de Mithridate VI au musée du Louvre

Titre
Roi du Pont
12063 av. J.-C.
Prédécesseur Mithridate V
Successeur Pharnace II
Roi du Bosphore
10863 av. J.-C.
Successeur Pharnace II
Biographie
Dynastie Mithridatides
Date de naissance ca. 132 av. J.-C.
Lieu de naissance Sinope
Date de décès 63 av. J.-C.
Père Mithridate V
Mère Laodicé VI
Conjoint e. a. Monime de Milet et Bérénice de Chios
Enfants Pharnace II, Macharès, Ariarathe IX, Mithridate de Pergame, Mithridate, Athenaïs Philostorgos, Cléopâtre du Pont, Cléopâtre, Artapherne, Cyrus, Oxathres, Darius, Xerxès, Orsabaris, Eupatra, Mithridatis, Nysa

Mithridate VI Eupator (« qui a un père noble », « le bien-né » en quelque sorte) ou le Grand (né vers 132 av. J.-C., mort en 63 av. J.-C.) est le fils du roi du Pont Mithridate V Évergète qui avait été l'allié de Rome lors de la Troisième Guerre punique.

Sommaire

[modifier] Les débuts

Mithridate VI est né aux alentours de 132 av. J.-C. à Sinope et a connu une jeunesse tragique. Son père est assassiné probablement à l'instigation de sa mère, Laodicé VI, vers 120 av. J.-C. Cette mort est suivie d'une compétition féroce autour du jeune roi qui craint pour sa vie et se retire dans la chasse et l'étude (il parlait, d'après les versions, 22 ou 25 langues). C'est dans ce contexte que s'inscrit le désir de Mithridate d'acquérir une connaissance parfaite des poisons et antidotes de l'époque et de s'immuniser totalement contre leurs effets, d'où le verbe « mithridatiser ». D'après la légende, il réussit à s'immuniser en absorbant de petites doses de poisons. Appien rapporte qu'à sa mort, il ne réussit pas à se suicider au poison et demanda qu'on l'aide à mourir[1].

[modifier] Le roi conquérant

Il s'empare totalement du pouvoir en 111 av. J.-C. en jetant sa mère en prison et en écartant son frère Mithridate Chrestos (« l'Oint ») du trône. Conquérant, il s'empare en 107 av. J.-C. du Bosphore Cimmérien, chasse le roi Ariobarzane Ier de Cappadoce en 94 av. J.-C. avec l'aide de Tigrane II d'Arménie, puis partage la Paphlagonie avec Nicomède IV Philopator, le roi de Bithynie, en 94 av. J.-C. avant de chasser ce dernier et de s'emparer de son royaume en 88 av. J.-C.

Le royaume du Pont avant le règne de Mithridate (violet foncé), avec ses conquêtes avant (violet) et pendant la première guerre mithridatique (rose).

[modifier] Les guerres contre les Romains

Article détaillé : Guerres de Mithridate.

Le conflit avec les Romains est inévitable (première guerre de Mithridate). Ceux-ci en effet ont rétabli en 92 av. J.-C. Ariobarzane Ier de Cappadoce sur son trône. En 88 av. J.-C., après la conquête de la Bithynie, Mithridate fait une entrée triomphale à Éphèse et soulève les Grecs d'Asie. Il ordonne le massacre des Romains établis en Asie Mineure, massacre qui fait environ 80 000 victimes, puis passe en Grèce où son lieutenant Archélaos est accueilli en libérateur.

La réaction des Romains est ralentie par la féroce lutte politique entre Marius et Sylla. Finalement, ce dernier est envoyé contre Mithridate et s'empare, après un long siège, d'Athènes en 86 av. J.-C., puis est vainqueur d'Archélaos de Comana à Chéronée (86 av. J.-C.) et à Orchomène (85 av. J.-C.). Mithridate conclut alors la paix de Dardanos (85 av. J.-C.) qui lui fait abandonner ses conquêtes et sa flotte mais le reconnaît à la tête de son royaume et lui laisse toute liberté d'action sur la mer Noire. Il n'hésite pas d'ailleurs à repousser les Romains si ceux-ci se montrent trop entreprenants (deuxième guerre de Mithridate) vis-à-vis des territoires restés sous son contrôle, comme Murena, un lieutenant de Sylla en 82 av. J.-C. Cependant, à l'exception de cet incident, les relations restent pacifiques de 85 à 74 av. J.-C..

