Faux Mérovingiens

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L'appellation de Faux Mérovingiens regroupe des personnages qui apparaissent parfois dans certaines généalogies des Mérovingiens, au sujet desquels il existe des controverses ou des doutes portant sur leur existence réelle ou sur leur appartenance à la dynastie mérovingienne.

Princes ou reines inventées au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au cours du Haut Moyen Âge, les lettrés ne se sont pas satisfait de l'aridité des renseignements contenus dans les premiers récits comme celui de Grégoire de Tours. Aussi les auteurs ont-ils commencé à ajouter des personnes dans leur récits, parfois sans souci de vraisemblance. Tous les personnages de cette section ont ceci en commun qu'ils ne sont mentionnés par aucun document de leur époque, mais seulement quelques siècles plus tard.

Amalthide[modifier | modifier le code]

Amalthilde serait fille de Childéric, roi d'Austrasie et de Bilichilde, nièce de Saint Nivard, évêque de Reims, et mariée à Rieul, duc de Champagne et futur évêque de Reims (milieu du VIIe siècle).

C'est du moins ce que raconte au Xe siècle Flodoard, dans son Histoire de l'église de Reims : « ce qui fit que saint Nivard réconcilia Théoderamne avec Rieul, qui avait épousé une de ses nièces, fille de Childéric » et « Le comte Rieul demanda aussi que son fils Gédéon, petit neveu de saint Nivard, se fît moine en ce couvent, et donna une partie de ses biens au monastère »[1]. Flodoard a probablement interpolé la Vita Nivardi qui dit simplement qu'un roi franc du nom de Childeric avait une fille mariée au comte Réolus et nièce de Saint Nivard[2]. Il a cherché à identifier ce roi Childéric au roi Childéric II d'Austrasie, mais elle se heurte à plusieurs problèmes chronologiques et généalogiques :

  • Selon sa Vita, Saint Nivard aurait été éduqué à la cour de ce roi, or son éducation est forcément antérieure à 655, date du début de son épiscopat, alors que Childéric II ne règne qu'à partir de 662.
  • La femme de Chilpéric II est une fille du roi Sigebert III, ce qui implique que Nivard est un Mérovingien, soit comme fils de Sigebert III, soit comme fils de Clovis II, ce qui est démenti par le silence des sources.

Ces deux textes se contentent de parler de cette femme sans la nommer. Le nom d'« Amalathilde » figure dans la préface d'une édition du texte de Flodoard datant de 1854, sans que l'on sache d'où vient cette information[3].

Gabriel Tikka identifie ce Childéric à un Mérovingien par ailleurs inconnu Chilpéric, roi de Toulouse, fils de Caribert II[4]. Une autre possibilité est d'y voir la conséquence d'une tradition qui tend à amalgamer des saints et des saintes dans des familles royales.

Ansbert le sénateur[modifier | modifier le code]

Ansbert serait l'époux de la princesse Blitilde prétendue fille du roi Clotaire Ier ou Clotaire II. Ils seraient les parents d'un fils nommé Arnold, selon plusieurs documents médiévaux dont le premier d'entre eux est la Commemoratio genealogiae domni Karoli gloriossimi imperatoris établie par les scribes de l'évêché de Metz vers 810. Les premières versions de cette généalogie donnent Clotaire Ier comme père de Blitilde et c'est vers 870 que l'on voit apparaître Clotaire II comme père.

Personnage probablement réel (Ansbert n'est pas nommé dans les documents contemporains, mais n'apporte rien aux généalogies - c'est sa femme qui transmettrait le sang mérovingien - et comme la racine Ans se retrouve dans Anségisel, on considère son existence comme possible) mais mal relié généalogiquement par les scribes de l'évêché de Metz à la fin du IXe siècle. En effet, ces scribes ont probablement repris des documents authentiques pour établir la généalogie, mais en ont fait des lectures erronées. Même le nom de Blitilde n'est pas forcément faux, c'est sa qualité de maillon entre les Mérovingiens et les Carolingiens qui est suspect et est rejetée.

Grégoire de Tours donne une liste assez complète des enfants de Clotaire Ier où Blitilde ne figure pas. Quant à la thèse qui propose Blitilde comme une fille de Clotaire II, c'est une aberration chronologique : Arnould est un contemporain et probablement du même âge que Clotaire II qui est, selon ces généalogies, le père d'une grand-mère de ce même Arnould.

Article détaillé : Origine des Arnulfiens.

Bilichilde[modifier | modifier le code]

Bilichilde serait fille du roi Clotaire Ier, épouse d'Ansbert et mère d'Arnoul, évêque de Metz.

Bilichilde est une personne qui apparait dans deux généalogies carolingiennes, la Genealogia domni Karoli, du début du IXe siècle et la Genealogia domni Arnulfi, du IXe siècle. Elle est donnée comme fille du roi Clotaire Ier (ou Clotaire II selon les documents), épouse d'Ansbert et mère d'Arnoul, évêque de Metz au début du VIIe siècle. L'existence d'Arnoul est confirmée par des documents contemporains, au contraire de ses parents. Les deux généalogies sont trop tardives pour avoir une quelconque autorité. La filiation royale de Bilichilde est impossible d'un point de vue chronologique[5].

Article détaillé : Origine des Arnulfiens.

Brunulphe[modifier | modifier le code]

Sichilde, la troisième épouse de Clotaire II et sa sœur Gomatrude, première épouse de Dagobert Ier seraient sœurs d'un Brunulphe et filles d'un autre Brunulphe, comte d'Ardenne et d'une Clotilde.

