Valachie (région)

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Valachie
La région de Valachie et ses județe
La région de Valachie et ses județe
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Type Régions historiques de Roumanie|Région
Groupes ethniques Roumains (autour de 95 %)
Roms
Bulgares
Géographie
La région de Valachie en Roumanie

La Valachie ou Valaquie est une région historique et géographique du sud de la Roumanie.

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom est une traduction de l'endonyme Țara Românească ("le pays roumain" en roumain). « Valachie » est l'exonyme issu de l'ancienne dénomination des roumanophones qui est « Valaques ». Les territoires ou pays où ceux-ci vivaient étaient appelés des « Valachies » (au pluriel[1]) : la région de « Valachie » est la seule qui ait gardé ce nom jusqu'à nos jours. Quant aux « Valaques », ils tirent leur dénomination d'un mot germanique, Walh, signifiant : « non-Germain »[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

La Valachie forme la partie sud de la Roumanie. Elle est située au sud des Carpates et au nord du Danube. Sa partie Sud et Est est constituée par la plaine danubienne, très plate, mais entrecoupée de rivières encaissées d'une dizaine de mètres et formant, par endroits, des lacs naturels ; la partie centrale et ouest est vallonnée alors que son extrémité nord comprend les contreforts méridionaux des Carpates.

La rivière Olt divise la Valachie en deux parties[3] : la Muntenie (ou Grande Valachie) et l'Olténie (ou Petite Valachie). La plus grande zone urbaine de la région est Bucarest, capitale de la Roumanie, mais d'autres zones bien urbanisées et industrialisées sont Brăila, Ploieşti, Piteşti et Craiova

Le climat est continental, avec des étés très chauds et orageux, et des hivers très froids et neigeux (de moins en moins froids depuis quelques décennies) ; en ville, ces contrastes se sont accentués aux XXe et XXIe siècles à cause de la diminution des espaces verts et de la multiplication des grands immeubles en verre et béton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Roumanie.

Dans l'Antiquité, la région était peuplée par les tribus thraces des Daces, qui ont donné leur nom à celle-ci : la Dacie. Le territoire de la Valachie est intégré (106), en grande partie, à la province romaine de Dacie. Face aux attaques des Carpes (Daces libres) et des Goths, l'Empire romain abandonne progressivement la Dacie, et tous les autres territoires situés au nord du Danube, à compter de 256 et totalement en 275 : ses habitants romanisés sont autorisés à s'installer en Mésie parmi les Thraco-Romains. Les Carpes et les Goths prennent possession de l'ensemble de la Valachie.

Après avoir été parcourue par de nombreux peuples lors des Grandes invasions, les Bulgares s'y installent et forment, en 681, un puissant Etat qui s'étend de part et d'autre du Danube. : au sud du Danube, l'Empire byzantin reprend ses droits, tandis qu'au nord s'installent les Pétchénègues puis les Coumans.

Lors de la création du Deuxième État bulgare, la Valachie fait partie, à nouveau, de ce royaume que les chroniques de l'époque nomment « Regnum Bulgarorum et Blachorum » ("royaume des Bulgares et des Valaques"). D'après les sources byzantines, hongroises, bulgares et franciscaine (Guillaume de Rubrouck), la région est alors disputée entre ce royaume et celui de Hongrie ; elle est gouvernée par des princes (kniaz) ou des gouverneurs militaires (voïvodes). En 1224, elle est ravagée par les Tatars, et après cela, les voïvodes roumains passent sous suzeraineté hongroise (Banat de Severin en Olténie, voïvodat de Seneslau en Munténie), tandis que les Valaques du sud du Danube (dynasties de Deleanu, Caloian et Asen) laissent place à des Tzars bulgares (tzarats de Vidin et de Tarnovo).

Article détaillé : Principauté de Valachie.

À compter de 1330, la Valachie, désormais unifiée, devient une principauté indépendante. Mais une centaine d'années plus tard, elle doit accepter de devenir vassale de l'Empire turc (sans cependant jamais être une province ottomane, comme on le voit par erreur dans la plupart des atlas historiques occidentaux). Elle garde son autonomie, ses lois, son armée, sa flotte, ses ambassadeurs, ses princes, dont le plus connu en occident est Vlad III (1431-1476), qui a donné son nom au personnage de « Dracula ». Et elle fait parfois la guerre à son suzerain, le sultan turc : ainsi, le prince Michel Ier le Brave unit brièvement en 1600 les principautés de Valachie, Transylvanie et Moldavie.

