Bataille de Platées

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Bataille de Platées
Gravure de 1829 montrant la plaine de Platées depuis le mont Cithaeron
Gravure de 1829 montrant la plaine de Platées depuis le mont Cithaeron
Informations générales
Date 27 août 479 av. J.-C.
Lieu Platées, Grèce
Issue Victoire décisive des Grecs
Belligérants
Cités-État grecques Empire perse
Commandants
Pausanias Mardonios
Forces en présence
110 000 (Hérodote)
100 000 (Pompée)

~40 000
(estimations modernes)
300 000 (Hérodote)

70 000-120 000
(estimations modernes incluant les alliés grecs)
Pertes
10 000+ (Éphore et Diodore)
1 360 (Plutarque)
159 (Hérodote)
217 000 (Hérodote)
Guerres médiques
Batailles
Ladé · Marathon · Thermopyles · Artémision · Salamine · Platées · Mycale · Eurymédon
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Coordonnées 38° 14′ 24″ N 23° 19′ 05″ E / 38.24, 23.318 ()38° 14′ 24″ Nord 23° 19′ 05″ Est / 38.24, 23.318 ()  

La bataille de Platées (grec moderne : Μάχη τῶν Πλαταιῶν, Machē tōn Plataiōn) est la dernière grande bataille terrestre des Guerres médiques. Elle eut lieu en 479 av. J.-C. près de la ville de Platées en Béotie et opposa une alliance des cités-État grecques dont Sparte, Athènes, Corinthe et Mégare à l’Empire perse de Xerxès Ier.

L'année précédente, l’armée perse menée par le roi en personne avait remporté plusieurs succès aux Thermopyles, à Artémision et avait conquis la Thessalie, la Béotie et l'Attique. Cependant, lors de la bataille de Salamine, la flotte grecque coalisée avait remporté une victoire inattendue et empêché la conquête du Péloponnèse. Xerxès s'était alors retiré avec le plus gros de son armée laissant son général Mardonios pour terminer l'invasion de la Grèce.

À l’été -479, les Grecs rassemblent une puissante armée (suivant les standards contemporains) et marchent vers le nord. Les Perses se replient en Béotie et construisent un camp fortifié près de Platées. Les Grecs refusèrent de s’avancer dans le terrain trop favorable à la cavalerie autour du camp perse, ce qui entraîna un enlisement au cours des onze jours suivants. Les lignes de ravitaillement grecques étant harcelées par les Perses, les Grecs se retirent vers une meilleure position dans un certain désordre. Pensant les Grecs en pleine retraite, Mardonios ordonne à ses troupes de les poursuivre mais les Grecs (principalement les Spartiates, les Tégéens et les Athéniens) livrent bataille et Mardonios est tué. Une grande partie de l’armée perse enfermée dans le camp est massacrée. La destruction de cette armée et des vestiges de la flotte perse à la bataille du cap Mycale met définitivement fin à l'invasion. Même si Platées est dans tous les sens du terme une victoire totale, elle n'a pas reçu le même écho (même à l'époque) que la bataille de Marathon ou même la défaite des Thermopyles.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres médiques.

Les cités-États d’Athènes et d’Érétrie avaient soutenu la malheureuse révolte de l'Ionie contre l'empereur perse Darius Ier en 499-494 av. J.-C. L’empire perse était encore relativement jeune et connaissait de nombreuses révoltes parmi les différents peuples[1],[2]. La révolte ionienne menaçait l’intégrité de son empire et Darius voulait punir ceux qui étaient impliqués[3],[4]. Il vit également le soulèvement comme un prétexte pour étendre son empire en Grèce[4]. Une première expédition menée par Mardonios en -492, afin de sécuriser les approches terrestres de la Grèce, s’était terminée avec la reconquête de la Thrace et la mise sous tutelle de la Macédoine[5]. Une force amphibie commandée par Datis et Artapherne en -490 s'empare de l'île de Naxos et d'Érétrie[6] avant d'attaquer Athènes. Cependant, lors de la bataille de Marathon, les Athéniens remportent une brillante victoire qui entraîne le retrait de l'armée perse en Asie[7].

Carte du monde grec à l’époque de la bataille

Par conséquent, Darius commença à lever une nouvelle grande armée afin de soumettre toute la Grèce. Cependant, il mourut avant de pouvoir lancer l'invasion[8]. Le trône de Perse revint alors à son fils Xerxès Ier qui relança rapidement les préparatifs de l'invasion, dont la construction de deux ponts flottants en travers de l'Hellespont[9]. En -481, Xerxès envoya des ambassadeurs en Grèce pour demander de "l'eau et de la terre" en signe de soumission tout en omettant délibérément de consulter Athènes et Sparte (théoriquement toujours en guerre avec l'empire perse)[10]. Les grecs commencèrent alors à se rassembler autour des deux États dominants. Un congrès des cités eut lieu à Corinthe à la fin de l'automne 481 av. J.-C. et une alliance fut formée[11]. Il s'agissait d'un événement remarquable pour le monde hellénique car de nombreuses cités participantes étaient techniquement en guerre les unes avec les autres[12].