Brunulphe est cité dans la Gesta Dagoberti I. Regis Francorum, composée vers 830 à l'abbaye de Saint-Denis, qui le qualifie de frère de la reine Sichilde et de l'oncle maternel de Hairbert, frère de Dabogert Ier. Il n'est pas cité par ailleurs, mais la chronique de Frédégaire, composée en 727, mentionne un Brodulf, oncle maternel de Charibert. L'hypothèse la plus probable est de considérer Brunulphe comme une mauvaise transcription de Brodulf ainsi que semble montrer la similitude entre les deux passages[6] :

« Charibert, son frère, s’efforça de s’emparer du royaume ; mais, à cause de son imbécillité, sa volonté eut peu d’effet. Brodulf, son oncle, voulant l’établir sur le trône, commença à se soulever contre Dagobert ; mais l’événement en décida autrement »

— Frédégaire, Chronique.

« Charibert, son frère, s’efforçait de s’emparer du royaume, mais à cause de son imbécillité sa volonté avait peu d’effet. Brunulf, frère de la reine Sichilde, voulant faire régner son neveu Charibert, avait commencé à se révolter contre Dagobert ; mais l’événement en décida autrement. »

— un moine de Saint-Denis , « Gesta Dagoberti I. Regis Francorum ».

Au Moyen Âge ont été produites des généalogies qui fournissent des ascendants à cette fratrie. Ainsi, au XIVe siècle, Jacques de Guyse donne Brunulphe comme fils d'un comte de Templatum et d'une sœur de Sainte Aye, fille de Brunulphe comte de Cambraisis et femme de Saint Hidulphe, prince de Hainaut, et lointaine descendante de Clodion le Chevelu[7]. Joachim Vos, affirme que Brunulphe et Gomatrude sont issus d'un autre Brunulphe, comte d'Ardennes et frère de Saint Arnould et de Clotilde, sœur de Sainte-Aye. Ces productions aboutissent à ce type de généalogie[8] :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Clodion le Chevelu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Aubéron
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Walbert Ier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ansbert le sénateur
 
 
 
 
 
 
 
 
Walbert II
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Walbert III
 
 
 
 
 
Brunulphe Ier
 
 
 
Arnoald
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Walbert IV
 
Brunulphe
 
 
 
Brunulphe II
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
St Arnoul
 
 
 
Brunulphe
 
Clotilde
 
Ste Aye
 
St Hydulphe
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ansegisel
 
 
Brunulphe
 
Sichilde
ép.Clotaire II
 
Gomatrude
ép.Dagobert Ier
 
 
 
 
 
 
 

Au regard de la critique moderne, il n'y a cependant pas grand chose à retenir de cette généalogie (seulement ce qui est en trait plein) :

  • St Arnould n'est pas le fils d'Arnoald (voir cette section)
  • Auberon n'a jamais existé comme personnage historique
  • Anbert le sénateur, qui est de race romaine, ne descend pas par les mâles de Clodion le Chevelu, qui est de race franque (voir cette section).
  • les Waubert et les Brunulphe sont inconnus des textes contemporains, à l'exception du frère de Sichilde et de Gomatrude, qui en outre se nommait probablement Brodulphe.

Ces ouvrages tardifs ne résistent pas à la critique moderne et aucune de ces données ne peut être retenu.

Cela n'empêche pas certaines publications modernes et grand public de donner Sichilde comme fille d'un comte d'Ardennes[9].

Childesinde[modifier | modifier le code]

Childesinde, serait la fille du roi de Neustrie Chilpéric Ier (539-584) et de la reine Audovère (533-580).

Personnage introduit en 727 par le Liber Historiae Francorum. Childesinde fait partie de l'épopée connue sous le nom de Chilpéric répudie Audovère. Grégoire de Tours (539 † 594), pourtant bien renseigné et contemporain des personnes, ne la mentionne pas, pas plus qu'il ne mentionne la cause de la séparation de Chilpéric et d'Audovère. Godefroid Kurth dans son Histoire Poétique des Mérovingiens nous dit que : "Formulée pour la première fois en 692, l'histoire, qui est censée se passer vers le milieu du VIe siècle, perd toute vraisemblance, et trahit par là même sa provenance récente".

Ermenchilde[modifier | modifier le code]

Ermenchilde est le nom de la femme du roi Childebert III dans un document du XIIe siècle : Gesta Episcoporum Tullensis. Ce document est trop tardif pour faire autorité sur la question, mais comme ce renseignement est donné gratuitement sans chercher à asseoir une prétention, il peut être considéré comme valable, l'auteur de la geste ayant pu consulter des chartes aujourd'hui disparues[10].

Mathilde[modifier | modifier le code]

Mathilde ou Mechtilde[11] serait l'épouse de Dagobert II et la mère de 4 filles : Adèle, Irmine, Rothilde et Ragnetrude.

La Vita Arbogasti, datant du Xe siècle affirme que le roi Dagobert II a épousé une saxonne nommée Machtildis avant son retour d'Angleterre, qui serait mère d'un fils nommé Sigebert (voir Sigebert IV), d'Adèle, d'Irmine, de Rothilde et de Ragnetrude. Ce témoignage est cependant sujet à caution en raison de son caractère tardif et pourrait s'expliquer soit par une confusion avec Nanthildis, femme de Dagobert Ier, soit par une allusion à l'impératrice Mathilde, femme de l'empereur Otton Ier, contemporain de l'auteur de la Vita Arbogasti.

Quant aux filles, si Rothilde ne peut être identifiée à une personne connue, Adèle, Irmine et Ragentrude sont des personnes réelles. C'est leur rattachement aux Mérovingiens qui est fautif.

Pharamond[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pharamond.

