Bathilde

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Bathilde

Description de cette image, également commentée ci-après

Sainte Bathilde, Reine de France, statue en pied (1848), Jardin du Luxembourg, Paris.

Titre

Reine des Francs

Biographie
Dynastie Mérovingiens
Naissance Vers 626
Décès 30 janvier 680
Chelles
Sépulture Abbaye de Chelles
Conjoint Clovis II
Enfants Clotaire III, Childéric II et Thierry III.


Bathilde, est née vers 626 et morte le 30 janvier 680[1] à Chelles[2], est une reine des Francs, épouse de Clovis II.

Reine des Francs[modifier | modifier le code]

Elle serait la fille de Sisoigne, prince d'Ascagnie, et aurait été réduite en esclavage par un roi anglo-saxon, ou par des pirates danois selon certaines sources. En 642[réf. nécessaire], Erchinoald (ou Archambaut en français moderne), maire du palais[3], l'achète[2] à York et l'amène dans le royaume franc pour le service du palais. Il aurait souhaité l'épouser, mais celle-ci ne le veut pas et en informe Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne (né en 632, et donc son cadet de six ans), qui l'épouse en 649[4],[5]. Elle n’accepte ce mariage qu’une fois l’accord de son père obtenu. D'autres historiens pensent qu'Archambaut l'a présentée au jeune roi (ou plutôt à sa mère Nanchtilde) pour conserver son rôle politique.

Plus âgée que son époux, elle l'aurait grandement influencé pour qu'il mène le royaume d'une main ferme, ce qui l'a amené à sanctionner durement ses deux plus jeunes fils qui s'étaient rebellés contre lui. Selon une légende, apparue cinq siècles après, dite des « énervés de Jumièges » (contée par Pierre de Ronsard), ils furent abandonnés dans une barque sur la Seine, et recueillis à l'abbaye de Jumièges. Clovis et Bathilde auraient été présents lors de leur entrée à l'abbaye. Cette histoire est démentie par les faits et la chronologie.

Elle lui donna entre autres enfants Clotaire III, roi de Neustrie et de Bourgogne, Childéric II, roi d'Austrasie, et Thierry III qui succède à Clotaire III[2].

Régence[modifier | modifier le code]

À la mort de son mari, en 657, elle exerça la régence au profit du seul Clotaire et soutenu par Erchinoald, pour éviter de démembrer le royaume[3]. Mais il semble qu'elle subît la fronde des grands d'Austrasie qui voulait leur propre souverain. Afin de conserver la paix et l'unité du Regnum, elle accepta de laisser Childéric, son second fils, monter sur le trône d'Austrasie, sous la tutelle de Wulfoald[6].

Nonobstant la reine ne manquait pas de conseillers ecclésiastiques. Il s'agissait de l'évêque de Rouen saint Ouen, de l'évêque de Noyon saint Éloi, de l'évêque de Paris Chrodobert et de l'abbé Genès[7]. Elle voulait donc au suivi des règles dans le clergé, et favorisait l’Église en relevant des monastères et en fondant de nouveaux. Elle évita les conflits, voulait à l’application de la justice, et envoya des missionnaires en Allemagne[8].

Selon sa foi profonde, Bathilde fit interdire de la vente d’esclaves chrétiens sur les marchés extérieurs[7],[6]. La reine effectua considérablement son rachat de captifs, en leur proposant de s'en aller ou d'entrer dans les abbayes. De plus, elle libéra de nombreux chefs de famille emprisonnés à cause des dettes fiscales, en dénonçant le poids de l'impôt payé, en fonction du nombre de personnes, qui avait auparavant pour effet de laisser mourir les nouveaux-nés[6]. Enfin, elle interdit la simonie[7],[4],[6].

Elle fonda ses deux monastères royaux :

De nombreux établissements religieux étaient également soutenus par la reine[6] :

Moniale[modifier | modifier le code]

La dernière intervention politique de la reine était mentionnée dans la charte de l'évêque d'Amiens Berthefrid en 664, au regard du sujet de l'abbaye de Corbie[7].

