Olbia du Pont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Olbia du Pont
Image illustrative de l'article Olbia du Pont
Localisation
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Coordonnées 46° 41′ 31″ N 31° 54′ 05″ E / 46.692, 31.90150446° 41′ 31″ Nord 31° 54′ 05″ Est / 46.692, 31.901504  

Géolocalisation sur la carte : Ukraine

(Voir situation sur carte : Ukraine)
Olbia du Pont
Olbia du Pont

Olbia du Pont (aussi connue sous le nom de Olvia, en grec ancien Ὄλβια, "l'heureuse" ou "la prospère") est une ancienne colonie grecque fondée par les habitants de Milet sur les berges de l'estuaire du Boug méridional (Grec: Hypanis), à l'opposé de l'Île de Berezan. On l'appelle « Olbia du Pont » pour la distinguer de l'« Olbia ligure » et de l'« Olbia sarde ». Son port était l'un des plus importants débouchés sur la Mer Noire pour l'exportation des céréales, du cuir, du feutre, de l'ambre, des poissons fumés ou salés et d'esclaves vers la Grèce, et pour l'importation des biens de l'Attique (vaisselle, vin, olives, joyaux, miel, cire...) en Scythie[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le site triangulaire de la colonie grecque couvrait une aire d'environ 50 hectares. La basse-ville — maintenant presque entièrement submergée par les eaux du Boug — était occupée principalement par le quartier des artisans et par les docks du port. Dans la haute-ville se trouvait le quartier résidentiel principal composé de blocs, centré autour de l'agora et avec plusieurs temples éparpillés à proximité. La ville était entourée par un mur de pierre avec des tours.

Histoire[modifier | modifier le code]

La colonie grecque, très importante du point de vue commercial, perdura pendant un millénaire. Pendant le Ve siècle av. J.-C., lorsque la colonie fut visitée par Hérodote, elle frappait sa propre monnaie de bronze qui avait la forme de dauphins[2]. Inhabituelles dans leur forme en comparaison des pièces rondes communes dans le monde grec, cette forme de monnaie avait pour origine les jetons sacrificiels utilisés dans le Temple d'Apollon.

Principales colonies grecques du nord du Pont Euxin au Ve siècle av. J.-C.. Parmi elles, Tomis, Histrie, Olbia du Pont, Panticapée, Nymphée, Cimmériaque, Théodosie, Chersonèse, Phanagorie, Hermonasse, Gorgippie et Tanaïs.

Le spécialiste de l'histoire classique Martin Litchfield West spécule que la religion grecque antique, en particulier les mystères orphiques, aurait été fortement influencée par les pratiques chamanistes d'Asie centrale. Pour lui, les nombreux graffitis orphiques trouvés à Olbia témoigneraient de contacts prolongés entre les Grecs et les peuples d'Asie centrale[3], mais pour d'autres auteurs[4], l'orphisme des Olbiens ne serait, en fait, que l'un des nombreux cultes à mystères en vogue dans le monde grec (et romain) antique.

Après que la ville eut adopté une constitution démocratique, ses relations avec la colonie du Milet furent régies par un traité qui permit aux deux cités-États de coordonner leurs opérations contre Zopyrion, un général macédonien qui, après avoir participé aux victoires d'Alexandre sur le roi thrace Syrmos, fut nommé stratège (général) de la Thrace au début de la campagne macédonienne contre l’Empire Perse (334 avant notre ère). Au lieu d’assurer les arrières du conquérant comme celui-ci le lui avait ordonné, il partit avec une armée de 30.000 hommes vers le nord, traversa l’Istros et assiégea Olbia du Pont, qui échappait à l’hégémonie macédonienne. Milet et les Scythes la ravitaillèrent par le fleuve Hypanis en denrées, flèches et projectiles. Zopyrion se retrouve à son tour encerclé et piégé par les Gètes (Thraces du nord) et les Scythes, qui délivrent Olbia du siège et anéantissent l'armée macédonienne : Zopyrion lui-même trouve la mort dans la bataille.

Vers la fin du IIIe siècle, la ville connut un déclin économique et accepta de se reconnaître vassale de Scilurus, roi des Scythes. Elle connut un regain de prospérité sous Mithridate VI mais refusa de se soumettre au roi des Gètes, Burebista, et fut prise et pillée par son armée. Cette catastrophe mit fin à la prééminence économique d'Olbia dans la région, qui passa à Histria et Tomis, alliées de Burebista.

Après avoir perdu les deux tiers de son territoire, Olbia fut rétablie par les Romains mais dans des proportions réduites et avec une forte population scythe et gète. Dion de Pruse visita la ville qu'il décrivit dans ses « Discours Borysthéniques » (Olbia se trouvait au fond du nom « golfe Borysthénique », nom donné par les Grecs au nord-ouest du Pont Euxin, où se verse le fleuve Borysthène). La colonie, incorporée dans la province de Mésie, fut finalement abandonnée au IVe siècle, après avoir été incendiée au moins deux fois lors des guerres gothiques ou scythiques.

Fouilles[modifier | modifier le code]

Le site d'Olbia, désignée comme réserve archéologique, est situé près du village de Parutino dans le raïon d'Otchakiv en Ukraine. Avant 1901, le site appartenait aux comtes Musin-Pouchkines, qui ne permettaient aucune fouille sur leur propriété. Les premières fouilles professionnelles eurent lieu en 1901-15 et en 1924-26 et furent dirigées par Boris Farmakovsky. Comme le site n'avait jamais été réoccupé, les découvertes archéologiques — en particulier les inscriptions et les sculptures — furent importantes. Aujourd'hui, les archéologues sont sous pression pour explorer le site qui est en voie d'érosion par la mer Noire.

Lectures supplémentaires[modifier | modifier le code]

  • Classical Olbia and the Scythian World: From the Sixth Century BC to the Second Century AD (Proceedings of the British Academy, 142). Edited by David Braund and Kryzhitskiy, Sergei Dmitrievich|S.D. Kryzhitskiy. Oxford: Oxford University Press/British Academy, 2007 (hardcover, ISBN 978-0-19-726404-1).
  • Valentina Krapivina, Pavel Diatroptov, « An Inscription of Mithradates VI Eupator's Governor from Olbia », Ancient Civilizations from Scythia to Siberia, vol. 11, 2005, no 3-4, p. 167–180.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopedia Of Ancient Greece (ed. by Nigel Guy Wilson). Routledge (UK), 2005, p. 510. ISBN 0-415-97334-1.
  2. Odessa Numismatics Museum : Olbian Coins
  3. M.L. West, The Orphic Poems, 1983, p. 146.
  4. Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2003, ISBN 202060387X et Horia C. Matei dans Vl. Iliescu, Campania strategului Zopyrion la Dunărea de jos - revistapontica.files.wordpress.com