C'est en 727 qu'apparait pour la première fois le personnage de Pharamond. Dans le Liber Historiae Francorum il est dit qu'il est le fils de Marcomir et le père de Clodion le Chevelu. Il fut donc par la suite, longtemps considéré comme le premier roi Mérovingien. Après l'apparition de l'histoire Moderne (fin XIXe siècle), son existence a été reconnue comme légendaire. La raison est la suivante : l'auteur du Liber Historiae Francorum ne connaît pas l'histoire du Ve siècle puisqu'il utilise comme unique source Grégoire de Tours. Il est donc fortement improbable qu'il découvre 300 ans après, un personnage de la généalogie des Mérovingiens alors que Grégoire de Tours lui-même n'a pas réussi avant lui[12].

Princes ou reines inventées sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Adalbert de Saxe[modifier | modifier le code]

Adalbert serait le fils de Clodion le Chevelu et d'Argotta.

L'information est citée en 1648 dans les Annales de la province et comté d'Haynau, dans une tentative de présenter une lignée de Clodion le Chevelu à Charlemagne[13]. Cette généalogie est reprise en 1829, Jacques de Guyse et Jean Lefèvre les mentionnent dans leur Histoire du Hainaut[14].

Jacques Saillot, dans Les fils et petits fils de Clovis et leurs alliances - thèses et hypothèses donne un Albéric[15] (v. 460 † 515) fils du roi Clodebaud de Cologne (donc petit-fils de Clodion le Chevelu) et marié à une Argothe, fille du roi Théodoric des Ostrogoths. Cette affirmation de Jacques Saillot n'est pas plus fondée que la précédente.

Le premier duc de Saxe connu est Widukind (vers 755 - 810).

Argotta[modifier | modifier le code]

Argotta serait la femme de Pharamond.

Elle est mentionnée en 1801 comme fille du roi des Cimbres, femme de Pharamond et mère de plusieurs enfants[16]. La France Pittoresque la mentionne également comme femme de Pharamond, mais comme fille de Genebald, l'un des ducs des Francs Saliens, sans donner de sources[17].

Eustère de Wisigothie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eustère de Wisigothie.

Eustère serait une fille d'Alaric II, roi des Wisigoths, épouse du roi Thierry Ier et mère du roi Thibert Ier.

Le père Anselme (1625 † 1694) mentionne son existence, en soulignant son caractère hypothétique et en indiquant Aubert Le Mire comme source[18].

Hildegonde[modifier | modifier le code]

Hildegonde serait l'épouse de Clodion le Chevelu.

Vers 660, Frédégaire la mentionne sans la nommer comme l'épouse de Clodion victime d'un monstre marin. Desmarets de Saint-Sorlin, poète du XVIIe siècle est le premier à la nommer, en reprenant le mythe du monstre marin et la dit fille d'un roi danois[19]. Au XXe siècle, Jacques Saillot la dit fille d'un roi lombard (dans Les fils et petits fils de Clovis et leurs alliances - thèses et hypothèses) ou de Marcomir roi des francs ripuaires et de la princesse lombarde Hildegonde (dans Les 16 quartiers des reines et impératrices françaises, 1977).

Odde[modifier | modifier le code]

Odde serait l'épouse de Boggis et la fille de Clotaire II.

Il s'agit d'une confusion avec :

  • d'une part la Charte d'Alaon, qui présente un Boggis duc d'Aquitaine comme un fils de Caribert II, lui-même fils de Clotaire II. Mais la Charte d'Alaon est de nos jours considérée comme un faux forgé au XVIIe siècle.
  • d'autre part Sainte Ode (ou Chrodoare) veuve de Bodogisel (dont Boggis est un diminutif) ambassadeur franc à Byzance et mort en 589. Au XIe siècle les Annales de Lobes qualifient (à tort) ce Bodogisel de duc d'Aquitaine, tandis que le chroniqueur Sigebert de Gembloux la dit morte en 711[20].

Odoperth[modifier | modifier le code]

En 1518, Jakob Mennel (de) présente à l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg les cinq volumes de la Fürstliche Chronik, genannt Kaiser Maximilians Geburtsspiegel, dans lesquels il prétend que la dynastie des Habsbourg descend d'Odoperth, fils du roi Clotaire Ier et père du premier comte de Habsbourg[21],[22]. Comme il n'est cité par aucun document du Moyen Âge, et notamment pas dans la liste pourtant exhaustive des enfants de Clotaire Ier donnée par Grégoire de Tours, le caractère fictif d'Odoperth est évident.

Rothilde[modifier | modifier le code]

Rothilde serait la fille de Clotaire II et l'épouse de Lydéric de Flandres, ancêtre des Comtes de Flandre.

C'est mentionné par le jésuite Jean d'Auxiron qui publie en 1634 Lidéric I, Forestier de Flandre. Son récit est dénoncée comme faux par André Joseph Panckoucke en 1762 qui considère que l'enlèvement de Rothilde par Lydéric est en fait une histoire inspirée de l'enlèvement de la carolingienne Judith par Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre[23].

Wambert de Saxe[modifier | modifier le code]

Wambert de Saxe serait le fils d'Adalbert de Saxe et père de Ansbert le sénateur.

L'information est citée en 1648 dans les Annales de la province et comté d'Haynau, dans une tentative de présenter une lignée de Clodion le Chevelu à Charlemagne[13]. Cette généalogie est reprise en 1829, Jacques de Guyse et Jean Lefèvre les mentionnent dans leur Histoire du Hainaut[14].

Cette filiation est reprise sur plusieurs websites généalogiques sans la moindre justification quant aux sources (entre autres « Généalogistes associés » et « DagobertMarcomir »).

Aucune source médiévale ne le mentionne et si Ansbert le Sénateur apparait dans les fausses généalogies carolingiennes, il n'en est pas de même pour Wambert et Adalbert (ou Albéric) de Saxe.

