Peste

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Peste

Classification et ressources externes

Description de cette image, également commentée ci-après

Un médecin de peste à Rome, pendant une épidémie de peste, portant un masque de protection.

CIM-10 A20
CIM-9 020
DiseasesDB 14226
MedlinePlus 000596
eMedicine med/3381 
MeSH D010930
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La peste (du latin pestis[1], « maladie contagieuse ») est une zoonose, c'est-à-dire commune à l'homme et à l'animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894, bacille qui est aussi responsable de pathologies pulmonaires de moindre gravité chez certains petits mammifères et animaux de compagnie (il est dans ce cas question de peste sauvage).

En raison des ravages qu’elle a causés, surtout pendant le Moyen Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. Ainsi, la peste noire de 1347–1352 a profondément marqué l'Europe en exterminant 25 % à 50 % de la population européenne. La population française quant à elle chuta de 41 % sur la même période soit 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l'époque. Cependant, plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées de peste par les chroniqueurs de l'époque. Par analogie, d'autres maladies à forte morbidité pour d'autres espèces sont également nommées peste, comme la peste aviaire, celle du canard, celle du porc. Elles n'ont pour la plupart rien à voir avec la peste humaine.

Bactériologie[modifier | modifier le code]

Yersinia pestis, ici vue avec un grossissement de 200 en fluorescence. Cette bactérie portée par les puces est responsable des différentes manifestations de la peste.

Dans le règne des bactéries, Yersinia pestis est un coccobacille de 0,5 à 0,8 μm de largeur sur 1 à 3 μm de longueur, sans motilité, capsulé, Gram négatif, aéro-anaérobie facultatif, appartenant à la famille des Enterobacteriaceae. Il semble être une évolution de Yersinia pseudotuberculosis[2]. Il présente une coloration bipolaire en présence des colorants Wright, Giemsa et Wayson et se développe sur des milieux de culture standards en deux jours à 28 °C.

Trois variétés de souches sont notées : l’orientale, la médiévale et l'antique. Ce germe est résistant, il reste virulent plusieurs jours dans un organisme en putréfaction[3], mais il ne résiste pas longtemps à la lumière solaire[4]. Il possède plusieurs facteurs de virulence qui lui permettent de survivre chez l'humain en utilisant les nutriments des cellules hôtes et en empêchant la phagocytose et d'autres mécanismes de défense.

Des traces de protéines microbiennes peuvent être détectées même après plusieurs siècles, grâce à des tests dont les archéologues peuvent faire usage[5]. Le séquençage du génome de Y. pestis a été réalisé en 2001 par l'équipe de Julian Parkhill de l'institut Sanger à Cambridge et par B Wren[6]. Ils ont détecté 4 012 gènes codant des protéines[7].

Reservoirs et vecteurs[modifier | modifier le code]

Le rat noir (Rattus rattus) en zone tropicale et le rat gris (Rattus norvegicus) en Europe, sont le réservoir à proximité immédiate de l'homme.

De très nombreux rongeurs sauvages représentent le réservoir naturel de la maladie. Plus de 200 espèces ont été recensées, dont une quarantaine sont des réservoirs permanents, surtout les marmottes et les gerbilles. Aux États-Unis, ce sont les écureuils (Spermophilus variegatus et Spermophilus ). Les lagomorphes (lapin, lièvre) et carnivores peuvent aussi infecter l'humain par contact (si peau lésée) avec un animal infecté ou morsure par ce dernier.

Il existe une peste tellurique, où la bactérie peut se conserver par le froid et se multiplier dans le sol. C'est particulièrement le cas dans les terriers de rongeurs après une épizootie de peste. Lorsqu'une région se repeuple de rongeurs, ils réoccupent les terriers vides et contractent à nouveau la maladie, ce qui pourrait expliquer le caractère cyclique de la peste.

Le vecteur est la puce du rat (Xenopsylla cheopis, dans les pays chauds comme l’Inde, ou Nosopsyllus fasciatus en Europe). Quand l'homme est touché par une puce du rat (par exemple en manipulant un rat mort), il contracte la maladie. La puce de l'homme (Pulex irritans) prend alors le relais pour la transmission d'homme à homme. Une puce infectée le reste toute sa vie. Elle transmet la bactérie par piqûre, et accessoirement par ses déjections qui se retrouvent sur la peau humaine ou dans la poussière des habitations.

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le germe contenu dans le sang est ingéré par une puce hématophage (les deux sexes de la puce le sont), il se multiplie et bloque la digestion de l'ectoparasite. Ce dernier est affamé, et doit à nouveau se nourrir. L'estomac plein, il vomit lors de la piqûre pour manger à nouveau.

Après la morsure de la puce infectée, le germe se multiplie au point d'inoculation laissant une vésico-pustule puis gagne le système lymphatique et colonise le ou les ganglions satellites du point d'inoculation (le bubon). Une ou plusieurs adénites localisées et suppurées apparaissent. L'évolution de la dissémination par voie hématogène permet au germe d'atteindre l'ensemble des organes et les poumons où il développera une localisation pulmonaire secondaire. Le bacille se multiplie dans les macrophages et libère une toxine qui les détruit.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Éléments cliniques[modifier | modifier le code]

La peste s'exprime sous trois formes cliniques différentes pouvant parfois se succéder dans le temps :

Peste bubonique[modifier | modifier le code]

Bubons à l'aine d'une personne atteinte de la peste bubonique.

Forme la plus fréquente, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce. La peste peut se déclarer d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparait brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise.

Le bubon apparait vers le 2e jour (visible à l'œil nu) après le début fébrile, mais il peut être détecté dès les premières heures par la palpation. C'est une adénopathie (ou ganglion augmenté de volume), satellite du territoire de drainage de la piqûre de l’ectoparasite. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Il est d'abord sensible, inflammatoire, puis de plus en plus douloureux à mesure qu'il grossit.

Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. Il est estimé entre 20 et 40 % le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Peste septicémique[modifier | modifier le code]

Cette forme constitue 10 à 20 % des pestes[2]. La peste septicémique est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés (peste septicémique secondaire). Le bubon peut être absent, le germe se multipliant immédiatement dans le sang (peste septicémique primaire). Il s'agit d’une forme mortelle sans traitement, mais non contagieuse.

Peste pneumonique ou pulmonaire[modifier | modifier le code]

Forme plus rare que la peste bubonique, c'est la forme la plus dangereuse car extrêmement contagieuse. La peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons (peste pulmonaire primaire), ou par complication pulmonaire d'une peste septicémique (peste pulmonaire secondaire). Les humains sont contaminés, et contaminent, par les crachats (expectorations purulentes) et les projections microscopiques (toux, postillons) contenant le germe.

Après une période d'incubation de quelques heures à deux jours, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Biologie[modifier | modifier le code]

Un diagnostic biologique doit pouvoir confirmer le diagnostic clinique. La ponction des ganglions fluxionnaires (bubon) avec examen au microscope après coloration (examen direct) peut parfois suffire. La mise en culture (nécessitant un délai de 48 h) permet également de déterminer le germe en cause si l'examen direct est insuffisant. Dans la peste pulmonaire, le diagnostic est confirmé par la culture des crachats ou de l’aspiration bronchique. Les hémocultures (mise en culture du sang du patient) sont l'examen-clef d'une forme septicémique.

La détection de Y. pestis se fait par la mise en évidence de bactéries gram-négatives de forme ovoïde, d’une taille comprise entre 0,5 à 0,8 μm de largeur sur 1 à 3 μm de longueur, à coloration bipolaire. Les tests aux anticorps fluorescents ou ELISA sont trop tardifs et incertains puisqu’il existe des réactions croisées avec des germes de la famille des yersinioses.

Des examens autopsiques peuvent être réalisés puisque le germe est particulièrement résistant dans un corps en putréfaction. La recherche d’antigènes du Yersinia (dit F1) permet de faire également un dépistage rapide. Tous les prélèvements d’un sujet contaminé sont hautement contagieux et leur gestion nécessite des précautions renforcées.

Traitement[modifier | modifier le code]

Sans traitement moderne, la peste bubonique évolue vers le décès par septicémie dans 60 % des cas, les formes septicémiques et pulmonaires étant presque toujours mortelles[8].

Un traitement réel contre la peste n’a été disponible qu’après la découverte du bacille par Alexandre Yersin en 1894. Il s'agissait de la sérothérapie par sérum antipesteux de Yersin (1896), un sérum obtenu par immunisation du cheval. Un autre traitement historique a été la phagothérapie, dans les années 1920-1930.

Le traitement par antibiotiques est le seul véritablement efficace (guérison en quelques jours) . Y. pestis est naturellement résistant aux bêta-lactamines mais reste sensible aux aminosides : streptomycine, gentamicine et à la kanamycine (pour les nouveau-nés), aux cyclines[9], aux quinolones, au triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX), à la rifampicine, bien qu'il existe des souches résistantes à cette dernière[10].

La voie d’administration peut être orale ou parentérale, et l’antibiothérapie doit être prescrite au stade précoce (8 à 24 heures après le début de la peste pulmonaire) pour obtenir un maximum d’efficacité. Il a été décrit de rares souches résistantes à plusieurs de ces antibiotiques[11]. Cette situation reste, pour l’instant, exceptionnelle.

L'incision du bubon et son drainage ne sont plus guère recommandés.

Mesures de protection de santé publique[modifier | modifier le code]

Lutte contre la peste et le typhus par l'élimination des rats de décharges (ici probablement durant la Seconde Guerre mondiale).
L'image montre un homme avec un pulvérisateur et de nombreux rats morts sur la surface des déchets. Il est sans doute en train de pulvériser un gaz toxique (chloropicrine ?) dans les « terriers » de rongeurs[12].

La peste est une maladie à potentiel épidémique qui justifie un diagnostic précoce et exige une déclaration aux autorités sanitaires nationales et internationales.

En France, la peste fait partie des maladies infectieuses à déclaration obligatoire auprès des agences régionales de santé (Maladie no 9).

D’après le Plan Biotox de la Direction générale de la Santé française, les mesures de protection à prendre consistent à :

  • porter un diagnostic précoce ;
  • déclarer très rapidement aux autorités sanitaires la suspicion d'un cas de peste ;
  • lancer une enquête épidémiologique pour identifier la source et les personnes exposées ;
  • hospitaliser tout malade symptomatique dans une structure médicalisée, particulièrement ceux qui sont atteints de formes respiratoires ;
  • limiter les déplacements pour éviter l'extension de l'épidémie ;
  • administrer une antibioprophylaxie par cyclines, rifampicine ou streptomycine aux sujets en contact.

La désinsectisation et la lutte contre les réservoirs animaux (dératisation obligatoire des navires) sont déterminantes dans la prévention d’une épidémie. Dans les parcs naturels aux États-Unis, des panneaux préviennent les promeneurs d'éviter tout contact avec les rongeurs[8].

Vaccination[modifier | modifier le code]

Vaccin actuel[modifier | modifier le code]

Il existe un vaccin (entier inactivé) dit KWC (Killed Whole-Cell) d'origine australienne (le KWC américain n'est plus produit depuis 1999). Ce vaccin est uniquement utilisé pour protéger les personnes à très haut risque, comme les militaires en opération dans des zones endémiques de peste, ou celles qui travaillent sur la peste (microbiologistes et chercheurs sur la bactérie, les puces ou les rats infectés). Ses inconvénients sont sa faible durée de protection (de l'ordre de 6 mois), ce qui peut nécessiter des injections de rappel, avec un risque d'effets secondaires plus important. De plus, il ne protège pas de la peste pulmonaire primaire[13]. Il n'est pas disponible au public.

