Xénophon

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Xénophon - Ξενοφῶν

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Xénophon

Naissance vers 427 av. J.-C.[1]
dème d'Erchia (Attique)
Décès 354 av. J.-C.[2]
Activité principale
Historien, philosophe, stratège
Auteur
Langue d’écriture Grec ancien

Œuvres principales

Anabase
Le Banquet,
Cyropédie,
Économique
Helléniques
Mémorables

Xénophon (en grec ancien Ξενοφῶν / Xenophōn) est un philosophe, historien et chef militaire de la Grèce antique né à Athènes vers 428 ou 427, mort vers 354 avant notre ère.

Esprit éclectique, il a beaucoup écrit.

Outre l’Anabase, il nous a offert une suite à l’Histoire de la guerre du Péloponnèse intitulée Les Helléniques.

Disciple de Socrate, il dresse de son maître le portrait d’un homme plus attiré par la morale que la métaphysique dans l’Apologie de Socrate, les Mémorables et le Banquet[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le parcours biographique de Xénophon est relativement complexe

Athènes[modifier | modifier le code]

Originaire du dème d’Erchia en Attique, dans les premières années de la guerre du Péloponnèse, Xénophon est le fils de Gryllos ; il a pour épouse Philésia qui lui donne deux fils, Gryllos et Diodore, qu’on surnommait « les Dioscures »[4]. Sa date de naissance est inconnue : Diogène Laërce dit qu'il était « dans la fleur de l’âge » en 400[5], ce qui peut être compris comme 40 ans.

Né dans une riche famille aristocratique, il fréquente les sophistes, dont Prodicos à Thèbes, puis devient l’élève de Socrate. Pénétré d'idées oligarchiques, il est hostile à la restauration de la démocratie après la tyrannie des Trente ; au sein des socratiques, il ne s'entend ni avec Aristippe, ni avec Platon, à qui il reproche d'ajouter ses idées propres à celles de Socrate[6]. D’après Photios, Xénophon fut élève d’Isocrate[7]. Xénophon et Socrate ont combattu à Amphipolis et à la bataille de Délion, où Socrate lui sauva la vie alors qu'il était tombé de son cheval[8].

Appelé à la cour du jeune Cyrus par son général Proxène de Thèbes, il est engagé à son insu dans l’expédition de Cyrus le Jeune contre son frère Artaxerxès II (-400). Il suit Cyrus en Grèce un an avant la mort de Socrate[9]. Lors de la bataille de Counaxa, en 401 av. J.-C., bien que les Grecs n’aient perdu aucun homme, la bataille tourne à l’avantage des Perses lorsque Cyrus est tué.

La retraite des Dix Mille[modifier | modifier le code]

Les Dix Mille conduit par Xeéophon aperçoivent la mer : Thalassa ! Thalassa !
Article détaillé : Dix Mille.

Cléarque dirige alors la retraite des Dix Mille vers le nord. Des contacts sont noués avec le satrape Tissapherne, mais le spartiate Cléarque entre autres généraux tombe naïvement dans un guet-apens. Il est décapité avec de nombreux officiers de son état-major, dont Proxène de Thèbes, ami de longue date de Xénophon, qui lui succède dans cette retraite à la tête des mercenaires. Isolés sur les plaines entre le Tigre et l’Euphrate, les mercenaires sont conduits par Xénophon : cette retraite est retenue dans l’histoire sous le titre de retraite des « Dix Mille » : les Grecs de la retraite sont 13 600 ; Xénophon rapporte les péripéties du trajet dans son ouvrage l’Anabase. Arrivés à la sortie des montagnes, apercevant le Pont-Euxin, Xénophon arrive en Thrace avec ses compagnons, se met au service du prince Seuthès Ier, qu’il rétablit sur son trône.

Athènes et Sparte[modifier | modifier le code]

À son retour à Athènes, il est mal accueilli. Il part à Sparte, où il fait partie des troupes du roi Agésilas II qui combattent en Perse. Il est alors banni d’Athènes, alliée des Perses, et dépossédé de ses biens.

Scillonte (394-374)[modifier | modifier le code]

En 394 av. J.-C., il se bat contre les Athéniens à Coronée, puis s’installe à Scillonte, en Élide, sur la côte ouest du Péloponnèse, où il passe plus de 20 ans. À la demande du roi Agésilas II, il fait venir ses fils (nés après le retour de leur père[10]) à Sparte pour y être élevés à la mode spartiate[11]. Après avoir vécu à la cour du roi, il quitte Agésilas, et s’établit à Scillonte, territoire proche d’Elée, rejoint d’après Démétrios de Magnésie par sa femme et ses deux fils Gryllos et Diodore[12]. En -362, il autorise ses fils à combattre dans les rangs de la cavalerie athénienne aux côtés des Spartiates : Gryllos meurt au combat lors de la bataille de Mantinée.