Princes ou reines inventées à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Avec l'époque contemporaine apparaît la critique historique qui met en évidence les personnes inventées. Mais cette nouvelle discipline n'empêche pas certains auteurs contemporains de proposer de nouvelles personnes inventées et sans fournir le moindre document à l'appui de leurs dires.

Amalthide[modifier | modifier le code]

Amalthilde serait la femme de Clotaire III.

Aucune source sur ce personnage. Midi-Pyrénées la cite sans donner de source[24].

Chilpéric, roi de Toulouse[modifier | modifier le code]

Chilpéric, est fils de Caribert II († 631), roi d'Aquitaine. Il aurait survécu à la mort de de son père et, parvenu à l'âge adulte, se serait fait reconnaître roi dans une partie du territoire du royaume paternel.

Dans un article de 1991[4], Gabriel Tikka propose l'existence d'un roi d'Aquitaine du VIIe siècle prénommé Chilpéric. Pour cela, il s'appuie sur plusieurs chroniques :

  • dans le début de la Vita Nivardi signale Nivard, futur archevêque de Reims de 649 à 673, a été éduqué à la cour d'un roi Childéric qui ne peut s'identifier aux Childéric ou aux Chilpéric connus (Childéric Ier est mort en 481, Chilpéric Ier en 584, Childéric II a commencé son règne en 662 et Chilpéric II en 715). Cette Chronique mentionne l'existence d'une fille de Childéric, nièce de Nivard, mariée à Réolus qui succéda ensuite à Nivard sur le siège épiscopal de Reims. Ce Childéric est classiquement identifié à Childéric II, en considérant que Nivard et Childéric ont été éduqué à la même cour. Comme Childéric II a épousé sa cousine germaine Bilichilde d'Austrasie, le problème de sa parenté avec Nivard, qui n'est pas mérovingien, est résolu en considérant que l'épouse de Réolus n'est pas née de Bilichilde, mais d'une maîtresse de Childéric II qui se trouve être sœur de Nivard.
  • la Vita Bercharii. Ce saint, filleul de Nivard, a été confié par ce dernier pour son éducation à Saint Remacle alors que ce dernier était abbé de Solignac, soit entre 632 et 651, et à l'époque d'un princeps Chidericus. Cette chronique étant tardive (fin du Xe siècle), cette mention de Childéric est classiquement considérée comme une erreur de l'auteur, Adson, abbé de Montiers-en-Der († 992).
  • Une version tardive de l'Historia Hrodbertii mentionne également au milieu du VIIe siècle un rege Hilderico qui a intronisé Saint Robert, évêque de Worms, avant son départ pour la Bavière, la seconde année du règne d'un roi Childebert. Classiquement, ce roi est identifié à Childebert IV, roi de 695 à 711, et le départ à 697, mais il n'y a pas de roi Childéric ou Chilpéric à cette date. Gabriel Tikka propose l'identification avec Childebert III l'Adopté, qui régna de 656 à 662.

À partir de ces trois sources, Gabriel Tikka imagine l'existence d'un roi Childéric ou Chilpéric ayant régné au milieu du VIIe siècle. Comme, ce Childéric n'est pas connu dans les principaux royaumes francs de l'époque (Neustrie, Austrasie et Bourgogne), Gabriel Tikka considère qu'il fut roi d'une autre région et propose l'Aquitaine, sachant que Nivard en est originaire et que Solignac s'y trouve. Faisant le rapprochement avec le nourrisson de même nom, fils de Caribert II, il considère que Frédégaire était mal informé et que l'enfant a survécu pour se faire reconnaître roi dans la région de Toulouse en 650 et y aurait régné au moins jusqu'en 673.

Ses arguments pourraient être convaincants, mais il défend dans le même article le problème de la survivance de Caribert II (voir la section Godepert et Berthari), qui déconsidère son raisonnement. Certes les deux sujets (celui de l'existence de Chilpéric, roi de Toulouse et celui de la survivance de Caribert II comme roi des Lombards) sont distincts et indépendants, mais le manque de rigueur avec lequel le second a été traité ne plaide pas en faveur du sérieux du premier.

Clodomir roi de Worms[modifier | modifier le code]

Clodomir (v. 490 † 532) serait le père d'Ingonde et d'Arégonde, deux des épouses du roi Clotaire Ier.

C'est du moins ce qu'affirme Jacques Saillot dans Les fils et petits fils de Clovis et leurs alliances - thèses et hypothèses et Les 16 quartiers des reines et impératrices françaises (1977), mais il ne cite pas ses sources. Sur la base de l'onomastique, Christian Settipani propose comme le roi Badéric de Thuringe comme père pour les deux reines[25]. Cependant, rien ne vient confirmer l'origine thuringienne des deux reines.

À ne pas confondre avec Clodomir, roi d'Orléans, fils de Clovis Ier et de la reine Clotilde, qui a réellement régné de 511 à 524[26].

Chlodeswinthe Verica[modifier | modifier le code]

Chlodeswinthe Verica serait la femme de Mérovée.

La France Pittoresque mentionne cette reine, mais le texte biographique qui l'accompagne est un mélange de deux récits de noces[17] :

  • celles du prince franc Sigemer célébrées à Lyon et décrites par Sidoine Appolinaire,
  • celles organisées à Cambrai par les francs saliens de Clodion qui sont interrompues par l'attaque d'Aetius, ainsi que le racomte Grégoire de Tours.