De nouveaux essais de vaccins sont en cours depuis 2005 au Canada[14]. Le but est de trouver un vaccin efficace contre toutes les formes de pestes, y compris la forme pulmonaire[4].

Anciens Vaccins[modifier | modifier le code]

Waldemar Haffkine met au point le premier vaccin le 10 janvier 1897. Appelé aussi lymphe d’Haffkine, ce vaccin était composé de germes tués.

En 1921, un vaccin aqueux est mis au point dans l'institut Pasteur. Des vaccins vivants atténués ont été utilisés en Union Soviétique et dans les colonies Françaises. En 1932, Girard et Robic mettent au point un vaccin vivant atténué dit EV (pour Evesque, nom du patient d'où a été isolée la souche du vaccin). En France, avec le sérum antipesteux, il restera le seul traitement possible contre la peste jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques (seuls ces derniers étant véritablement efficaces). Ce vaccin n' est plus fabriqué : très douloureux, il n'a pas démontré son efficacité[8].

Épidémiologie actuelle[modifier | modifier le code]

Peste humaine : nombre de cas et de décès notifiés dans le monde, période 1987-2009.

La peste est considérée par l’OMS comme une maladie réémergente[15]. C'est une maladie de la pauvreté en Afrique, en Amérique du Sud et en Inde. Ailleurs, dans les autres régions endémiques (Asie centrale, ouest des États-Unis), c'est une maladie sporadique liée aux activités professionnelles ou touristiques de pleine nature.

De 2010 à 2015, 3248 cas de peste humaine ayant causé 584 décès ont été répertoriés à travers le monde. Cela correspond à une baisse sensible, probablement liée à une évolution naturelle cyclique, comme il en a déjà été observé dans le passé[16].

L'Afrique est le continent le plus touché avec 90 % des cas de pestes répertoriés, répartis dans 4 pays. Madagascar, avec plus de 300 cas par an, reste le pays le plus touché au monde. On y observe une baisse de l'incidence, mais avec une augmentation de la mortalité (plus grande fréquence des formes pulmonaires). Cette augmentation des formes graves est liée à la dégradation du système de santé (crise socio-politique de ces dernières années). Les autres pays sont la République démocratique du Congo , l'Ouganda, et la Tanzanie.

L'Asie centrale reste le plus vaste foyer naturel de la maladie (considéré comme le berceau historique de la peste). Toutefois la population à risque se limite aux éleveurs et chasseurs des steppes et des montagnes. Quelques cas sporadiques sont signalés au Kirghizistan, en Russie, en Mongolie et en Chine.

En Amérique du Sud , des cas surviennent régulièrement au Pérou (nord-ouest du pays), liés à l'activité agricole, beaucoup plus rarement en Bolivie.

Dans l'ouest des États-Unis, la peste circule parmi les rongeurs sauvages. Elle est responsable de quelques cas chaque année. La contamination peut se faire par l'intermédiaire d'animaux domestiques malades, chiens ou chats. En 2015, un cas de peste est déclaré au parc national de Yosemite en Californie [17]. Du au , les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains rapportent 11 cas d’infection par le bacille de la peste, dont 3 décès[18]. Au total, pour la seule année 2015, les États-Unis notifient 16 cas de peste, dont 4 décès. Un cas a pu être contaminé par un autre, ce qui en fait le premier cas possible de transmission interhumaine aux États-Unis depuis 1924[16].

La puce du rat, Xenopsylla cheopis est le principal vecteur de la peste.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme de "peste"[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, le terme de « peste », ou ses équivalents, ne désigne pas nécessairement la maladie aujourd'hui nommée peste, ni même une autre maladie spécifique. Il pouvait s'appliquer à un évènement catastrophique, frappant une Cité entière, constituant en lui-même un concept culturel allant bien au-delà du concept de maladie. La peste, c'est ce contre quoi la religion et la médecine sont impuissantes, ce par quoi la Cité est mortelle sans défense possible[19]. Au cours du temps, le terme peste désigne toute maladie mortelle, en grand nombre, en même temps, en un même lieu.

La première pandémie de peste reconnue avec certitude (du point de vue médical moderne) est la peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle). Toutefois, la maladie existait certainement avant cette date.

Origine de la peste[modifier | modifier le code]

Yersinia Pestis serait issu de Yersinia Pseudotuberculosis, la divergence datant de moins de 20 000 ans. Y. Pseudotuberculosis est une bactérie à transmission oro-fécale (infection intestinale modérée), elle aurait acquis des éléments génétiques modifiant son mode de transmission (voie sanguine, et vecteur puce)[20]. Une étude de 2015 révèle que la peste était déjà endémique, il y a 5 000 ans, dès l’âge du Bronze, mais avec un bacille moins pathogène (souche de peste non transmise par la puce, munie encore de ses flagelles bien reconnus par le système immunitaire[21]).

L'hypothèse majoritaire place l'origine de la peste dans son foyer d'Asie centrale. Une étude a montré que la maladie sévissait déjà dans le voisinage de la Chine, où l'ancêtre commun des bacilles actuels serait à rechercher il y a plus de 2 600 ans[22].

Une hypothèse minoritaire, avançant que la peste était présente dans l’Égypte pharaonique[23], place l'origine de la peste dans son foyer africain (Angola).

Description historique[modifier | modifier le code]

La peste est nommée depuis l'Antiquité. Selon J.N Biraben, les médecins décrivent correctement la peste à partir du XVe siècle et ne la confondent plus avec aucune autre affection[24].

