Jean-Jacques Barthélemy

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L'abbé Barthélemy.
Portrait par Pierre-Simon-Benjamin Duvivier.

Jean-Jacques Barthélemy, dit l’abbé Barthélemy, né le à Cassis en Provence et mort à Paris le , est un ecclésiastique, archéologue, numismate et homme de lettres français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Barthélemy est le fils de Joseph Barthélemy et Magdeleine Rastit.

Après des études classiques au collège de l’Oratoire à Marseille, il suit des cours de philosophie et théologie au collège jésuite, puis entre au séminaire des lazaristes. Tout en se préparant à la prêtrise, il tourne son attention vers les langues orientales et il est introduit par un ami marseillais à l’étude des antiquités classiques, et plus particulièrement de la numismatique. Il déchiffra notamment l'alphabet palmyrénien, servant à écrire la langue de Palmyre qui était un dialecte de l'araméen.

Venu à Paris en 1744 avec une lettre d'introduction pour Claude Gros de Boze, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres et garde du Cabinet des médailles au sein de la Bibliothèque du roi, il devient son assistant et entre à l'Académie en 1747. En 1753, il prend la succession de Gros de Boze et conserve ce poste jusqu’à la Révolution.

Au cours de son mandat, il double pratiquement la collection. Pendant trois ans, il parcourt l’Italie et visite les ruines de Pompéi, de Paestum et d’Herculaneum en compagnie du futur duc de Choiseul, alors ambassadeur de France. À cette époque, il correspond également avec le comte de Caylus, son collaborateur au cabinet des médailles. Lors de son retour en France, Barthelémy devient un familier de la maisonnée de Choiseul, qui le tient en grande estime.

S'étant d'abord fait connaître par des travaux d’érudition, il publie en 1788 son Voyage du jeune Anacharsis en Grèce dans le milieu du IVe siècle, ouvrage illustré des cartes du géographe Jean-Denis Barbié du Bocage, qui lui vaut d'être élu l'année suivante à l’Académie française.

Pendant la Révolution, en , Barthélemy est arrêté en tant qu’aristocrate et brièvement incarcéré. Le Comité de salut public, aussitôt informé par la duchesse de Choiseul, ordonne sa libération immédiate. La même année, il est nommé conservateur de la Bibliothèque nationale, poste qu'il refuse pour reprendre son ancienne fonction de garde du département des médailles et antiques. Il enrichit encore la collection nationale avec plusieurs acquisitions de valeur. Ayant été spolié de sa fortune par la Révolution, il meurt le dans la plus grande indigence. Le philologue et orientaliste Wilhelm Gesenius a cependant beaucoup contribué à sa gloire à titre posthume en lui donnant raison au sujet de certaines de ses interprétations épigraphiques[1].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Les Amours de Carite et Polydore, roman traduit du grec, 1760
  • Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, dans le milieu du quatrième siècle avant l'ère vulgaire, 4 vol., 1788. Très nombreuses rééditions. Texte en ligne
  • Abrégé de l'histoire grecque depuis les temps les plus anciens jusqu'à la prise d'Athènes, en 404 avant Jésus-Christ, 1790
  • Voyage en Italie, imprimé sur ses lettres originales écrites au comte de Caylus, 1801
  • La Guerre des puces, ou la Chanteloupée, poème en trois chants, 1829 Texte en ligne
Dissertations et mémoires
  • Explication de la mosaïque de Palestrine, 1760
  • Entretiens sur l'état de la musique grecque vers le milieu du IVe siècle avant l'ère vulgaire, 1777 Texte en ligne
  • Dissertation sur une ancienne inscription grecque relative aux finances des Athéniens, 1792
  • Mémoires sur la vie et quelques-uns des ouvrages de Jean-Jacques Barthélemy, écrits par lui-même en 1792 et 1793, 1798
Œuvres réunies

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le buste de Jean-Jacques Barthélemy par Jean-Antoine Houdon est exposé dans la salle de lecture du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

Une médaille posthume à son effigie fut présentée par Pierre-Simon-Benjamin Duvivier au Salon de 1798.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Abbé Jean-Jacques Barthélemy", in Je m'appelle Byblos, Jean-Pierre Thiollet, H & D, 2005, p. 249-250.

Source partielle[modifier | modifier le code]


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Nicolas Beauzée
Fauteuil 19 de l’Académie française
1789-1795
Marie-Joseph Chénier