Éloge funèbre

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Un éloge funèbre, ou eulogie, est une oraison ou discours généralement public prononcé à la mémoire d'une personne disparue, généralement lors de son enterrement ou de sa cérémonie de commémoration.

Eulogie n'est pas à confondre avec

Parmi les éloges funèbres célèbres, notons :

[modifier] L'éloge funèbre dans le judaïsme

Le judaïsme voit dans l'éloge funèbre une obligation religieuse, quel que soit le mérite du défunt. Il s'en justifie par la succession des intitulés des sections hebdomadaires à la fin du Lévitique (Aharei Mot, Kedoshim, Emor, qu'on peut lire comme une phrase : « après la mort, tu diras des paroles saintes ») Les Sages insistent également sur l'importance de louer les hommes grands en actes ou en érudition.

D'après la Loi juive, on ne prononcera pas d'éloge pour une personne l'ayant expressément refusé, ni si son enterrement tombe un Shabbat ou lors d'une fête, ou lors du mois de Nissan.

[modifier] Oraisons funèbres dans la Bible hébraïque

L'éloge funèbre (Héb. Hesped) est une tradition déjà connue dans la Bible, puisqu'Abraham, à la mort de Sarah, "vint pour faire l'éloge funèbre de Sarah et la pleurer" (Gen. 23:12; traduit par "vint pour mener deuil sur Sara et pour la pleurer" dans la version Louis Segond 1910).

De même, lorsque Jacob meurt (Gen. 50:10-11), "ils firent entendre de grandes et profondes oraisons (traduit "lamentations"); et Joseph fit en l'honneur de son père un deuil de sept jours. Les habitants du pays, les Cananéens, furent témoins de ce deuil dans l'aire d'Athad, et ils dirent : Voilà un grand deuil parmi les Égyptiens ! C'est pourquoi l'on a donné le nom d'Abel Mitsraïm à cette aire qui est au-delà du Jourdain."

Le Roi David a donné ses lettres de noblesses à l'oraison funéraire, en la tournant de manière poétique (kinna)


Sa kinna la plus connue est celle qu'il fit à l'annonce de la mort du Roi Saül et de son fils Yehonatan (2 Samuel 1:19-27) :

1.19 L'élite d'Israël a succombé sur tes collines! Comment des héros sont-ils tombés?
1.20 Ne l'annoncez point dans Gath, N'en publiez point la nouvelle dans les rues d'Askalon, De peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, De peur que les filles des incirconcis ne triomphent.
1.21 Montagnes de Guilboa! Qu'il n'y ait sur vous ni rosée ni pluie, Ni champs qui donnent des prémices pour les offrandes! Car là ont été jetés les boucliers des héros, Le bouclier de Saül; L'huile a cessé de les oindre.
1.22 Devant le sang des blessés, devant la graisse des plus vaillants, L'arc de Jonathan n'a jamais reculé, Et l'épée de Saül ne retournait point à vide.
1.23 Saül et Jonathan, aimables et chéris pendant leur vie, N'ont point été séparés dans leur mort; Ils étaient plus légers que les aigles, Ils étaient plus forts que les lions.
1.24 Filles d'Israël! pleurez sur Saül, Qui vous revêtait magnifiquement de cramoisi, Qui mettait des ornements d'or sur vos habits.
1.25 Comment des héros sont-ils tombés au milieu du combat? Comment Jonathan a-t-il succombé sur tes collines?
1.26 Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère! Tu faisais tout mon plaisir; Ton amour pour moi était admirable, Au-dessus de l'amour des femmes.
1.27 Comment des héros sont-ils tombés? Comment leurs armes se sont-elles perdues ?

Cet hesped est récité en Israël lors de Yom Hazikaron, en mémoire des soldats morts.

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