Au VIe siècle, Grégoire de Tours écrit[25] :

« .. on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint Pierre[26], trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. »

Plus tard au XVIe siècle, Nicolas de Nancel en donne la description suivante :

« Or donques la peste est une fièvre continue, aiguë et maligne, provenante d'une certaine corruption de l'air extérieur en un corps prédisposé : laquelle étant prise par contagion se rend par même moyen communicable & contagieuse : résidente aux trois parties nobles ; accompagnée de très mauvais & très dangereux accidents, & tendante de tout son pouvoir, à faire mourir l'homme, voire tout le genre humain. »

Les épidémies de peste s'annoncent par des signes précurseurs : comètes, éclipses, tremblements de terre, orages violents, vol inhabituel des oiseaux, nuages en forme de cercueil, épidémies bénignes, réveil douloureux des cicatrices buboniques d'anciens pestiférés guéris... Lorsque l'épidémie est déjà déclarée, les signes généraux du début (fièvre, céphalées, abattement) sont reconnus dès le XIVe siècle. Les charbons (escarre sur-infectée d'une piqûre de puce) sont mentionnés au XVIIe siècle (sans la reconnaissance du rôle de la puce).

Les Bubons sont cités au VIe siècle (Grégoire de Tours), leur description est précisée par les médecins arabes, pour être universellement reconnus comme caractère distinctif et essentiel à partir du XVe siècle. Il en est de même pour les complications hémorragiques et les formes pulmonaires. Les signes (nerveux (hallucinations, délire...) sont signalés dès le VIe siècle.

Les pestes historiques présentent quelques différences avec la peste moderne : plus grande fréquence des morts subites ou formes foudroyantes (en quelques heures), surtout lorsque l'épidémie commence, et la grande importance des vomissements[24].

La tradition signale que plusieurs professions sont épargnées : les chevriers, cochers et palefreniers (car l'odeur des chèvres et des chevaux repousse les puces du rat), et les porteurs d’huile (l’huile repousserait aussi les puces), les forgerons (le bruit et le feu de la forge éloignent les rats) ainsi que les tonneliers. D'autres sont à haut risques comme les tailleurs, drapiers, chiffonniers, lavandières... (exposés aux puces), ou encore meuniers, boulangers, bouchers (exposés aux rats).

Conceptions historiques[modifier | modifier le code]

Les multiples interprétations de la peste engendrent autant de réponses qui peuvent se combiner entre elles.

  • Colère divine

Dans l'antiquité, des sacrifices étaient faits pour calmer un Dieu offensé. Le christianisme reprend cette conception, et appelle à la clémence divine par les prières, les confessions et les pénitences. Les saints les plus invoqués sont saint Roch[27] et saint Sébastien (voir Saints antipesteux) ; des messes sont dites, des offrandes sont faites (cierges gigantesques, cordons de cire faisant le tour des remparts ) ; des processions ou pèlerinages sont organisés (transport de saintes reliques, ou procession des flagellants).

  • Contagion surnaturelle

La peste est le fait d'êtres surnaturels : certains déclarent avoir vu le génie de la peste sous la forme d'une flamme bleue, que l'on voit flotter dans les rues et aller d'une maison à l'autre, dans d'autres lieux on voit un fantôme, une vieille femme, ou le diable lui-même. D'autres pensent que la peste peut se transmettre par le regard des pestiférés. Divers procédés magiques sont utilisés pour repousser les esprits malfaisants : enterrement debout, danses nues, exorcismes, inscriptions, croix fléchée, talisman, amulettes, pierres précieuses, protection par le chiffre quatre[24]...

  • Empoisonnement provoqué

La peste est répandue volontairement par des groupes malveillants, contre lesquels on exerce représailles ou persécutions. En Russie on accuse les Tatars, en Europe centrale les Bohémiens. Les engraisseurs sont un groupe indéterminé qui enduit les murs et les portes des maisons de graisses maléfiques. Les semeurs de pestes sont des groupes professionnels accusés de tirer profit de la peste (barbiers-chirurgiens, soignants, parfumeurs, croque-morts...). En Europe occidentale, les juifs et les lépreux sont accusés d'empoisonner les puits et les fontaines (voir Peste noire : Conséquences).

  • Contagion aérienne, la théorie miasmatique.

La théorie médicale dominante de la peste est la corruption de l'air par des effluves souterraines (vapeurs pestilentielles), le sous-sol étant le lieu de la décomposition et de la corruption. Ces vapeurs infectes (miasmes) réalisent autant d'ascensions venimeuses qui retombent sur les hommes d'une région donnée. Le venin passe à travers les pores de peau pour corrompre les humeurs. Il peut se transmettre par les hommes d'un pays à l'autre. La peste est une pourriture des humeurs.

Contre le venin, on utilise des antidotes et contre-poisons : alexipharmaques, dont les bézoards, la thériaque, composée de multiples plantes, a été utilisée. Sa teneur en opium devait diminuer légèrement la diarrhée et les douleurs. On utilise aussi des antidotes animaux (chair, sang... d'animaux venimeux, comme la vipère). On pensait en effet qu'il devait exister un principe de protection dans la vipère, puisque la vipère vit avec son propre venin. La lutte contre les humeurs corrompues passe par leur évacuation : saignée, purge, incision des bubons à maturité, avec des querelles d'écoles sur l'utilisation et la combinaison de ces moyens.