Les dernières années, Corinthe[modifier | modifier le code]

Sur son domaine, il rédige ses ouvrages, notamment l’Anabase, et s’adonne à la chasse. En 371 av. J.-C., une guerre entre Sparte et les Eléens l’oblige à quitter Scillonte, et il se réfugie à Élis puis à Corinthe ; le grammairien Démétrios de Magnésie a écrit qu'il est mort à Corinthe. Athènes, alliée de Sparte, lève la sentence de bannissement en 367 av. J.-C. ; Istros de Cyrène, historien grec du IIIe siècle av. J.-C.[13],[14] dit qu'il fut exilé par ordre d'Eubule et rappelé par son avis. Dion de Pruse, dans le VIIIe Discours, rapporte que Xénophon était déjà exilé pour sa participation à la campagne de Cyrus quand Diogène de Sinope arriva à Athènes. Diogène Laërce date sa mort de -360. On suppose qu'il est mort en 355 av. J.-C..

Xénophon a préparé les esprits aux conquêtes d’Alexandre le Grand : dans l’Anabase, outre une vision idéalisée de l’Asie, il montre qu'une unité de mercenaires grecs peut traverser l’Empire perse invaincue. De plus, alors qu'il était, dans un premier temps, proche des idéaux aristocratiques, il développe par la suite une pensée politique favorable à la monarchie[15].

Xénophon et la sténographie[modifier | modifier le code]

Si, selon les écrits de Diogène Laërce, les premières traces de la sténographie remonteraient à 430 av. J.-C., les historiens considèrent Xénophon comme l’un des premiers contributeurs à cette invention : au IVe siècle av. J.-C., il notait ses pensées sur Socrate en utilisant un système d’écriture rapide en grec.

Xenophon et le concept de leadership[modifier | modifier le code]

Élu stratége, c'est lui qui conduit victorieusement la retraite des Dix mille.

Xenophon nous propose dans sa Cyropédie une des toute premières réflexions sur le leadership[16], [17].

Dans l'Hipparque, des conseils à un jeune commandant de cavalerie

Peter Drucker a écrit que l'on n'avait pas fait mieux depuis.

Xénophon et le concept de management[modifier | modifier le code]

Xénophon, inventeur du concept de management dans son Économique

Xénophon nous offre dans ses Mémorables et son Économique, une des toute premières réflexions sur le concept de management [18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne] : Xénophon.

Œuvres de Xénophon[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique.

Texte grec et trad. fr. P. Masqueray, Les Belles Lettres, 1930-1931, 2 vol.
Garnier-Flammarion, 1967
Garnier-Flammarion, 19967
Texte grec et trad. M. Bizos, Les Belles Lettres, 1971-1973, 3 vol[20].
  • Économique (Οἰκονομικός / Oikonomikos), sur l'administration d'une propriété agricole.
(en) Husbandry
Texte grec et trad. Pierre Chantraine, Les Belles Lettres, 1949.
Garnier-Flammarion, 1967.
  • Équitation, sur les principes à suivre dans le choix et l’éducation d’un cheval de guerre et sur l’équitation. Xénophon a écrit les premiers livres sur le dressage du cheval. De l'art équestre : texte grec et trad. Édouard Delebecque, Les Belles Lettres, 1978.
  • Helléniques (Ἑλληνικῶν / Hellênikôn), continuation de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide. Texte grec et trad. fr. J. Hatzfeld, Les Belles Lettres, 1936-1939, 2 vol.
  • Hiéron.
  • L'Hipparque, court traité destiné à un jeune commandant de cavalerie.
Garnier-Flammation, 1967.
  • Mémorables (Ἀπομνημονευμάτων / Apomnêmoneumatôn), récits sur la vie de Socrate où Xénophon se veut le porte-parole de son ancien maître. Les Mémorables sont le plus connu des ouvrages consacrés par Xénophon à la mort de son maître. Ce sont des dialogues socratiques. Mélange entre le traité philosophique et un livre de souvenirs. Socrate considéré comme un des pères pour la philosophie occidentale et l'un des inventeurs de la philosophie morale, a exercé une grande influence sur l'esprit de Xénophon qui passa plusieurs années à le suivre et à l'écouter s'entretenir avec toutes sortes de personnes sur toutes sortes de sujets. Ce sont ces entretiens qu'il a recueillis dans les Mémorables. Xénophon aurait commencé à écrire cette œuvre vers la fin de sa vie à partir de -370. Ces années furent marquées pour lui par des voyages et des guerres avec des péripéties de toute sorte. En effet, les Mémorables ont été écrites au lendemain de la guerre du Péloponnèse qui avait débuté en 431. Trad. P. Chambry, Xénophon. Œuvres complètes, t. 3 : Les Helléniques. L'Apologie de Socrate. Les Mémorables, Garnier-Flammarion, 1967.
  • Les Revenus, livre de réformes économiques préconisées pour la cité d'Athènes.

Pseudo-Xénophon[modifier | modifier le code]

  • On a longtemps attribué La République des Athéniens à Xénophon. Or il semble qu'il ne soit pas l'auteur de ce pamphlet écrit vers les années -430. Les historiens préfèrent parler de « Pseudo-Xénophon », évitant ainsi de trancher strictement sur cette paternité contestée[21]. L'auteur inconnu de ce traité est parfois appelé le « Vieil Oligarque » en raison de son parti pris manifeste antidémocrate en faveur des régimes oligarchiques[22].

