Abbaye Saint-Pierre de Solesmes

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Abbaye Saint-Pierre de Solesmes
Façade sud-est de l'abbaye.
Façade sud-est de l'abbaye.

Ordre Bénédictin
Abbaye mère Abbaye Saint-Pierre de la Couture
Fondation 1010
Diocèse Le Mans
Fondateur Dom Guéranger
Personnes liées Pierre Reverdy
Protection Logo monument historique Classé MH (1875)
Site web http://www.abbayedesolesmes.fr
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
Commune Solesmes
Coordonnées 47° 51′ 08″ N 0° 18′ 11″ O / 47.852222, -0.30305647° 51′ 08″ Nord 0° 18′ 11″ Ouest / 47.852222, -0.303056  

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Abbaye Saint-Pierre de Solesmes

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Abbaye Saint-Pierre de Solesmes

L’abbaye Saint-Pierre de Solesmes est une abbaye bénédictine située à Solesmes dans la Sarthe, dont les origines remontent à 1010. Elle fait partie de la congrégation de Solesmes, ou congrégation de France, au sein de la confédération bénédictine.

Simple prieuré dépendant de l'abbaye de la Couture au Mans jusqu'à la Révolution, l'abbaye de Solesmes doit sa renommée internationale à Dom Prosper Guéranger, restaurateur en 1833 de l'ordre des Bénédictins en France, ainsi qu'à la liturgie et au chant grégorien dont elle est un des hauts lieux.

Situation[modifier | modifier le code]

L'abbaye au bord de la Sarthe

L'abbaye de Solesmes domine la vallée de la Sarthe, à environ trois kilomètres de la ville de Sablé-sur-Sarthe, entre Le Mans et Angers. Elle est située sur la petite commune de Solesmes.

Note : La confusion est parfois faite avec la commune de Solesmes dans le département du Nord qui possède un prieuré habité par quelques moines et non une abbaye.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Un prieuré a été fondé au début du XIe siècle par le seigneur Geoffroy de Sablé, ayant fait don de domaines à l'est du château de Sablé autour de l'église de Solesmes, aux moines de l'abbaye Saint-Pierre de la Couture, au Mans. La dédicace de l'église a lieu un 12 octobre et la charte de fondation daterait de 1010[1]. Les moines, aidés de rustici ruricoli (paysans cultivateurs) défrichent les environs, cultivent le seigle, la vigne et la fève et élèvent chevaux et bovins. Un bourg apparaît autour de l'abbaye à la fin du XIe siècle, et l'on construit une nouvelle église paroissiale, Sainte-Marie et quelques décennies plus tard la chapelle Saint-Aquilin (aujourd'hui au cimetière communal).

La charte de fondation est confirmée le 30 mars 1073 par Guillaume le Conquérant, suzerain du nouveau seigneur de Sablé, Robert le Bourguignon.

Urbain II, après son appel à la croisade du 20 novembre 1095 à Clermont, s'y rend le 14 février 1096 au retour de Poitiers et Angers, en chemin vers Tours, puis l'église et l'abbaye sont agrandis. Le Templier Robert de Sablé, seigneur de Sablé, grand-maitre de l'Ordre du Temple et compagnon de Richard Cœur de Lion durant la troisième croisade, fait don du dixième de l'impôt de Sablé aux moines en 1170. Le Chevalier croisé rapporte de Terre sainte un morceau de la Sainte Épine, toujours vénérée aujourd'hui le lundi de Pâques.

La dalle funéraire de Robert de Sablé est visible dans l'église abbatiale de l'abbaye de Solesmes située près de la ville de Sablé-sur-Sarthe[2].

Les Plantagenets perdent leurs possessions angevines au XIIIe siècle, mais le monastère ne souffre pas des débuts de la guerre de Cent Ans, au fil des décennies, il prend de l'importance, jusqu'à devenir prieuré conventuel et recevoir de nouvelles dotations. Cependant les premières attaques de la guerre touchent Solesmes après 1380. Pendant une cinquantaine d'années, la région subit les assauts des Anglais. Solesmes est ravagé, par dépit de n'avoir pu prendre Sablé, tenu par Gilles de Rais. Louis II d'Anjou confirme les privilèges de Solesmes en 1408, afin de lui accorder un répit financier et de permettre sa reconstruction, mais le nombre des moines tombe de douze à cinq en 1434. La région est économiquement sinistrée.

