Ordre royal et militaire de Saint-Louis

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Ordre royal et militaire de Saint-Louis
Image illustrative de l'article Ordre royal et militaire de Saint-Louis
Croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis

Type Distinction militaire comportant 3 classes (chevalier, commandeur, grand-croix)
Statut Ordre disparu
Chiffres
Date de création
Dernière attribution 1830
Importance
Institution du Mérite militaire

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Ruban de l'Ordre

L’ordre royal et militaire de Saint-Louis est un ordre honorifique français créé par un édit de Louis XIV du pour récompenser les officiers les plus valeureux[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa naissance est due à la réorganisation des armées au milieu du XVIIe siècle et l’apparition de militaires de valeur plus nombreux et faisant partie de la bourgeoisie. L’ordre le plus prestigieux, l'ordre du Saint-Esprit, était réservé à la noblesse et ne comptait que cent chevaliers ; les ordres de Saint-Michel, de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem avaient eux aussi des statuts qui limitaient le nombre des récipiendaires. Voilà pourquoi fut décidée la création de cet ordre dont le bénéficiaire devait être catholique et avoir servi plus de dix ans comme officier, mais pas obligatoirement noble. Cependant les nobles représentaient une part très importante des effectifs, qui alla croissant au cours du XVIIIe siècle, avec l’éviction progressive des roturiers des corps d’officiers de l’armée. Pour les officiers protestants, notamment les Suisses et les Allemands au service du roi de France, Louis XV créa l’institution du mérite militaire en 1759. Les bas-officiers (nos actuels sous-officiers) et les militaires du rang ne pouvaient pas recevoir l’ordre de Saint-Louis ou l’institution du Mérite militaire, mais ils avaient droit au médaillon des deux épées qui leur ouvrait certains privilèges. À noter que ce médaillon des épées dit médaillon de vétérance n'est pas supprimé par les Révolutionnaires, contrairement aux ordres de la monarchie.

En 1791, l’ordre de Saint-Louis est réuni avec le mérite militaire sous le nom de Décoration militaire. Cette décoration est elle-même supprimée le 15 octobre 1792, ce qui n’empêchera pas Louis XVIII de nommer des officiers émigrés et des chefs vendéens dans l’ordre de Saint-Louis.

En 1814, le roi Louis XVIII recrée l’ordre de Saint-Louis avec le but avoué de le substituer à la Légion d’honneur. Cette tentative ne dure pas : l’ordre de Saint-Louis est supprimé en 1830.

Organisation[modifier | modifier le code]

Provisions de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis pour le sieur des Chaillons, « capitaine en Canada », 25 mars 1730.

La durée de service fut portée de dix à vingt ans peu après la création de l'ordre. Le dauphin, le général des galères, l’amiral et les maréchaux de France étaient membres-nés de l’ordre. Les militaires nommés devaient être reçus chevaliers dans une cérémonie où ils prêtaient serment au roi et à la religion catholique. Cette cérémonie de réception était présidée de 1693 à 1700 uniquement par le roi ; à partir de 1700 le dauphin reçut le droit de recevoir les nouveaux chevaliers, droit qui fut étendu à tous les princes du sang et les maréchaux de France en 1705, puis à tous les officiers généraux membres de l'ordre. On distinguait trois classes de membres de l'ordre : chevaliers, dont le nombre n'était pas limité, commandeurs, dont le nombre est limité à vingt-quatre, et grand'croix, dont le nombre est limité à huit. Lorsqu’un grand'croix de Saint-Louis devenait chevalier du Saint-Esprit, il redevenait simple chevalier de Saint-Louis. Cette disposition avait pour but de libérer des "places" de grand'croix afin de récompenser les généraux en plus grand nombre.

Un certain nombre de pensions étaient accordées aux membres de l'ordre : de 800 à 2 000 livres pour certains chevaliers, de 3 000 à 4 000 pour les commandeurs et 6 000 pour les grand'croix.

Le grand maître de l'ordre est le roi, mais l'administration au jour le jour de l'ordre est confiée à un conseil formé de six chevaliers, quatre commandeurs et deux grand'croix. Ce conseil était élu chaque année par une assemblée générale de l'ordre tenue le 25 août, jour de la Saint-Louis, dans le palais de résidence du roi. L'ordre comptait également à son origine des officiers : un trésorier, un greffier et un huissier. Recrutés dans les services des secrétariats d'État à la marine et à la guerre, ils portaient la croix de chevalier et le titre d’officier de Saint-Louis. En 1719, le Régent créa quinze offices héréditaires d'administration de l'ordre : trois grands-officiers, portant les insignes de grand'croix, quatre commandeurs et huit officiers. En 1779, le nombre d'officiers fut réduit à deux : trésorier et huissier.

L’ordre de Saint-Louis et la noblesse[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Symon de Solémy portant les insignes de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.

Il n'était pas nécessaire d'appartenir à l'ordre de la noblesse pour être reçu dans celui de Saint-Louis. Toutefois, comme la noblesse était coutumièrement destinée aux emplois militaires, les chevaliers de Saint-Louis étaient majoritairement d'origine noble.