Les alliés adoptèrent initialement une stratégie de défense des approches terrestres et maritimes du sud de la Grèce[13]. Ainsi en aout 480 av. J.-C., apprenant l'avancée des Perses, une petite troupe menée par le roi de Sparte Léonidas Ier bloqua le passage des Thermopyles tandis que la forte marine athénienne se déploya dans le détroit de l'Artémision. Les Grecs, largement inférieurs en nombre, tinrent les Thermopyles durant six jours avant d'être débordés par le flanc. Même si la plus grande partie de l'armée grecque s'était retirée, l'arrière-garde composée de Spartiates et de Thespiens fut encerclée et anéantie[14]. Lors des affrontements à proximité de l'Artémision qui eurent lieu au même moment, la flotte grecque résista[15] mais elle se replia après l'annonce de la défaite des Thermopyles qui rendait sans intérêt le contrôle du détroit[16].

Après la bataille des Thermopyles, l’armée perse avait progressé et pillait les cités de Béotie qui ne s'étaient pas rendues, Platées et Thespies avant d'investir Athènes qui avait été évacuée. Pendant ce temps, l'armée alliée se préparait à défendre l'Isthme de Corinthe[17]. Xerxès voulait obtenir une victoire totale afin d'achever la conquête de la Grèce avant la fin de l'année ; les alliés, eux aussi, cherchaient à obtenir une victoire décisive sur la flotte perse pour garantir la sécurité du Péloponnèse[18]. La bataille de Salamine se termina par une grande victoire grecque et constitue le tournant du conflit[19].

Mouvements des armées perses et grecques en 480-479 av. J.-C.

À la suite de la défaite de son armée à Salamine, Xerxès se retira en Asie avec le gros de son armée. Selon Hérodote, il craignaient que les navires grecs n'atteignent l'Hellespont et n'incendient les ponts flottants, piégeant son armée en Europe[20]. Il laissait ainsi à Mardonios et à ses meilleurs hommes le soin d'achever la conquête de la Grèce l'année suivante[21]. Mardonios évacua l'Attique et passa l'hiver en Thessalie[22] tandis que les Athéniens réoccupaient leur ville détruite[19]. Au cours de l'hiver, il y eut des tensions entre les alliés. En particulier, les Athéniens qui n'étaient pas protégés par l'isthme mais fournissaient le gros de la flotte qui le défendait vivaient mal cette situation et demandèrent aux alliés d'avancer vers le nord l'année suivante[19]. Les alliés refusèrent et la flotte athénienne refusa de rejoindre les autres marines au printemps. Celles-ci, maintenant commandées par le roi spartiate, Léotychidas II, quittèrent furtivement Délos tandis que le reste de la flotte perse s'échappait de Samos, les deux camps cherchant à éviter une confrontation avec l'adversaire[23]. De même, sachant qu'une attaque de l'isthme était inutile, Mardonios resta en Thessalie et les alliés refusèrent d'envoyer une armée à l'extérieur du Péloponnèse[19].

Mardonios tenta de sortir de l'impasse en essayant de rallier les Athéniens et leur flotte par l'intermédiaire d'Alexandre Ier de Macédoine en offrant la paix, l'autonomie et des gains territoriaux[23]. Les Athéniens s'assurèrent qu'une délégation spartiate était également sur place pour entendre l'offre et la refusèrent :

Il était fort inutile de grossir avec emphase les forces des Perses ; nous savions aussi bien que vous que les nôtres sont inférieures aux leurs. Cependant, brûlant du beau feu de la liberté, nous nous défendrons de tout notre pouvoir.[23]

Sur ce refus, les Perses marchèrent vers le sud. Athènes fut une nouvelle fois évacuée et abandonnée aux Perses. Mardonios renouvela son offre de paix aux Athéniens réfugiés sur l'île de Salamine. Athènes, ainsi que Mégare et Platées, envoyèrent des émissaires à Sparte pour demander son assistance en menaçant d'accepter les termes perses si la ville refusait[24]. Selon Hérodote, les Spartiates qui célébraient le festival de Hyacinthe retardèrent la prise de décision jusqu'à ce qu'un invité, Chileos de Tégée fit remarquer le danger que ferait courir à toute la Grèce une reddition des Athéniens[25]. Lorsque les émissaires athéniens notifièrent un ultimatum aux Spartiates le jour suivant, ils furent surpris d'apprendre qu'une armée était déjà en route pour affronter les Perses[26].

