Charles-Henri Dambray

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Le chevalier[1] Charles-Henri Dambray, né à Rouen le et mort au château de Montigny le , est un magistrat et homme politique français. Il est Chancelier de France et Président de la Chambre des Pairs de 1814 à 1829.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Charles-Henri Dambray est né à Rouen le . Il est le fils de Jacques-Henri Dambray (1723-1774) et de son épouse, Charlotte de Thère (1736-1811).

Il est issu d'une famille de magistrats qui a donné au Parlement de Normandie plusieurs conseillers et un président à mortier.

Son père est l'un des rares membre de sa famille à avoir suivi une carrière militaire dans la Royale, carrière qu'il termine avec le grade de lieutenant de vaisseau et la croix de chevalier de Saint Louis.

Son grand-père, Adrien Henri Dambray, seigneur de Montigny, fut conseiller, et son arrière-grand-père, Jean Henri Dambray, aussi seigneur de Montigny, président à mortier au parlement de Normandie.

Charles-Henri Dambray a deux sœurs puînées : Catherine Dambray (1762-1851), mariée avec Jacques François Alexandre Asselin de Villequier, président de la cour de Rouen, et Anne Françoise Dambray (1764-1805)[2], mariée avec Jean-François Asselin de Crévecoeur, Maître des requêtes, puis Conseiller d'Etat honoraire[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Sur la recommandation de son cousin Hue de Miroménil, garde des sceaux, il obtient très jeune – il n'a alors que dix-neuf ans – une place d'avocat général à la cour des aides. En 1788, toujours grâce à la même protection, il devient avocat général au parlement de Paris, en remplacement d'Antoine-Louis Séguier. Il ne tarde pas à se faire remarquer dans plusieurs causes importantes : entre autres dans l'affaire de Montgolfier et dans celle de Kornmann.

À la veille de la Révolution, il se retire dans sa terre de Montigny près de Dieppe. Dambray quitte momentanément cette retraite en juin 1791, pour aller à l'étranger favoriser la fuite de Louis XVI. Mais après l'échec de cette tentative, il regagne Rouen et vit ignoré à Oissel. La petite maison où il a vécu avec sa famille a conservé le nom de pavillon Dambray. Il n'émigre pas et traverse la Terreur sans encombre.

Sous le Directoire , il est élu, le 28 Vendémiaire IV, député de la Seine au Conseil des Cinq-Cents, mais il n'accepte pas ce mandat. Il refuse de même les fonctions que Bonaparte lui propose par l'intermédiaire du préfet Beugnot.

Sous l'Empire, il reste en contact avec les Bourbons, tout en devenant juge de paix et membre du conseil général de la Seine-Inférieure.

Sur les conseils de sa mère – qui a ce bon mot : « mon fils, il faut accepter toutes les croix que le ciel nous envoie ! » –, il accepte la Légion d'honneur en 1810.

Avec la Restauration, Dambray est appelé aux plus hauts emplois. Par ordonnance du , il est fait pair de France et le roi le fait chevalier de ses ordres. En donnant à Barentin le titre de chancelier honoraire, Louis XVIII remet à Dambray les sceaux, et le nomme chancelier de France, avec la présidence de la Chambre des pairs. Pendant les Cent-Jours il se réfugie d'abord en Angleterre avant de rejoindre le roi à Gand.

Il retrouve la présidence de la Chambre des pairs au retour des Bourbons ; mais les sceaux ne lui sont pas rendus, si ce n'est, momentanément et par intérim, du 7 mai 1816 au 18 janvier 1817. C'est notamment lui qui préside la cour des pairs lors du procès du maréchal Ney en 1815.

En 1820, il devient officier de la Légion d'honneur. Il est également membre du Conseil privé.

Dès 1827, il abandonne au marquis de Pastoret, vice-chancelier, les fonctions de la présidence de la Chambre des Pairs.

Il termine ses jours le à l'âge de soixante neuf ans, sur sa terre de Montigny[4].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En 1782, il épouse Charlotte de Barentin (1765-1802), fille de Charles de Barentin , Garde des Sceaux du Roi Louis XVI (1738-1819) et d'Anne Masson de Meslay (1744-1796). Ils ont trois enfants :

  • Emmanuel, vicomte Dambray (1785-1868), marié en 1813 avec Louise Caroline Deshayes de Cry (1792-1870) ;
  • Françoise Dambray (1786-1866), mariée en 1805 avec Claude Louis Gabriel Donatien, comte de Sesmaisons (1781-1842) ;
  • Céleste Dambray (1790-1874), mariée en 1812 avec Jean Maurice Goujon, Marquis de Gasville, conseiller d'Etat, gentilhomme de la chambre du Roi (1789-1865).

Personnalité[modifier | modifier le code]

Dambray, moins homme d'État que jurisconsulte, est de mœurs simples et débonnaires, et sa carrière politique est sans éclat. Il y apporte un dévouement, plus sincère qu'éclairé à la cause royaliste, par exemple, lorsqu'il est chargé par le roi d'arrêter avec les commissions du Sénat et du Corps législatif les bases de la charte constitutionnelle : il mécontente beaucoup de monde en appelant cette charte, lors de sa promulgation, une ordonnance de réformation. C'est encore lui qui conseille à Louis XVIII de dater la charte de la dix-neuvième année de son règne.

Dans un ordre ministériel qu'il adresse à ses subordonnés au moment du débarquement de Napoléon, il leur prescrit de « courir sus à l'usurpateur. » Dambray opine pour la résistance à outrance, et ne quitte Paris que le 20 mars 1815, à deux heures de l'après-midi. Lors de son second passage au ministère, il se positionne contre l'ordonnance du 5 septembre 1816 qui brise la majorité de la Chambre introuvable.

Comme président de la Chambre des pairs, il montre dans les délibérations une impartialité à laquelle ses adversaires rendent plus d'une fois justice.

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Chevalier de Saint-Michel Officier du Saint-Esprit Officier de la Légion d'honneur

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sa fiche sur le site de l'assemblée nationale
  2. Henri de Frondeville, Les Présidents du Parlement de Normandie (1499-1790) Recueil généalogique, Rouen & Paris, Lestringant & Picard, , 636 p., p. 460-463
  3. Sylvie Nicolas, Les Derniers Maîtres des Requêtes de l'ancien régime (1771-1789), dictionnaire prosopographique, Paris, Ecole des Chartes, , 400 p., p. 91-94
  4. Édouard Turgis, Oissel : glanes, traditions, souvenirs, faits contemporains, Paris, Société d'histoire d'Oissel, .
  5. « Cote LH/651/1 », sur Base Léonore (consulté le 2 septembre 2016).

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Charles-Henri Dambray », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Paris : 1842-1878.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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