Aucun des deux documents ne nomme la mariée, on ne sait donc pas d'où provient le nom de Chlodeswinthe Verica. Les noces décrites par Sidoine Appolinaire sont situées à Lyon vers 469 tandis que celles de Grégoire de Tours se déroulent dans la région de Cambrai avant 430. Rien dans le récit de Grégoire de Tours ne permet d'affirmer qu'il s'agit des noces de Mérovée.

Edonne[modifier | modifier le code]

Edonne serait l'épouse du roi Childebert IV la mère de Dagobert III.

Aucune source sur ce personnage. Elle est citée par la France Pittoresque et par Midi-Pyrénées qui ne donnent pas ses sources[24],[17].

Fulberte[modifier | modifier le code]

Fulberte serait l'épouse du roi Caribert II.

Aucune source sur ce personnage. Elle est citée par la France Pittoresque qui ne donne pas ses sources[17]. La Charte d'Alaon donne une Gisèle d'Aquitaine comme femme de Caribert II, mais il s'agit d'un faux du XVIIe siècle. Ce prénom de Gisèle pourrait être une confusion avec une (hypothétique) Gisèle marié au comte Caribert de Laon.

Frotmond[modifier | modifier le code]

Frotmond (ou Frotmund) serait, selon l'affabulateur Laurence Gardner le père du personnage mythique Pharamond. Dans son livre Le Graal et la lignée royale du Christ (2005), Laurence Gardner affirme (sans preuve) que Clovis serait un descendant direct de Jésus.

Gardner aurait emprunté le nom de Frotmond à un abbé du monastère Saint-Amant-de-Boixe (Charente) de la fin du XIe siècle.

Mérovée[modifier | modifier le code]

Mérovée serait le père du roi Mérovée.

Grégoire de Tours a écrit que « certains prétendent que de la lignée de Clodion est sortie le roi Merovech ». À partir de cette phrase ambiguë, des auteurs, parmi lesquels ceux de L’Énigme Sacrée[27], ont considéré que Mérovée n'était pas le fils de Clodion le Chevelu, mais d'un prince franc du nom de Mérovée dont la veuve aurait épousé ensuite le roi Clodion. Outre son caractère peu vraisemblable (Clodion désignant son beau-fils comme successeur au détriment de ses propres fils, non-respect de la loi salique), cette histoire n'est confirmée par aucun document contemporain.

Ragentrude[modifier | modifier le code]

Ragentrude serait fille de Dagobert Ier et mère d'Irmina d'Oeren.

Christian Settipani constate à propos d'Irmina d'Oeren :

  • Qu'elle est mère d'une Ragentrude ;
  • Que depuis le IXe siècle, la tradition la considère comme fille de Dagobert II, ce qui n'est confirmé par aucun document contemporain.
  • Chronologiquement, il est impossible qu'elle soit fille de Dagobert II, mais elle pourrait être petite-fille de Dagobert Ier. Or ce dernier a eu une maitresse du nom de Ragentrude qui donna naissance à Sigebert III, le père de Dagobert II.

Aussi certains généalogistes ont-ils cru à une erreur et ont considéré Irmine comme petite fille de Dagobert Ier par sa mère, qu'ils nomment Ragentrude.

Cette hypothèse de travail est depuis abandonnée[28].

Sigebert IV et Sigebert V[modifier | modifier le code]

Sigebert IV serait, selon l'affabulateur Pierre Plantard le fils du roi Dagobert II. En 1967 dans le livre Le Trésor maudit, Plantard affirme (sans preuve) qu'il serait le descendant des rois mérovingiens par ce Sigebert IV dit le Plantard et son fils Sigebert V[29]. Cette thèse est reprise en 1982 dans L'Enigme Sacrée[27]. En 1992, Pierre Plantard a reconnu devant la justice française que tout est basé sur une supercherie[30].

Sigould duc d'Austrasie[modifier | modifier le code]

Sigould serait le père d'Haldetrude, la première épouse de Clotaire II.

Aucune source sur ce personnage. Rien dans les textes du haut Moyen Âge ne permet de nommer le père d'Haldetrude.

Il est citée par la France Pittoresque qui ne donne pas ses sources[31].

Tanaquille[modifier | modifier le code]

Tanaquille serait l'épouse de Clovis IV, décédée en 696.

Aucune source sur ce personnage. La France Pittoresque et Midi-Pyrénées.biz la citent sans mentionner de source[24],[17].

La seule Tanaquille historiquement attestée est l'épouse de Tarquin l'Ancien.

Personnes réelles indûment rattachés aux Mérovingiens[modifier | modifier le code]

Lorsque les auteurs (qu'ils soient médiévaux ou contemporains) ont inventés des princes fictifs qu'ils ont reliés aux Mérovingiens, ils ont dû les mélanger à des personnes réelles, afin de donner un semblant de vraisemblance à leur récit et de convaincre leur lecteur. C'est ainsi que des authentiques nobles du Haut Moyen Âge se sont trouvés reliés, à tort, à la famille mérovingienne. Ce phénomène a eu également lieu par intérêt. Ainsi les abbayes de Pfalzel et d'Oeren ont considéré comme intéressant de relier leur fondatrice à une race royale.

Adèle de Pfalzel, Irmina d'Oeren, Ragnetrude[modifier | modifier le code]

Mathilde serait l'épouse de Dagobert II et la mère de 4 filles : Adèle, Irmine, Rothilde et Ragnetrude.

La Vita Arbogasti, datant du Xe siècle affirme que le roi Dagobert II a épousé une saxonne nommée Machtildis avant son retour d'Angleterre, qui serait mère d'un fils nommé Sigebert (voir Sigebert IV), d'Adèle de Pfalzel, d'Irmina d'Oeren, de Rothilde et de Ragnetrude.

