Jumièges

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Jumièges
Jumièges
Le bac et l'abbaye en arrière-plan.
Blason de Jumièges
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Intercommunalité Métropole Rouen Normandie
Maire
Mandat
Julien Delalandre
2020-2026
Code postal 76480
Code commune 76378
Démographie
Gentilé Jumiégeois, Jumiégeoises
Population
municipale
1 719 hab. (2017 en diminution de 2,83 % par rapport à 2012)
Densité 92 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 26′ 04″ nord, 0° 49′ 17″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 83 m
Superficie 18,75 km2
Élections
Départementales Canton de Barentin
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Jumièges
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Jumièges

Jumièges est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Jumièges est située sur la rive droite de la Seine, entre Le Havre et Rouen, dans un méandre convexe du fleuve.

La commune fait partie du parc naturel régional des Boucles de la Seine normande.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

À Jumièges est exploité, par le département de Seine-Maritime, un bac maritime permettant de traverser la Seine.

Les ponts les plus proches permettant de traverser la Seine sont le pont de Brotonne à Caudebec-en-Caux et le pont Gustave-Flaubert à Rouen.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Gemeticum 837-838, Gemedicum (actes mérovingiens), Gemedico (monnaie mérovingienne)[1], Gimegias entre 1015 et 1026, Gemmetico entre 1024 et 1043[2].

Ces formes anciennes sont analogues à celles de Gémages (Orne, Gemmeticum XVe siècle) et de Vimais (Eure-et-Loir, Gimagia 1128)[1].

Le premier élément Gem- (celtique ?) se retrouve également dans des patronymes gaulois comme Gemelus. La forme attendue serait *Gém-ièges et non pas Jum-ièges, mais le [e] de la syllabe initiale Gém- s'est modifié en [y] (u) sous l'influence des consonnes du contexte, tout comme dans jumeau issu du latin gemellus (variante gémeau).

La terminaison -ièges contient apparemment deux suffixes: -at- / -et- et -iko- (-icum)[1]. Ces suffixes celtiques sont attestés par ailleurs -eto-, -et- dans le nom des Caleti (Pays de Caux) par exemple. Cf. breton kaled, Gwened (-et→ -ed). -iko- est attesté (au pluriel) dans Aremorici (ceux de l'Armor, sur are- « devant, auprès » Cf. Arelaunum ancien nom de la forêt de Brotonne et more « mer » cf. breton mor, même sens) ou encore Bellovaci, Mediomatrici, etc. Une variante -ika se retrouve dans le nom du pays d'Ouche de Utica, du Perche de Pertica et de l'Armorique, Aremorica. Cf. également Vertamica (inscription de Lezoux) correspondant du vieux breton Uuortemic[3].
-ETICA a régulièrement abouti à -iège en français.

L'étymologie par le latin gemma « pierre précieuse » est une invention des moines de l'abbaye Saint-Pierre pour justifier du prestige de leur établissement monastique, en effet ce genre d'explication par le latin classique par des clercs bon latinistes est généralement sans fondement, les toponymes étant pour l'essentiel des formations populaires (cf. Fécamp, Louviers, etc.)

Histoire[modifier | modifier le code]

Ruines de l'abbaye, vue du chœur.

Jumièges était, jusqu'à la Révolution, l'une des trois paroisses formant la baronnie du même nom, domaine direct de l'Abbaye de Jumièges.

L'implantation des moines, au VIIe siècle, suscita un développement agricole de la presqu'île de Jumièges mais aussi l'essor d'une activité maritime. Port Jumièges était doté d'un chantier de construction.

En 1518, un navire de Jumièges, La Martine, commandé par Robert Cossart, touche les côtes du Brésil.

Durant tout le XVIe siècle, des navires de Jumièges participent aux campagnes morutières à Terre-Neuve.

À la Révolution, la communauté religieuse est dispersée, l'abbaye transformée en maison de retraite puis en carrière de pierre.

Le , le hameau de Heurteauville, situé sur la rive gauche de la Seine, se sépare de Jumièges pour former une nouvelle commune[4] ainsi qu'une nouvelle paroisse.