Éditions (œuvres complètes)[modifier | modifier le code]

  • Opera, édi. par E. C. Marchant, Harvard University Press, coll. « Loeb Classical Library », 7 vol., 1947-1968. Texte grec et trad. an.
  • Xénophon. Œuvres complètes, trad. Pierre Chambry, Garnier-Flammarion, 3 vol., 1967. T. I : Cyropédie - Hipparque- Équitation- Hiéron - Agésilas - Revenus.. T. II : Anabase. - Banquet. - Économique. - De la chasse. - La République des Lacédémoniens. - La République des Athéniens. T. III : Les helléniques. - Apologie de Socrate. - Les Mémorables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edmond Lévy, Sparte: Histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine, Éditions du Seuil (2003, 364 pages) - (ISBN 978-2020324533)
  2. http://www.universalis.fr/encyclopedie/xenophon/
  3. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne], art. Socrate (8)
  4. tous deux nés après l’Anabase
  5. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne], art. Socrate (1)
  6. D’après Philostrate d'Athènes, Vie d’Apollonios de Tyane, Ch. XXXV
  7. Photios, la Bibliothèque : notice 260
  8. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne], art. Socrate (5)
  9. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne], art. Xénophon (7)
  10. Xénophon, Anabase [détail des éditions] [lire en ligne] Livre VII, 6, 36
  11. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne] Agésilas (20)
  12. D’après Dinarque, De l’Apostasie, livre écrit contre Xénophon, cité par Diogène Laërce (Art. Xénophon, 4)
  13. Pierre Gouirand, Aristippe de Cyrène : le chien royal : une morale du plaisir et de la liberté, Paris, Maisonneuve & Larose,‎ , 478 p. (ISBN 978-2-7068-1849-3, LCCN 2005475232).
  14. William Smith, « Dictionnaire des auteurs grecs et latins », sur Antiquité grecque et latine
  15. Article Xénophon, dans l’Encyclopædia Universalis (1re édition)
  16. John Adair, Great Leaders, The Talbot Adair Press, p. 13-28
  17. John Adair, Efficiency Leadership
  18. Christos Baloglou, « The tradition of Economic Thought in the Mediterranean World from the Ancient Classical Times Until The Byzantine Times and Arab-Islamic World » dans : Jürgen Georg Backhaus (Editor), Handbook of the History of Economic Thought. Insights on the Founders of Modern Economics, Springer, 2014, p. 7-92
  19. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 506c.
  20. *La Cyropédie disponible sur Somni, manuscrit en Latin du VIe siècle.
  21. Voir par exemple Marie-Claire Amouretti et Françoise Ruzé, Le Monde grec antique, Hachette Supérieur, 2003.
  22. Présentation du volume regroupant la Constitution des Lacédémoniens, Agésilas - Hiéron et la Constitution des Athéniens du Pseudo-Xénophon traduits par Michel Casevitz en 2008, sur le site des Belles Lettres. Page consultée le 2 août 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Années 1950

  • Édouard Delebecque, Essai sur la vie de Xénophon, Belles Lettres, Paris, 1957.
  • J. Luccioni, Les idées politiques et sociales de Xénophon, Publications de la Sorbonne, Paris, 1957.

Années 1960

  • (de) H. R. Breitenbach, q.v., Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, 9A2, 1967, col. 1569-2052.

Années 1990

Années 2000

  • (en) J. K. Anderson, Xenophon, London Classical Press, Londres, 2001.
  • Vincent Azoulay, Xénophon et les grâces du pouvoir, De la charis au charisme, Publications de la Sorbonne, Paris, 2004.
  • Xénophon et Socrate — Actes du colloque d'Aix-en-Provence (6-9 novembre 2003), sous la direction de Michel Narcy et Alonso Tordesillas, suivis de Les écrits socratiques de Xénophon et du Supplément bibliographique (1984-2008), par Louis-André Dorion, Paris, Vrin, 2008. ISBN 978-2-7116-1987-0.
    Voir Charlotte Murgier, « Comptes rendus : Xénophon et Socrate, Michel Narcy & Alonso Tordesillas (dir.), Actes du colloque d’Aix-en-Provence (6-9 novembre 2003). Suivi de Les Écrits socratiques de Xénophon. Supplément bibliographique (1984-2008) par Louis-André Dorion, Paris, Vrin, « Bibliothèque d’histoire de la philosophie », 2008, 320 p. », Les Études philosophiques, Presses universitaires de france, vol. 4, no 95,‎ , p. 605., et suiv. (DOI 10.3917/leph.104.0605, lire en ligne)
  • « Xénophon », Cahiers des études anciennes, XLV, 2008 [lire en ligne]
  • « Xénophon et Sparte », Anabase, no 8,‎ (lire en ligne)
  • Xénophon, Encyclopédie Larousse en ligne [1]
  • (en) William Cohen, Xenophon and Leadership, ……

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. [1]