Circuit de Monaco

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Circuit de Monaco
Circuit de Monaco
Caractéristiques générales
Lieu Monte-Carlo
Drapeau de Monaco Monaco
Coordonnées 43° 44′ 12″ N 7° 25′ 26″ E / 43.736654, 7.424011 ()43° 44′ 12″ Nord 7° 25′ 26″ Est / 43.736654, 7.424011 ()  

Géolocalisation sur la carte : Monaco

(Voir situation sur carte : Monaco)
Circuit de Monaco
Événements
Grand Prix de Monaco (Formule 1)
Grand Prix de Monaco Historique
Monaco E-Prix
Dimensions
Nombre de virages 18
Longueur 3,34 km
Meilleur tour (2011)
Temps 1 min 13 s 556
Pilote Sebastian Vettel
Écurie Red Bull Racing

Le circuit de Monaco est un circuit automobile temporaire empruntant les rues de la ville de Monaco, dans les quartiers de La Condamine et Monte-Carlo. Il accueille chaque année le Grand Prix de Monaco et tous les deux ans le Grand Prix de Monaco Historique.

La première course automobile s'y tient en 1929 et il devient en 1950 le second circuit de l'histoire à être parcouru par des Formule 1, lors de la première édition du championnat du monde, après Silverstone.

Son tracé non permanent de 3,34 km, installé au cœur de la ville de Monaco pour les quelques jours que dure le Grand Prix, est le plus lent du championnat du monde de Formule 1. L'étroitesse des voies, sinueuses et bordées de rails, demande une concentration absolue. Les qualifications y sont déterminantes car les dépassements en course sont difficiles.

Historique[modifier | modifier le code]

Vue des stands et des tribunes du port

Le 26 août 1890 naît le Sport Vélocipédique Monégasque (SVM) qui va connaître un rapide essor sous la présidence d’honneur du Prince Albert 1er. En 1907, le club devient Sport Automobile et Vélocipédique de Monaco (SAVM). Alexandre Noghès, Trésorier Général des Finances de la Principauté, est nommé président en 1909. À l'instar des grands rassemblements cyclistes, l’idée d’une épreuve automobile qui fera converger vers Monaco des concurrents venus de partout en Europe est émise par son fils, Antony, qui organise deux ans plus tard, le premier Rallye de Monte Carlo, remporté par Henri Rougier sur une Turcat-Méry.

Le 29 mars 1925, lors d’une assemblée générale extraordinaire réunissant cinquante-cinq membres du SAVM, le président Alexandre Noghès déclare qu’« en raison de l’importance prise par la Société, il est obligatoire d’en changer le titre et de la dénommer Automobile Club de Monaco ». La proposition mise au vote est approuvée, l’Automobile Club de Monaco vient de naître, il porte ce nom aujourd’hui encore.

Pour que la réussite soit totale, il reste encore à faire admettre l’ACM au sein de l’Association Internationale des Automobile Club Reconnus (AIACR), l’ancêtre de la FIA qui détient alors le pouvoir sportif légal. C’est à cet objectif que se consacrent Alexandre Noghès et son fils. Ce dernier est chargé, en 1928, de présenter la candidature de l’Automobile Club de Monaco au siège de l’AIACR à Paris. Comme les épreuves organisées par le club se déroulent hors du territoire monégasque, il se voit opposer un refus catégorique. Il lance alors l’idée de créer un circuit automobile dans les rues de la Principauté.

Malgré une marche à escalader entre le Quai des États-Unis et le Quai Albert 1er, une marche à descendre du côté des gazomètres, les pavés et les rails du tramway entre la Condamine et le Casino, Antony Noghès poursuit ses démarches, inspiré par ce type de course urbaine qui existe déjà aux États-Unis, notamment à Santa Monica ou Corona en Californie. Antony Noghès parle de son projet audacieux au pilote local Louis Chiron dont il sait pouvoir obtenir un avis pertinent et objectif. Entré dans la confidence, le pilote s’extasie ; « Fantastique ! Merveilleux ! Stupéfiant ! ». Le projet reçoit également le soutien enthousiaste du Prince Louis II et son appui.

Six mois plus tard, le 14 avril 1929, le Prince Pierre boucle le tour inaugural du circuit à bord d'une Torpedo Voisin conduite par le directeur de course, Charles Faroux, alors que Louis Chiron, engagé aux 500 miles d’Indianapolis, est absent. Seize pilotes prennent le départ du premier Grand Prix de Monaco sur une grille tirée au sort. La Principauté assiste à la victoire du britannique William Grover-Williams (dit « Williams ») sur une Bugatti 35B privée. Il boucle les cent tours du circuit de 3,180 km à une moyenne de 80 km/h devant Bouriano et la Mercedes-Benz SSKL de Rudolf Caracciola. La leçon que tirent les concurrents est que le circuit se révèle extrêmement sélectif et qu'il nécessite des voitures au châssis court, parfaitement maniables.