En 1750, l'ordre de Saint-Louis fut assimilé à une charge anoblissante : le fait d'être capitaine et chevalier de Saint-Louis pendant trois générations légitimes et consécutives conférait la noblesse à titre héréditaire. Cette disposition créant une nouvelle noblesse militaire fut cependant remise en cause dans les dernières années de l'Ancien Régime. En fait, très peu de familles accédèrent à la noblesse en vertu de cette disposition qui sera conservée lors de la création de l'ordre de la Légion d’honneur.

Depuis 1750, les membres de l'ordre sont exemptés de la taille s'ils sont roturiers. Le dernier chevalier de Saint-Louis fut le général Joseph-Marie Farinole, d'une famille de la noblesse corse de Bastia reconnue noble par la monarchie lors de l'annexion de l'île.

Insignes[modifier | modifier le code]

Port des différents grades de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis : chevalier ; commandeur ; grand-croix

L'ordre comprenait trois classes :

  • chevalier, lequel portait l'insigne à un ruban rouge sur la poitrine gauche ;
  • commandeur, portant l’insigne à une écharpe rouge du côté gauche ;
  • grand-croix, ayant l’insigne à une écharpe rouge du côté gauche et une plaque sur la poitrine à gauche.

Cet ordre devint le prototype de tous les ordres honorifiques modernes (existence des différentes classes, type d’insigne, écharpe, etc.). L’insigne était composée d’une croix de Malte blanche et or, portant des fleurs de lys aux angles. Au centre se trouvait un médaillon portant l’inscription « LUD(OVICUS) M(AGNUS) IN(STITUIT) 1693 » pour « Louis le Grand l’a institué en 1693 », entourant une représentation de Saint Louis. Selon certains, la couleur rouge du ruban de la Légion d'honneur serait un souvenir de l’ordre de Saint-Louis.

Les principaux modèles suivent les régimes successifs ; Louis XIV, la Régence, Louis XV, louis XVI, l'Émigration (1792-1814) et enfin la Restauration. Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), les croix pouvaient être portées si les fleurs de lys des cantonnement des branches étaient supprimées. En 1830, les nominations dans l'Ordre de Saint-Louis prennent fin.

On peut situer la période d'un insigne au mode de fixation des centres : 1/ Louis XIV : 2 rivets fixent les centres aux branches 2/ Régence - Louis XVI : une goupille fixe les centres par le travers de la croix 3/ Restauration : les centres ont des pattes de fixation qui sont insérées dans une cire rouge

Catégories de récipiendaires de l’ordre de Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Récipiendaires[modifier | modifier le code]

Chevalier[modifier | modifier le code]