L'introduction de Mathilde comme femme de Dagobert II est probablement fictive (voir Mathilde). Quant aux filles de Mathilde et de Dagobert II, certaines d'entre elles sont réelles, mais sont des Hugobertides. Selon l'opinion commune, Irmine est la femme d'Hugobert et la mère d'Adèle de Pfalzel et de Ragentrude. C'est une tradition qui tend à amalgamer des saints et des saintes dans des familles royales.

Arnold[modifier | modifier le code]

Arnold serait le fils de la princesse Blitilde et d'Ansbert. Il serait le père d'Arnoul de Metz.

Arnold correspond probablement à un authentique évêque de Metz du nom d'Arnoald, exerçant son ministère au début du VIIe siècle. À la fin du IXe siècle, Des scribes de l'évêché de Metz l'ont relié à tort aux Mérovingiens, voire aux Carolingiens.

Article détaillé : Origine des Arnulfiens.

Gisèle regina[modifier | modifier le code]

Gisèle serait le nom de l'épouse du roi Childéric III.

Cette information est présentée au XVIe siècle par Aventinus[32] sur la base de plusieurs actes de Sainte Kisyla. Sainte Kisyla, religieuse et donatrice de l'abbaye de Kochel en Bavière au cours du VIIIe siècle est qualifiée de régina et « issue de la race royale des Francs ». Aventinus, interprétant le qualificatif de régina comme reine, l'a considéré comme l'épouse d'un roi franc, qui ne pouvait être chronologiquement que Childéric III.

En vérité, l'étude de l'usage de ce terme de regina dans les chartes contemporaines a établi qu'à cette époque, les princesses royales étaient souvent qualifiées de ce terme. En 1929, Paul Ruf rejette sa qualité de reine et considère qu'il s'agit d'une noble bavaroise du VIIIe siècle[33]. En 1931, Bernard Bischoff admet son origine royale et l'identifie à une sœur de Charlemagne nommée Gisèle et abbesse de Chelles[34]. Plus récemment, Alain Stoclet a repris l'étude du cas de Gisela regina et conclut qu'il y a eu en fait deux Gisela, par la suite confondues en une seule. La première est une noble propriétaire vivant à la fin du VIIIe siècle près de Gauting en Bavière, et la seconde est Gisèle, abbesse de Brescia et fille de Louis II le Jeune[35],[36].

Article détaillé : Gisèle de Laon.

Boggis et Bertrand[modifier | modifier le code]

Boggis (hypocoristique du prénom Baudegisèle) serait, selon la Charte d'Alaon, un fils du roi Caribert II (608 - 632) et le père du duc Eudes d'Aquitaine (v. 670 - 735). Il serait selon ce document duc d'Aquitaine. La Charte d'Alaon est en fait un faux fabriqué au XVIIe siècle. Boggis y est noté comme maillon généalogique pour relier la maison des premiers duc d'Aquitaine à la maison royale des Mérovingiens. Toujours selon cette charte, Boggis aurait un frère nommé Bertrand et qui serait le père de Saint Hubert (v. 650 - 727)[37].

Plusieurs familles serait des descendants de Clovis selon cette charte. Ce sont les familles Gallard, Gramont, Montesquiou, La Rochefoucauld, Comminges et Lupé.

Cependant, la numismatique semble attester l'existence de Boggis et Bertrand par des pièces de "deux types: l'une provient des ateliers du capitole de Saintes,... l'autre fut gravée à Chapteuil (Velay) et trouvée à Chalencon (Velay). Elle est unique en France, car elle porte à son avers les deux têtes diadémées affrontées de Boggis et Bertrand. Chassaing la datait du premier quart du VIIe siècle. Elle est l'œuvre d'Esperius, le plus connu des monétaires vellaves"[38]. Mais si ces monnaies prouvent l'existence historique de Boggis et Bertrand, elles ne prouvent pas leur qualité de fils de Caribert II.

D'autre part, il existe un autre Baudegisèle historique. Il s'agit d'un diacre du roi Chilpéric en 577.

Godepert et Berthari[modifier | modifier le code]

Godepert et Perthari, rois des Lombards à partir de 662, sont des fils de Caribert II, roi d'Aquitaine et des Lombards.

Gabriel Tikka considère que Caribert II, roi d'Aquitaine, n'est pas mort en 631, mais a été chassé de son royaume par son frère Dagobert Ier en 631, s'est réfugié chez les Lombards et est devenu leur roi de 653 à 661 sous le nom d'Aripert Ier. Il s'ensuit que, selon lui, les deux fils certains d'Aripert, Godepert et Perthari, sont des Mérovingiens, ainsi que

Cette hypothèse se base principalement sur la similitude de nom entre Caribert et Aripert et est en contradiction avec les sources qui affirment la mort de Caribert II en 631[4]. De plus on connait par Paul Diacre le père d'Aripert Ier qui se nomme Gondovald et qui est le fils de Garibald, le premier duc des Bavarois. Pour contourner cette difficulté, Gabriel Tikka prétend que Caribert II n'est pas le fils de Clotaire II et de Sichilde, mais d'un premier mariage (non connu par ailleurs) de Sichilde avec le prétendant Gondovald, fils présumé de Clotaire Ier[4]. Mais les textes contemporains affirment que Clotaire II est bien le père de Caribert II, et l'on voit mal pourquoi Clotaire II aurait commis la maladresse politique de confirmer ainsi les prétentions de Gondovald, prétentions qui avaient été contestées en son temps par Clotaire Ier et ses fils. La thèse de Gabriel Tikka repose surtout sur une homonymie.

Personnes réelles dont le rattachement aux Mérovingiens est incertain[modifier | modifier le code]

Enfin il reste le cas de quelques personnes dont on a affirmé le lien avec les Mérovingiens, lien qu'on ne peut cependant pas prouver totalement.

