Langues indo-iraniennes

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne les langues indo-iraniennes. Pour les peuples indo-iraniens, voir Peuples indo-iraniens.
Langues indo-iraniennes
Région Iran et monde iranien, Caucase, certaines parties de l'Asie centrale, Pakistan, Inde du Nord
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-5 iir
IETF iir

Les langues indo-iraniennes sont des langues indo-européennes, et regroupent les langues iraniennes et les langues indo-aryennes.

Apparentement[modifier | modifier le code]

Cette famille de langues se rattache au vaste ensemble des langues indo-européennes. Par le nombre de ses locuteurs, l'étendue des régions où on le pratique, l'ancienneté de ses attestations écrites et religieuses, les migrations anciennes, médiévales et contemporaines qui la traversent, l'indo-iranien constitue probablement un sous-groupe très ancien des langues indo-européennes.

Des linguistes des XVIIIe et XIXe siècles ont considéré que l'indo-iranien était peu ou prou la souche commune, le creuset général de toutes les langues indo-européennes. Cette version a été abandonnée au fur et à mesure des progrès de la linguistique et à la suite en particulier du déchiffrement des langues anatoliennes (hittite, louvite), rameau indo-européen qui se serait probablement détaché du tronc primitif avant les langues indo-iraniennes.

L'hypothèse la plus communément admise aujourd'hui est celle d'une langue indo-iranienne ancienne commune à une époque donnée (3e millénaire avant JC voire bien avant), langue qui pour diverses raisons, économiques, géographiques, démographiques, religieuses, se serait scindée en deux formes puis deux sous-groupes à une époque qui aurait précédé le peuplement indo-iranien de l'Inde du nord (époque fort controversée, remontant selon les uns au début du 3e millénaire si l'on inclut dans ce groupe linguistique tout ou partie de la civilisation de l'Indus, selon les autres à la première moitié du 2e millénaire avant JC).

Migrations indo-iraniennes[modifier | modifier le code]

Selon les études actuelles, les peuples indo-iraniens seraient partis du site de Jamna dans le bassin de la Volga. Dès la fin du 3e millénaire, ils seraient présents à Tepe Hissar dans le Turkménistan (Roman Ghirshman). Une partie d'entre eux s'oriente vers l'ouest et prend la tête du royaume de Mitanni, pendant que d'autres se fixent en Iran ou poursuivent leur route vers l'Afghanistan et le nord de l'Inde où les premiers arriveront au début du 2e millénaire (G.D. Kumar).

Sous-groupes de langues[modifier | modifier le code]

L'immense ensemble linguistique indo-iranien se caractérise par sa mobilité phonétique et géographique, mais aussi par une grammaire originelle commune. Les structures de l'avestique (vieil-iranien de l'est) et du sanskrit (vieil-indien du nord-ouest) en particulier sont très proches. Le vieux-perse (vieil-iranien de l'ouest) tout en étant également très voisin est marqué par une variation phonétique particulière sur les sifflantes et les dentales.

Parmi les recherches récentes, plusieurs concernent les langues indo-iraniennes du nord-est (parlées en Asie Centrale ancienne ou médiévale), les langues indo-iraniennes de l'Himalaya et d'anciennes attestations ouest-indo-iraniennes écrites en Asie Mineure (sources mitanniennes), dans des documents hittites notamment. Ces traces montrent que des groupes de migrants venus sans doute d'Asie centrale se sont installés au Moyen-Orient au moins au XVIIIe siècle av. J.-C.[1], avant d'être assimilés par les populations locales. Ces migrants auraient été de langues indiennes plus qu'iraniennes[1].
Hubert La Marle suggère même un lien entre l'indo-iranien et le linéaire A, qui serait dès lors la plus ancienne attestation écrite de l'indo-iranien[2], une thèse peu reprise par les autres chercheurs.

Les deux langues indo-iraniennes les plus parlées sont l'hindi, descendant du sanskrit (en Inde) et le farsi, issu du pehlevi lui-même provenant du vieux-perse (en Iran). Il faut ajouter dans les langues ouest-iraniennes le groupe kurde (Turquie, Syrie, Irak, Iran, Arménie) dont la langue la plus répandue est le kurmandji et dans les langues difficilement classables le baloutche parlé au Baloutchistan, tant en Iran qu'au Pakistan. L'Afghanistan avec notamment le pachto, le Kurdistan d'Irak pratiquent largement des langues iraniennes, de même que plusieurs États d'Asie Centrale. Au nord ouest, isolé dans le Caucase, l'ossète est habituellement considéré comme ce qui demeure de la langue des anciens Scythes.

Dans la famille indienne, il faut ranger la plupart des langues du Pakistan et du Bangladesh. En voir la liste dans cet autre article.

Le rayonnement indo-iranien dépasse actuellement les frontières des États majoritairement locuteurs, notamment du fait des grandes religions qui s'y sont développées : l'hindouisme et le bouddhisme en Inde, la religion avestique ou de Zarathoustra (parfois appelée Zend-Avesta) en Iran. Les groupes des Tsiganes ou Romani d'Europe sont des locuteurs indo-aryens dont l'idiome se rattache au rajasthani (langue indienne du nord-ouest).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roman Ghirshman, L'Iran et la migration des Indo-Aryens et des Iraniens, Leyde, 1977.
  • (en) G.D. Kumar, The Ethnic Component of the Builders of the Indus Valley Civilization and the Advent of the Aryans, Journal of Indo-European Studies, Volume 1, 1973, p. 66.
  • André Martinet, Des steppes aux océans, Paris, Payot, 1986.
  • voir les travaux d'Antoine Meillet, d'Iosif Oranskiy et de Manfred Mayrhofer sur l'indo-iranien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bernard Sergent, « Genèse de l'Inde », édition Payot & rivage, 1997, page 206.
  2. (en) « Indo-Iranian », sur www.premiumorange.com (consulté le 2 mai 2010)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]