Si la Vita Bathildis ne précisait pas la raison pour laquelle la reine quitta le pouvoir[7], la circonstance devint dangereuse pour elle. À mesure que sa réforme religieuse était avancée, l'opposition des évêques soutenus par les familles aristocratiques ayant perdu leurs privilèges augmentait. Enfin, vers 665, l'évêques de Paris Sigebrand (Sigobrandus), l'un des conseillers de Bathilde, fut assassiné[9].

Aussi se retira-t-elle dans le monastère de Chelles fondé par elle auparavant, en dépit de sa volonté[9].

La sœur Bathilde y passa ses dernières années, en tant qu'humble religieuse servant l'abbesse Bertille, d'autres sœurs, les hôtes et notamment les pauvres[7].

Après touchée une maladie grave, elle y décéda le 30 janvier 680 ou 681[7], et fut inhumée dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église de la Sainte-Croix auprès de l'abbaye de Chelles[7].

« Post præclara omnium virtutum opera, usque ad evangelicam perfectionem voluntarie se sancto proposito subdidit, ut vera Dei famula sub sancta religione beatam vitam feliciter consummavit. (au terme de ses actes glorieux dans le siècle a recherché la perfection évangélique et telle une servante de Dieu a achevé sa vie en moniale[7]). »

— antienne du Benedictus de l'office auprès de l'ancienne abbaye de Chelles

Postérité[modifier | modifier le code]

Au VIIIe siècle, une œuvre en latin, la Vita Bathildis, fut écrite[7]. Il s'agit de la principale source de la biographie de Bathilde. Il existe une version remaniée au début du IXe siècle, dite Vita Bathildis B. Au regard de la qualité de document, la version originale A demeure meilleure[7].

Puis, elle fut canonisée par le pape Nicolas Ier au IXe siècle[2],[3]. Mgr Paul Guérin le résume[10] « […] Elle s'éteignit… dans le service de Dieu, le 30 janvier de l'an 680. La petite ville de Chelles a le bonheur de posséder encore les reliques de Sainte Bathilde. »

Cette sainte et reine mérovingienne était notamment respectée par les premiers membres de la maison carolingienne. D'abord, certaines devinrent abesses de l'abbaye de Chelles fondée par elle. Surtout, le monastère accueillit Gisèle, la sœur de Charlemagne. Ensuite, la translation de ses ossements vers une nouvelle chapelle, en tant que reliques, fut effectuée le 17 mars 833 en présence de l'évêque de Paris. Enfin, la célébration définitive du 30 janvier, déjà mentionnée en 822 par l'abbé de Corbie, ainsi que celle du 17 mars, la fête de la translation, furent établies sous le règne de Louis le Pieux. Une particularité de l'office auprès de Chelles était ses répons avec lesquels était félicitée la vie de cette sainte selon la Vita Bathildis, par exemple « elle qui avait fui le mariage avec le prince, épousa, par la volonté de Dieu, le roi pour le salut du peuple[7]. ».

Au regard des antiennes de la fête de sainte Bathilde, le 30 janvier, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes restaura soigneusement ces antiennes dans le tome V de l'Antiphonale monasticum sorti en 2008, la première édition critique du chant grégorien[11].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Robert Folz, le 30 janvier 680 ou 681, car au Moyen Âge, l'année précédente restait en général jusqu'à Pâques.
  2. a, b, c et d Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 ISBN 2-262-00789-6, p. 80-81
  3. a, b et c Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, p. 35 - 36, Pygmalion, Paris 2006
  4. a et b Philippe Valode, Rois, reines et favorites de l'Histoire de France, p. 14, Édition d'Archipel, Paris 2006
  5. Selon Didier Feuer et Jean d'Hendecourt (Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses (2006), « à une date indéterminée ».
  6. a, b, c, d et e http://books.google.fr/books?id=PeI-zIpH4yUC&pg=PA159 Jean Heuclin, Hommes de Dieu et fonctionnaires du roi du Ve au IXe siècles (348-817), p. 159, Presses universitaires du Septentorion, 1998
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1975_num_119_3_13148 Robert Folz, Tradition hagiographique et culte de sainte Bathilde, reine des Francs, 1975
  8. Vie des Saints pour tous les jours de l'année (éd. D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003
  9. a et b http://books.google.fr/books?id=PeI-zIpH4yUC&pg=PA160
  10. Vie des Saints pour tous les jours de l'année (éd. D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 64
  11. http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTMw