Jules Goux

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Jules Goux vers 1913-1915.

Jules Goux, né le 6 avril 1885 à Valentigney et mort le 6 mars 1965 à Mirmande, est un pilote automobile français. En 1913, il devient le premier pilote européen à remporter les 500 miles d'Indianapolis, épreuve à laquelle il participe à cinq reprises malgré le premier conflit mondial.

Biographie[modifier | modifier le code]

Grand Prix de France 1914.
Grand Prix de San Sebastián 1926.

Fils de Jacques Goux, menuisier à Etobon et de Marie Elisabeth Perret, Jules Goux, ingénieur chez Peugeot, effectue ses débuts en sport automobile au milieu des années 1900 au sein de l'écurie Lion-Peugeot, le bras armé officiel de la marque sochalienne en compétition. Avec son coéquipier Georges Boillot, il remporte de nombreux succès en catégorie « voiturettes », ce qui attise l'intérêt de ses employeurs quant à une éventuelle montée dans la catégorie « Grand Prix ». Au sein d'une petite structure autonome basée en région parisienne et surnommée « Les Charlatans » par le personnel de l'usine Peugeot, il participe à la conception de la révolutionnaire Peugeot L76 dotée d'un double arbre à cames en tête (essentiellement due au coup de crayon de l'ingénieur suisse Ernest Henry) qu'il manque de peu de faire triompher dès sa première apparition en compétition, au Grand Prix de l'ACF 1912 à Dieppe (la victoire revenant finalement à Boillot).

L'année suivante, parti défendre les couleurs de Peugeot aux États-Unis, il domine les 500 miles d'Indianapolis devant 100.000 spectateurs, et devient dès sa première participation (premier rookie[1]) le premier étranger à triompher dans ce qui est en train de devenir l'une des épreuves phares du calendrier international, avec une avance record de 13'8" sur son suivant Spencer Wishart tout en consommant un gallon d'essence tous les six miles. Pour lutter contre la chaleur accablante ce jour-là l'Indianapolis Motor Speedway, il s'asperge de champagne (six bouteilles durant la course) à chacun de ses arrêts aux stands, se plaignant alors à son manager (Johnny Aitken) de devoir respecter la consigne de ne pouvoir pousser le moteur de sa machine dans ses derniers retranchements. Cette victoire lui permet de finir l'année vice-champion des États-Unis (US AAA National Championship Trail)[2]. Il est moins en réussite lors de l'édition 1914 de l'Indy 500 où les Peugeot, grandes favorites, sont handicapées par une monte pneumatique inadaptée (il termine tout de même quatrième).

Quelques semaines plus tard, la Première Guerre mondiale éclate, l'obligeant à mettre sa carrière sportive entre parenthèses puisqu'il est mobilisé. Il prend des photos aériennes des différents lieux de conflits et d'événements majeurs rencontrant des sommités militaires. Il retrouve la compétition en 1919, avec une troisième place à l'Indy 500, participant encore à l'épreuve en 1920 (15e sur Peugeot), et en 1922 (sur Ballot), constructeur pour lequel il remporte en 1921 à Brescia le premier Grand Prix automobile d'Italie. Il finit sa carrière chez Bugatti avec qui il remporte en 1926 le Grand Prix de l'ACF et celui d'Europe sur le circuit de Lasarte en Espagne, sur Bugatti T39A Grand Prix.

Divorcé d'une Américaine, il devint le locataire de Jeanne, Marcelle Cardin à Bordeaux, rue Wustimberg au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Ils se marient puis partent ensuite au château d'Ermenonville où il occupe le poste de régisseur à la demande de M. Bugatti. N'ayant pu avoir d'enfant, il devient un beau-père apprécié des deux enfants de sa nouvelle épouse. Il finit sa carrière à Clamart puis prend sa retraite au soleil à Mirmande

Victoires[modifier | modifier le code]

Jules Goux, vainqueur de l'édition 1913 de l'Indy 500.
Jules Goux, vainqueur à San Sébastian en 1926.
  • 1908 : Coupe de Catalogne (Sitges/Barcelone);
  • 1909 : Coupe de Catalogne (Sitges/Barcelone);
  • 1911 : 1er de sa catégorie à la course de côte du Mont Ventoux (cat. 61);
  • 1911 : Meeting d'Ostende (Belgique);
  • 1912 : Course de côte du Val Suzon (Dijon);
  • 1912 : Coupe de la Sarthe (Le Mans; l'un des GP de la saison);
  • 1913 : 500 Miles d'Indianapolis (3e ed.; 6h31'33.45");
  • 1921 : Meeting de Boulogne (France);
  • 1921 : Course de côte du Pic Montaigu (Aubigny sur Néré, Bourges)[3];
  • 1921 : Course de côte de Saint-Martin (Boulogne-sur-Mer);
  • 1921 : Course de côte de Gaillon (Rouen);
  • 1921 : Coppa Florio (Sicile);
  • 1921 : Grand Prix d'Italie (Breccia) (1re ed.);
  • 1922 : Course de côte de Griffoulet (Toulouse);
  • 1926 : Grand Prix de France (ACF) (Miramas);
  • 1926 : Grand Prix d'Europe (Lasarte-Oria/San Sebastián).

(nb: il termina également second de la Targa Florio en 1922 sur Ballot 2LS 1995 cm³, et troisième en 1926 sur Bugatti 35 de 2292 cm³[4])

Records[modifier | modifier le code]

  • 1913 : Recordman du monde du 1/2 mile départ lancé (177 km/h, sur le circuit de Brooklands avec le véhicule qui le rendit peu de temps après victorieux à Indianapolis, sur le premier anneau de vitesse permanant au monde dédié à la course automobile en parcourant alors également 160 miles et 307 yards en 60 minutes).

Remarque[modifier | modifier le code]

Le dynamique importateur américain de la marque Peugeot Alphonse Kaufman fournit à l'époque en véhicules EX3 / L76 des coureurs tels Dario Resta, Johnny Aitken (vice-champion Champ Car AAA et vainqueur de la Harvest Auto Racing Classic à Indianapolis, en 1916), ou encore Howdy Wilcox (vainqueur de l'édition 1919 des 500 milles d'Indianapolis), Eddie Rickenbacker (ponctuellement entre 1914 et 1916, pilote 3e du championnat AAA en 1916), Ralph DePalma (en 1916, alors 4e du championnat AAA et vainqueur de l'Indy 500 l'année précédente sur Mercedes) et "Charlie" Merz (Champ Car AAA 1916, et 2e en 1911).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Thomas étant le second l'année suivante, l'année 1910 étant exclue par définition
  2. 1913 AAA National Championship Trail
  3. HillClimb winners 1915-1923
  4. Éditions de la Targa Florio: 1906-1977

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 500 Miles d'Indianapolis - Vive la France!, Frederick Lloren, éd. FL Livres, Bordeaux, 104p., janvier 2012. ISBN 978-2-9534861-0-0.