La lutte contre les miasmes de l'air passe par de grands bûchers, des plantes aromatiques, des parfums, la fumée de tabac... Le masque à bec de canard imaginé par Charles de Lorme, médecin de Louis XIII, contenait des plantes aromatiques, notamment de la girofle et du romarin, aux propriétés désinfectantes mais permettaient surtout de supporter l'odeur de la mort. En fait cette puanteur était considérée comme la cause du mal et sa manifestation tangible. Une éponge, placée devant la bouche et imprégnée de « vinaigre des quatre voleurs » (vinaigre blanc, absinthe, genièvre, marjolaine, sauge, clou de girofle, romarin et camphre) était censée protéger de la contagion.

le traitement dit « électuaire des trois adverbes »[28] : « cito, longe, tarde », (pars) vite, (va) loin, (reviens) tard – traitement pas toujours facile à mettre en œuvre, et susceptible de propager plus encore la maladie[29].

Principales épidémies[modifier | modifier le code]

Carte de diffusion de la peste noire.

Pestes incertaines[modifier | modifier le code]

La peste était présente dès la haute antiquité, et à l'âge du bronze. Elle s'est probablement manifestée avec l'urbanisation, mais ce qui est décrit sous le terme de peste ne peut être identifié avec suffisamment de certitude (descriptions historiques imprécises, manque de données de paléopathologie).

La peste est évoquée dans l'Ancien Testament comme un fléau envoyé par Dieu aux Hébreux. Le roi David est châtié par Dieu et doit faire le choix entre subir sept années de famine, trois mois de guerre, ou trois jours de peste ; il choisit la peste (Livre II Samuel 24). La peste des Philistins est au contraire envoyée pour défendre David (livre I Samuel 5), celle-ci a été considérée comme une première mention de peste bubonique, d'autres l'attribuent plutôt à une dysenterie ou à la bilharziose.


Les Grecs ont également subi de telles maladies. Ils attribuaient traditionnellement la peste à la vengeance d’Apollon comme cela est décrit dans l’Iliade. C’est avec un regard plus rationnel que Thucydide évoque une épidémie infectieuse lors du conflit entre Sparte et Athènes, vers -430, généralement nommé "peste d'Athènes". De nombreuses hypothèses ont été avancées pour identifier cette épidémie, notamment la rougeole, la variole, la grippe[30], le typhus, ou la fièvre typhoïde. C'est cette dernière maladie qui aurait été identifiée par une recherche ADN dans la pulpe dentaire de cadavres retrouvés dans une sépulture de masse contemporaine de l'épidémie[31],[32]. Cette identification a toutefois été contestée[33].

L’Empire romain connut d’importantes épidémies, en particulier à partir du IIe siècle de notre ère, la plus connue étant la peste antonine qui sévit à Rome en l'an 166. Galien nous en a laissé une description qui laisse souvent penser que la maladie en question était en fait la variole (voir : Peste antonine). La peste de Cyprien, évêque de Carthage ayant décrit une épidémie vers 250 a.p J.C reste indéterminée.

La première pandémie (peste de Justinien)[modifier | modifier le code]

L'Antiquité tardive fut marquée par la peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle) identifiée avec une grande certitude à la peste bubonique. Par la suite la peste semble disparaître de l'Occident au début du Moyen Âge.

La deuxième pandémie (peste noire)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peste noire.

En 1347, des navires infectés abordent en Europe et déclenchent une épidémie dont mourra un quart de la population occidentale en quelques années. Les recherches archéologiques récentes ont confirmé qu'il s'agissait bien d'une épidémie due au bacille Yersinia Pestis[34].

À partir du XVIe siècle, l'Europe découvre les mesures d’isolement (exemple : Mur de la peste dans le Comtat Venaissin) et séparation des malades dans les hôpitaux, avec désinfection et fumigation des maisons, isolement des malades, désinfection du courrier et des monnaies, création d’hôpitaux hors les murs, incinération des morts. À cette époque, les théâtres londoniens sont automatiquement fermés pour limiter la contagion, lorsque le nombre de morts de la peste dans la capitale dépasse quarante par semaine. Les fermetures durent plusieurs mois, parfois plus d'une année[35]. La mise en place de patente maritime, de billet de santé ou passeport sanitaire, de quarantaine systématique des navires suspects s’avère efficace pour éviter de nouvelles épidémies, chaque relâchement de l’attention rappelant sans tarder les conséquences possibles.

Ainsi, jusqu'au XVIIIe siècle, des épisodes majeurs de peste sont encore signalés régulièrement en Europe, comme à Toulouse en 1628-1633[36] et dans le nord de l'Italie[37], la grande peste de Londres en 1665-1666, la peste de Marseille en 1720, Londres 1764, Moscou 1771. L'ensemble des mesures mises en place à partir du XVIe siècle, d'abord municipales puis étatiques comme le cordon sanitaire au XVIIIe siècle, conduit progressivement à l'élimination de cette pandémie.

Dans le monde musulman, l'empire Ottoman adopte en 1841 ces mesures européennes issues de trois siècles d'expérience, pour les appliquer sévèrement sur tout le territoire. Les Turcs éliminent en un an la peste du bassin méditerranéen, même dans les régions où les rats et les puces restent abondants. Il subsiste des cas sporadiques dont les foyers sont rapidement étouffés.

La troisième pandémie (peste moderne)[modifier | modifier le code]

Appelée aussi peste de Chine ou de Mandchourie, cette pandémie nait au milieu du XIXe siècle sur les hauts plateaux d'Asie centrale. En 1891, elle est signalée à la frontière du Tonkin et de la Chine, elle explose à Canton et Hong-Kong (1894), puis à Bombay (1896) et à Calcutta (1898). Elle fait le tour de la mer d'Oman, du Golfe Persique et de la mer Rouge. Elle touche alors de nombreux ports sur tous les continents, où elle est le plus souvent bloquée par les mesures prises. En France, ont été touchés Marseille (1902), 33 cas en quarantaine sur l'archipel du Frioul, donc 6 décès[38], et Paris (1920) une centaine de cas dont 39 décès (quartier des chiffonniers de Saint-Ouen), contamination par péniche venue du Havre[39]. La dernière épidémie de peste en France a été celle d'Ajaccio (Corse) en 1945, avec 13 cas dont 10 décès[40].