Béreswinthe[modifier | modifier le code]

Personnage réel, femme du duc Etichon d'Alsace (635 - 690), c'est son appartenance à la dynastie mérovingienne qui est imaginaire. Elle est mentionnée comme fille d'une sœur de saint Léger, évêque d'Autun, et sœur d'une reine des Francs[39]. Une mauvaise interprétation a voulu identifier cette reine à Bilichilde femme de Childéric II, le roi d'Austrasie qui donna le duché d'Alsace à Etichon. Bilichilde étant fille de Sigebert III, cela faisait de Béreswinthe une fille de ce même roi. Mais cette interprétation est depuis abandonnée et la seule reine qui peut chronologiquement correspondre à la sœur de Béreswinthe est Chimnéchilde (sa belle-sœur Bathilde ne peut correspondre en raison de son origine serve), femme de Sigebert III et mère de Bilichilde[40].

Berthe[modifier | modifier le code]

Berthe serait la fille de Clotaire II et l'épouse de Warnachaire (ou Garnier II) maire du palais de Bourgogne.

C'est une hypothèse émise en 1944 par Léon Levillain[41]. Il s'appuie sur un passage de Frédégaire[42] qui raconte qu'en 626 à la mort du maire du palais de Bourgogne Warnachar (ou Garnier II), son fils Godin épousa sa belle-mère Berta, suscitant ainsi la colère du roi Clotaire II. Par la suite Berta, répudiée par Godin, se réfugie auprès de Clotaire II. Léon Levillain en déduit une parenté proche entre cette Berthe et le roi Clotaire II et, sachant que Clotaire II a eu pour épouse une Bertrude, propose l'hypothèse selon laquelle l'épouse de Warnachar est une fille de Clotaire II et de Bertrude[43].

« La quarante-troisième année du règne de Clotaire, mourut Warnachaire, maire du palais. Son fils Godin, d’un esprit léger, épousa cette année même sa belle-mère Berthe. Clotaire, enflammé contre lui d’une extrême colère, ordonna au duc Arnebert, qui était marié à une sœur de Godin, de l’attaquer avec une armée et de le tuer. Godin voyant son danger s’enfuit avec sa femme en Austrasie, auprès du roi Dagobert, et saisi d’une grande crainte du roi se réfugia dans l’église de Saint-Evre. Dagobert envoyait souvent. des députés au roi Clotaire, pour lui demander la grâce de Godin ; Clotaire promit enfin de la lui accorder, à condition qu’il abandonnerait Berthe qu’il avait épousée contre les ordonnances des canons. Godin abandonna Berthe et retourna dans le royaume de Bourgogne ; mais Berthe se rendit aussitôt auprès de Clotaire, et lui dit: que si Godin se présentait devant Clotaire, il voudrait tuer le roi lui-même. Godin fut alors, par l’ordre de Clotaire, conduit dans les principaux lieux saints, à l’église de Saint Médard de Soissons, et de Saint-Denis, à Paris, pour qu’il y jurât d’être toujours fidèle à Clotaire : c’était afin de trouver un lieu propice pour le tuer, lorsqu’il serait séparé des siens. Chramnulf, un des grands, et Waldebert, domestique du roi, dirent à Godin qu’il fallait qu’il allât encore à Orléans dans l’église de Saint-Anien, et à Tours celle de Saint-Martin, pour y renouveler ses serments. Lorsqu’il fut arrivé dans le faubourg de Chartres, à l’heure du repas, dans une petite métairie indiquée par Chramnulf lui-même, Chramnulf et Waldebert se jetèrent sur lui avec une troupe et le tuèrent ; ils massacrèrent quelques-uns de ceux qui étaient restés avec lui, et laissèrent fuir les autres après les avoir dépouillés »

— Frédégaire, Chronique.

Ricomer patrice des Burgondes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Richomer (patrice de Burgondie).

Selon la Chronique du pseudo-Frédégaire (IV 29), Ricomer est un personnage réel, nommé patrice des Burgondes en 607 et "Romain de naissance". C'est sa parenté avec la reine Bertrude, seconde épouse de Clotaire II, qui n'est pas certaine et qui a été proposée en 1925[44]. Le raisonnement pour établir cette parenté est le suivant :

  • Bertrude est la mère du roi Dagobert Ier selon la Vie de Dagobert écrite vers 830 à l'abbaye de Saint-Denis.
  • Toujours selon Frédégaire (IV, 84), le maire du palais Erchinoald était "de la famille de la mère de Dagobert Ier".
  • La chronique de Marchiennes (XIIe siècle), considérée aujourd'hui comme authentique, donne Erchinoald comme frère d'Adabald.
  • Selon la Vie de Sainte Rictrude, abbesse de Marchiennes (Composée en 907), Adabald est lui-même fils de Gariberge, fille d'un duc Ricomer et de sainte Gertrude abbesse d'Hamage.
  • Comme on peut difficilement considérer que Gariberge soit mérovingienne (silence des sources, et onomastique incertaine), le généalogiste Christian Settipani en déduit que Bertrude et Gariberge étaient sœurs.
 
