Graham Hill

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Graham et Hill.
Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec son fils Damon Hill ni avec un autre champion du monde de Formule 1, l'américain : Phil Hill.

Graham Hill

Graham Hill en 1969

Graham Hill en 1969

Date de naissance
Lieu de naissance Drapeau du Royaume-Uni Hampstead, District londonien de Camden, Londres, Royaume-Uni
Date de décès (à 46 ans)
Lieu de décès Arkley (en), District londonien de Barnet, Londres, Royaume-Uni
Nationalité Drapeau de Grande-Bretagne Britannique
Qualité Pilote automobile
Équipe Team Lotus
BRM
Rob Walker Racing Team
Brabham Racing Organisation
Embassy-Hill
Nombre de courses 176
Pole positions 13
Podiums 36
Victoires 14
Champion du monde 1962 et 1968

Graham Hill (né le à Londres - mort le à Arkley (en) dans un accident d'avion) est un pilote automobile anglais.

Figure emblématique de la Formule 1 des années 1960, il a disputé 176 Grand Prix, remporté 14 victoires et décroché à deux reprises le titre de champion du monde des pilotes (en 1962 et 1968). Également victorieux d'épreuves aussi prestigieuses que les 500 Miles d'Indianapolis (en 1966) et les 24 Heures du Mans (en 1972 sur Matra Simca avec Henri Pescarolo), il est le seul pilote de l'histoire détenteur de la triple couronne.

Son fils Damon Hill est lui aussi devenu champion du monde des pilotes en Formule 1 en 1996.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts (1953-1957)[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste, Graham Hill est très loin de se destiner au sport automobile. À 24 ans, un âge auquel certains pilotes commencent à briller sur les circuits de Formule 1, il n'a pas encore passé son permis de conduire. Surtout passionné par l'aviron (il dirige le huit barré du London Rowing Club), il exerce à la ville le paisible métier d'ingénieur mécanicien chez Smiths Instruments, une horlogerie. À la fin de l'année 1953, sachant que Graham vient enfin de passer son permis, un collègue de travail l'invite à essayer une Cooper de Formule 3 qu'une école de pilotage se propose de louer aux apprentis pilotes, moyennant cinq shillings le tour. L'expérience est une révélation pour Graham qui immédiatement, décide de tout abandonner pour devenir pilote professionnel.

Sans argent, et ne connaissant aucun autre moyen d'aborder le sport automobile, Graham se propose d'effectuer des petits travaux pour le compte d'une école de pilotage. Il fréquente également le "Steering Wheel Club" à Londres, un club réservé aux pilotes. De fil en aiguille, il fait la connaissance de Colin Chapman avec qui il sympathise et qui lui propose de travailler pour lui au sein de Lotus qu'il vient de fonder. Recruté en tant que mécanicien, Graham obtient ponctuellement le droit de prendre le volant dans des épreuves mineures (essentiellement des courses de tourisme), et fait preuve d'un talent certain. En 1957, estimant que Chapman ne lui donne pas suffisamment sa chance, il quitte Lotus pour l'écurie officielle Cooper en Formule 2, où il confirme son potentiel naissant, à tel point que Chapman lui propose de revenir au bercail, mais cette fois dans le cadre du championnat du monde de Formule 1.

1958-1961 : L'apprentissage de la F1[modifier | modifier le code]

Graham Hill effectue ses débuts en championnat du monde en 1958 à l'occasion du Grand Prix de Monaco. L'écurie Lotus, qui débute également au plus haut niveau, est alors loin d'être la machine à innover et à gagner qu'elle sera tout au long des années 1960 et 1970, et Hill doit se contenter de modestes monoplaces (la Lotus 12, puis la Lotus 16 à partir du Grand Prix de France), son meilleur résultat étant une sixième place à l'occasion du Grand Prix d'Italie. Il finira non classé au championnat, la sixième place n'étant pas créditée d'un point à cette époque.

Toujours chez Lotus en 1959, Hill pilote toute la saison la Lotus 16 (fortement inspirée de la Vanwall championne du monde, dont le créateur n'était autre que Chapman lui-même), plus performante que la 12 de ses débuts, même si elle ne s'est pas engouffrée dans l'inévitable voie du moteur arrière initiée par Cooper. Mais ces performances à la hausse sont gâchées par une fiabilité plus qu'aléatoire, à tel point qu'au soir du Grand Prix d'Italie, marqué par un énième abandon et un compteur de point désespérément vierge, il claque la porte de Lotus.

Malgré un procès intenté par Chapman, Hill rejoint BRM à l'orée de la saison 1960. Doté d'un système de freinage inédit (un frein arrière unique), la BRM est loin d'être une mauvaise voiture et l'anglais en profite pour réaliser quelques jolis coups d'éclat en tête de peloton. Mais une succession d'ennuis (erreurs de pilotage, casses mécaniques) l'empêche de concrétiser ses performances, à l'exception du Grand Prix des Pays-Bas, où il monte sur la troisième marche du podium.

La saison 1961 est nettement moins bonne pour Hill, qui subit le manque de préparation de BRM à la nouvelle réglementation limitant la cylindrée des moteurs à 1 500 cm3, et devant de ce fait utiliser un moteur 4 cylindres Coventry Climax. Il ne marque que trois petits points.

1962 : Premier titre mondial[modifier | modifier le code]

Graham Hill et sa BRM sur le Nürburgring lors du Grand Prix d'Allemagne 1962.

Après de nombreuses saisons de galère, 1962 est enfin l'année du décollage pour Hill et BRM. La BRM Type 56 est une vraie réussite, ce que s'empresse de confirmer Hill en s'imposant hors-championnat au Glover Trophy de Goodwood (la course qui marqua la fin de carrière de Stirling Moss) et au BRDC International Trophy à Silverstone. Lorsque débute le championnat du monde, sa domination est entravée par la révolutionnaire Lotus 25 monocoque de Jim Clark, mais profitant d'une plus grande fiabilité qui lui avait jusque là fait défaut, il s'impose au Grand Prix d'ouverture à Zandvoort. Malheureux à Monaco (abandon), il s'incline face à Clark en Belgique, mais consolide néanmoins sa position de leader au championnat. Une panne d'alimentation à Rouen et une nouvelle lourde défaite à Aintree semblent marquer le tournant du championnat tandis que Clark et sa Lotus apparaissent plus irrésistibles que jamais, mais Hill renverse la vapeur avec panache à l'occasion du Grand Prix d'Allemagne au Nürburgring, où sous la pluie, il sort vainqueur d'une bagarre acharnée avec Dan Gurney et John Surtees. Il enfonce le clou avec une troisième victoire à Monza, ce qui lui permet de creuser un écart de 16 points sur Jim Clark, d'ailleurs lui-même devancé par le très régulier Bruce McLaren. L'avance de Hill est toutefois à relativiser car il a déjà marqué des points à six reprises (alors que seuls les cinq meilleurs résultats comptent), et doit donc commencer à soustraire ses moins bons résultats. Victorieux à Watkins Glen, Clark aborde la finale du championnat avec un retard de 9 points sur Hill, et une chance réelle de souffler le titre à l'anglais puisqu'il lui suffit de gagner pour le rejoindre championnat et d'être titré au bénéfice du plus grand nombre de victoires (toujours en raison du règlement qui ne permet de capitaliser que ses 5 meilleurs résultats, même une seconde place de Hill équivaudrait en effet à un score vierge!). Auteur de la pole position, Clark prend la course en main dès le départ, et à vingt tours de l'arrivée, est donc le champion du monde virtuel. Mais une casse moteur sur la Lotus du pilote écossais offre la victoire et son premier titre mondial à Graham Hill.

1963 : Dans l'ombre de Jim Clark[modifier | modifier le code]

Champion du monde en titre, Graham Hill entame sa saison 1963 de la plus belle des manières, avec une victoire à Monaco (la première d'une longue série). Il s'impose selon un schéma de course déjà observé plusieurs fois la saison précédente, à savoir que l'homme fort de la course a été Jim Clark, contraint de renoncer sur ennuis de boîte de vitesse alors qu'il avait la course solidement en main. Le reste de la saison ne sera pas du tout à l'image de ce Grand Prix d'ouverture : Clark continuera à dominer, mais sans casser et c'est au contraire Hill qui sera accablé par les ennuis en tout genre. Ce n'est qu'en fin de saison à Watkins Glen qu'il renoue avec le succès. Une performance suffisante pour terminer vice-champion du monde, mais très loin de l'invincible Clark.