Découvertes scientifiques[modifier | modifier le code]

Cette dernière pandémie donne lieu à l'ensemble des découvertes modernes sur la peste. Yersin découvre le bacille responsable de la peste (1894) et un sérum anti-pesteux (1896). La sérothérapie sera mise au point en 1908 par Calmette, Yersin et Borrel. En 1912, Edouard Dujardin-Beaumetz démontre le rôle des marmottes comme réservoir sauvage. En 1898, Simond démontre le rôle de la puce, mais sa découverte sera accueilli avec scepticisme et sarcasmes pendant une dizaine d'années. En 1963, Baltazard montre l'existence d'une peste tellurique.

Arme bactériologique[modifier | modifier le code]

En 1346, les Tatars assiégeant le port génois de Caffa furent décimés par la peste. Leur chef, le khan Djanibek, décida de catapulter les cadavres pestilentiels sur les habitants de la ville. Il est probablement, sans le savoir, l'un des premiers utilisateurs d'une arme biologique. Et le départ précipité de nombreux Génois vers l'Europe contribua à la naissance de la peste noire[41].

La peste a été utilisée comme arme par l’armée impériale japonaise lors de l’invasion de la Chine, notamment dans la région de Changde. Ces armes étaient utilisées à la suite d'essais menés par des unités de recherche bactériologiques comme l'unité 731 qui pratiquaient des expérimentations sur des humains[42].

Plus tard, les Américains, qui avaient gracié les criminels de guerre de l'équipe de Shiro Ishii, et les Russes, qui avaient condamné pour crimes de guerre douze Japonais lors du procès de Khabarovsk, ont travaillé sur des aérosols de Yersinia pestis[2]. Le germe pourrait rester viable une heure sur une distance de 10 km. Selon un rapport de l'OMS en 1970, dans le pire des scénarios, si 50 kg de Yersinia pestis était largués en aérosol au-dessus d'une ville de 5 millions habitants, la peste pulmonaire pourrait toucher 150 000 personnes occasionnant 36 000 décès. Toutefois, les chercheurs américains n'ont pas réussi à produire de telles quantités de bacilles pesteux, et le programme a été arrêté en 1970[4].

Représentations et significations[modifier | modifier le code]

Art pictural[modifier | modifier le code]

Les mystères entourant l'épidémie, la mort et l'influence des récits antiques et bibliques sur les croyances populaires ont largement inspiré les auteurs et artistes jusqu'à la renaissance. À partir des textes bibliques, Nicolas Poussin représente dans La Peste d’Ashdod (1630) les Philistins frappés par la peste en transformant l'anecdote en mythe. Le châtiment de David (retraçant le choix du roi entre la guerre, la famine et la peste dans 'Livre II, Samuel'), est figuré dans la peinture classique du XVIIe siècle. Sébastien Bourdon réalise une gravure intitulée Peste de David. Castiglione grave Les Trois Jours de peste[43].

Les « danses macabres » constituaient des représentations d’épisodes de peste, notamment celle de l'église de Lübeck (1460), aujourd'hui disparue.

Les peintures murales de l'église romane Saint-Martin de Jenzat sont de très rares représentations médiévales de malades présentant les stigmates de la peste bubonique ou peste noire[44]. Il existe également de nombreuses représentations de saints anti-pesteux, comme celles de saint Roch, à vocation apotropaïque.

Le thème de la peste inspira de nombreux artistes notamment tels que David (Saint Roch intercédant auprès de la Vierge pour les malades de la peste, 1780), Michel Serre, Raphaël, Antoine-Jean Gros (Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa), Jules-Élie Delaunay et Jean-François de Troy).

Dans le langage courant[modifier | modifier le code]

Autrefois, trois mots résumaient les précautions à prendre contre la peste : « cito, longe, tarde » (« vite, loin et longtemps »), sous-entendant que dès l’apparition des premiers signes de la maladie dans un lieu, il fallait partir vite, aller loin et y rester longtemps.

Le mot peste est devenu au fil du temps un qualificatif pour toute épidémie infectieuse, surtout dans l’antiquité et au Moyen Âge. Il est entré dans le langage populaire pour désigner une chose ou une personne pernicieuse, malicieuse, mauvaise ou espiègle, puis dans des expressions telle que « fuir quelque chose comme la peste », marquant la volonté d'éviter quelqu'un ou une chose de manière absolue. À partir du qualificatif de ceux qui ont « eu » ou qui « donnent » la peste, le mot peste a ainsi pu former la base de nom usuel de personnes — par exemple dans la langue bretonne —, de verbes — par exemple c'est à la base du verbe « taquiner » en néerlandais ou bien « pester » en français.

Le mot empester signifie aujourd'hui dégager une mauvaise odeur, mais son origine est directement liée à la théorie miasmatique, où la puanteur pouvait être, en elle-même, un agent de la peste. En 1880, avec la découverte des microbes, les experts peuvent affirmer « tout ce qui pue ne tue pas, et tout ce qui tue ne pue pas »[45].

En philosophie[modifier | modifier le code]

Pour Michel Foucault dans les Anormaux[46] et dans Surveiller et Punir[47], la peste fait apparaître une technique de pouvoir spécifique. Il lui oppose la lèpre.