Prélude[modifier | modifier le code]

Lorsque Mardonios apprit l'avancée des Spartiates, il termina la destruction d'Athènes en abattant toutes les constructions[27]. Il se replia ensuite vers Thèbes en espérant attirer les Grecs dans un territoire favorable à la cavalerie perse[27]. Mardonios construisit un camp fortifié sur la rive nord de l'Asopos en Béotie et y attendit les Grecs[28].

Les Athéniens envoyèrent 8 000 hoplites menés par Aristide, ainsi que 600 exilés platéens pour renforcer l'armée alliée[29]. L'armée avança ensuite en Béotie à travers les cols du Mont Cithéron et arriva près de Platées en surplomb de la position perse sur l'Asopos[30]. Sous la conduite du général Pausanias, les Grecs prirent position en face des lignes perses mais restèrent sur un terrain plus élevé[30]. Sachant qu'il ne pourrait pas attaquer les positions grecques, Mardonios pensa soit à créer des divisions chez les grecs, soit à les attirer dans la plaine[30]. Plutarque rapporte qu'une conspiration fut découverte parmi les Athéniens les plus influents qui planifiaient de trahir la cause alliée. Même si ce fait n'est pas universellement accepté, il peut indiquer les manœuvres de Mardonios pour diviser les Grecs[30].

Mouvements initiaux de la bataille de Platées. La ligne grecque avance vers la crête sur l'Asopos.

Mardonios lança également des attaques éclairs sur les lignes grecques, probablement pour piéger les grecs qui se seraient lancés à leur poursuite. Bien qu'ayant connu un certain succès[31], cette tactique se retourna contre les perses lorsque le commandant de la cavalerie Masistius fut tué, sur quoi la cavalerie se retira[31],[32].

Le moral stimulé par cette petite victoire, les Grecs avancèrent, tout en restant sur les hauteurs, vers une nouvelle position près du camp de Mardonios[33]. Les Spartiates et les Tégéens étaient sur une crête sur la droite de la ligne, les Athéniens sur une butte sur la gauche et les autres contingents se trouvaient légèrement plus bas entre les deux formations[30]. En réponse Mardonios amena ses hommes sur la rive de l'Asopos et les prépara pour la bataille. Cependant, les deux camps refusèrent d'attaquer. Hérodote prétend que cela était dû au fait que les deux camps avaient reçu de mauvais présages lors des sacrifices rituels[34]. Par conséquent les deux armées restèrent sur leurs postions durant huit jours et durant cette période, des renforts grecs arrivèrent sur place[35]. Mardonios chercha ensuite à sortir de l'impasse en envoyant sa cavalerie attaquer les cols du mont Cithéron. Ce raid permit la capture du ravitaillement destiné aux grecs[35]. Au cours des deux jours suivants, les lignes de ravitaillement grecques furent constamment menacées[30]. Une nouvelle attaque de la cavalerie perse permit de capturer la source Gargaphienne qui était la seule source d'eau pour l'armée grecque (ils ne pouvaient pas utiliser l'Asopos du fait de la menace posée par les archers perses)[36]. Associée au manque de provisions, la pénurie d'eau rendit la position des Grecs intenable et ils décidèrent de se replier vers une position en face de Platées d'où ils pourraient protéger les cols et avoir accès à l'eau potable[37]. Pour éviter la cavalerie perse, il fallait agir de nuit[37].

Cependant, la retraite se transforma rapidement en débâcle. Les contingents alliés du centre ratèrent leur position assignée et se dispersèrent en face de Platées[30]. Les Athéniens, les Tégéens et les Spartiates qui protégeaient l'arrière de la retraite n'avaient même pas encore commencé leur repli au lever du jour[30]. Une unique division spartiate fut donc laissée sur la crête pour protéger l'arrière tandis que les Spartiates et les Tégéens se retirèrent vers les hauteurs. Pausanias demanda également aux Athéniens de commencer à se retirer et si possible de se joindre aux Spartiates[30],[38]. Cependant, les Athéniens se replièrent directement vers Platées[38], ce qui laissait une ligne de défense fragmentée face aux Perses[30].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Grecs[modifier | modifier le code]

Selon Hérodote, les Spartiates envoyèrent 45 000 hommes : 5 000 Spartiates (citoyens soldats professionnels), 5 000 hoplites de Laconie (Périèques) et 35 000 hilotes (sept par Spartiate)[29]. C'était probablement la plus large force spartiate jamais assemblée[30]. Aux côtés des Spartiates, de nombreuses cités grecques envoyèrent des troupes pour affronter les Perses :

