Xénophon

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Xénophon - Ξενοφῶν

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Xénophon

Activités Historien, philosophe, stratège
Naissance vers 426 av. J.-C.
dème d'Erchia (Attique)
Décès 355 av. J.-C.
Langue d'écriture Grec ancien

Xénophon (en grec ancien Ξενοφῶν / Xenophōn), né v.-440, 426 ou 430, mort v.355 av. J.-C., est un philosophe, historien et chef militaire de la Grèce antique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du dème d’Erchia en Attique, dans les premières années de la guerre du Péloponnèse, Xénophon est le fils de Gryllos ; il a pour épouse Philésia qui lui donne deux fils, Gryllos et Diodore, qu’on surnommait « les Dioscures ». Sa date de naissance est inconnue : Diogène Laërce dit qu'il était « dans la fleur de l’âge » en 400, ce qui peut être compris comme ayant 40 ans.

Né dans une riche famille aristocratique, il fréquente les sophistes, dont Prodicos à Thèbes, puis devient l’élève de Socrate. Hostile à la restauration de la démocratie après la tyrannie des Trente. D’après l’historien italien Luciano Canfora, tout laisse penser qu’il était lui-même l’un des deux commandants de la cavalerie lors de cette tyrannie, cavalerie qui fit alors office de milice pour les Trente, chargée de réprimer et d'assassiner les opposants.

Appelé à la cour du jeune Cyrus par son général Proxène de Thèbes, il y est engagé à son insu dans l’expédition de Cyrus le Jeune contre son frère Artaxerxès II (-401). Lors de la bataille de Counaxa, en 401 av. J.-C., bien que les Grecs n’ont perdu aucun homme, la bataille tourne à l’avantage des Perses lorsque Cyrus est tué. Cléarque dirige alors la retraite des Dix Mille vers le nord. Des contacts sont noués avec le satrape Tissapherne, mais le spartiate Cléarque tombe naïvement dans un piège. Il est décapité avec de nombreux officiers de son état-major, dont Proxène de Thèbes, ami de longue date de Xénophon, qui lui succède dans cette retraite à la tête des mercenaires. Isolés sur les plaines entre le Tigre et l’Euphrate, les mercenaires sont conduits par Xénophon : cette retraite est retenue dans l’histoire sous le titre de retraite des « Dix Mille » : les Grecs de la retraite sont 13 600 ; Xénophon rapporte les péripéties du trajet dans son ouvrage le plus connu, l’Anabase. Arrivés à la sortie des montagnes, apercevant le Pont-Euxin, Xénophon arrive en Thrace avec ses compagnons, se met au service du prince Seuthès Ier, qu’il rétablit sur son trône.

À son retour à Athènes, il est mal accueilli, et part à Sparte, où il fait partie des troupes du roi Agésilas II qui combattent en Perse. Il est alors banni d’Athènes, alliée des Perses, et dépossédé de ses biens. En 394 av. J.-C., il se bat contre les Athéniens à Coronée, puis s’installe à Scillonte, en Élide, où il passe plus de 20 ans. Il fait venir ses fils à Sparte pour y être élevés à la spartiate. Ayant quitté Agésilas, il part à Scillonte, territoire proche de la ville d’Elée. Il était suivi par sa femme, d’après Démétrios de Magnésie et ses deux fils Gryllos et Diodore[1]. Sur son domaine, il rédige ses ouvrages notamment l’Anabase, s’adonne à la chasse. En 371 av. J.-C.., une guerre entre Sparte et les Eléens l’oblige à quitter Scillonte, et il se réfugie à Élis puis à Corinthe. Athènes, alliée de Sparte, lève la sentence de bannissement en 367 av. J.-C., mais il n’existe aucune preuve qu’il rentre à Athènes. Il autorise ses fils à combattre dans les rangs de la cavalerie athénienne aux côtés des Spartiates : Gryllos meurt au combat lors de la bataille de Mantinée (-362).

Les dernières années de Xénophon

Diogène Laërce date sa mort de -360. On suppose qu'il est mort en 355 av. J.-C.. Esprit éclectique, il a beaucoup écrit. Outre l’Anabase, il a écrit une suite à l’Histoire de la guerre du Péloponnèse intitulée Les Helléniques. Disciple de Socrate, il dresse de son maître le portrait d’un homme plus attiré par la morale que la métaphysique dans l’Apologie de Socrate, les Mémorables et le Banquet.

Xénophon a préparé les esprits aux conquêtes d’Alexandre le Grand : Dans l’Anabase, outre une vision idéalisée de l’Asie, il montre qu'une unité de mercenaires grecs peut traverser l’Empire perse invaincue. De plus alors qu'il était au départ attiré vers des idéaux aristocratiques, il développe ensuite une pensée politique favorable à la monarchie[2].

Xénophon et la sténographie[modifier | modifier le code]

Selon les écrits de Diogène Laërce, les premières traces remonteraient à 430 av. J.-C., les historiens considèrent Xénophon comme l’un des premiers contributeurs à l’invention de la sténographie : au IVe siècle av. J.-C., il notait ses pensées sur Socrate en utilisant un système d'écriture rapide en grec.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] : Xénophon.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Opera, édi. par E. C. Marchant, Harvard University Press, coll. « Loeb Classical Library », 7 vol., 1947-1968. Texte grec et trad. an.
  • Xénophon. Oeuvres complètes, trad. Pierre Chambry, Garnier-Flammarion, 3 vol., 1967. T. I : Cyropédie. - Hipparque. - Équitation. - Hiéron. - Agésilas. - Revenus.. T. II : Anabase. - Banquet. - Économique. - De la chasse. - La République des Lacédémoniens. - La République des Athéniens. T. III : Les helléniques. - Apologie de Socrate. - Les Mémorables.