Jacques-Joseph Dufaure de Meilhac, portant les insignes de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.
  • Jacques-Auguste de Poilloüe de Saint-Mars ( 1739-1794 ), page du roi, page puis gentilhomme ordinaire du duc d'Orléans, sous Aide-Major et lieutenant aux Gardes-Françaises en 1765 et lieutenant-colonel d’infanterie. Il résidait à Étampes, lorsque ce bailliage l'élut, 15 mars 1789, député de la noblesse aux états généraux.
  • Jacques-Joseph Dufaure de Meilhac (1737-1817), capitaine de cavalerie dans le régiment de Gemondie et chevalier de Meilhac en 1755, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, capitaine en Premier du régiment de Royal Étranger Cavalerie, avec brevet de major, en 1777.
  • Jean de Boüard de la Forest, (né le 12 janvier 1745 au Pizou (24) - † 31 décembre 1801, à Villefranche de Lonchat (24)), reçut dans la compagnie de Beauvau (depuis Noailles), le 29 juin 1766 cf « Les gardes du corps de Louis XVI » Gilbert Bodinier Service Historique de l’Armée de terre Editions Mémoire et Document 2005 page 156. Décoré le 12 janvier 1791 avec 650 livres d'appointement.
  • Jean Joseph Marquis d'Apcher
  • Claude Porchera de la Place
  • Hilarion d'Alançon (né le 9 septembre 1761) officier du Royal Pologne Cavalerie
  • Étienne Charest (1718-1883), milicien du Canada (Nouvelle-France)[2];
  • Jean Gheneser, colonel du 37e régiment d'infanterie légère, Commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.
  • Louis Marion Jacquet qui fut également colonel du 37e régiment d'infanterie légère, Officier de la Légion d'honneur et chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.
  • Jean-Baptiste Nicolas Jacquinot, colonel du 1er régiment de chevau-légers lanciers
  • Claude Étienne Michon († 5 décembre 1784)[3];
  • Auguste-Paul Ducis, hussard (29 octobre 1815)[4];
  • Philippe-Claude de la Motte-Baracé, brigadier des guerres de Louis XIV.
  • Pierre-Louis Saguez de Breuvery, Seigneur de Breuvery, de Moncey et de Villers aux Corneilles, né le 26 janvier 1718. Lieutenant au Régiment de Picardie le 1er avril 1735, Capitaine au même Régiment le 15 septembre 1743, fait Chevalier le 2 mai 1748 et décoré des mains du Maréchal de Lowendal le 14 mai 1748 (Armorial Général ou Registre de la Noblesse de France de Louis-Pierre d'Hozier, Registre 6e, Saguez en Champagne)
  • Alfred Armand Robert Saint-Chamans
  • Hercule Barbara de Labelotterie de Boisséson (Louveciennes 1784 - Alexandrovka 1822), chevalier de Saint-Louis en 1815, général de l'armée russe. Il était décoré des croix de St Wladimir 3e classe, Sainte Anne 2e classe avec diamants, de Saint Georges 4e classe, de la croix militaire de Maximilien Joseph de Bavière et de la croix de l'ordre militaire de Prusse.
  • Eugène de Merville né ~ 1750 capitaine de dragon. Disparu ainsi que son épouse sous la révolution. Chevalier de l'ordre Royal et militaire de Saint-Louis.
  • Baron Jean Antoine Stanislas Pascal de Trannoy-Watteau décoré le 9 août 1814[5], colonel, capitaine honoraire au Régiment anglais Royal Lardy, ancien garde de corps (compagnie d'Havré), ancien Commandant provisoire de la Place d'Arras. Nommé sous Charles X à Rambouillet jusqu'à la fin de son règne.
  • Pierre de Goyon, seigneur de la Rivière, paroisse de St-Martin-de-Goyne, né en 1725 en cette paroisse, volontaire dans Provence en 1744, enseigne et lieutenant même année, réformé en 1749, lieutenant eu premier commandant une compagnie dans le bataillon de milice deNérac, commission de capitaine en 1759, aide-major en 1760; a fait, en Italie, les campagnes de 1744 à 1747 inclus, et celle de Gènes en 1748; a reçu d'un coup de fusil une contusion au bras, à la bataille de Plaisance en 1746; Chevalier de Saint-Louis; réformé avec moitié de ses appointements. Capitaine au bataillon de garnison d'Aquitaine de 1779 à 1781.
  • François de Chastenet, comte d'Esterre, né en 1660 à St-Domingue avait épousé la fille du gouverneur de St-Domingue, Pierre-Paul Tarin de Cussy en 1685. Quatre ans avant sa mort, il avait reçu la Croix de St Louis par l’intermédiaire de Monsieur Auger, successeur de Monsieur de Cussy, qui la reçut à Léogane le 27 octobre 1702 et sa promotion fut faite dans la même ville le 15 décembre de la même année.
  • Louis de Lostanges, chevalier, marquis de Sainte Alvère. Lieutenant aux gardes Françaises, Sénéchal et gouverneur de Quercy. Reçu chevalier dans l'Ordre de saint Louis en 1693. Il perdit un œil à la bataille de Sénef et fut noyé en passant la Dordogne en 1706.
  • Charles Antoine Clicquot ( Paris 1773- Vernon 1837) , lieutenant-colonel puis colonel directeur des Equipages Militaires, chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis ( 27 aout 1817 ), chevalier de l'Ordre royal de la Légion d'Honneur ( 30 juillet 1819 ), Officier ( 21 aout 1821) puis Commandeur ( 20 aout 1831 ).
  • Jean Chemineau, (Grelet 1771 - Poitiers 1852), Général d'Empire. Commandant de la Légion d'Honneur (10 août 1813). Chevalier de saint Louis (24 septembre 1814).

Commandeur[modifier | modifier le code]

Grand-croix[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les insignes et médailles commémoratives de l'Ordre de Saint-Louis 1693-1830. Symboles & Traditions, numéro spécial 2004. Auteur Christophe Guimaraes. Préface du général d'armée aérienne Jean-Philippe Drouin, Grand Chancelier de la Légion d'honneur.

  • L'Ordre de Saint Louis 1693 / 1848, étude raisonnée des croix et objets, Olivier Matthey-Doret, 2012 dépôt légal BNF Paris, 215 photos couleurs, édition limitée numérotée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Société d'histoire du droit et des institutions des pays de l'Ouest de la France, Droit privé et Institutions régionales, Publication Univ Rouen Havre, , p. 625
  2. CHAREST, ÉTIENNE, in « Dictionnaire biographique du Canada » Volume IV (1771-1800)
  3. Jules Baux, Nobiliaire du département de l'Ain (XVIIe et XVIIIe siècles) : Bugey et Pays de Gex, Bourg-en-Bresse, Francisque Martin-Bottier, , 492 p. (lire en ligne), p.30.
  4. François Georges Binet de Sainte-Preuve, Biographie universelle et portative des contemporains, t. 2, F.G. Levrault, (lire en ligne), p.1443.
  5. D'après le relevé des services signé en 1928 par le général Blavier, attaché militaire de France en Belgique et le journal de Paris n°233 du dimanche 21 août 1814