1964 : Défaite amère à Mexico[modifier | modifier le code]

Obligé de tenir compte de la domination de Lotus, BRM abandonne en 1964 son approche technique conservatrice et se lance à son tour dans la voie du monocoque (en réalité, un châssis semi-monocoque). Cette solution permet à BRM de combler en partie son retard de performance sur Lotus.

À Monaco, selon un scénario désormais habituel, Clark domine et Hill gagne. Dominé (et cette fois battu) par Clark lors des Grands Prix de Hollande, de Belgique et de Grande-Bretagne, Hill parvient néanmoins à garder le contact au championnat grâce à sa grande régularité. Une nouvelle deuxième place au Nürburgring (derrière Surtees) lui permet même de reprendre les commandes du classement général. À l'abord des deux derniers Grands Prix du championnat, la position de leader de Hill est pourtant très fragile: avec déjà six arrivées dans les points, il va devoir commencer à retrancher ses moins bons résultats, et outre son éternel rival Clark, il est désormais sous la menace de John Surtees (Ferrari), auteur d'une remarquable deuxième moitié de championnat. À Watkins Glen, il décroche sa deuxième victoire de la saison, mais au championnat, l'effet est quasiment nul puisque obligé de retrancher un résultat, il ne reprend qu'un seul point à Surtees, arrivé deuxième.

La grande finale du championnat a lieu à Mexico, avec trois pilotes mathématiquement en mesure d'être titré : Hill, Surtees (à 5 points) et Clark (à 9 points). À 35 tours de l'arrivée, Clark est en tête devant Gurney tandis que Hill est troisième juste devant Lorenzo Bandini et que Surtees est cinquième. Pour Graham, même s'il va devoir retrancher les points de sa quatrième place de Zandvoort, cette position est suffisante pour s'assurer un deuxième titre mondial. Mais c'est à ce moment qu'il est percuté par Lorenzo Bandini (le coéquipier de Surtees chez Ferrari) qui le suivait de trop près. Obligé d'observer un long arrêt au stand, il repart loin des points. C'est donc Jim Clark qui devient virtuel champion du monde puisqu'à ce stade de la course il reprend 6 points à Surtees et 9 points à Hill (avec le bénéfice d'un plus grand nombre de victoires). Et même si Bandini laissait passer son coéquipier Surtees, cela ne changerait rien. À deux tours de l'arrivée, Clark vole vers son deuxième titre mondial consécutif lorsqu'une fuite d'huile met fin à ses efforts. Gurney prend donc la tête de la course devant Bandini et Surtees, ce qui signifie que Graham Hill redevient champion du monde pour un tout petit point! Mais en laissant volontairement passer Surtees en vue de l'arrivée, Bandini offre à son coéquipier deux points suffisants pour souffler le titre mondial à Hill, lequel se contentera de commenter les circonstances litigieuses de sa défaite par un lapidaire « Bandini a bien mérité son salaire ».

1965-1966 : BRM en perte de vitesse[modifier | modifier le code]

Devenu le grand classique du championnat du monde, le duel Clark-Hill reprend en 1965. Mais comme en 1963, Clark et Lotus sont tout simplement intouchables, et la légendaire régularité de Hill ne lui est d'aucun secours. Il profite tout de même de l'absence de Clark (occupé à disputer et à gagner les 500 Miles d'Indianapolis) pour remporter avec panache son épreuve fétiche, le Grand Prix de Monaco : parti à la faute en début de course en voulant éviter la Brabham immobilisée de Bob Anderson, il doit descendre de sa voiture pour la remettre dans le sens de la course et se lance dans une folle course poursuite qu'il conclut par ce qui constitue peut-être la plus belle victoire de sa carrière. La suite de la saison est plus délicate pour Hill, qui outre la domination de Clark, subit en interne la montée en puissance de son jeune coéquipier, le débutant Jackie Stewart. Avec une victoire en fin de saison à Watkins Glen (qui avec Monaco, et l'autre circuit du championnat sur lequel il est traditionnellement en réussite), il s'assure néanmoins d'une nouvelle place de vice-champion du monde.

