Taganrog

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Taganrog
Таганрог
Blason de Taganrog
Héraldique
Vue aérienne du port de Taganrog en 2006
Vue aérienne du port de Taganrog en 2006
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Nord-Caucase
District fédéral Sud
Sujet fédéral Flag of the Rostov Oblast.svg Oblast de Rostov
Code postal 347900 — 347949
Code OKATO 60 437
Indicatif (+7) 8634
Démographie
Population 254 783 hab. (2013)
Densité 3 197 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 13′ N 38° 55′ E / 47.217, 38.91747° 13′ Nord 38° 55′ Est / 47.217, 38.917  
Superficie 7 970 ha = 79,7 km2
Fuseau horaire UTC+04:00 (MSK)
Heure de Moscou
Divers
Fondation 1698
Statut Ville depuis 1775
Localisation

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Taganrog
Liens
Site web www.taganrogcity.com
Sources
Liste des villes de Russie
Le palais d'Alexandre Ier de Russie à Taganrog, où l'empereur de Russie est mort en 1825.
Le palais d'Achilles Alferaki.

Taganrog (en russe : Таганрог) est une ville portuaire et industrielle de l'oblast de Rostov, en Russie. Sa population s'élevait à 254 783 habitants en 2013 et l'agglomération avec les banlieues à 325 000 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Taganrog est située au bord du golfe de Taganrog de la mer d'Azov, à 61 km à l'ouest de Rostov-sur-le-Don.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom provient de la réunion du mot tagan qui signifie four ou bien chaudron pour la préparation de la nourriture à feu à l'air libre et du mot rog, corne dans le sens de cap.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques ont montré que l'endroit était habité aux VIIe et VIe siècles av. J.-C. par un peuplement grec qui n'a laissé que des fragments de céramique au bord de la mer d'Azov. Certains spécialistes pensent que leur village se nommait en grec Κρημνοὶ (Kremnoi) qui est rappelée dans d'anciens textes d'Hérodote[1]. Il a été détruit par les Scythes. Il n'existait qu'une seule autre colonie maritime grecque à l'époque, beaucoup plus loin; elle se trouvait au nord du Pont-Euxin sur l'île de Berezan.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Lorsque les Gênois colonisent intensivement les bords du Pont Euxin, ils s'aventurent jusqu'ici pour construire au XIIIe siècle un port, nommé « Porto Pisano »[2].

Empire russe[modifier | modifier le code]

Après la prise d'Azov en 1696 aux Ottomans, Pierre le Grand commande des travaux pour la construction d'un port. La citadelle d'Azov est renforcée sous la direction de l'ingénieur maritime Antoine de La Valle (Autrichien d'origine française), puis il est décidé de construire un fort à l'embouchure de la rivière Mious, construction supervisée par Ernst Friedrich von Borgsdorf[3], mais ensuite le projet est transféré à l'emplacement actuel du port de Taganrog.

Fondée officiellement le 12 septembre 1698 par Pierre le Grand, Taganrog[4] a donc été la première base de la marine de guerre russe. Les travaux du port sont confiés à l'Italien Matteo Simont et du fort à Borgsdorf. Il prend le nom de fort de la Trinité. Il est entouré de remparts de bois de 8 mètres de hauteur et de douves de 5 mètres de profondeur et comporte trois bastions, deux demi-bastions, et trois ravelines. Des casemates et des casernes sont construites à l'intérieur selon un plan radial autour d'une place centrale avec son église, les habitations de la population, les entrepôts, les magasins, l'hôtel de ville, etc. À deux kilomètres au large, le fort de la Tortue est construit en mer pour la garde du port, sur une île artificielle. Le général allemand Christoph Hermann von Manstein évoque dans ses Mémoires les travaux de construction colossaux de la forteresse de Taganrog. Des petits forts sont également construits aux abords, comme celui de l'embouchure de la Mious. L'endroit et les environs deviennent un lieu d'immigration sur ordre du tsar, composé non seulement de paysans et soldats russes, mais aussi de Baltes, de spécialistes suédois, de Turcs ou de Tatars.

La croissance et le développement de la ville sont étroitement liés à l'histoire de l'Empire russe, avec sa lutte séculaire pour l'accès aux mers méridionales. C'est à Taganrog que sont tirés des feux d'artifice en l'honneur des premières victoires de la Marine nationale russe sur la mer d'Azov.

Le grand escalier de pierre de Taganrog qui descend sur les quais le long de la mer d'Azov date de 1823.

L'empereur Alexandre Ier meurt mystérieusement le 1er décembre 1825[5] à Taganrog.

Pendant la guerre de Crimée, Taganrog est assiégée par les armées franco-britanniques en 1855.

Article détaillé : Siège de Taganrog.

C'est dans cette ville que le père d'Anton Tchekhov tint un petit magasin, puis une épicerie et magasin de denrées coloniales, où le futur écrivain passa une partie de son enfance. Natif de Taganrog, Anton Tchekhov y fit toutes ses études avant de partir pour Moscou commencer ses études de médecine.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Entre les mois de mai et d'août 1918, la ville est occupée par des forces allemandes du Kaiser Wilhelm II. Durant la guerre civile russe, de janvier à décembre 1919, Taganrog est le siège du quartier général du commandant en chef des Forces Armées du Sud de la Russie, le général Dénikine, qui s'installe dans la maison Avguerino de la ville. Quand le pouvoir soviétique triomphe le 25 décembre 1919, le reste des forces de Denikine et le consulat britannique sont évacué par le HMS Montrose. Le pouvoir est alors exercé par le Comité exécutif du conseil de travailleurs soviétique. De 1920 à 1925, le ville fait partie du gouvernement de la république socialiste soviétique d'Ukraine au sein du district (okroug) de Taganrog. De même que l'okroug de Chakhty, elle est rattachée le 1er octobre 1924 à la RSFSR (république socialiste fédérative soviétique de Russie). En 1926, la ville est peuplée de 34,6 % d'Ukrainiens et de 55,2 % de Russes, et les Ukrainiens sont en majorité absolue dans les localités des alentours (Ukrainiens, 71,5 % et Russes 21 %). Elle entre dans l'oblast de Rostov en 1937 et devient le chef-lieu administratif du district de Taganrog de 1937 à 1962. L'industrialisation s'intensifie à partir des années 1925.

L'école n°4 détruite par l'occupant avant sa retraite.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Taganrog est occupée par les forces allemandes pendant 680 jours, du 17 octobre 1941 au 30 août 1943. La résistance contre l'occupant est active, malgré une collaboration minoritaire. L'état-major du VIII. Fliegerkorps de la Luftwaffe du général von Richthofen s'y trouve en automne 1942, avant d'appuyer en novembre les troupes allemandes assiégées à Stalingrad. Avec le siège de Stalingrad, le besoin de sang transfusé pour les officiers allemands provoque la tragédie de l'orphelinat de Taganrog, où des transfusions sont menés sur les enfants[6] qui ont tous moins de dix ans. Avec l'avancée du front, ce centre de transfusion illégal est transféré en Ukraine à Velikaïa Lepetikha. Le 30 août 1943, la flotille d'Azov commence à attaquer. Les premiers à libérer la ville le lendemain sont les soldats de la 130e division de tirailleurs de Taganrog commandés par Constantin Sytchiov (1906-1982). Certaines sources[Lesquelles ?] indiquent que des soldats allemands furent torturés et exécutés, puis jetés dans un puits.

Le camp de prisonniers allemands 356 est installé en septembre 1943. Le monument Le Serment de la jeunesse est érigé en 1973 en mémoire des jeunes résistants de la ville.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, Taganrog est une ville industrielle et culturelle importante de la Russie méridionale. La ville dispose d'un vaste réseau d'établissements d'enseignement. Situé sur les rives de la mer d'Azov, près de Rostov-sur-le-Don, Taganrog a également une forte vocation touristique et balnéaire.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[7]

Évolution démographique
1800 1856 1897* 1914 1926*
5 914 18 500 51 437 68 400 85 608
1939* 1959* 1970* 1979* 1989*
188 781 202 062 254 154 276 444 291 622
2002* 2010* 2012 2013 -
281 947 257 681 256 565 254 783 -

La population, qui est recensée selon son origine en Fédération de Russie, regroupe une centaine de nationalités (c'est-à-dire de citoyens de la fédération classés selon leur origine). Les minorités les plus importantes sont les diasporas arméniennes, grecques pontiques et juives.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

La ville est partagée en cinq okrougs : l'oukroug central (Tsentralnoïe), l'oukroug maritime (Primorskoïe), l'oukroug industriel (Promychlennoïe), l'okroug ouest (Zapadnoïe) et l'okroug nord (Severnoïe).

Économie[modifier | modifier le code]

Taganrog est un important centre industriel du sud de la Russie, dominé par :

  • usine métallurgique de Taganrog (TAGMET), fondée en 1895, qui produit de l'acier et des tubes d'acier[8].
  • Krasny Kotelchtchik ou TKZ : un des principaux fabricants de chaudières de Russie.
  • Beriev Aircraft Company: construction de Beriev Be-200 et d'autres hydravions.
  • Tagaz : construction automobile (assemblage de véhicules Hyundai).

Culture[modifier | modifier le code]

Vue de la bibliothèque Tchekhov.

La ville dispose de plusieurs théâtres et de salles de concert et de huit salles et multi-salles de cinéma, ainsi que de cinq orchestres ou ensembles musicaux, dont l'orchestre municipal de chambre. Elle possède deux bibliothèques principales dont la bibliothèque publique centrale Tchekhov, ouverte le 23 mai 1876. La ville est connue aussi pour ses « art-cafés » dont le Freken Bok (24 ruelle Tourgueniev) qui réunit la jeunesse intellectuelle locale depuis 2009 avec ses lectures publiques.

Théâtres et cirque[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Handball

Rugby à XV

Culte[modifier | modifier le code]

Vue de l'église Saint-Nicolas de Taganrog.

Plusieurs églises ont été démolies pendant les années 1930 sous la période d'athéisme politique, comme la grande cathédrale de l'Assomption (où fut baptisé Anton Tchekhov), l'église grecque Saint-Constantin-et-Sainte-Hélène, ou le grand monastère grec d'architecture néo-classique. Depuis la normalisation des rapports du politique et du religieux dans les années 1990, la majorité de la population appartient à l'Église orthodoxe russe et fréquente la douzaine de paroisses qui existent à Taganrog dont les plus importantes sont réunies à l'église de Tous-les-Saints, à Saint-Georges et à Saint-Nicolas. Il existe aussi une paroisse catholique, la Sainte-Trinité, et plusieurs communautés protestantes d'origine américaine apparues récemment (les adventistes, presbytériens ou baptistes).

Enseignement[modifier | modifier le code]

La ville de Taganrog dispose de plusieurs établissements d'enseignement supérieur et professionnel :

  • Université d'État radiotechnique de Taganrog
  • Institut pédagogique Tchekhov
  • Institut d'administration et d'économie de Taganrog
  • Antenne de Taganrog de l'université russe de sciences humaines
  • Antenne de Taganrog de l'université technique du Don
  • Antenne de Taganrog de la nouvelle université russe
  • Antenne de Taganrog de l'institut de sciences sociales et humaines de Moscou
  • Antenne de Taganrog de l'institut d'aviation de Moscou
  • Antenne de Taganrog de l'institut technologique de Moscou
  • Collège supérieur de construction maritime
  • Collège supérieur d'aviation Petliakov
  • Collège supérieur musical de Taganrog
  • Collège supérieur de métallurgie
  • Collège supérieur de mécanique
  • Collège supérieur polytechnique
  • Collège supérieur de construction
  • Collège supérieur de médecine

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Fontaine du parc Gorki.
  • Parc Gorki
  • Parc Primorsky
  • Bois Doubki
  • Parc du Tricentenaire de Taganrog
  • Parc de Pierre (anciennement du Komsomolsk)
  • Square du Schlagbaum
  • Square Smirnov
  • Square Tchekhov
  • Square du Spartak
  • Square du City-Centre
  • Quai Pouchkine avec le grand escalier de pierre de Taganrog (1823)
  • Quai Tchekhov (Ceriseraie)

Plages[modifier | modifier le code]

  • Elisseïevski (Елисеевский)
  • Medusa (Медуза)
  • Solnetchny (Солнечный)
  • Tsentralny (Центральный)
  • Primorsky (Приморский)
  • Topol (Тополь)
  • Roussalotchka (Русалочка)
  • Aqua-parc Lazourny («Лазурный»)
  • Aqua-parc Greenwich-park («Гринвич-парк»)
  • Aqua-club na Poliakovskom (Аква-клуб на Поляковском)
  • Aqua-centre Rabinouchka (Аква-центр «Рябинушка»)

Personnalités[modifier | modifier le code]

Sont nés à Taganrog :

Statue d'Anton Tchekhov à Taganrog.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Monument érigé en l'honneur de Garibaldi à Taganrog.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) I. Sdatchikova, Y avait-il des amazones à Taganrog? // in La Pravda de Taganrog, 27 juin 2010
  2. (ru) La Colonisation italienne en mer Noire et en mer d'Azov du XIIIe au XVIe siècle
  3. Baron autrichien
  4. Appelée alors la Trinité-sur-Tagan-Rog
  5. Le 19 novembre 1825 selon le calendrier julien alors en vigueur en Russie.
  6. (ru) La Tragédie des petits donneurs de sang
  7. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 sur », sur pop-stat.mashke.org(ru) « Office fédéral de statistiques, Recensement de la population russe de 2010 », sur www.ru(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2012 » [rar], sur gks.ru(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2013 » [rar], sur gks.ru
  8. Histoire de TAGMET et [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Klemens Wingler, Dietrich oberstgruppenführer, Édition du Lore, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]

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