Ainsi, au Moyen Âge, on excommuniait le lépreux : on allait même jusqu'à lui prononcer une oraison funèbre, puis on l'expulsait des villes. C'est là une stratégie ancienne du pouvoir, qui consiste à extérioriser la maladie. Avec la peste, tout est différent. On quadrille les villes : les villes sont sous l'autorité d'un préfet, qui les subdivise en quartiers, les quartiers en districts, les districts en blocs, etc. imposant des hiérarchies et des contrôles à tous les échelons. Un responsable de rue passe et vérifie chaque maison à intervalle régulier, invitant les appelés à se présenter à une fenêtre désignée. « Si un ne se présentait pas, c'est qu’il était couché. S’il était couché, c’est qu’il était malade. S’il était malade, c'est qu’il était dangereux. »

Michel Foucault généralise ensuite cette idée de peste : de la conception de la lèpre qui excluait les lépreux en masse, le pouvoir préfère à présent, dit Foucault, quadriller, afin d'appliquer sa puissance normative sur les individus. Le but, selon Foucault, n’est plus de purifier la population, mais de produire une population saine[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « peste » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a, b et c (en) Prentice MB, Rahalison L, « Plague » Lancet 2007;369;1196-1207
  3. Traité de Médecine, Tome 2, p. 2109 ; Pierre Godeau, Flammarion
  4. a, b et c (en) T.V Inglesby, « Plague as a Biological Weapon », the Journal of American Medical Association, vol. 283, no 17,‎ , p.2281-2290
  5. Article de presse du 24 février 2009
  6. (en) Parkhill J, Wren BW, Thomson NR, Titball RW, Holden MT, Prentice MB, Sebaihia M, James KD, Churcher C, Mungall KL, Baker S, Basham D, Bentley SD, Brooks K, Cerdeño-Tárraga AM, Chillingworth T, Cronin A, Davies RM, Davis P, Dougan G, Feltwell T, Hamlin N, Holroyd S, Jagels K, Karlyshev AV, Leather S, Moule S, Oyston PC, Quail M, Rutherford K, Simmonds M, Skelton J, Stevens K, Whitehead S, Barrell BG, « Genome sequence of Yersinia pestis, the causative agent of plague », Nature, vol. 413, no 6855,‎ , p. 523-7. (PMID 11586360, lire en ligne [html]) modifier
  7. www.sanger.ac.uk
  8. a, b et c P. Bourée, « La peste en 2007 », La Revue du Praticien. Médecine générale., no 758/759,‎ , p.141-145
  9. (en) Boulanger LL, Ettestad P, Fogarty JD, Dennis DT, Romig D, Mertz G, « Gentamicin and tetracyclines for the treatment of human plague: review of 75 cases in New Mexico, 1985-1999 » Clin Infect Dis. 2004;38:663-669
  10. (en) Wong JD, Barash JR, Sandfort RF, Janda JM, « Susceptibilities of Yersinia pestis strains to 12 antimicrobial agents » Antimicrob Agents Chemother. 2000;44:1995-1996
  11. (en) Galimand M, Guiyoule A, Gerbaud G. et al. « Multidrug resistance in Yersinia pestis mediated by a transferable plasmid » N Engl J Med. 1997;337;677–680.
  12. Source : Archives médicales militaires des États-Unis.
  13. (en) E.D Williamson, Plague vaccines, Saunders Elsevier, (ISBN 978-1-4160-3611-1), p.522-524
    dans Vaccines. Plotkin. 5e edition
  14. http://biodefense.veille.inist.fr/
  15. (en) Les alertes de l'OMS depuis 2001 sur le site de l'OMS
  16. a et b E. Bertherat, « La peste à travers le monde 2010-2015 », Relevé épidémiologique hebdomadaire. OMS, no 8,‎ , p.89-92
  17. « États-Unis : Un camping du parc du Yosemite fermé pour cause de peste », 20 minutes.fr avec AFP, 15 août 2015 (consulté le 15 août 2015).
  18. (en) Kwit N., Nelson C., Kugeler K., Petersen J., Plante L., Yaglom H., Kramer V., Schwartz B., House J., Colton L., Feldpausch A., Drenzek C., Baumbach J., DiMenna M., Fisher E., Debess E., Buttke D., Weinburke M., Percy C., Schriefer M., Gage K., Mead P., « Human Plague - United States, 2015 », Morbidity and mortality weekly report, vol. 64, no 33,‎ , p. 918-919 (PMID 26313475, lire en ligne) modifier
  19. Florence Dupont, « Pestes d’hier, pestes d’aujourd’hui » Histoire, économie & société 1984;3(3-4):511-524.
  20. (en) N.C Stenseth, « Plague : Past, Present and Future », PLOS Medicine, vol. 5, no 1,‎
  21. (en) Simon Rasmussen et col, « Early Divergent Strains of Yersinia pestis in Eurasia 5,000 Years Ago », Cell, vol. 163, no 3,‎ , p. 571–582 (DOI 10.1016/j.cell.2015.10.009)
  22. (en) G. Morelli et al. « Yersinia pestis genome sequencing identifies patterns of global phylogenetic diversity » Nature Genetics, 31 octobre 2010, DOI:10.1038/ng.705
  23. (en) Eva Panagiotakopulu, « Pharaonic Egypt and the origins of plague » Journal of biogeography 2004;31(2):269-275. [1]
  24. a, b et c J.N Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens., t. II : Les hommes face à la peste, Mouton, (ISBN 2-7193-0978-8)
  25. Cf. Grégoire de Tours : Histoire des Francs - Livre quatrième : « de la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) » (lire en ligne).
  26. à Clermont-Ferrand.
  27. Prière à saint Roch : Ô saint Roch, /…/Garde nous de la peste, entends notre prière…
  28. Rhazès : La pilule aux trois adverbes »: « Les trois petits mots chassent la peste - Vite, loin et longtemps, où que l’on soit. - Partir vite, aller loin et droit devant, Quant au retour, le remettre à plus tard. » En fait, cette formule remonte à Galien.