La belle série de Hill, qui évolue au plus haut niveau du championnat depuis 1962 s'arrête en 1966. Le championnat est marqué par l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation moteur (la cylindrée maximale autorisée est portée à 3 000 cm³), que BRM croit bien inspiré d'aborder avec un inédit moteur H16. Véritable usine à gaz constituée de deux V8 superposés, le H16 va s'avérer être un véritable fiasco, et la BRM P83 H16 ne sera prête qu'en fin de saison, la P261 (en V8 version 2 litres) assurant la transition. Rapidement démobilisé et de plus en plus souvent dominé par Stewart, Hill parvient à glaner quelques places d'honneur, mais n'obtient pas la moindre victoire. Il se classe néanmoins 5e du championnat grâce aux points glanés avec le V8.

La saison 1966 de Hill est toutefois sauvée par son succès aux prestigieux 500 Miles d'Indianapolis, au volant d'une Lola. Il s'agit d'un succès qui n'est pas dénué d'une bonne dose de chance, la course ayant été dominée par Jackie Stewart (son coéquipier, comme en F1), lequel tomba en panne en vue de l'arrivée.

1967-1969 : Retour gagnant chez Lotus[modifier | modifier le code]

Près de sept ans après sa violente rupture avec Colin Chapman, Graham Hill effectue son retour chez Lotus pour la saison 1967, formant ainsi un duo de choc avec Jim Clark. Ce retour de Hill chez Lotus doit beaucoup à l'insistance du géant Ford, nouveau partenaire de Lotus et qui pour des raisons commerciales, avaient exigé de Chapman qu'il aligne un duo de "stars", rompant ainsi avec la politique traditionnelle de Lotus consistant à engager un deuxième pilote de moindre calibre aux côtés de Clark. Lotus, qui sort d'une saison 1966 douloureuse (en grande partie à cause du moteur H16 BRM) aborde 1967 avec un projet technique totalement inédit: la sublime Lotus 49 à moteur Ford-Cosworth. Ayant eu l'honneur de mettre au point le V8 Cosworth (en grande partie parce que Clark, exilé fiscal, compte ses jours de présence en Angleterre), Hill signe la pole position dès sa première apparition, à Zandvoort. Mais en course, c'est Clark qui s'impose. Accablé par les ennuis mécaniques, Hill connaît une saison globalement frustrante et ne remporte pas une seule course. Il se classe sixième du championnat (ex-æaequo avec Pedro Rodríguez).

Malgré la perte de l'usage exclusif du moteur Ford (dont bénéficient désormais les Matra semi-officielles de l'équipe Tyrrell et les McLaren), Lotus aborde la saison 1968 en position de favorit, eu égard à leurs très prometteuses prestations de 1967. Même si Hill et Clark bénéficient du même statut au sein de l'équipe, l'homme fort de l'équipe est pourtant bel et bien Clark. Admiré pour son professionnalisme et sa bravoure, Hill n'en est pas moins considéré par la plupart des observateurs comme un pilote moins talentueux que l'écossais. En outre, à près de 40 ans, il passe pour être un pilote vieillissant, qui a ses plus belles années derrière lui. On attend donc surtout de lui qu'il joue les équipiers de luxe. Ces considérations sur les rapports de force au sein du Team Lotus volent brutalement en éclat lorsque le 7 avril 1968, Jim Clark (facile vainqueur de la première manche du championnat en Afrique du Sud) se tue dans une épreuve de Formule 2 à Hockenheim.

Graham Hill en 1969 au Nürburgring sur la Lotus 49

C'est de fait sur Graham Hill que reposent tous les espoirs du Team Lotus. Vainqueur en Espagne puis à Monaco, il s'installe en tête du championnat du monde et ne la quittera plus malgré la pression incessante de Jackie Stewart (Matra) et Denny Hulme (McLaren). Au Grand Prix du Mexique, comme quatre années plus tôt, le titre mondial se joue dans une bagarre à trois lors de l'ultime manche du championnat, mais cette fois, c'est Hill qui en ressort vainqueur et qui décroche son deuxième titre mondial.