Cité Nombre
de hoplites
Cité Nombre
de hoplites
Cité Nombre
de hoplites
Sparte[29] 10 000 Athènes[29] 8 000 Corinthe[29] 5 000
Mégare[29] 3 000 Sicyone[29] 3 000 Tégée[29] 1 500
Phlionte[29] 1 000 Trézène[29] 1 000 Anactorium &
Leucade[29]
800
Epidaure[29] 800 Orchomène
Arcadie[29]
600 Érétrie &
Styra[29]
600
Platées[29] 600 Égine[29] 500 Ambracie[29] 500
Chalcidique[29] 400 Mycènes &
Tirynthe[29]
400 Hermione[29] 300
Potidée[29] 300 Céphalonie[29] 200 Lépréon (en)[29] 200
Total 38 700[39]

Hérodote rapporte le chiffre de 69 500 troupes d'infanterie légère ; 35 000 hilotes spartiates[39] et 34 500 soldats du reste de la Grèce[39]. Il a été suggéré que le nombre de 34 500 correspondait au nombre d'hoplites non spartiates[40]. Hérodote écrit également qu'il y avait 1 800 Thespiens (mais sans préciser leur équipement), ce qui donne un effectif total de 110 000 hommes[41].

Le nombre d’hoplites est accepté et possible : les Athéniens avaient pu aligner à eux seuls 10 000 hoplites lors de la bataille de Marathon[30]. Certains historiens ont accepté le nombre de troupes légères et l'ont utilisé pour recenser la population grecque à ce moment. Ce nombre est théoriquement possible. Athènes, par exemple, avait aligné à Salamine 180 trirèmes[42], qui nécessitaient 36 000 rameurs[43]. Ainsi 69 500 troupes légères pouvaient être déployées à Platées. Néanmoins, ce nombre est souvent rejeté car jugé exagéré en particulier dans le rapport de 7 hilotes pour 1 spartiate[30]. Par exemple, Lazenby reconnaît que les hoplites des autres villes grecques auraient pu être accompagnés d'un domestique légèrement armé mais rejette le nombre de 7 hilotes pour un spartiate[44]. Selon lui, la plupart des hilotes étaient employés dans la logistique[44]. De plus, Lazenby et Holland jugent que les troupes légères n'ont eu qu'un rôle marginal dans la bataille, ce qui réduit l'importance du débat sur leur nombre[44],[45].

Il ne faut cependant pas oublier qu’une certaine proportion de la main d’œuvre grecque était nécessaire pour armer la flotte dont les effectifs se montaient à 110 trirèmes et donc à environ 22 000 hommes[46]. Comme la bataille de Mycale se déroula en même temps que la bataille de Platées, ces hommes ne pouvaient pas participer à Platées. La probabilité d'avoir 110 000 Grecs à Platées en est donc encore réduite[47].

Les forces grecques étaient, comme convenu lors du congrès allié, sous le commandement de la royauté de Sparte en la personne de Pausanias. Pausanias était le régent du jeune fils de Léonidas, Pleistarchos, son cousin. Diodore dit que le contingent athénien était dirigé par Aristide[48] et il est probable que les autres contingents avaient leurs propres chefs. Hérodote relate qu'à plusieurs reprises les Grecs tinrent des conseils en prélude à la bataille, ce qui semble montrer que Pausanias n'avait pas une totale autorité sur les autres contingents grecs[33],[37]. Cela joua un rôle sur la suite de la bataille car Pausanias fut incapable d'ordonner aux Athéniens de rejoindre ses forces, ce qui fit que les Grecs combattirent complètement séparés les uns des autres[49].

Perses[modifier | modifier le code]

Carte de la bataille datant des années 1780

D'après Hérodote, les Perses alignaient 300 000 hommes et étaient accompagnés par des troupes grecques issues des cités-États soutenant la cause perse (dont Thèbes)[50]. Hérodote admet que les effectifs de ces derniers ne sont pas connus mais il les estime à 50 000[50].

Ctésias, qui écrivit une histoire de la Perse fondée sur des archives perses, avance le chiffre de 120 000 Perses et de 7 000 Grecs mais son récit est généralement confus. Par exemple, il place cette bataille avant celle de Salamine et il rapporte qu'il y avait seulement 300 Spartiates, 1 000 périèques et 6 000 soldats d'autres villes à Platées, ce qui montre qu'il la confond avec celle des Thermopyles[51].

Le chiffre de 300 000 a été mis en doute, de même que la plupart des chiffres d'Hérodote, par de nombreux historiens. Le consensus moderne estime le nombre de soldats dans l'armée perse à environ 250 000[52]. D'après ce consensus, le chiffre de 300 000 Perses à Platées serait impossible. Une méthode d'estimation de la taille de l'armée perse a été de calculer le nombre d'hommes pouvant être abrités dans le camp. Cette approche donne le chiffre de 120 000 à 70 000 hommes[45]. Lazenby par exemple avance le chiffre de 70 000 hommes dont 10 000 cavaliers en se fondant sur une comparaison avec les camps militaires romains ultérieurs[44]. Dans le même temps, Connolly retient le chiffre de 120 000 soldats avec la même comparaison[53]. Ainsi, la plupart des estimations pour la force perse tournent autour de ces chiffres[54],[55],[56]. Par exemple, Delbrück conclut que l'effectif de 75 000 hommes était la limite maximale pour l'armée en se fondant sur la distance parcourue par les Perses lorsqu'Athènes fut attaquée[56].