Solesmes se relève peu à peu à la fin du siècle, attirant toujours des vocations, un prieuré simple, Bouessay, est fondé en 1487.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Mise au Tombeau du Christ

La bataille de Formigny en 1450 met fin à la guerre de Cent Ans dans le pays angevin et dans le Maine. Les règnes de Louis XI et Charles VIII vont apporter prospérité à la région et à Solesmes. C'est l'époque dite « des grands prieurs de Solesmes », comme dom Philibert de la Croix (1469-1479) qui réorganise le domaine, remet en valeur les terres, entreprend des travaux d'irrigation et agrandit le prieuré ; Guillaume Cheminart (1486-1495) et Jean Bougler (1505-1556) qui commandent de grands ensembles sculptés, les Saints de Solesmes, chefs-d'œuvre de la Renaissance française. Dans le bras sud du transept le magnifique Tombeau de Notre-Seigneur (1496) de style gothique flamboyant date de cette époque de renouveau. Dom Bougler poursuit les travaux avec la remarquable Belle Chapelle aux nombreuses sculptures, véritables scènes mariales vivantes.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Jean Mabillon de la congrégation de Saint-Maur, qui fut en correspondance avec les moines de Solesmes

Pendant les guerres de religion le prieuré est attaqué par les huguenots en 1567, mais il est défendu par la population. On fait construire le remarquable groupe sculpté du Recouvrement de Jésus au Temple dans la « Belle Chapelle » en ex-voto. Cependant une période de décadence, après ces brillantes années, commence avec la mise en commende à cette époque du prieuré. Il passe à des proches de Marie de Médicis. L'idéal monastique s'éteint et en 1659, il ne reste que quatre moines, dont l'un vit en concubinage notoire… L'abbaye de La Couture tente d'y mettre de l'ordre en envoyant un de ses moines, Dom de Boislaurent, et les anciens moines disparaissent dans la nature ! Finalement La Couture installe en 1664 des moines de la nouvelle congrégation de Saint-Maur. Ceci marque la deuxième fondation de Solesmes. Le prieuré reprend la vie monastique, comme tant d'autres monastères bénédictins réformés par les mauristes en France. Le prieuré reste modeste, mais malgré ses faibles moyens l'on construit un nouveau portail vers 1670, tandis que l'église est restaurée, la clôture rétablie et qu'un vivier (les moines pratiquent l'abstinence de viande) est creusé.

Tout est remis en cause par l'arrivée en 1671 d'un prieur commendataire, dom Étienne de Noyelle, qui accapare les revenus pour lui-même et se met à vivre à Solesmes comme un gentilhomme campagnard, ses compagnons devenus de véritables domestiques. On tente bien de l'emprisonner en 1680, puis de l'éloigner dans une autre abbaye, tandis que les moines reprennent leur vie normale, mais Dom de Noyelle obtient en 1685 un arrêt du Conseil d'État en sa faveur, se fait rembourser des fermages non versés et réside jusqu'à sa mort en 1706 au prieuré. Solesmes est condamné à l'indigence matérielle.

Heureusement un nouveau prieur titulaire arrive en 1712, Dom Edmond Duret. Il reconstruit enfin le prieuré, avec ses bâtiments actuels au bord de la rivière, formant un carré autour du cloître, la partie sud longeant l'église abbatiale. Sa façade classique à l'ouest domine de son fronton un petit jardin à la française. L'église est arrangée et redécorée vers 1740. Dix ans plus tard, Solesmes a l'autorisation de sortir du système de la commende, devenant en contrepartie une simple celle dépendant de La Couture. Mais Solesmes retombe dans une période d'atonie spirituelle. Les Mauristes abandonnent peu à peu, dans le contexte de l'époque dite des Lumières, l'observance. Ils vivent simplement comme des hommes pieux retirés à la campagne, se bornant à quelques prières.

Lorsque la Constituante interdit les vœux religieux, le 13 février 1790, un moine (le sous-prieur) sur les sept rompt ses vœux, devenant curé constitutionnel, puis soldat de la république. Les autres sont emprisonnés, après avoir refusé de porter serment. l'un d'eux, Dom Pierre Papion, réussit ensuite à se cacher pour célébrer clandestinement des messes dans la région. Il sera ensuite, après la signature du Concordat, aumônier de l'hospice de Sablé. Solesmes, vidé de ses occupants depuis mars 1791, devient la maison de campagne d'un certain Henri Lenoir de Chantelou ; les archives sont brûlées lors d'un feu de joie « civique », le 14 juillet 1794. L'église rouvre au moment du Concordat et la famille Lenoir de Chantelou obtient de Napoléon lui-même que ses statues ne soient pas déplacées au Mans, comme le souhaitait le préfet.

