Jules Goux

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Jules Goux vers 1913-1915.

Jules Goux, dit Julo, né le 6 avril 1885 à Valentigney et mort le 6 mars 1965 à Mirmande, est un pilote automobile français. En 1913, il devient le premier pilote européen à remporter -sur Peugeot L76- les 500 miles d'Indianapolis, épreuve à laquelle il participe à cinq reprises malgré le premier conflit mondial.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avec Robert Peugeot patron depuis fév. 1910 (GP Fr. 1914).
Grand Prix de France 1914.
Grand Prix de San Sebastián 1926.

Jules, Eugène GOUX, fils de Jules, Louis Goux et de Louise, Marguerite Vauthier, est le seul fils des époux, avec deux soeurs Marguerite et Jeanne. Marguerite est restée célibataire, et Jeanne a épousé Paul CHARRIÈRE dont elle a eu un fils, le seul neveu de Jules.

Jules Goux "mesurait 1 m 71, avait les yeux bleus foncés et les cheveux chatains fonçés", dixit son livret militaire.

Il fait partie de la classe de 1905, et est appelé sous les drapeaux dans le 4e régiment du Génie.

Après avoir eu son certificat de dessinateur, Jules a l'occasion de piloter des voiturettes Peugeot: sa première course a lieu en 1906.

Dans les années 1910, il ouvre une agence à Besançon pour les automobiles et cycles Peugeot, magasin de vente et garage. Dès le début de la première guerre mondiale, il en confie l'administration à son beau-frère, Paul Charrière. En 1922, il lui cède l'agence.

Devenu ingénieur chez Peugeot il effectue véritablement ses débuts en sport automobile dès 1909, et arrête de courir en 1926 au sein de l'écurie Lion-Peugeot, le bras armé officiel de la marque sochalienne en compétition. Avec son coéquipier Georges Boillot, il remporte de nombreux succès en catégorie « voiturettes », ce qui attise l'intérêt de ses employeurs quant à une éventuelle montée dans la catégorie « Grand Prix ». Au sein d'une petite structure autonome basée en région parisienne et surnommée « Les Charlatans » par le personnel de l'usine Peugeot, il participe à la conception de la révolutionnaire Peugeot L76 dotée d'un double arbre à cames en tête (essentiellement due au coup de crayon de l'ingénieur suisse Ernest Henry), qu'il manque de peu de faire triompher dès sa première apparition en compétition au Grand Prix de l'ACF 1912 à Dieppe (la victoire revenant finalement à Boillot).

L'année suivante, parti défendre les couleurs de Peugeot aux États-Unis, il domine les 500 miles d'Indianapolis devant 100.000 spectateurs, et devient dès sa première participation (premier rookie[1]) le premier étranger à triompher dans ce qui est en train de devenir l'une des épreuves phares du calendrier international, avec une avance record de 13'8" sur son suivant Spencer Wishart tout en consommant un gallon d'essence tous les six miles. Pour lutter contre la chaleur accablante ce jour-là l'Indianapolis Motor Speedway, il s'asperge de champagne (six bouteilles durant la course) à chacun de ses arrêts aux stands, se plaignant alors à son manager (Johnny Aitken) de devoir respecter la consigne de ne pouvoir pousser le moteur de sa machine dans ses derniers retranchements. Cette victoire lui permet de finir l'année vice-champion des États-Unis (US AAA National Championship Trail)[2]. Il est moins en réussite lors de l'édition 1914 de l'Indy 500 où les Peugeot, grandes favorites, sont handicapées par une monte pneumatique inadaptée (il termine tout de même quatrième).

Quelques semaines plus tard, la Première Guerre mondiale éclate, l'obligeant à mettre sa carrière sportive entre parenthèses puisqu'il est mobilisé. Il prend des photos aériennes des différents lieux de conflits et d'événements majeurs rencontrant des sommités militaires. Il retrouve la compétition en 1919, avec une troisième place à l'Indy 500, participant encore à l'épreuve en 1920 (15e sur Peugeot), et en 1922 (sur Ballot), constructeur pour lequel il remporte en 1921 à Brescia le premier Grand Prix automobile d'Italie. Il finit sa carrière chez Bugatti avec qui il remporte en 1926 le Grand Prix de l'ACF et celui d'Europe sur le circuit de Lasarte en Espagne, sur Bugatti T39A Grand Prix.

Divorcé d'une Américaine, Jerry Dawis, il devient le locataire de Jeanne, Marcelle Cardin à Bordeaux, rue Wustimberg au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Ils se marient puis partent ensuite au château d'Ermenonville où il occupe le poste de régisseur à la demande de M. Bugatti. Sa carrière prend fin à Clamart. Il se retire avec son épouse passer sa retraite dans un petit village drômois, Mirmande. Il est enterré dans le cimetière près de l'église Sainte Foy.