Considérations tactiques et stratégiques[modifier | modifier le code]

D'une certaine façon, la course vers Platées ressemble à celle de la bataille de Marathon. Il y eut une impasse prolongée lors de laquelle aucun des camps ne se risqua à une attaque[30]. Les raisons de ce blocage étaient principalement tactiques et sont similaires à celles de Marathon. Les hoplites grecs ne voulait pas prendre le risque d'être flanqués par la cavalerie perse et l'infanterie légère perse ne pouvait pas espérer s'emparer des positions grecques bien défendues[30],[57].

Selon Hérodote, chacun des deux camps souhaitait une bataille décisive qui permettrait de faire pencher la balance en sa faveur[30],[58]. Cependant Lazenby avance que les actions de Mardonios durant la campagne de Platées ne correspondaient pas à une politique agressive[57]. Il interprète les opérations perses comme des tentatives non pas de pousser les Grecs dans la bataille mais de les amener à se retirer (ce que les Grecs firent effectivement)[59]. Mardonios a pu supposer qu'il avait peu à gagner d'un affrontement et pouvait simplement attendre la désintégration de l'alliance grecque (qui avait failli se produire durant l'hiver)[57]. Cependant, le récit d'Hérodote montre que Mardonios était préparé à se lancer dans la bataille. Quels que soient les motifs exacts, la situation stratégique initiale permettait aux deux camps de camper sur leurs positions grâce aux larges réserves de ravitaillement[30],[58]. Par conséquent les considérations tactiques surpassaient le besoin stratégique d'une bataille.

Lorsque les raids de Mardonios perturbèrent la chaîne de ravitaillement alliée, les Grecs durent revoir leur stratégie. Cependant, au lieu de se lancer à l'attaque, ils choisirent de se retirer pour sécuriser les lignes de communication[37] mais ce repli se transforma en chaos. Mardonios crut à une retraite complète et pensa que la bataille était déjà terminée et qu'il pouvait se lancer à la poursuite des Grecs[60]. Comme il ne s'attendait pas à rencontrer une opposition grecque, les considérations tactiques n'étaient plus un problème et il tenta d'exploiter la situation stratégique qu'il pensait avoir modifiée[30]. À l'inverse, les grecs avaient, par inadvertance, piégé Mardonios en le faisant se lancer à l'attaque sur les hauteurs où les Grecs, pourtant inférieurs en nombre, disposaient d'un avantage tactique[30],[61].

La bataille[modifier | modifier le code]

Lorsque les Perses se rendirent compte que les Grecs avaient abandonné leurs positions et semblaient se retirer, Mardonios décida de se lancer dans une poursuite immédiate avec l'infanterie perse d'élite[62] bientôt suivi par le reste de l'armée perse[62]. Les Spartiates et les Tégéens avaient à ce moment atteint le temple de Déméter[63]. L'arrière-garde, commandée par Amompharetus, commença à se retirer de la crête, sous la pression de la cavalerie perse, pour les rejoindre[63]. Pausanias envoya un messager aux Athéniens pour leur demander de soutenir les Spartiates[49]. Cependant, les Athéniens étaient engagés par la phalange thébaine (alliée aux Perses) et ne pouvaient assister Pausanias[63]. Les Spartiates et les Tégéens étaient engagés par la cavalerie perse[49] tandis que l'infanterie perse continuait d'avancer. La cavalerie se retira et les archers commencèrent à tirer sur les Grecs[49],[63].

La retraite grecque se déroula mal et les Perses traversèrent l'Asopos pour attaquer les Grecs désorganisés.

Selon Hérodote, Pausanias refusa d'avancer car les sacrifices de chèvres n'avaient pas fourni de bon présages[64]. À ce moment, les Tégéens soumis aux tirs nourris des Perses décidèrent de charger les lignes perses[64]. Après un dernier sacrifice et des prières, Pausanias reçut des présages favorables et ordonna aux Spartiates d'engager le combat[65].

