Morvan Lez-Breizh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Morvan Lez-Breizh
Le roi Morvan par Évariste-Vital Luminais. Le Monde Illustré, 1875.
Le roi Morvan par Évariste-Vital Luminais. Le Monde Illustré, 1875.
Titre
Roi de la Bretagne primitive
Successeur Wiomarc'h
Biographie
Date de naissance vers 750 (?)
Lieu de naissance Environs de Priziac
Date de décès vers 818
Lieu de décès Environs de Langonnet

Morvan, ou Murman, (750 ? - 818 ?), peut être considéré comme le premier roi d'une Bretagne unifiée. Le surnom Lez-Breizh (littéralement hanche, soutien de la Bretagne) donné à Morvan ne date que du début du XIXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire des environs de Priziac (Morbihan), il régna sur le Vannetais, la Domnonée et le Léon. Son château aujourd'hui disparu se trouvait probablement sur la colline de Minez Morvan dans la contrée de Le Faouët-Langonnet. Cette zone est d'ailleurs connue de nos jours sous l'appellation touristique de Pays du Roi Morvan.

Son terroir fut le théâtre d’une bataille sanglante lors de laquelle Morvan résista victorieusement aux armées franques de Louis le Débonnaire. Ses exploits sont relatés dans le Barzaz Breiz où le surnom de « Lez-Breizh », littéralement « hanche » c'est-à-dire support de la Bretagne lui est attribué[2], il est connu également le témoignage du chroniqueur franc Ermold Le Noir. Il raconte comment le moine Witkar, envoyé par l'empereur Louis le Débonnaire en ambassade auprès de « Murman » pour demander la soumission des Bretons, s'entend répondre:

« Va promptement trouver ton maître, et répète lui mes paroles. Je n'habite point sa terre, je ne veux pas subir sa loi. Qu'il règne sur le Franks, soit. Murman règne sur les Bretons. Si les Franks nous font la guerre, la guerre nous leur rendrons. Nous avons des bras nous saurons nous en servir » (...) « Hâte-toi de reporter ces paroles à ton roi : les champs que je cultive ne sont pas les siens, et je n'entends point recevoir ses lois. Qu'il gouverne les Francs ; Murman commande à juste titre aux Bretons, et refuse tout cens et tout tribut. Que les Franks osent déclarer la guerre, et sur-le-champ moi aussi je pousserai le cri du combat, et leur montrerai que mon bras n'est pas encore si faible. »

— Poème d'Ermold Le Noir, Chant troisième, traduction de 1824 (édition Brière)

En effet, aux alentours de 800, deux zones divisent la Bretagne : la zone bretonne (la Domnonée, le Léon, la Cornouaille, le Broërec) contre la zone gallo-franque ou marches de Bretagne (Rennes, Nantes). Pour renforcer leurs positions, les rois carolingiens tendaient à multiplier le peuplement franc de la Bretagne et à guerroyer contre les comtés bretons en perpétuelle révolte contre le tribut qu'on voulait leur imposer. La puissante autorité carolingienne dut faire campagne d'abord en 786[3], puis en 799 et 811 avec le marquis Guy de Nantes et ses comtes... Les chefs bretons régulièrement battus sont incapables de s'unir devant l'ennemi commun jusqu'au jour où ils s'entendent pour reconnaître comme chef Morvan obligeant Louis à intervenir [4].

Après la défaite, Louis le Débonnaire organisa en personne la réplique et poursuivit Morvan jusqu'en Langonnet. Le premier roi breton fut tué en 818 dans un lieu non identifié à ce jour mais probablement quelque part entre Priziac et Carhaix[1].

« Il [Louis] marcha de sa personne en Bretagne avec une armée considérable, et tint à Vannes l'assemblée générale de la nation. Entrant ensuite dans la province dont il vient d'être parlé, il prit toutes les places fortes des rebelles, et se rendit bientôt maître sans beaucoup de fatigue du pays entier. Après en effet que Morman qui s'y était arrogé l'autorité royale au mépris de l'usage constant des Bretons, eut été tué par les troupes de l'empereur il ne se trouva plus un seul Breton qui résistât, ou qui refusât soit d'obéir aux ordres qu'il recevait, soit de fournir les otages qu'on exigeait de lui »

— Annales d'Éginhard, (Année 818)

« Morman ayant été tué au milieu des bagages du camp par un écuyer du roi nommé Choslon, toute la Bretagne vaincue succomba avec lui... »

— l’Anonyme dit L'Astronome, (Année 818)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gouven Peron, La légende du roi Morvan, p. 45-56, Cahier du Poher n°15, 2005
  2. Barzaz Breiz, Chants populaires de la Bretagne, Chant de Lez-Breizh (fragments épiques), Hersart de La Villemarqué, Librairie académique Perrin, Paris.
  3. Selon Eginhard AD 786: « le roi envoya Audulf comes domesticum qui comprima sur-le-champ l'audace de ce peuple perfide. Il amena à Worms les otages qu'il avait reçus et plusieurs des chefs de la nation »
  4. Selon l’Anonyme dit L'Astronome « On annonça à l'empereur la révolte des Bretons qui avaient poussé l'audace jusqu'à nommer roi un certain Morman, homme de leur nation... »