Œuvres de Xénophon[modifier | modifier le code]

  • Athénée dit que le second Alcibiade passe pour être de Xénophon[3]
  • Agésilas, biographie apologétique du roi de Sparte.
  • Anabase (Ἀνάϐασις / Anabasis), récit de l'expédition de Cyrus le Jeune et de la retraite des Dix Mille. Texte grec et trad. fr. P. Masqueray, Les Belles Lettres, 1930-1931, 2 vol.
  • Apologie de Socrate (Ἀπολογία Σωκράτους / Apologia Sôkratous), sur la mort de Socrate. Trad. P. Chambry, Xénophon. Oeuvres complètes, t. 3 : Les helléniques. L'Apologie de Socrate. Les Mémorables, Garnier-Flammarion, 1967.
  • Le Banquet.
  • La Chasse.
  • Constitution des Lacédémoniens (Λακεδαιμονίων Πολιτεία / Lakedaimoniôn Politeia), apologie de Sparte.
  • Cyropédie (Κύρου Παιδείας / Kurou Paideias), vie romancée de Cyrus qui se veut une réfutation de la République de Platon. Texte grec et trad. M. Bizos, Les Belles Lettres, 1971-1973, 3 vol.
  • Économique (Οἰκονομικός / Oikonomikos), sur l'administration d'une propriété agricole. Texte grec et trad. P. Chantraine, Les Belles Lettres, 1949.
  • Équitation, sur les principes à suivre dans le choix et l’éducation d’un cheval de guerre et sur l’équitation. Xénophon a écrit les premiers livres sur le dressage du cheval. De l'art équestre : texte grec et trad. E. Delebecque, Les Belles Lettres, 1978.
  • Helléniques (Ἑλληνικῶν / Hellênikôn), continuation de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide. Texte grec et trad. fr. J. Hatzfeld, Les Belles Lettres, 1936-1939, 2 vol.
  • Hiéron, petit livre sur la tyrannie.
  • Hipparque, traité destiné à un jeune commandant de la cavalerie.
  • Mémorables (Ἀπομνημονευμάτων / Apomnêmoneumatôn), récits sur la vie de Socrate où Xénophon se veut le porte-parole de son ancien maître. Les « Mémorables » sont le plus connu des ouvrages consacrés par Xénophon à la mort de son maître. Ce sont des dialogues socratiques. Mélange entre le traité philosophique et un livre de souvenirs. Socrate considéré comme un des pères pour la philosophie occidentale et l'un des inventeurs de la philosophie morale, a exercé une grande influence sur l'esprit de Xénophon qui passa plusieurs années à le suivre et à l'écouter s'entretenir avec toutes sortes de personnes sur toutes sortes de sujets. Ce sont ces entretiens qu'il a recueillis dans les Mémorables. Xénophon aurait commencé à écrire cette œuvre vers la fin de sa vie à partir de 370. Ces années furent marquées pour lui par des voyages et des guerres avec des péripéties de toute sorte. En effet, les Mémorables ont été écrites au lendemain de la guerre du Péloponnèse qui avait débuté en 431. Trad. P. Chambry, Xénophon. Oeuvres complètes, t. 3 : Les helléniques. L'Apologie de Socrate. Les Mémorables, Garnier-Flammarion, 1967.
  • Les Revenus, livre de réformes économiques préconisées pour la cité d'Athènes.

Pseudo-Xénophon[modifier | modifier le code]

  • On a longtemps attribué La République des Athéniens à Xénophon. Or il semble qu'il ne soit pas l'auteur de ce pamphlet écrit vers les années -430. Les historiens préfèrent de plus en plus parler de Pseudo-Xénophon, évitant ainsi de trancher strictement sur cette paternité contestée[4].

Études sur Xénophon[modifier | modifier le code]

  • E. Delebecque, Essai sur la vie de Xénophon, Belles Lettres, Paris, 1957.
  • J. Luccioni, Les idées politiques et sociales de Xénophon, Publications de la Sorbonne, Paris, 1957.
  • (de) H. R. Breitenbach, q.v., Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, 9A2, 1967, col. 1569-2052.
  • Leo Strauss, De la Tyrannie. Gallimard, 1998. Cet ouvrage comporte une étude de Leo Strauss sur le Hiéron de Xénophon, en réponse à Tyrannie et sagesse d'Alexandre Kojève.
  • (en) J. K. Anderson, Xenophon, London Classical Press, Londres, 2001.
  • Xénophon et Socrate — Actes du colloque d'Aix-en-Provence (6-9 novembre 2003), sous la direction de Michel Narcy, suivis de Les écrits socratiques de Xénophon et du Supplément bibliographique (1984-2008), par Louis-André Dorion, Paris, Vrin, 2008. ISBN 978-2-7116-1987-0.
  • Vincent Azoulay, Xénophon et les grâces du pouvoir, De la charis au charisme, Publications de la Sorbonne, Paris, 2004.
  • « Xénophon », Cahiers des études anciennes, XLV, 2008 [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cfr. Dinarque, De l’Apostasie, livre écrit contre Xénophon, cité par Diogène Laërce
  2. Article Xénophon, dans l’Encyclopædia Universalis (1re édition)
  3. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (Livre XI, 506c)
  4. Voir par exemple Marie-Claire Amouretti et Françoise Ruzé, Le Monde grec antique, Hachette Supérieur, 2003.