Ford GT40

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Ford GT40
Image illustrative de l'article Ford GT40
Ford GT40 Mark II - 1966

Marque Drapeau : États-Unis Ford
Années de production 1964 - 1968
Production 126 exemplaires
Classe Voiture de sport
Usine(s) d’assemblage Drapeau du Royaume-Uni Slough
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) V8 OHV 16V
Position du moteur Centrale longitudinal
Cylindrée De 4 195 à 6 997 cm3
Puissance maximale 310,3 ch (228,2 kW)
Couple maximal 446 Nm
Transmission Propulsion
Boîte de vitesses 5 vitesses manuelles
Poids et performances
Poids à vide 908 kg
Vitesse maximale De 257 à 300 km/h
Accélération 0 à 100 km/h en 4,2 s
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Coupé
Direction à crémaillère
Freins AV et AR : disques
Dimensions
Longueur 4 140[1] mm
Largeur 1 778[1] mm
Hauteur 1 029 mm
Empattement 2 413[1] mm
Voies  AV/AR 1 447[1] mm  / 1 422[1] mm
Chronologie des modèles
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La Ford GT40 est une voiture de sport du constructeur américain Ford qui a été fabriquée à 126 exemplaires[2], de 1964 à 1968. Elle a permis à la firme américaine de remporter, entre autres, les 24 Heures du Mans à quatre reprises successives, de 1966 à 1969.

L'appellation GT40 vient des initiales « GT » de la catégorie « Grand Touring » (Grand Tourisme), complétées par le nombre 40 pour sa hauteur de caisse de 40 pouces (soit 1,02 m).

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1960, Henry Ford II, petit-fils de Henry Ford, qui vient d'être nommé au poste de président-directeur général de la Ford Motor Company, souhaite que la marque participe à l'épreuve prestigieuse des 24 Heures du Mans.

Au printemps 1963, Ford apprend par un intermédiaire européen qu'Enzo Ferrari, qui rencontre des difficultés financières, pourrait être intéressé par la vente de son entreprise. Aux fins d'une acquisition, Ford dépense alors plusieurs millions de dollars dans un audit comptable et financier complet de la compagnie italienne et en frais juridiques, mais Ferrari se retire des négociations au dernier moment. Enzo Ferrari, qui voulait conserver seul la direction du département compétition, aurait refusé une clause qui l'aurait empêché de courir aux 500 miles d'Indianapolis et, de colère, annule brusquement le projet de vente.

Vexé, Henry Ford II décide alors de créer une voiture pouvant concurrencer la marque au cheval cabré. Il contacte trois constructeurs britanniques : Lotus, Lola et Cooper. Finalement, c'est le designer anglais Eric Broadley, propriétaire de Lola Cars, qui sera retenu pour concevoir la GT40[3].

La première GT40 est terminée le 1er avril 1964[3] et deux exemplaires sont prêts à temps pour les essais préliminaires du Mans des 16 et 17 avril 1964[4]. Une voiture est détruite et l'autre endommagée durant ces tout premiers essais en conditions de course. En cause, des défauts de conception aérodynamique importants : l'avant a tendance à se soulever à grande vitesse, et l'arrière manque d'appui et donc d'adhérence[4]. Grâce à de nombreuses modifications et à la préparation, les années suivantes, due à l'équipe de Carroll Shelby[5], l'écurie Ford réussit à relever le défi en battant Ferrari sur son terrain, notamment au circuit du Mans.

Victoires au Mans[modifier | modifier le code]

En mai 1964, la GT40 participe à sa première course, les 1 000 km du Nürburgring. Trois semaines plus tard, trois GT40 Mk I équipées de V8 de 4,2 L sont engagées au Mans. La voiture de Ginther/Gregory prend la tête de la course au deuxième tour et y reste jusqu'à son premier arrêt aux stands mais les trois voitures se retirent successivement sur des problèmes mécaniques, laissant la victoire aux Ferrari.

La première victoire de la GT40 arrive en janvier 1965 aux 2 000 km de Daytona. Il s'agit d'une Mk II (7,0 L) préparée par Carroll Shelby. Elle obtient par la suite la seconde place aux 12 Heures de Sebring.

En 1965, six GT40 sont engagées au Mans ; deux Mk II de 7,0 L préparées par Shelby-American et quatre Mk I (moteur de 4,7 L) confiées à quatre équipes différentes. Les Mk II sont les plus rapides sur la piste et celle de Mac Laren/Miles est en tête. Malheureusement, toutes les GT40 auront abandonné sur casse mécanique dès la 7e heure de la course, laissant une fois encore la victoire à Ferrari.