Le , Prosper Peschard, notaire et maire de Jumièges, est assassiné par l'un de ses conseillers municipaux, Jules Martin.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[5]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1813   Hue    
1852   Lepicard    
1864 1867 Lepel-Cointet    
1890 1907 Sever Augustin Boutard[6] Républicain Chevalier du Mérite agricole en 1896
  14 juillet 1910 Prosper Peschard[7]   Notaire
Assassiné en fonctions
1920 1933 Jérémie Boutard    
mai 1925 mai 1929 Sever Boutard[6]    
1933   Duparc    
1936 1939 Guillaume Quesne    
Les données manquantes sont à compléter.
1944 1945 Charles Guillemot-Treffainguy    
1945 1945 Estor Cadinot    
1945 mai 1953 Georges Boutard[Note 1]   Fils de Jérémie Boutard[6]
mai 1953 1954 Henri Lefrançois    
1954 mars 1977 Alphonse Callais    
mars 1977 mars 1983 André Fessard    
mars 1983 juin 1995 Roland Maillet PS  
juin 1995 mars 2001 Jean-René Le Ru SE Ingénieur TPE
mars 2001 mars 2008 Joëlle Tétard   Retraitée
mars 2008 mai 2020 Jean Dupont UDI Retraité
mai 2020[8] En cours
(au 10 août 2020)
Julien Delalandre[6]   Secrétaire administratif dans l’Éducation nationale
arrière petit-fils de Georges Boutard

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[10].

En 2017, la commune comptait 1 719 habitants[Note 2], en diminution de 2,83 % par rapport à 2012 (Seine-Maritime : +0,04 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 6941 8501 8621 9551 8471 7111 6781 6741 765
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6701 6021 6181 0731 0841 0151 0281 0271 020
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
9951 0129288728478678801 0781 088
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 2141 3051 4741 6341 6411 7141 7151 7151 769
2017 - - - - - - - -
1 719--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ancienne église abbatiale Notre-Dame.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Jumièges

Les armes de la commune de Jumièges se blasonnent ainsi :
d’azur à la croix d’or, cantonnée de quatre clefs adossées d’argent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Quevilly, L'ange de Jumièges (Mémoires d'un barde normand : Gabriel-Ursin Langé, Paris, Books on Demand, , 280 p. (ISBN 978-2-322-08238-4)
  • François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)
    Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  • Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, édition Errance 1994. (ISBN 2-87772-089-6)
  • Gilbert Fromager (préf. Charles Carré), Le Canton de Duclair à l'aube du XXe siècle, Duclair, G. Fromager, , 163 p. (ISBN 2-9501653-0-3)
  • Gilbert Fromager, Le canton de Duclair : 1925-1950, Duclair, G. Fromager, , 204 p. (ISBN 2-9501653-1-1)
  • « Jumièges », dans Le Patrimoine des communes de la Seine-Maritime, Charenton-le-Pont, Éditions Flohic, coll. « Le Patrimoine des communes de France », , 1389 p. (ISBN 2-84234-017-5) vol. 1, p. 430-436

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le stade de foot porte son nom car il est à l'origine de la création de l'Etoile de Jumièges, le club sportif local
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 98
  2. Adigard des Gautries - Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 (suite) [article] page 158.
  3. D'après Léon Fleuriot.
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. « Les maires de Jumièges », Jumièges, sur Le Canard de Duclair (consulté le 30 août 2020).
  6. a b c et d Laurent Derouet, « Elections municipales : à Jumièges, le jeune maire a de qui tenir : Julien Delalandre, le nouveau maire de Jumièges (Seine-Maritime), a sans doute hérité de ses ancêtres son intérêt pour la chose publique. Dans sa famille, on compte déjà trois maires de la commune, dont le premier a été élu en 1890 », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 30 août 2020).
  7. Laurent Quevilly, « L'assassinat du maire de Jumièges : Le revolver de Jules Martin résonne encore à Jumièges. Le 14 juillet 1910, jour de fête nationale, ce conseiller municipal tira sur son maire. Genèse d'un psychodrame collectif... », Le Canard de Duclair (consulté le 30 août 2020).
  8. « Municipales 2020. Julien Delalandre a été élu nouveau maire de Jumièges : Julien Delalandre a pris ses nouvelles fonctions mercredi 27 mai 2020 », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 30 août 2020) « Élu à l’issue du premier tour des municipales le 15 mars 2020, Julien Delalandre, 38 ans, a officiellement été installé dans le fauteuil de maire de Jumiège, mercredi 27 mai 2020 (...) Secrétaire administratif dans l’Éducation nationale, conseiller municipal sortant, il avait conduit la liste Bien vivre à Jumièges obtenant 65,47 % et seize élus. La liste conduite par le maire sortant Jean Dupont, Jumièges en action, obtenait 34,53 % et trois élus ».
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  12. Notice no PA00100727, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Notice no IA00021660, base Mérimée, ministère français de la Culture