En 74 av. J.-C., le roi de Bithynie Nicomède IV meurt et lègue son royaume aux Romains. Mithridate considère que la présence des Romains à ses frontières est une menace et rouvre les hostilités avec l'aide de Tigrane II d'Arménie (troisième guerre de Mithridate). Il est vainqueur du consul Cotta à Chalcédoine (en) et assiège Cyzique quand il est rapidement chassé de Bithynie puis du Pont par une campagne victorieuse de Lucullus (72-71 av. J.-C.). Battu au Granique, à Cyzique et à Lemnos, Mithridate s'enfuit en Arménie. Le conflit s'enlise mais Lucullus est de nouveau vainqueur en 69 av. J.-C. et s'empare de Tigranocerte. Profitant de la révolte des légions romaines contre leur chef, Mithridate s'empare à nouveau du Pont. Il est vaincu définitivement par Pompée en 66 av. J.-C. sur l'Euphrate et se réfugie en Crimée dans sa ville de Panticapée.

[modifier] La fin du roi Mithridate

Confronté à la révolte de son fils aîné Pharnace, Mithridate VI meurt en 63, assassiné, poignardé par un guerrier celte. Selon une autre version, il aurait tenté de s’empoisonner. Mais ayant pris la précaution de se faire immuniser contre les poisons, il se fait donner la mort par un de ses mercenaires galates. Il est enterré à Sinope, sa ville natale.

Personnage complexe, courageux, intrépide, inflexible aussi, amateur d'art (il possède de nombreuses collections), il est souvent comparé à Hannibal pour sa haine de Rome. Il échoue cependant dans sa tentative de renverser la domination romaine en Asie et en Grèce, confronté à la supériorité militaire de celle-ci et à la qualité de généraux comme Sylla, Lucullus ou Pompée.

[modifier] Famille

Pièce de monnaie en argent à l'effigie Mithridate VI.

Appien accuse Mithridate d'avoir fait tuer sa mère, son frère Mithridate Chrestos, trois de ses fils et trois de ses filles. D'un nombre indéterminé d'épouses, dont une Laodicé, sœur-épouse, Monime de Milet, Bérénice de Chios, qui se suicident sur son ordre[2], Hypsicrateia dont le courage viril est évoqué par Plutarque[3] et dont le momument funéraire a été retrouvé à Phanagoria[4] et de concubines, Mithridate VI eut de nombreux enfants dont :

[modifier] Notes et références

  1. « Mithridate sortit alors le poison qu'il portait toujours à côté de son épée et le mélangea. Alors deux de ses filles [...] lui demandèrent de leur laisser une partie du poison d'abord, insistèrent avec énergie et l'empêchèrent de le boire jusqu'au moment où elles en eurent et l'avalèrent. Le poison agit immédiatement sur elles, mais pas sur Mithridate bien qu'il marchât rapidement pour en accélérer les effets parce qu'il s'était accoutumé à d'autres drogues, les essayant sans arrêt comme moyen de protection contre les empoisonnements. On appelle toujours ces poisons les poisons de Mithridate. Voyant un certain Bituitos, un chef gaulois, il lui dit : « J'ai souvent profité de ton bras droit contre mes ennemis. J'en profiterai encore plus si tu me tues et si tu me soustrais au danger d'être emmené dans un triomphe romain, moi qui fus un autocrate durant tant d'années, et le roi d'un si grand royaume, mais qui ne peux pas mourir maintenant par le poison parce que, comme un imbécile, je me suis immunisé contre d'autres poisons. Bien que j'aie prévu de m'immuniser contre tous les poisons qu'on mélange dans la nourriture, je ne me suis pas immunisé contre ce poison domestique, toujours le plus dangereux pour les rois, à savoir la trahison de son armée, de ses enfants et de ses amis. » Bituitus, pris de pitié, rendit au roi le service qu'il demandait. » Appien, Mithridatique, Traduction française de Philippe Remacle, sur remacle.org
  2. Plutarque, Vie de Lucullus, chapitre XXXII, p. 1133
  3. Plutarque Vie de Pompée chapitre XXXII.
  4. Bongard-Levine Gregori, Kochelenko Gennadi, Kouznestov Vladimir. « Les fouilles de Phanagorie : nouveaux documents archéologiques et épigraphiques du Bosphore ». dans: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 150e année, N. 1, 2006. p. 255-292.

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique, Annales de l'Est, Nancy, 1967.
  • Appien, Guerre mithridatique, dans Œuvres d'Appien.
  • Plutarque, Vie de Lucullus, dans La Vie des Hommes illustres, traduction par Amyot, La Pléiade Éditions Gallimard, Paris, 1951, p. 1106-1173.

Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues