Lysimaque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lysimaque (homonymie).
Lysimaque
Titre
Roi de Thrace
-304-281
Roi de Macédoine
-285-281
Prédécesseur Démétrios Ier Poliorcète
Successeur Ptolémée Kéraunos
Biographie
Date de naissance v. -361
Date de décès -281
Conjoint Nikaia
Amastris
Arsinoé II
Enfant(s) Agathoclès de Thrace
Arsinoé Ire
Eurydice
Ptolémée de Telmessos
Les royaumes des diadoques en 301 av. J.-C., celui de Lysimaque figure en orange.

Lysimaque (en grec ancien Λυσίμαχος / Lysimakhos), né vers 361 av. J.-C., mort à la bataille de Couroupédion en 281, est un général macédonien et l'un des diadoques d'Alexandre le Grand. Satrape puis roi de Thrace à partir de 304, il est aussi roi de Macédoine de 285 à 281.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diadoque et satrape[modifier | modifier le code]

Né dans une famille thessalienne bien considérée par Philippe II, Lysimaque, qui a obtenu la naturalisation macédonienne, a très probablement été élevé à la cour de Pella. Il accompagne Alexandre le Grand dans la conquête de l'empire achéménide et en devient, dès le début du règne, l’un des gardes du corps (sômatophylaques), mais sa véritable ascension politique date des dernières années du règne. Il apparaît comme un personnage cultivé : il est un proche de Callisthène et plus tard des philosophes cyniques.

Lors du partage de Babylone qui suit la mort d'Alexandre en 323 av. J.-C., il reçoit la Thrace, dont la Chersonèse qui offre une position stratégique sur l'Hellespont. Il entame un rapprochement avec Antipater en épousant sa fille Nikaia. À la mort du régent de Macédoine, il soutient son fils Cassandre. À la même période, il vainc Seuthès III, roi des Odryses (une tribu thrace), avec lequel la paix dure jusqu'en 313. Il en profite pour étendre sa domination sur les cités grecques de l'Hellespont et y implanter des bases navales.

En 315, il se joint à la coalition réunissant Séleucos, Ptolémée et Cassandre contre Antigone le Borgne : ce dernier entend rétablir à son profit l'empire d'Alexandre, il assiège Tyr et contrôle toute la Syrie à la fin 314. Un ultimatum exige d'Antigone qu'il cède la Phrygie Hellespontique à Lysimaque. Mais Antigone, qui se proclame libérateur des cités grecques, incite les cités du Pont-Euxin occidental à se révolter. Lysimaque reprend les cités une à une et repousse Antigone ; néanmoins il ne peut pas intervenir en Grèce aux côtés de son allié Cassandre. Lysimaque doit aussi au même moment faire face aux incursions des Gètes (les Daces pour les Romains) sur la frontière septentrionale. En 312, il est contraint de conclure une paix avec Antigone, reconnu maître de toute l'Asie. En 309, il fonde par synœcisme Lysimacheia en Chersonèse. Il la fait peupler avec des habitants de la cité de Cardia qu'il fait détruire. Par la fondation de cette nouvelle capitale, Lysimaque démontre son ambition à contrôler l'Hellespont.

Roi de Thrace[modifier | modifier le code]

La lutte contre Antigone[modifier | modifier le code]

En 304 av. J.-C., suivant l’exemple d'Antigone et des autres diadoques, Lysimaque prend le titre de roi (basileus) de Thrace. La même année, il organise avec Ptolémée et Cassandre le ravitaillement de Rhodes, assiégée par Démétrios Poliorcète. En 302, il se joint à la dernière coalition réunissant Séleucos, Ptolémée et Cassandre contre Antigone et Démétrios. Étant donné la richesse du royaume d'Antigone et l’importance de son armée, il est nécessaire pour les adversaires d'Antigone de faire la jonction de leurs forces. Lysimaque, par ses campagnes victorieuses, commande une armée aguerrie dont une puissante phalange. Les coalisés organisent donc la défense de la Grèce contre Démétrios afin de permettre à Lysimaque d’attaquer l'Asie Mineure en attendant les forces de Séleucos et Ptolémée. Au printemps 302, Lysimaque débarque en Phrygie Hellespontique, parvient à éviter Antigone, puis reçoit la soumission des cités d'Ionie, de Lydie, de Carie et de Lycie, dont principalement Éphèse, Colophon et Sardes. Le débarquement de Démétrios à Ephèse durant l’automne 302 met Lysimaque en difficulté. En effet, les renforts envoyés par Cassandre sont défaits, obligeant Lysimaque à se retirer en Bithynie à l'hiver 302-301. Mais la jonction avec l’armée Séleucos retourne la situation en la faveur de la coalition (bloqué en Cœlé-Syrie, Ptolémée n'a pu joindre ses forces). Antigone est vaincu et tué à la bataille d'Ipsos (Phrygie) en 301. Au partage résultant de cette victoire, il reçoit la plus grande partie de l'Asie Mineure jusqu'au Taurus (la partie orientale revenant à Séleucos). Lysimaque fait rénover les cités d'Ionie dont Éphèse, la cité d’origine s’étant envasée. Il procède à un agrandissement et à un assainissement et agrandit la cité en y transférant les habitants de Colophon. En 302, Lysimaque a aussi profité de la campagne en Asie Mineure pour épouser Amastris, nièce de Darius III et veuve du tyran d'Héraclée du Pont, et étendre plus encore son influence sur les côtes du Pont-Euxin.

La lutte pour la Macédoine[modifier | modifier le code]

Athéna tenant une Victoire ailée couronnant le nom de Lysimaque. Tétradrachme d'argent du royaume de Thrace.

À la suite de la victoire d'Ipsos, Lysimaque conclut, aux dépens de Séleucos, une alliance avec Ptolémée qui lui offre en mariage sa fille Arsinoé II, âgée de 17 ans, en 299 av. J.-C. ; tandis que le divorce d'avec Amastris ne l'empêche pas de conserver la mainmise sur Héraclée. Durant l'hiver 292-291, Lysimaque est capturé par les Gètes lors d'une nouvelle campagne aux frontières de la Thrace. Démétrios, qui vient de prendre pied en Macédoine en profite pour envahir la Thrace ; mais l'occupation est de courte durée car celui-ci doit faire face à une révolte en Grèce. Lysimaque est libéré au printemps 291 et donne (ou promet) l'une de ses filles en mariage au roi des Gètes. En 288, Lysimaque reprend la lutte contre Démétrios et s’empare de la Macédoine avec l’aide de Pyrrhus, roi d'Épire ; il en chasse Démétrios et laisse pour le moment le trône à son allié. En 285, ambitionnant de régner du Taurus à la Macédoine, il défait Pyrrhus et se fait proclamer roi de Macédoine. En 284, Amastris d'Héraclée, sa deuxième épouse, est tuée par ses deux fils qu'il fait aussitôt exécuter.

C'est alors que de graves troubles dynastiques éclatent et mettent fin au règne de Lysimaque. Arsinoé II, son ambitieuse épouse, parvient en effet à le persuader que son fils aîné et héritier présomptif, Agathoclès, conspire contre lui. Il le fait assassiner en 282, laissant la succession aux jeunes fils qu'il a eus d'Arsinoé. Cette mise à mort soulève l’indignation. Les provinces d'Asie Mineure, qui subissent une lourde fiscalité, en profitent pour se soulever. À Pergame, le gouverneur de la ville, Philétairos, livre sa forteresse et son trésor à Séleucos. Au même moment, Lysimaque renforce son alliance avec les Lagides en mariant en 282 sa fille Arsinoé Ire à Ptolémée II, nouvellement proclamé roi d'Égypte. Séleucos, inquiet de cette alliance et de la mainmise de Lysimaque sur la Macédoine, passe en Asie Mineure sous les encouragements de Ptolémée Kéraunos qui a fui la Thrace depuis la mort d'Agathoclès. Lysimaque est lourdement défait en 281 à la bataille de Couroupédion (en Lydie) ; il y trouve la mort, abandonné sur le champ de bataille par ses fidèles.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Vers 321, Lysimaque a épousé Nikaia, la fille d'Antipater ; de cette union sont nés trois enfants : Agathoclès, Arsinoé Ire (mariée à Ptolémée II) et Eurydice. En 302, il a épousé Amastris, nièce de Darius III et veuve du tyran d'Héraclée du Pont, pour la répudier au profit d'Arsinoé II vers 299, de laquelle naissent Ptolémée de Telmessos, Lysimaque et Philippe. Les deux derniers périssent de la main de Ptolémée Kéraunos en 281. La mort brutale de Lysimaque et les inextricables querelles matrimoniales suscitées par le meurtre d'Agathoclès ne lui ont pas permis de fonder une dynastie, au contraire des Antigonides, des Lagides et des Séleucides.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) N. G. L. Hammond et F. Walbank, A History of Macedonia, vol. 3 : 336-167 B.C., Oxford, Clarendon Press,‎ 1988 (ISBN 0198148151) ;
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X) ;
  • (en) H.S Lund, Lysimachus. A study in Early Hellenistic Kingship, Londres, Routledge, 1992.