 
 
 
Ricomer
patrice de Burgondie
(607)
 
 
 
Gertrude
abbesse de Hamage
(† 649)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Clotaire II
roi des Francs
 
Bertrude
 
 
 
Gerberge
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dagobert Ier
roi des Francs
 
 
 
Erchinoald
maire du palais
(† 658)
 
Adalbald
duc
x Rictrude

Settipani affirme donc que Ricomer est probablement le père de Bertrude. Mais, comme beaucoup de ces sources sont tardives, cette filiation reste très hypothétique[45],[46]. Il est de plus peu probable que la mère de Dagobert soit une burgonde. Dagobert est né vers 609 et son père Clotaire II n'acquiert la Burgondie qu'en 613.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Flodoard, Histoire de l'église de Reims, Reims (lire en ligne), p. 26.
  2. Foundation for Medieval Genealogy : « Merovingians ».
  3. Lejeune, Œuvre de Flodoard,‎ 1854 (lire en ligne), p. XXVI
  4. a, b, c et d Gabriel Tikka, « Un Mérovingien inconnu du VIIe siècle : Childéric (roi?) d'Aquitaine », Héraldique et Généalogie,‎ mai-juin 1991.
  5. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 84
  6. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 97, note 374.
  7. Jacques de Guyse, Histoire de Hainaut, vol. 12 (lire en ligne), p. 296, 367 et 475.
  8. Joachim Vos, Lobbes, son abbaye et son chapitre (lire en ligne), p. 138.
  9. Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin,‎ 1992 (réimpr. 2000) (ISBN 2-262-01730-1).
  10. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 119.
  11. Dans le roman de Gilbert Mercier, Les Etoiles de Sion.
  12. Liber Historiae Francorum, écrit en 727. L'auteur, un moine de Saint-Denis écrit sous l'influence du maire du palais Charles Martel. Il travaille surtout à perdre la réputation de tous les Mérovingiens. C'est lui le premier à donner la généalogie suivante : Marcomir père de Pharamond, père de Clodion le Chevelu. Voici le passage en question : Regem vero sibi instar ceterarum Franci eligentes nationum, Faramundus Marchomiri filium solio sublimant regio. Cui filius successit Clodio crinitus. (Livre I - chapitre 4). Plus de trois cents ans après les faits, c'est la première source qui indique que Pharamond est un roi Franc.
  13. a et b François Vinchant, Antoine Ruteau, Joannes de Labarre et Charles-Albert de Longueval, Annales de la province et comté d'Haynau, Mons,‎ 1648 (lire en ligne), p. 74
  14. a et b Jacques de Guyse et Jean Lefèvre, Histoire de Hainaut, vol. 7 (lire en ligne), p. 369
  15. forme diminutive d'Adalbert.
  16. Alexandre Lenoir, Musée des monumens français: ou Description historique et chronologique des statues (...) pour servir à l'histoire de France et à celle de l'art,‎ 1801 (lire en ligne), ii.
  17. a, b, c, d et e « France Pittoresque : les reines de France »
  18. père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume, vol. 1,‎ 1674, p. 15
  19. « France Pittoresque : Reine Hildegonde ».
  20. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 64-5.
  21. (de) Stephan Dreischer, Christoph Lundgreen, Sylka Scholz et Daniel Schulz, Jenseits der Geltung : Konkurrierende Transzendenzbehauptungen von der Antike bis zur Gegenwart,‎ 2013 (ISBN 978-3-11-030309-4, lire en ligne), p. 226.
  22. (de) Reinhard Schmoeckel, Die Geheimnisse Der Merowinger,‎ 2011 (ISBN 978-3842302839, lire en ligne), p. 217.
  23. André Joseph Panckoucke, Abrégé chronologique de l'histoire de Flandre,‎ 1762 (lire en ligne).
  24. a, b et c « Midi-Pyrénées.biz »
  25. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 113-4.
  26. Hénault, Nouvel abrégé chronologique de l'histoire de France, à Paris chez Prault, Desaint, sailland et Durand, 2de éd., 1768, vol 1, p 10-16
  27. a et b Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln, L'Énigme sacrée,‎ 1982.
  28. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 59 et addenda.
  29. Gérard de Sède, Le Tresor Maudit De Rennes Le Chateau, J'ai lu, coll. « Aventure Mysterieuse »,‎ 1969.
  30. voir Prieuré de Sion.
  31. « La France Pittoresque : la reine Haldetrude »
  32. Iohannes Turmair, dit Aventinus, Annales ducum Boiariae, Munich, S. Riezler,‎ 1882-4.
  33. Paul Ruf, « Kisyla von Kochel und ihre angeblichen Schenkungen », Studien und Mitteilungen zur Geschichte des Benediktinen-Orden, vol. 16,‎ 1929, p. 461-476.
  34. Bernard Bischoff, « Wer ist die Nonne on Heidenheim ? », Studien und Mitteilungen zur Geschichte des Benediktinen-Orden und seiner Zweige, vol. 19,‎ 1931, p. 387-8.
  35. Alain Stoclet, « Gisèle, Kysala, Chelles, Benediktbeuren et Kochel. Scriptoria, Bibliothèques et politique à l'époque carolingienne : une mise au point », Revue Bénédictine, no 96,‎ 1986.
  36. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 129-130.
  37. Joseph-François Rabanis, Les Merovingiens de Aquitanie, essay historique et critique de la Charte D'Alaon, Paris,‎ 1856 (lire en ligne). Rabanis est l'historien qui prouva le premier, la fausseté de la charte d'Alaon.
  38. Albert Boudon-Lashermes, Les vigueries carolingiennes dans le diocèse du Puy, Thouars (Deux-Sèvres),‎ 1930, p. 127.
  39. Chronique d'Ebbersheim, Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 55-56
  40. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 56
  41. Léon Levillain, « Études mérovingiennes : la charte de Clotilde (10 mars 673) », Bulletin de l'École des Chartes, vol. 105,‎ 1944, p. 5-63.
  42. Frédegaire, Chronica, Livre IV.
  43. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 99.
  44. Maurice Chaume, Les origines du Duché de Bourgogne, Dijon,‎ 1925.
  45. Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris,‎ 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1), p. 92-4 et 108-9.
  46. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 94-7.

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