Des administrateurs de biens rachètent en 1825, les bâtiments monastiques et son domaine de 145 hectares avec ses fermes. Ils décident vers 1832 de démolir les bâtiments, on commence par l'aile est, aujourd'hui disparue.

C'est alors que le jeune abbé Prosper Guéranger, natif de la région, entre en scène.

Dom Guéranger et la restauration[modifier | modifier le code]

Dom Prosper Guéranger (1805-1875)
Article détaillé : Prosper Guéranger.

De jeunes prêtres du diocèse du Mans menés par l'abbé Prosper Guéranger reprennent la vie monastique le 11 juillet 1833 au prieuré de Solesmes, empêchant ainsi (à l'inverse de Cluny ou de Marmoutier) la disparition totale de l'abbaye. Ils sollicitent d'abord un bail, avant de la racheter plus tard, grâce à une souscription lancée entre autres par Sophie Swetchine[3]. L'abbé Guéranger est élu prieur et l'abbé Auguste Fonteinne (1804-1889) est choisi comme cellérier. Les nouvelles constitutions de restauration de l'ordre de Saint-Benoît en France lui sont accordées après un voyage à Rome en 1837. C'est la naissance de la congrégation de Solesmes (ou congrégation de France). Prosper Guéranger émet ses vœux solennels le 26 juillet 1837 en la basilique Saint-Paul-hors-les-murs et reçoit en novembre les quatre premières professions de ses compagnons. Dom Guéranger va alors se consacrer à la rédaction d'ouvrages d'histoire monastique et ecclésiale, dont ses célèbres Institutions liturgiques, et à la restauration de son Ordre. Il publie de 1841 à 1866 les neuf volumes de l’Année liturgique, traduits dès le début en plusieurs langues.

Dom Guéranger fait agrandir le chœur de l 'église abbatiale en 1865, devant l'afflux des vocations, et fait construire de nouvelles chapelles, dont celle du Sacré-Cœur.

1880 - La première expulsion[modifier | modifier le code]

L'abbaye vue du pont.

Dom Charles Couturier est élu après la mort de « Dom Guerroyer », comme on surnommait le combattif Dom Guéranger. Il lui incombe d'asseoir la jeune congrégation qui avait refondé ou fondé Ligugé et Marseille devenues abbayes. Mais l'orage gronde avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement anti-clérical. Léon Gambetta qui s'écrie : « le cléricalisme, voilà l'ennemi ! » et Jules Ferry décident d'éliminer les congrégations religieuses de France. Les moines sont expulsés le 6 novembre 1880.

Ils vivent alors discrètement en ville à Solesmes dans différentes petites maisons mises à leur disposition, ou dans des manoirs environnants, comme à Juigné ou à la Lortière. Un petit nombre tente de revenir en mars 1882, mais les téméraires sont expulsés par un détachement entier de gendarmerie… L'abbé suivant, dom Delatte, va s'efforcer à partir de 1890 de récupérer l'abbaye. Il lui faudra attendre le 23 août 1895, après des années de procédure. Le nouvel abbé entreprend tout de suite des travaux, comme le grand bâtiment au-dessus de la Sarthe qui sera considéré comme une provocation par les autorités locales[4], ou un nouveau réfectoire.

1903 - L'exil[modifier | modifier le code]

Finalement la loi sur les associations du 1er juiller 1901, qui entraîne l'expulsion des congrégations encore présentes en France, met un point final à ces années de compromis. Les bénédictins quittent Solesmes le 20 septembre pour l'Angleterre. Ils trouvent refuge à l'Île de Wight, où ils construisent une église provisoire en bois avec un toit en tôle ondulée. Ils achètent un peu plus tard un ancien monastère cistercien et le reconstruisent, le transformant en quelques années en une florissante abbaye de Quarr.

Pendant ce temps, à Solesmes, le marquis Jacques de Juigné rachète à l'État en 1910 les bâtiments confisqués, pour la somme conséquente de 301 000 francs, avec l'idée de les restituer aux moines, lorsque les temps seraient meilleurs. Il faudra attendre 1922…

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les moines ont la permission de revenir au cours de l'année 1922. Dom Bellot reconstruit les galeries du grand cloître, la bibliothèque et le lavatorium. Le cardinal Schuster, osb, vient célébrer les cérémonies du centenaire de la congrégation en 1937. Germain Cozien est abbé de l'abbaye de Solesmes de 1921 (les moines étaient alors encore exilés à l'abbaye de Quarr) à sa mort le 18 mars 1960.