L'infanterie perse, supérieure en nombre, était composée de la lourde (selon les standards perses) formation des sparabaras mais celle-ci était plus légère que la phalange grecque[66]. Les Perses utilisaient de larges boucliers en osier et des lances courtes. Par comparaison les hoplites étaient protégés par une armure et un bouclier en bronze et combattaient avec une longue lance[63]. Comme à Marathon, la discordance était criante[65],[67]. Le combat fut long et acharné mais les Grecs continuèrent à pousser dans les lignes perses[63]. Mardonios, sur un cheval blanc, était présent dans la mêlée avec une escorte de 1 000 hommes et tant qu'il était là, les Perses tinrent leurs positions[66]. Cependant, les Spartiates se rapprochèrent de Mardonios et une pierre lancée par le Spartiate Aeimnestus l'atteignit à la tète et le tua[68]. Après la mort de Mardonios, les Perses commencèrent à s'enfuir même si sa garde personnelle combattit jusqu'à la mort[63]. La débâcle devint rapidement générale et de nombreux Perses commencèrent à s'enfuir vers le camp[67]. Cependant, Artabaze (qui avait auparavant commandé les sièges d'Olynthe et de Potidée) était en désaccord avec la décision de Mardonios d'attaquer[60], et n'avait pas engagé toutes les troupes sous son commandement[69]. Lorsque la débâcle commença, il mena les hommes (40 000 selon Hérodote) à l'écart du champ de bataille en direction de la Thessalie en espérant s'échapper par l'Hellespont[69].

De l'autre côté du champ de bataille, les Athéniens venaient de remporter une dure bataille contre les Thébains[70]. Les autres Grecs combattant pour les Perses avaient, selon Hérodote, volontairement mal combattu[70]. Les Thébains quittèrent la bataille mais dans une direction différente de celle des Perses, ce qui leur permit de ne pas subir de plus lourdes pertes[71]. Les alliés grecs, renforcés par un contingent qui n'avait pas pris part à la bataille, ravagèrent le camp perse[63],[72]. Malgré une défense vigoureuse des murs, ceux-ci sont pris et les Perses sont massacrés par les Grecs[73]. Sur tous les Perses qui avaient rejoint le camp, à peine 3 000 furent laissés en vie[73].

Selon Hérodote, seuls 43 000 Perses survécurent à la bataille[73]. Le nombre de morts est évidemment lié au nombre de soldats sur place. Selon Hérodote, il y aurait eu 257 000 morts perses et seulement 159 morts chez les grecs[73]. De plus, il avance que seuls les Spartiates, les Tégéens et les Athéniens moururent car ils étaient les seuls à avoir combattu[73]. Plutarque, qui avait accès à d'autres sources, donne le chiffre de 1 360 morts grecs[74] tandis que Diodore de Sicile et Éphore de Cumes parlent de 10 000 morts[75].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille du cap Mycale.
Combat entre un hoplite grec (à droite) et un guerrier perse (à gauche) représenté sur un ancien kylix (vase). Ve siècle av. J.-C.

Selon Hérodote, la bataille de Mycale eut lieu le même après-midi que la bataille de Platées. Une flotte grecque commandée par le roi de Sparte Léotychidas II avait navigué jusqu'à l'île de Samos pour affronter les restes de la flotte perse[76]. Les Perses, dont les navires étaient mal entretenus avaient décidé de ne pas risquer une attaque et au contraire échouèrent leurs navires sur une plage en contrebas du Mont Mycale en Ionie. Une armée de 60 000 hommes avait été laissée sur place par Xerxès et rejoignit la flotte pour construire une palissade autour des navires[76]. Cependant, Léotychidas décida d'attaquer le camp avec les marins de la flotte alliée[77]. Voyant la petite taille de la force grecque, les Perses quittèrent le camp mais les hoplites se montrèrent supérieurs et détruisirent le contingent perse[77]. Les navires furent capturés et brûlés par les Grecs anéantissant la puissance maritime de Xerxès et marquant l'ascendance maritime grecque[77].

Avec la double victoire de Platées et de Mycale, la seconde invasion perse de la Grèce était terminée. De plus, la menace d'une invasion future était réduite. Même si les Grecs s'inquiétaient à la pensée que Xerxès pourrait lancer une nouvelle attaque, il devint rapidement clair que le désir perse d'envahir la Grèce avait grandement diminué[78].

Les restes de l'armée perse, commandée par Artabaze, tentèrent de se retirer en Asie mineure. En traversant la Thessalie, la Macédoine et la Thrace par le plus court chemin, Artabaze arriva finalement à Byzance avec de lourdes pertes dues aux attaques thraces, à la fatigue et à la faim[79]. Après la victoire de Mycale, la flotte grecque fit route vers l'Hellespont pour détruire les ponts flottants mais les Perses les avaient déjà démantelés[80]. Les flottes des villes du Péloponnèse se retirèrent mais les Athéniens restèrent pour attaquer la péninsule de Gallipoli toujours occupée par les Perses[80]. Les Perses de la région et leurs alliés firent route vers Sestos, la plus puissante ville de la zone. La prise de la ville par les Athéniens après un long siège marque une nouvelle phase des guerres médiques[81]. Hérodote termine ses Histoires après le siège de Sestos. Au cours des 30 années suivantes, les Grecs, principalement la Ligue de Délos dominée par Athènes expulsèrent les Perses de Macédoine, de Thrace, des îles égéennes et d'Ionie[81]. La paix avec la Perse arriva finalement en 449 av. J.-C. avec la Paix de Callias qui mit fin à près d'un demi-siècle de conflit[81].