Une armada de huit Mk II (7,0 L) et cinq GT40 (4,7 L) sont engagées au Mans pour l'édition 1966. L'expérience acquise lors des précédentes participations de 1964 et 1965 permet à trois Mk II de finir aux trois premières places, toutes les autres ayant abandonné. La Mk II remporte également les 12 Heures de Sebring et Daytona Beach la même année.

Quatre Mk IV, trois Mk II et trois Mk I sont engagées en 1967. La Mk IV est une nouvelle voiture avec un châssis et un design différent, elle est équipée du même moteur de 7,0 L que la Mk II, capable de propulser la voiture, dont l'aérodynamique a été amélioré, à 340 km/h dans les Hunaudières. La GT40 Mk IV d'A. J. Foyt et Dan Gurney est en tête pendant toute l'épreuve et gagne avec quatre tours d'avance sur la Ferrari qui arrive deuxième. La Mk IV gagne les 12 Heures de Sebring la même année.

Une Ford GT40 aux couleurs de son sponsor Gulf Oil.

Pour la saison 1968, la FIA modifie le règlement portant sur la cylindrée des voitures. Celle-ci est limitée à 3,0 L pour les prototypes et 5,0 L pour les voitures de production (plus de 50 unités). Cinq Ford GT40 Mk I sont engagées pour l'édition 1968 par John Wyer, un ingénieur et directeur d'écurie. Elles sont équipées du bloc de 4,7 L doté de nouvelles culasses Gurney-Eagle et dont la cylindrée augmente juste en deçà de la limite à 4 942 cm³. Ce V8 développe 410 ch. Ferrari refuse le nouveau règlement qui l'empêche de faire courir ses prototypes équipés de V12 de 4,0 L et boycotte l'épreuve. La Mk I, aux couleurs Gulf bleu et orange, gagne face à des prototypes de plus faible cylindrée, les quatre autres GT40 engagées abandonnent.

En 1969, la GT40 Mk I 4,9 L de Ickx/Oliver gagne de quelques secondes devant la Porsche 908 de 3,0 L de Gérard Larrousse et Hans Herrmann. Une deuxième Mk I prend la troisième place du podium, à quatre tours. Sur les cinq Mk I engagées, deux abandonnent. C'est l'année où Jacky Ickx choisit de marcher tranquillement vers sa voiture et prend le temps de mettre son harnais avant de partir, en dernière position. L'année suivante, le fameux « départ Le Mans » (pilotes courant vers leurs voitures placées en épi sur le côté opposé) est abandonné.

Victoires aux 24 Heures du Mans
Année Type Pilotes Distance
(km)
Moyenne
(km/h)
1966 Mk II Chris Amon, Bruce McLaren 4 843,09 210,80
1967 Mk IV Dan Gurney, A. J. Foyt 5 232,90 218,03
1968 Mk I Pedro Rodríguez, Lucien Bianchi 4 452,88 185,54
1969 Mk I Jacky Ickx, Jackie Oliver 4 997,88 208,25

Autres victoires[modifier | modifier le code]

Production après-Ford[modifier | modifier le code]

Quand Ford décide de cesser la production, plusieurs sociétés sont intéressées pour reprendre la production ou construire des répliques de la GT40. L'une d'entre elles, l'entreprise anglaise Safir Engineering, rachète la marque « GT40 » et le droit de produire la voiture. La Ford GT40 Mk V est lancée en 1985 et est produite jusqu'en 1999. Les châssis sont numérotés en continuation de la séquence originale de Ford et la voiture est motorisée par un V8 de 4,7 L Ford OVH développant un peu plus de 300 ch. Pratiquement identique à l'original, la voiture atteint une vitesse maximum de 260 km/h et réalise le 0-100 km/h en 5,3 s.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) GT40 Specifications - Superformance
  2. « Ford GT40 (1967) - Information and History », sur Conceptcarz.com (consulté le 30 septembre 2011)
  3. a et b Saga Ford GT40 ; La course comme argument commercial ; page 3 - MotorLegend.com
  4. a et b Saga Ford GT40 ; 1964 : un an pour apprendre ; page 2 - MotorLegend.com
  5. Saga Ford GT40 ; 1965 : retour en force ; page 1 - MotorLegend.com

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]