Victoires

Jules Goux, vainqueur de l'édition 1913 de l'Indy 500.
  • 1906 : Course de côte du ballon d'alsace sur voiturette Peugeot, coupe LEDERLIN,
  • 1906 : Course du côte du Val Suzon sur voiturette Peugeot,
Jules Goux, vainqueur à San Sébastian en 1926.
  • 1909 : Targa Florio -Sicile - sur voiturette Peugeot, (432 kms)
  • 1909 : Coupe de Catalogne (Sitges/Barcelone) sur voiturette Peugeot (364 kms),
  • 1909 : Course de côte à Nancy sur voiturette Peugeot,
  • 1909 : Course de côte du Limonest sur voiturette Peugeot,à Barcelone sur Peugeot,
  • 1910 : Course de Catalogne, où il remporte la coupe de Catalogne définitivement, la coupe du Royal Automobile Club et la coupe du roi,
  • 1910 : Coupe de Normandie à Caen sur Peugeot,
  • 1910 : Course de côte de Gaillon sur voiturette Peugeot,
  • 1910 : Course de côte de Nancy sur voiturette Peugeot,
  • 1911 : Course de côte du Limonest sur voiturette Peugeot,
  • 1911 : Coupe des voiturettes à Ostende (Belgique) (450 kms),
  • 1912 : Grand Prix de la Sarthe - Le Mans (grosse voiture Peugeot cylindrée 7,6 litres règlement ACF formule libre),
  • Record européen de moyenne sur route : 119 km/h
  • 1912 : Course de côte du Val Suzon (Dijon), record de l'épreuve,
  • 1912 : Meeting de Saint-Sébastien : km lançé et course de tête,
  • 1913 : Grand Prix d'Amérique à Indianapolis 500 Miles sur Peugeot 7,6 litres (3e ed.; 6h31'33.45");
  • 1913, le 12 avril Record du monde l'heure à Brooklands sur Peugeot 7,6 litres des 50 et 100 miles,
  • Interruption à cause de la première guerre mondiale
  • 1921 : Meeting de Calais sur voiture Ballot 5 litres (France), record,
  • 1921, Coupe des As 300 mètres lancés arrivée arrêtée, record,
  • 1921 : Grand Prix d'Italie à Brescia sur voiture Ballot 3 litres : 500 kms à 144,729 kms de moyenne horaire le 4 septembre 1921 / record du monde de moyenne sur route en circuit fermé
  • 1921 : Course de côte de Gaillon sur voiture Ballot 3 litres, meilleur temps de la journée 141 km 732 (Rouen),
  • 1922 : Course de côte de Griffoulet (Toulouse);
  • 1926 : Grand Prix de France (ACF) (Miramas) 500 kms sur Bugatti
  • 1926 : Grand Prix d'Europe (Lasarte-Oria/San Sebastián) 500 kms sur Bugatti

(nb: il termina également second de la Targa Florio en 1922 sur Ballot 2LS 1995 cm³, et troisième en 1926 sur Bugatti 35 de 2292 cm³[3])

Records[modifier | modifier le code]

  • 1913 : Recordman du monde du 1/2 mile départ lancé (177 km/h, sur le circuit de Brooklands avec le véhicule qui le rendit peu de temps après victorieux à Indianapolis, sur le premier anneau de vitesse permanant au monde dédié à la course automobile en parcourant alors également 160 miles et 307 yards en 60 minutes à 170,94 km/h, record du monde de l'heure).

Remarque[modifier | modifier le code]

Le dynamique importateur américain de la marque Peugeot Alphonse Kaufman fournit à l'époque en véhicules EX3 / L76 des coureurs tels Dario Resta, Johnny Aitken (vice-champion Champ Car AAA et vainqueur de la Harvest Auto Racing Classic à Indianapolis, en 1916), ou encore Howdy Wilcox (vainqueur de l'édition 1919 des 500 milles d'Indianapolis), Eddie Rickenbacker (ponctuellement entre 1914 et 1916, pilote 3e du championnat AAA en 1916), Ralph DePalma (en 1916, alors 4e du championnat AAA et vainqueur de l'Indy 500 l'année précédente sur Mercedes) et "Charlie" Merz (Champ Car AAA 1916, et 2e en 1911).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Thomas étant le second l'année suivante, l'année 1910 étant exclue par définition
  2. 1913 AAA National Championship Trail
  3. Éditions de la Targa Florio: 1906-1977

Liens externes[modifier | modifier le code]

Victoire à la Coupe de la Sarthe 1912.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 500 Miles d'Indianapolis - Vive la France!, Frederick Lloren, éd. FL Livres, Bordeaux, 104p., janvier 2012. ISBN 978-2-9534861-0-0;
  • Peugeot en Compétition, Rétroviseur no 241, janvier 2009, Éditions LVA;
  • French Correction, Rétroviseur no 253, février 2010, Éditions LVA.