Importance[modifier | modifier le code]

Platées et Mycale eurent une grande importance dans l'histoire antique en mettant fin à la seconde invasion perse de la Grèce et faisant basculer définitivement la balance en faveur des Grecs[81]. La bataille de Marathon montra que les Perses pouvaient être vaincus et la bataille de Salamine sauva la Grèce d'une invasion imminente mais ce furent Platées et Mycale qui mirent effectivement fin à la menace[81]. Cependant, aucune de ces deux batailles n'est aussi célèbre que celles des Thermopyles, de Salamine ou de Marathon[82]. Les raisons de cet écart ne sont pas entièrement claires. Il pourrait cependant tenir aux circonstances dans lesquelles la bataille s'est déroulée. La gloire des Thermopyles repose sur l'héroïsme désespéré des Grecs en face d'un adversaire innombrable[83] et celle de Marathon et de Salamine provient peut-être de ce qu'elles ont été menées dans des situations stratégiques difficiles presque sans espoir de vaincre. Au contraire, les batailles de Platées et de Mycale se déroulèrent dans une relative position de force des Grecs et dans des conditions bien moins difficiles. De fait, les Grecs cherchaient la bataille dans les deux occasions[23],[81].

Militairement, la leçon majeure de Platées et de Mycale (car les deux se déroulèrent sur terre) est une nouvelle démonstration de la supériorité des hoplites sur l'infanterie légère perse, supériorité qui avait déjà été démontrée à Marathon[78]. Ainsi, à la suite des guerres médiques, l'empire perse commença à recruter et à s'appuyer sur des mercenaires grecs[84]. L'épopée des « Dix Mille » relatée par Xénophon montra que les Grecs étaient supérieurs aux Perses même au cœur de leur territoire et ouvrirent la voie à la destruction de l'Empire perse par Alexandre le Grand quelques décennies plus tard.

Héritage[modifier | modifier le code]

La colonne serpentine offerte par les Grecs victorieux
Article détaillé : Colonne serpentine.
  • Au Livre VI de son ouvrage consacré à sa patrie, l’historien Nymphis d’Héraclée dit que Pausanias, après sa victoire à Platées, délaissa pour toujours les usages spartiates : Une colonne en bronze sous la forme de trois serpents enlacés fut créée à partir du métal des armes perses obtenues lors de la prise du camp, et offerte en offrande à Apollon à Delphes[85],[86]. La liste des cités grecques ayant participé à la bataille est inscrite sur la colonne et confirme certaines déclarations d’Hérodote[87]. La colonne fut déplacée à l’hippodrome de Constantinople (actuel Istanbul) par l’empereur Constantin où elle se trouve toujours même si les têtes des serpents ont été brisées au XVIIIe siècle[88]. À Byzance, Pausanias fit inscrire sur la coupe en bronze consacrée aux dieux une épigramme en son propre honneur : « Pausanias, gouverneur de la Grèce aux horizons majestueux, du Pont-Euxin, natif de Lacédémone, fils de Cléombrotos, de l’antique race d’Héraclès, a dédié cet objet, témoignage de sa force invincible, au grand dieu Poséidon. » Hérodote ajoute que la coupe pouvait toujours être observée à Delphes en son temps.

Sources[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hérodote.

La principale source sur les guerres médiques est l'historien grec Hérodote. Hérodote, surnommé le Père de l’Histoire[89], est né en Asie mineure alors sous domination perse.

Les écrits de l’historien Diodore de Sicile dans sa Bibliothèque historique (Ier siècle av. J.-C.) fournissent également un compte rendu de la bataille de Platées. Son récit est cohérent avec celui d’Hérodote, mais comme il a été écrit bien plus tard, il pourrait en être dérivé[90]. La bataille est également décrite avec moins de détails par d'autres historiens antiques comme Plutarque, Ctésias et d'autres y font référence comme l'auteur dramatique Eschyle. Des preuves archéologiques comme la colonne serpentine confirment également certains détails avancés par Hérodote[87].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Plataea » (voir la liste des auteurs).

  1. Holland, p. 47–55.
  2. Holland, p. 203.
  3. Hérodote V, 105.
  4. a et b Holland, 171–178.
  5. Hérodote VI, 44.
  6. Hérodote VI, 101.
  7. Hérodote VI, 113.
  8. Holland, p. 206–208.
  9. Holland, p. 208–211.
  10. Hérodote VII, 32.
  11. Hérodote VII, 145.
  12. Holland, p. 226.
  13. Holland, p. 255–257.
  14. Holland, p. 292–294.
  15. Hérodote VIII, 18.
  16. Hérodote VIII, 21.
  17. Hérodote VIII, 71.
  18. Holland, p. 303.
  19. a, b, c et d Holland, p. 333–335.
  20. Hérodote VIII, 97.
  21. Holland, p. 327–329.
  22. Holland, p. 330.
  23. a, b, c et d Holland, p. 336–338.
  24. Hérodote IX, 7.
  25. Hérodote IX, 6–9.
  26. Hérodote IX, 10.
  27. a et b Hérodote IX, 13.
  28. Hérodote IX, 15.
  29. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Hérodote IX, 28.
  30. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Holland, p. 343–349.
  31. a et b Hérodote « IX, 22 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-20.
  32. Hérodote IX, 23.
  33. a et b Hérodote, IX, 25.
  34. Hérodote, IX, 33.
  35. a et b Hérodote, IX, 39.
  36. Hérodote IX, 49.
  37. a, b, c et d Hérodote IX, 51.
  38. a et b Hérodote IX, 55.
  39. a, b et c Hérodote IX, 29.
  40. Lazenby, p. 277.
  41. Hérodote 9.30 IX, 30.
  42. Hérodote VIII, 44.
  43. Hérodote VII, 184.
  44. a, b, c et d Lazenby, p. 227–228.
  45. a et b Holland, p. 400.
  46. Hérodote VIII, 132.
  47. Holland, p. 357.
  48. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique XI, 29.
  49. a, b, c et d Hérodote IX, 60.
  50. a et b Hérodote IX, 32.
  51. Ctesias, Persica.
  52. Holland, p. 237.
  53. Connolly, p. 29.
  54. Military History Online website.
  55. Green, p. 240–260.
  56. a et b Delbrück, p. 35.
  57. a, b et c Lazenby, p. 217–219.
  58. a et b Hérodote, IX, 41.
  59. Lazenby, p. 221–222.
  60. a et b Hérodote, IX, 58.
  61. Lazenby, p. 254–257.
  62. a et b Hérodote IX, 59.
  63. a, b, c, d, e, f, g et h Holland, p. 350–355.
  64. a et b Hérodote IX, 61.
  65. a et b Hérodote IX, 62.
  66. a et b Hérodote IX, 63.
  67. a et b Hérodote IX, 65.
  68. Hérodote IX, 64.
  69. a et b Hérodote IX, 66.
  70. a et b Hérodote IX, 67.
  71. Hérodote IX, 68.
  72. Hérodote IX, 69.
  73. a, b, c, d et e Hérodote IX, 70.
  74. Plutarque, Aristides 19.
  75. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique XI, 33.
  76. a et b Hérodote IX, 96.
  77. a, b et c Holland, p. 357–358.
  78. a et b Holland, p. 358–359.
  79. Hérodote IX, 89.
  80. a et b Hérodote IX, 114.
  81. a, b, c, d, e et f Holland, p. 359–363.
  82. On peut ainsi comparer le nombre de résultats donnés par Google ou le nombre d'ouvrages consacrés spécifiquement à ces batailles.
  83. Holland, pp xvi–xxii.
  84. Xenophon, Anabasis.
  85. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne]
  86. Hérodote, IX, 81.
  87. a et b Note to Hérodote IX, 81.
  88. Gibbon, chap. 17 et 68.
  89. Cicéron, Traité des Lois (I, 5)
  90. Diodore de Sicile, Bibliotheca Historica, XI, 28–34.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Sources modernes[modifier | modifier le code]

  • (en) Hans Delbrück, History of the Art of War, vol. I.
  • (en) Tom Holland, Persian Fire, Abacus, 2005 (ISBN 978-0-349-11717-1).
  • (en) Peter Green, The Greco-Persian Wars, Berkeley, University of California Press, 1970 ; édition révisée, 1996 (ISBN 0-520-20573-1) ; 1998 (ISBN 0-520-20313-5).
  • (en) Edward Gibbon, The Decline and Fall of the Roman Empire.
  • (en) J.-F. Lazenby, The Defence of Greece 490–479 BC, Aris & Phillips Ltd., 1993 (ISBN 0-85668-591-7).
  • (en) D. Fehling, Hérodote and His "Sources": Citation, Invention, and Narrative Art, traduit par J.G. Howie[précision nécessaire], coll. « Arca Classical and Medieval Texts, Papers, and Monographs », no 21, Leeds, Francis Cairns, 1989.
  • (en) P. Connolly, Greece and Rome at War, 1981.
  • (en) Moses Finley, Thucydides – History of the Peloponnesian War (translated by Rex Warner), Penguin,‎ 1972 (ISBN 978-0-14-044039-3), « Introduction ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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