Bathilde

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Bathilde
Image illustrative de l'article Bathilde
Reine des Francs, Régente, religieuse
Naissance vers 626
Angleterre
Décès 30 janvier 680 
monastère de Chelles
Nationalité Franque
Vénéré à Chelles
Canonisation IXe siècle
par Nicolas Ier
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 30 janvier

Sainte Bathilde, ou Batilde, Bathylle, ou encore Beaudour, née vers 626 et morte le 30 janvier 680 à Chelles[1], est une reine des Francs, épouse de Clovis II.

Sommaire

Reine des Francs [modifier]

Elle serait la fille de Sisoigne, prince d'Ascagnie, et aurait été réduite en esclavage par un roi anglo-saxon, ou par des pirates danois selon certaines sources. En 642[réf. nécessaire], Erchinoald (ou Archambaut en français moderne), maire du palais, l'achète[1] à York et l'amène dans le royaume franc. Il aurait souhaité l'épouser, mais celle-ci ne le veut pas et en informe Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne (né en 632, et donc son cadet de six ans), qui l'épouse en 649. Elle n’accepte ce mariage qu’une fois l’accord de son père obtenu. D'autres historiens pensent qu' Archambaut l'a présentée au jeune roi (ou plutôt à sa mère Nanchtilde) pour conserver son rôle politique.

Plus âgée que son époux, elle l'aurait grandement influencé pour qu'il mène le royaume d'une main ferme, ce qui l'a amené à sanctionner durement ses deux plus jeunes fils qui s'étaient rebellés contre lui. Selon une légende, apparue cinq siècles après, dite des « énervés de Jumièges » (contée par Pierre de Ronsard), ils furent abandonnés dans une barque sur la Seine, et recueillis à l'abbaye de Jumièges. Clovis et Bathilde auraient été présents lors de leur entrée à l'abbaye. Cette histoire est démentie par les faits et la chronologie.

Elle lui donna entre autres enfants Clotaire III, roi de Neustrie et de Bourgogne, Childéric II, roi d'Austrasie, et Thierry III qui succède à Clotaire III[1].

Régence [modifier]

À la mort de son mari, en 657, elle exerce la régence au profit du seul Clotaire, pour éviter de démembrer le royaume. Mais elle doit affronter le maire du palais Ébroïn, rival de saint Léger d'Autun, et la fronde des grands d'Austrasie qui veulent leur propre souverain. Elle accepte de laisser Childéric monter sur le trône d'Austrasie.

Bathilde veille au suivi des règles dans le clergé, et sous les conseils de saint Ouen de Rouen, l'évêque saint Eloi de Noyon et l'évêque Landry de Paris favorise l’Église en relevant des monastères et en fondant de nouveaux. Elle évite les conflits, veille à l’application de la justice, et envoie des missionnaires en Allemagne[2].

La tradition lui attribue l’interdiction des marchés d’esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l’esclavage dans les royaumes francs[3] : s’il semble certain que la fin des ventes d’esclaves remonte au VIIe siècle pour les Francs, il n’est pas certain qu’elles aient pris fin de son vivant. On lui attribue aussi l’abolition de l’impôt personnel sur les habitants d'origine gauloise, la capitation[4].

Elle fonde divers couvents :

Moniale [modifier]

Finalement, en 664, elle se retire dans le monastère de Chelles, l'une des ses fondations, avec le monastère de Corbie[1]. Elle dota également d'autres monastères : Jumièges, Saint-Wandrille[1], etc. Elle meurt, à Chelles, le 30 janvier 680.

Elle est canonisée par le pape Nicolas Ier au IXe siècle[1], et selon Mgr Paul Guérin[5] « […] Elle s'éteignit… dans le service de Dieu, le 30 janvier de l'an 680. La petite ville de Chelles a le bonheur de posséder encore les reliques de Sainte Bathilde. »

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d, e et f Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 ISBN 2-262-00789-6, p. 80-81
  2. Vie des Saints pour tous les jours de l'année (éd. D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003
  3. Sainte Bathilde, une reine anti-esclavagiste Elle rendit la vente et l'achat d'esclaves définitivement illégaux, sans toutefois obliger les propriétaires, souvent d'ancienne origine gallo-romaine, des grandes exploitations d'affranchir les leurs immédiatement. Le système finit par s'éteindre. Quant aux captifs venus de l'étranger, et proposés à la vente comme on dirait aujourd'hui, elle décréta qu'ils devenaient obligatoirement libres sur le sol franc
  4. Pour ces deux abolitions, voir entre autres Régine Pernoud. Les Saints au Moyen Âge. Paris : Librairie Plon, 1984. p. 206 et suivantes
  5. Vie des Saints pour tous les jours de l'année (éd. D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 64