L'euphorie du deuxième titre mondial de Hill se poursuit à l'occasion du début de saison 1969, où il décroche une nouvelle victoire à Monaco. Mais il s'agit du chant du cygne pour le vétéran anglais, dont la pointe de vitesse apparaît de plus en émoussée, et qui subit largement la loi de son nouvel équipier, le jeune autrichien Jochen Rindt. La saison s'achève même de manière dramatique pour Hill, victime à Watkins Glen d'un grave accident : reparti sans boucler son harnais de sécurité suite à un premier tête-à-queue qui l'avait obligé à pousser lui-même sa voiture (comme à Monaco en 1965), il sort violemment de la route quelques instants plus tard, se fait éjecter de sa voiture et est relevé avec les deux jambes brisées.

1970-1975 : Fin de carrière en fond de grille[modifier | modifier le code]

Hill au volant de la Brabham BT34 "pince de homard" lors de sa victoire au BRDC International Trophy 1971.

Les graves blessures de Hill semblent devoir sonner la fin de sa carrière. Bravant les pronostics, il effectue pourtant son retour à la compétition dès le début du championnat du monde 1970. Le Team Lotus ne l'ayant pas conservé, il a trouvé refuge au sein de la célèbre écurie de Rob Walker, qui engage des Lotus à titre privé (et avec un certain succès comme l'a prouvé la victoire de Joseph Siffert au Grand Prix de Grande-Bretagne 1968). Mais les résultats sont très décevants, Hill ne parvenant à inscrire que 7 points.

En 1971, il rejoint Brabham, où il renoue avec la victoire à l'occasion de l'épreuve hors-championnat de l'International Trophy, au volant de la fameuse BT34 surnommée "pince de homard" en raison de la forme caractéristique de son capot avant. Mais les résultats en championnat du monde ne suivent pas. En 1972, l'arrivée à la tête de l'écurie de Bernie Ecclestone ne change pas la donne et il continue de se battre en fond de grille, dans l'espoir de grappiller quelques points. Cette saison 1972 est pourtant à marquer d'une pierre blanche pour Hill, qui gagne les 24 Heures du Mans sur la Matra MS670 (en équipage avec Henri Pescarolo) et rentre au panthéon du sport automobile en devenant le premier pilote de l'histoire (et le seul à ce jour) à décrocher la triple couronne, c’est-à-dire à avoir remporté le Championnat du monde de F1, les 500 Miles d'Indianapolis et Le Mans.

En 1973, il décide de monter sa propre écurie de Formule 1, baptisée Embassy-Hill du nom d'une marque de cigarettes. Après avoir engagé en 1973 des châssis Shadow, puis en 1974 des châssis Lola, l'écurie Embassy-Hill devient constructeur à part entière en 1975 avec la GH1 (en réalité une évolution de la Lola de la saison précédente). Toujours pilote, mais de moins en moins performant il ne parvient pas à se qualifier au Grand Prix de Monaco, mais il prend le temps d'assister à la course de F3 et remarque le jeune pilote britannique Tony Brise. Il lui propose d'essayer la GH1. Brise réalise immédiatement de meilleures performances que le vétéran. Il décide alors de mettre un terme à sa carrière à l'occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne, où il se contente d'effectuer quelques tours au ralenti, sans casque, pour saluer le public, lequel lui réserve une véritable ovation.

Le 29 novembre 1975, de retour d'une séance d'essais privés au Castellet, il est victime d'un accident aux commandes de son avion privé (un Piper Aztec). Lui et ses cinq passagers (dont son jeune pilote, le grand espoir de la F1 Tony Brise) sont tués sur le coup.

Statistiques en championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

Résultats en championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des résultats de Graham Hill en Formule 1
Saison Écurie Châssis Moteur GP disputés Victoires Podiums Pole positions Meilleurs tours Abandons Points inscrits Classement
1958 Team Lotus Lotus 12 Climax l4 9 0 0 0 0 7 0 Nc.
1959 Team Lotus Lotus 12
Lotus 16
Climax l4 7 0 0 0 0 5 0 Nc
1960 Owen Racing Organisation BRM P25
BRM P48
BRM l4 8 0 1 0 0 6 4 15e
1961 Owen Racing Organisation BRM P48/57 Climax l4 8 0 0 0 1 5 3 16e
1962 Owen Racing Organisation BRM P57 BRM V8 9 4 6 1 3 0 52 Champion
1963 Owen Racing Organisation BRM P57
BRM P61
BRM V8 10 2 5 2 0 3 29 2e
1964 Owen Racing Organisation BRM P261 BRM V8 10 2 5 1 1 2 41 2e
1965 Owen Racing Organisation BRM P261 BRM V8 10 2 6 4 3 1 47 2e
1966 Owen Racing Organisation BRM P261
BRM P83
BRM V8
BRM H16
9 0 3 0 0 5 17 5e
1967 Team Lotus Lotus 43
Lotus 33
Lotus 49
BRM H16
BRM V8
Cosworth V8
11 0 2 3 2 8 15 7e
1968 Gold Leaf Team Lotus Lotus 49
Lotus 49B
Cosworth V8 12 3 6 2 0 4 48 Champion
1969 Gold Leaf Team Lotus Lotus 49B Cosworth V8 10 1 2 0 0 3 19 7e
1970 Rob Walker Racing Team
Brooke Bond Oxo Racing Rob Walker
Lotus 49C
Lotus 72A
Lotus 72C
Cosworth V8 11 0 0 0 0 4 7 13e
1971 Motor Racing Developments Ltd Brabham BT33
Brabham BT34
Cosworth V8 11 0 0 0 0 6 2 21e
1972 Motor Racing Developments Ltd Brabham BT33
Brabham BT37
Cosworth V8 12 0 0 0 0 4 4 15e
1973 Embassy Racing Shadow DN1 Cosworth V8 12 0 0 0 0 5 0 Nc.
1974 Embassy Racing with Graham Hill Lola T370 Cosworth V8 15 0 0 0 0 3 1 18e
1975 Embassy Racing with Graham Hill Lola T370
Hill GH-01
Cosworth V8 2 0 0 0 0 0 0 Nc.

Victoires en Championnat du monde de Formule 1[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des victoires de Graham Hill en Formule 1
no  Année Manche Grand prix Circuit Départ Écurie Châssis Résumé
1 1962 01/09 Pays-Bas Zandvoort 2e Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
2 1962 06/09 Allemagne Nürburgring Nordschleife 2e Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
3 1962 07/09 Italie Monza 2e Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
4 1962 09/09 Afrique du Sud East London 2e Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
5 1963 01/10 Monaco Monaco 2e Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
6 1963 08/10 États-Unis Watkins Glen 1er Owen Racing Organisation BRM P57 Résumé
7 1964 01/10 Monaco Monaco 3e Owen Racing Organisation BRM P261 Résumé
8 1964 09/10 États-Unis Watkins Glen 4e Owen Racing Organisation BRM P261 Résumé
9 1965 02/10 Monaco Monaco 1er Owen Racing Organisation BRM P261 Résumé
10 1965 09/10 États-Unis Watkins Glen 1er Owen Racing Organisation BRM P261 Résumé
11 1968 02/12 Espagne Jarama 6e Gold Leaf Team Lotus Lotus 49 Résumé
12 1968 03/12 Monaco Monaco 1er Gold Leaf Team Lotus Lotus 49B Résumé
13 1968 12/12 Mexique Mexico 3e Gold Leaf Team Lotus Lotus 49B Résumé
14 1969 03/11 Monaco Monaco 4e Gold Leaf Team Lotus Lotus 49B Résumé
  • À noter: Avec cinq victoires au Grand Prix de Monaco, Graham Hill a longtemps détenu le record du nombre de succès en Principauté. Ce record n'a été battu qu'en 1993 et la sixième victoire d'Ayrton Senna, qui ironie de l'histoire, s'imposa devant Damon Hill, le fils de Graham.

Résultats aux 24 Heures du Mans[modifier | modifier le code]

Détails des participations de Graham Hill aux 24 Heures du Mans
Année Équipe no  Voiture Moteur Catégorie Équipiers Tours Résultat
1958 Drapeau du Royaume-Uni Team Lotus Engineering 26 Lotus 15 Coventry Climax 2,0 L l4 S 2.0 Drapeau du Royaume-Uni Cliff Allison 3 Abandon
1959 Drapeau du Royaume-Uni Team Lotus Engineering 30 Lotus 15 Coventry Climax 2,0 L l4 S 3.0 Drapeau des États-Unis Derek Jolly 119 Abandon
1960 Drapeau de l'Allemagne Porsche KG 33 Porsche 718/4RS Porsche 1,6 L Flat-4 S 2.0 Drapeau de la Suède Joakim Bonnier 191 Abandon
1961 Drapeau des États-Unis North American Racing Team
Drapeau du Royaume-Uni R.R.C. Walker Racing Team
18 Ferrari 250 GT SWB Ferrari 3,0 L V12 GT 3.0 Drapeau du Royaume-Uni Stirling Moss 121 Abandon
1962 Drapeau du Royaume-Uni David Brown Racing Dept. 11 Aston Martin DP212 (en) Aston Martin 4,0 L l6 E +3.0 Drapeau des États-Unis Richie Ginther 78 Abandon
1963 Drapeau du Royaume-Uni Owen Racing Organisation 00 Rover-BRM Rover 2,0 L Tubine Drapeau des États-Unis Richie Ginther 310 Non classé
1964 Drapeau du Royaume-Uni Maranello Concessionnaires 14 Ferrari 330 P Ferrari 4,0 L V12 P 5.0 Drapeau de la Suède Joakim Bonnier 344 2e
1965 Drapeau du Royaume-Uni Owen Racing Organisation 31 Rover-BRM Rover 2,0 L Tubine P 2.0 Drapeau du Royaume-Uni Jackie Stewart 284 10e
1966 Drapeau du Royaume-Uni Alan Mann Racing Ltd. 7 Ford GT40 Mk.II Ford 7,0 L V8 P +5.0 Drapeau de l'Australie Brian Muir (en) 110 Abandon
1972 Drapeau de la France Equipe Matra-Simca Shell 15 Matra Simca MS670 Matra 3,0 L V12 S 3.0 Drapeau de la France Henri Pescarolo 344 Vainqueur

Résultats aux 500 miles d'Indianapolis[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des engagements de Graham Hill aux 500 miles d'Indianapolis
Année Équipe no  Voiture/Moteur Grille Tours Tours en tête Résultat
1966 Drapeau des États-Unis American Red Ball 24 Lola-Ford 15e 200 10 Vainqueur
1967 Drapeau des États-Unis STP Oil Treatment 81 Lotus-Ford 31e 23 0 Abandon (piston)
1968 Drapeau des États-Unis STP Oil Treatment 70 Lotus-Pratt & Whitney 2e 110 0 Abandon (accident)

Divers[modifier | modifier le code]

  • Avec une présence en Formule 1 qui s'est étalée sur 17 ans (de 1958 à 1975), Graham Hill a longtemps détenu le record de la plus longue carrière dans la discipline reine. Il l'a été jusqu'en 2010, année où Rubens Barrichello a atteint sa 18e saison dans la formule reine du sport automobile. Son record de nombre de Grand Prix disputés (176) a tenu jusqu'en 1988 avant d'être battu par Riccardo Patrese.
  • Graham Hill est un des premiers pilotes à avoir arboré un casque à la décoration personnalisée (jusqu'alors, les pilotes se contentaient d'une couleur unie). Son heaume bleu nuit (qui apparaît noir sur les photos), ornée de bandes blanches symbolisant des rames, était inspiré des couleurs du London Rowing Club, son club d'aviron. Son fils Damon Hill reprendra lui aussi ces couleurs

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par Graham Hill Suivi par
Phil Hill
Champion du monde de Formule 1
1962
Jim Clark
Denny Hulme
Champion du monde de Formule 1
1968
Jackie Stewart
Helmut Marko
Gijs van Lennep
Vainqueurs des 24 Heures du Mans
Avec Henri Pescarolo
1972
Gérard Larrousse
Henri Pescarolo
Jim Clark
Vainqueur des 500 miles d'Indianapolis
1966
Anthony Joseph Foyt Jr.