Interrompue pendant la guerre (de 1938 à 1947), l'épreuve reprend en 1948 mais n'a pas lieu l'année suivante du fait du décès du Prince Louis II. Le 21 mai 1950, le circuit accueille la seconde manche du premier championnat du monde des conducteurs, enlevée par l'Alfa Romeo de Juan Manuel Fangio. L'épreuve redevient en 1952 une course de voitures de sport. Plutôt que d’accueillir les Formule 2, alors retenues pour le championnat du monde, le Grand Prix automobile de Monaco fait sa réapparition en 1955 pour ne plus jamais s'effacer du calendrier.

Évolution du tracé[modifier | modifier le code]

L'épingle avant le tunnel
Après la chicane du tunnel

Jusqu'en 1950, la longueur du tracé était de 3,180 km. Depuis, le circuit de Monaco a subi quelques transformations mineures :

  • En 1952, des aménagements au virage Sainte-Dévote entraînent une réduction de la longueur qui passe à 3,145 km.
  • En 1972, des modifications ont été apportées au circuit. On déplace les stands du boulevard Albert 1er (où ils se trouvaient sous les arbres, entre deux lignes droites raccordées par la courbe du « Gazomètre ») au bord de la mer, quai Kennedy, parallèle au quai des États-Unis. Cette solution est adoptée par la Grand Prix Drivers Association qui estime trop dangereux l'emplacement des stands à cet endroit. L'expérience ne dure qu'un an et, l'hiver suivant, de grands travaux sont achevés juste avant le Grand Prix 1973 avec la construction d'un nouveau tronçon reliant la courbe du « Bureau de Tabac» au Stade Nautique. On ajoute 133 mètres au parcours dont la longueur totale passe à 3278 mètres par l’adjonction d’une portion le long du port, qui épouse le tracé de la nouvelle piscine et se termine en épingle autour du restaurant « La Rascasse ». Les stands sont réinstallés sur l’ancien quai désormais libéré. Comme la distance au tour est augmentée, le nombre de tours du Grand Prix passe de 80 à 78.
  • En 1976, deux nouvelles chicanes sont ajoutées, l’une à Sainte-Dévote, l’autre à la sortie de l’épingle de la Rascasse. Elles allongent encore le circuit de 34 mètres.
  • En 1986, pour le 44e Grand Prix, l’élargissement de l’entrée du quai des États-Unis au pied de la descente du boulevard Louis II permet la création d’une nouvelle chicane portant le tour cette fois à 3,328 km.
  • En 1997, la première chicane de la piscine est redessinée et porte désormais le nom de virage « Louis Chiron » en l’honneur de l’ancien champion monégasque à l’origine de la création du Grand Prix. La distance atteint alors 3,367 km.
  • En 2003, une première phase d'aménagements portant sur la partie sud du port permet de gagner 5 000 m² de terrain sur la mer. La portion de piste comprise entre la piscine et la Rascasse est déplacée de dix mètres vers le port par rapport à son emplacement initial et est complètement redessinée.
  • En 2004, la création d'un bâtiment sur l'emplacement de l'ancienne piste entre la piscine et la Rascasse double la profondeur de l'esplanade accueillant la zone des stands. De nouveaux travaux permettent d’agrandir les infrastructures d’accueil des stands et une surface de 250 m² est mise à la disposition de chaque écurie.

Description[modifier | modifier le code]

Piloter sur ce circuit est un exercice de haute virtuosité car la piste est étroite et bordée de barrières de sécurité, il y a peu d'échappatoires et de nombreux virages sont sans visibilité. Quelques courtes lignes droites caractérisent le tracé, entraînant une moyenne de 4 150 changements de vitesse durant un Grand Prix de Formule 1[1]. De ce fait, la séance de qualification est primordiale ; les dépassements étant très difficiles, le pilote qui obtient la pole position a de fortes chances de remporter la course.

Après la ligne de départ, les pilotes remontent le boulevard Albert Ier et se pressent dans le premier virage à droite de « Sainte-Dévote », lieu de nombreux accrochages dans le premier tour. Ils entament ensuite la montée très raide de « Beau-Rivage » jusqu'au gauche-droite très serré du « Casino ». De là, les pilotes redescendent jusqu'au virage à droite de « Mirabeau », puis vient l'épingle à gauche de l'hôtel « Loews », virage le plus lent du championnat. La section « Portier » conduit ensuite à la mer et les pilotes passent sous le tunnel qui mène à la chicane près du port. À la sortie du tunnel, section la plus rapide du circuit, les monoplaces frôlent les 300 km/h. Après une courte ligne droite sur le quai des États-Unis, vient le virage à gauche du « Bureau de Tabac », la section gauche-droite de la « Piscine » puis une épingle très difficile à droite à « La Rascasse ». Les pilotes abordent enfin le virage « Anthony Noghès » avant la ligne des stands et l'arrivée.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Des circuits urbains ont été surnommés en référence au circuit de Monaco comme le circuit urbain de Long Beach aux États-Unis, surnommé « Monaco of the West » (« Le Monaco de l'ouest »)[2] ou le circuit de Pau-Ville, surnommé « Le petit Monaco »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]