Cette époque est florissante pour l'abbaye avec le renouveau de l'art sacré, Maurice Denis réalise les vitraux de la chapelle du Sacré-Cœur, Henri Charlier plusieurs sculptures et les premiers disques de chant grégorien ajoutent au renom de Solesmes.

Le poète Pierre Reverdy a vécu à partir de 1926 jusqu'à sa mort en 1960 à proximité de l'abbaye, qu'il rejoignait tous les jours, après une révélation mystique. Il y a écrit de nombreuses œuvres parmi ses plus célèbres. Simone Weil ou Marguerite Aron, professeur de lettres convertie au catholicisme qui mourut à Auschwitz, Jacques Maritain et son épouse Raïssa y étaient habitués. Leur ami Jean Bourgoint, futur frère Pascal de Cîteau, y fit un séjour en octobre 1925.

En septembre 1939, cinquante-quatre moines sont mobilisés, seize sont fait prisonniers et trois tombent au champ d'honneur. Les moines partis à la guerre reviennent en juin 1940 au moment de l'occupation. Commence un nouvel essor, alors que le pays voulait retrouver ses forces spirituelles après la guerre. Il y a cent vingt moines ! Solesmes se met donc à fonder Fontgombault en 1948 et au Sénégal et au Maroc.

Dans les années 1950, Paul Touvier, le milicien, alors en cavale sous le coup d'une condamnation à mort, y est hébergé. Il le sera de nouveau dans les années 1970 recherché car alors accusé de crime contre l'humanité[5].

L’aggiornamiento dû au concile Vatican II provoque quelques tensions, mais finalement la liturgie de Paul VI en latin et la continuité des offices en grégorien assurent à l'abbaye une certaine stabilité. Les moines publient un Graduel romain en 1974 et un antiphonaire monastique récemment.

Dans les années 2010, l'abbaye comprend une soixantaine de moines[6],[7].

Listes des prieurs et abbés[modifier | modifier le code]

Abbés connus :

Architecture et œuvres d'art[modifier | modifier le code]

La sépulture de François-Xavier de Bourbon-Parme, Prince de Parme, se trouve au sein du cimetière.

Fondations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrégation de Solesmes.

L'abbaye de Solesmes a fondé de nombreuses abbayes et monastères pour moines et moniales à travers le monde qui forment la congrégation de Solesmes.

Liturgie et Chant Grégorien[modifier | modifier le code]

Maîtres de chœur

  • - 1914 : Dom André Mocquereau (1849 - † 1930)
  • 1914-1971 : Dom Joseph Gajard (1885 - † 1972)
  • 1971-1996 : Dom Jean Claire[8] (1920 - † 2006)
  • 1996-2003 : Dom Richard Gagné[9] (1954 - ) ; actuellement maître de chœur de l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac
  • 2003-2011 : Dom Yves-Marie Lelièvre
  • 2011- : Dom Bruno Lutz

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vraisemblablement entre 1006 et 1015, (Barbeau 2009, p. 12)
  2. Source Cercle historique Robert de Sablé.
  3. L'écrivain François-René de Chateaubriand y souscrit, comme bénédictin honoraire.
  4. Barbeau 2009, p. 88
  5. http://www.humanite.fr/node/24863
  6. « Site de l'abbaye - Faq » (consulté le 22 février 2014). « Combien êtes vous ? ».
  7. « La Croix.com - L'abbaye de Solesmes veut ouvrir les visiteurs à sa prière » (consulté le 22 février 2014)
  8. http://www.musimem.com/dom_jean_claire.htm
  9. (en)http://www.music.mcgill.ca/musimars/mm2008/artists/dom_richard_gagne.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Vue du pied des remparts

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Saints de Solesmes, Images du patrimoine no 69, (ISBN 978-2-906344-23-5)
  • Dom Louis Soltner, osb, Solesmes et Dom Guéranger 1805-1875, Solesmes, (ISBN 978-2-85274-005-1)
  • Dom Louis Soltner, osb, L'abbaye de Solesmes au temps des expulsions (1880-1901), Solesmes, 2005, (ISBN 978-2-85274-292-5)
  • Michel Naussiat, Solesmes 1010-2010 : La paix bénédictine (+ 1CD audio), Libra Diffusio, 2010, (ISBN 978-2-84492-432-2)
  • Dom Thierry Barbeau, Mille ans d'histoire à l'abbaye de Solesmes, ITF éditeur, Éditions de Solesmes,‎ 2009
  • Patrick Hala, osb, Solesmes, les écrivains et les poètes, Solesmes, 2011, (ISBN 978-2-85274-356-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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