  29. Traditionnellement attribuée à Hippocrate, cette formule se retrouve souvent abrégée en CLT et inscrite sur les portes de maison.
  30. Hypothèses rappelées dans Norbert Gualde, Un microbe n’explique pas une épidémie, Le plessis-Robinson, 1999, p. 33
  31. M.J. Papagrigorakis, C. Yapijakis, P.N. Synodinos, E. Baziotopoulou-Valavani, « DNA examination of ancient dental pulp incriminates typhoid fever as a probable cause of the Plague of Athens », International Journal of Infectious Diseases, 10-3, mai 2006, p. 206-214
  32. M.J. Papagrigorakis, C. Yapijakis, P.N. Synodinos, E. Baziotopoulou-Valavani, « Insufficient phylogenetic analysis may not exclude candidacy of typhoid fever as a probable cause of the Plague of Athens (reply to Shapiro et al.)», International Journal of Infectious Diseases 10-4, 2006, p.  335-336
  33. Beth Shapiro, Andrew Rambaut and M. Thomas P. Gilbert, « No proof that typhoid caused the Plague of Athens (a reply to Papagrigorakis et al.) », International Journal of Infectious Diseases 10-4, 2006, p.  334-335. (ISSN 1201-9712)
  34. N. J. Besansky, S. Haensch, R. Bianucci, M. Signoli, M. Rajerison, M. Schultz, S. Kacki, M. Vermunt, D. A. Weston, D. Hurst, M. Achtman, E. Carniel, B. Bramanti. « Distinct Clones of Yersinia pestis Caused the Black Death », PLoS Pathogens, 2010-6 (10): e1001134 DOI: 10.1371/journal.ppat.1001134 [2]
  35. Martin Butler, The condition of the theatres in 1642 in The Cambridge History of British Theatre, vol 1, Cambridge University Press, 2004, p. 440
  36. La peste à Toulouse au XVIIe siècle, Archives départementales de la Haute-Garonne
  37. Lucchetti Enzo, Manfredini Matteo, De Iasio Sergio, « La peste de 1630 dans la ville et dans le territoire de Parme (Italie) », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, vol. 10, no 3-4,‎ , p. 411-424. (lire en ligne)
  38. « Lazaret du Frioul »
  39. J. Brossollet, « Un pasteurien oublié : Edouard Dujardin-Beaumetz », La Revue du Praticien, no 45,‎ , p.671-673
  40. B. Mafart, « Epidémiologie et prise en charge des épidémies de peste en Méditerranée au cours de la Seconde Guerre Mondiale », Bulletin de la Société de Pathologie Exotique,‎ , p.306-310
  41. Christine Coustau et Olivier Hertel, La Malédiction du cloporte et autres histoires de parasites, Points Science, Tallandier éditions (2008). cf. pages 77-78 en édition de poche (2010).
  42. (en) Christopher GW, Cieslak TJ, Pavlin JA, Eitzen EM Jr., « Biological warfare. A historical perspective » JAMA 1997;78;412–417.
  43. La peste ou le fléau imaginé de Chevé Dominique
  44. Yves Morvan, « La peste noire à Jenzat », Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, 1984, vol. 92, no 682, p. 89-102
  45. A. Corbin, Le miasme et la jonquille. L'odorat et l'imaginaire social 18e-19e siècle., Aubier Montaigne, (ISBN 9-782700-702934), p.260
  46. 1974-75 : Michel Foucault, Les Anormaux, Gallimard, Paris, 1999, 351 p. (ISBN 2-02-030798-7)
  47. Surveiller et Punir (page 228 dans l'édition Gallimard, collection Tel)
  48. 1974-75 : Michel Foucault, Les anormaux, pages 40 à 44.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) M. Achtman, G. Morelli et al. « Yersinia pestis genomic sequencing identifies patterns of global phylogenetic diversity », Nature Genetics, 42, 2010, p. 1140-1143.
  • Frédérique Audoin-Rouzeau, Les chemins de la peste ; le rat, la puce et l'homme, Rennes, Presses Universitaires de Rennes 2003, réédition Paris, Taillandier 2007.
  • Jean-Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays méditerranéens. t. I : La peste dans l'histoire ; t. II : Les hommes face à la peste, La Haye, Mouton, 1975 et 1976.
  • Samuel K. Cohn, « Piété et commande d'œuvre d'art après la Peste Noire », Annales, Histoire, Sciences Sociales, 51-2, 1996, p. 551-573.
  • (en) B.J. Hinnebusch, D.L. Erickson, « Yersinia pestis in the flea vector and its role in the transmission of the plague », Curr Top Microbiol Immunol, 2008, 322, p. 229- 248.
  • (en) K.L. Kausrud et M. Begon, T. Ben Ari, H. Viljugrein, J. Esper, U. Büntgen, H. Leirs, C. Junge, B. Yang, M. Yang, L. Xu, N.C. Stenseth, « Modeling the epidemiological history of plague in Central Asia: palaeoclimatic forcing on a disease system over the past millennium », BMC Biology, 2010, 8:112.
  • (en) L.K. Little, Plague and the End of Antiquity. The Pandemic of 541-750, New York, Cambridge University Press, 2007.
  • (en) Michael McCormick, « Rats, Communications, and Plague: Toward an Ecological History », Journal of Interdisciplinary History, 34-1, 2003, p. 1-25.
  • (en) Terence Ranger et Paul Slack, Epidemics and Ideas. Essays on the Historical Perception of Pestilence, New-York, CUP, 1992.

Évocations littéraires[modifier | modifier le code]

Évocations picturales[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Monique Lucenet, La peste, fléau majeur textes numérisés par la BIUM (Bibliothèque interuniversitaire de médecine et d'odontologie, Paris) collection Medic@.