République populaire ukrainienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec République populaire d'Ukraine occidentale.

République populaire ukrainienne
Українська Народня Республіка
(Ukrayins'ka Narodnia Respublika) uk

Mars 1917 – Octobre 1920

Drapeau Blason
Informations générales
Statut République
Capitale Kiev
Langue Ukrainien
Yiddish
Monnaie Karbovanets

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République populaire ukrainienne (en ukrainien : Українська Народня Республіка, Ukrayins'ka Narodnia Respublika) était une république qui occupait une grande partie du territoire de l'Ukraine actuelle à la suite de la Révolution russe de 1917. Elle fut dirigée par Mykhaïlo Hrouchevsky, Volodymyr Vynnytchenko puis Simon Petlioura. Son nom fut adopté le 20 novembre 1917.

Malgré sa dénomination officielle, elle n'était en rien une « République populaire » tel que les gouvernements marxistes-léninistes qualifient généralement leurs États. C'est pourquoi, afin d'éviter toutes confusions avec ces derniers, cette république est quelquefois désignée sous le vocable de République nationale ukrainienne (en abrégé UNR).

La Rada centrale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rada centrale.
Revendications de la délégation ukrainienne à la Conférence de Paix de Paris (1919).
La République populaire ukrainienne, sur le terrain.

En 1917, la Rada (assemblée constituée à Kiev à la faveur de la Révolution russe), n’obtient rien de Kerenski, alors que le gouvernement provisoire a promis qu’il reconnaîtrait le droit à l’autodétermination des peuples minoritaires de l’empire. Le 10 juin, la Rada proclame cependant l’autonomie de l’Ukraine et, le 7 novembre, au lendemain de la révolution d'Octobre, elle proclame une République démocratique ukrainienne immédiatement reconnue par la France et le Royaume-Uni, qui envoient à Kiev des représentants. Les Bolcheviks réagissent et déclarent hors la loi les représentants de la Rada. Ils installent en même temps à Kharkov un gouvernement de la République socialiste soviétique ukrainienne. En réponse, le pouvoir ukrainien installé à Kiev confirme l’indépendance complète du pays.

En 1918, les troupes rouges de Mouraviev marchent sur Kiev qui, défendue par Simon Petlioura, subit douze jours de bombardement avant de tomber, le 9 février, aux mains des communistes.

Réfugié à Jitomir, la Rada se tourne alors vers les Empires centraux, ce qui entraîne le départ immédiat des représentants français et anglais. La paix de Brest-Litovsk conclue le 3 mars contraint les Bolcheviks à la retraite. Rentrée à Kiev, la Rada ratifie le traité, mais un coup d'état sous la direction de l’hetman Pavlo Skoropadsky avec le soutien des Allemands met un terme à la République populaire ukrainienne au profit d'un « État Ukrainien ».

L'Hetmanat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hetmanat.

Avec le soutien des Allemands vainqueur sur le front de l'Est, Skoropadsky, un ancien officier de l'Empire russe, met en place un régime qui favorise les grands propriétaires terriens et concentre les pouvoirs au sommet. Le gouvernement a peu de soutien des activistes ukrainiens, mais au contraire de la Rada socialiste, il est capable de mettre en place une organisation administrative efficace, établit des relations diplomatiques avec de nombreux pays, et conclut un traité de paix avec la Russie soviétique. En quelques mois, l'Hetmanat imprime aussi des millions de livres en ukrainien, installe de nombreuses écoles ukrainiennes, deux universités, et une Académie des sciences ukrainienne.

Le gouvernement de l'Hetmanat soutient aussi la confiscation des terres qui avaient été nationalisées par des propriétaires terriens volontaires, avec l'aide des troupes allemandes. Ceci cause des troubles, la montée d'un mouvement paysan partisan de la guérilla, et une série de grandes révoltes armées populaires. Des négociations sont organisées pour gagner le soutien d'anciens membres de la Rada, Petlioura et Vynnytchenko, mais ces activistes travaillent à renverser Skoropadsky.

Désespéré par la probable défaite de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale, Skoropadsky forme un nouveau cabinet de monarchistes russes et s'engage à une fédération avec une possible future Russie non-bolchévique. De leur côté, les socialistes ukrainiens annoncent un nouveau gouvernement révolutionnaire, le Directoire, le 14 novembre 1918 dans le but de le renverser.

Le Directoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Directoire d'Ukraine.

Avec l'affaiblissement des puissances centrales à la suite de la Première Guerre mondiale, Pavlo Skoropadsky ne peut plus compter sur le soutien de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie. Les opposants de Pavlo Skoropadsky constituent l'Union nationale ukrainienne en août 1918. Cette union est constituée de plusieurs partis ukrainiens, dont le Parti ukrainien des socialistes révolutionnaires (UPSR) et le Parti ouvrier social-démocrate ukrainien (USDRP).

Tandis que la plupart des troupes de Pavlo Skoropadsky rejoignent les forces du Directoire, celui-ci obtient l'aide de nombreux officiers des armées blanches venus en Ukraine pour rejoindre l'Armée des volontaires du général Dénikine. Ils sont regroupés dans un « corps spécial », mais ne peuvent faire face aux troupes du Directoire. En décembre 1918, ces dernières prennent Kiev, renversent Pavlo Skoropadsky et le Directoire rétablit la République nationale ukrainienne (RNU).

Au cours de cette période, plusieurs protagonistes se disputent le territoire ukrainien : l'Armée de la République ukrainienne, les bolcheviks, les blancs, la Triple-Entente, la Pologne et l'armée de l'anarchiste Nestor Makhno. Après la guerre russo-polonaise de 1920 et à la suite du traité de Riga signé en mars 1921, la Galicie et une grande partie de la Volhynie reviennent a la Deuxième république de Pologne. Le reste du territoire ukrainien se retrouve incorporé à l'Union soviétique en tant que République socialiste soviétique d'Ukraine.

Reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

La République nationale ukrainienne est reconnue de jure par la Russie soviétique, la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, la Géorgie, l'Azerbaïdjan, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie, la Turquie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et le Saint-Siège. La reconnaissent de facto la Suisse, la Suède, le Danemark et l'Iran[1].

Gouvernements ukrainiens de 1917-1920[modifier | modifier le code]

Cartes de l'Ukraine entre 1914 et 1920
L'Ukraine de 1793 à 1914
L'Ukraine en 1918
Les revendications territoriales de la République populaire ukrainienne
L'Ukraine en mars 1919
L'Ukraine en novembre 1919
L'Ukraine en mars 1920
L'Ukraine en juin 1920
L'Ukraine en août 1920
  • Comité représentatif
    • Institution - Rada centrale :
      • Mykhaïlo Hrouchevsky : 17 mars 1917 - 23 juin 1917
  • Autonomie de l'Ukraine
    • Institution - Rada centrale :
      • Mykhaïlo Hrouchevsky : 23 juin 1917 - 22 janvier 1918
  • Autres gouvernements ukrainiens :
    • Hetmanat : 29 avril 1918 - 19 décembre 1918
    • République populaire d'Ukraine occidentale : 18 octobre 1918 - 22 janvier 1919
    • Premier gouvernement soviétique ukrainien : 25 décembre 1917 - mars 1918
    • Deuxième gouvernement soviétique ukrainien : 20 novembre 1918 - août 1919
    • Troisième gouvernement soviétique ukrainien : 21 décembre 1919 - 1921

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stefan Talmon, Recognition of Governments in International Law, Oxford University Press, 1998, p. 289

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]