À compter de 1716, les sultans turcs commencent à nommer eux-mêmes les princes (auparavant élus par la noblesse roumaine) parmi les grecs ottomans « phanariotes », ce qui entraîne le mécontentement de la population autochtone. Le gouvernement des phanariotes prend fin en 1821, après la révolution menée par Tudor Vladimirescu. En 1831 est adoptée un « règlement organique » pour la Valachie et elle forme, en 1859, conjointement avec la Moldavie, les Principautés unies de Moldavie et de Valachie avec, à sa tête, Alexandre Jean Cuza. Celui-ci déclare l'indépendance du nouvel état - la Roumanie - le 24 décembre 1861, mais cette indépendance de facto ne sera reconnue de jure qu'à la suite de la Guerre russo-turque de 1877-1878 et des traites de San Stefano et de Berlin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon les historiens Giurescu, Iorga et Xenopol, il y a eu historiquement plusieurs Valachies : les trois principautés à majorité roumanophone de Transylvanie, Moldavie et Valachie jadis respectivement cartographiées « Valachie intérieure », « Bogdano-Valachie » et « Hongro-Valachie », et par ailleurs le despotat de Dobrogée, les « Vlašina », « Vlašić », « Vlahina » et « Romanja Planina » de l'ancienne Yougoslavie, la « Megali Valacheia » de Grèce septentrionale et de Macédoine, et la « Valachie morave » (Moravsko Valaško), à l'est de l'actuelle République tchèque. Toutefois il faut remarquer que les trois principautés à majorité roumanophone résultent elles-mêmes de la fusion de Valachies antérieures plus petites (nommées ţări ou ţinuturi en roumain et Vlachföldek en hongrois) telles que les voévodats ou pays de Maramureş, Oaş, Crasna, Lăpuş, Năsăud, Gurghiu, Bihor, Montana, Amlaş, Cibin et Făgăraş en Transylvanie, Onutul, Străşineţul, Baia (Mulda), Soroca, Hansca, Bârladul et Tinţul (Tigheciul) en Moldavie, Severin, Motru, Jaleş, Gilort, Lotru, Argeş et Muscel en Valachie. Les « Valachies » sont mentionnées dans des chroniques byzantines telles celles de Théophane le Confesseur, Théophylacte Simocatta, Constantin VII Porphyrogénète, Anne Comnène, Jean Skylitzès, Georges Kédrénos ou Cécaumène, arabes comme celes d'Aboul Féda ou de Rashid al-Din, occidentales comme Geoffroi de Villehardouin ou Robert de Clari, hongroises comme la Gesta Hungarorum ou les diplômes du roi Béla IV.
  2. Selon Gerhard Rohlfs : Dictionnaire étymologique P.U.F., Paris, 1950, le mot Walach tire son origine de l'ancien germanique Walh qui signifie « locuteur d'une langue celtique ou latine » et qui lui-même viendrait du nom d'un peuple celte : les Volques. Walach désignait aussi des Celtes : les Welsh des Anglo-Saxons, les Walhs des Francs. Le « W » germanique donne un G dur en français : Welsh" a donné « Galles » (Pays de...) et Walh : « Gaule », que les lettrés ont rapproché de la Gallia romaine. Le patronyme d'origine flamande De Gaulle signifie aussi « le non-germain ». "Walh" a également donné Galles (pour Wales), pays Gallo et Gaule en français d'oïl, car dans cette langue le wa initial et le alh donnent respectivement ga (wardan = garder, waidanjan = gagner) et aule (salh = saule): Gaule ne viendrait donc pas du latin savant Gallia qui en français courant aurait donné "Geaille" (car les latins ga initial et li devant voyelle donnent en langue d'oïl respectivement ja ou gea comme dans galbinum = jaune, gaiium = geai ou gabatam = jatte, et ill comme dans alium = ail ou filiam = fille). Ce mot aurait également donné les mot Wallon et Wallonie dont la région fut l'une des zones frontières entre les anciens territoires Celtes et Germaniques (voir aussi l'Histoire du terme wallon).
  3. The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition. 2001-05. — Walachia